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L’Allemagne, grande perdante de l’élection de Trump

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C’est l’Allemagne qui a effectivement perdu les élections américaines. Pendant que les aristocrates français en restent à leurs mimiques déconfites de mondains sidérés, les Allemands ont un peu de souci à se faire: ils sont les grands perdants de l’élection de Trump aux Etats-Unis.

La question de l’alliance avec la Russie

Sans que nous n’en soyons forcément très conscients, l’Allemagne entraîne l’Europe depuis plusieurs années dans une politique hostile à la Russie, qui contrarie d’ailleurs la tradition française. Historiquement, en effet, la France s’allie à la Russie pour contre-balancer le poids de l’Autriche et de la Prusse. La construction communautaire a obligé la France à rompre avec cette stratégie séculaire.

L’Allemagne utilise volontiers le bouclier militaire américain pour provoquer la Russie ou se livrer à une guerre d’influence dans l’ancienne sphère prussienne. C’est notamment le cas en Ukraine. Le renversement d’alliance promis par Trump, et qui pourrait signifier un retour partiel à la logique de partage avec l’Union Soviétique, devrait refroidir les ardeurs allemandes à l’Est.

La question de l’OTAN

Parallèlement, Donald Trump a beaucoup dénoncé le coût de l’OTAN pour les Etats-Unis. Contrairement à ce qu’a affirmé Hillary Clinton, il n’a pas proposé la « fin » de l’OTAN, mais seulement la modification des termes économiques de l’échange actuel. Pour Trump, l’OTAN coûte cher et ne rapporte pas assez.

NATO is unfair, economically, to us, to the United States. Because it really helps them more so than the United States, and we pay a disproportionate share.

(L’OTAN n’est pas juste, économiquement, pour nous les Américains. Parce qu’en réalité elle les aide plus qu’elle n’aide les USA, et nous payons une part trop élevée).

Tout le monde a compris que Trump allait entreprendre ce que la France aurait dû exiger depuis longtemps de ses voisins: ils vont payer pour leur sécurité. Au premier chef, Trump devrait présenter l’addition à l’Allemagne, qui se vante tant d’avoir retrouvé son équilibre budgétaire…

Flop définitif du TAFTA?

Du côté du libre échange, Trump a dit tout le mal qu’il pensait des accords commerciaux multilatéraux. Son élection constitue donc un sacré boulet pour le TAFTA, auquel Angela Merkel tenait tant. Rappelons là encore que l’Allemagne est le seul grand pays européen exportateur net, donc bénéficiaire du libre échange. La signature du traité constituait donc un enjeu important pour Merkel.

Avec l’arrivée de Trump, les termes même du commerce international pourraient connaître une profonde mutation. Dans la durée, la situation pourrait donc devenir très compliquée pour l’Allemagne.

Vers un réveil du nationalisme allemand?

Assez rapidement, des questions nouvelles pourraient être posées à l’Allemagne, questions taboues depuis 1945.

Si l’Allemagne est sommée de payer pour sa propre défense, il est peu probable qu’elle se contente de déléguer la gestion de ses opérations militaires. Selon toute vraisemblance, se posera donc rapidement la question du réarmement allemand. Ainsi, vingt ans après la réunification de la Prusse, le sujet tabou d’un renouveau militaire prussien sera remis sur la table européenne.

On mesure implicitement les tentations auxquelles l’Allemagne sera exposée dans les années à venir si Trump modifie effectivement la politique américaine en Europe. Réarmement, besoin de cultiver une sphère de coprospérité en Europe et dans le monde pour écouler ses produits, tensions grandissantes avec l’Allemagne autour du Lebensraum… Les démons du vingtième siècle devraient revenir rapidement.

8 commentaires

  1. PIN Jacques dit

    Je crois que nous, Français, devons surtout dans un premier temps, nous réjouir de la non élection de Clinton. Cette dernière, et Obama, ont utilisé l’Europe comme punching ball dans la rivalité des USA avec la Russie, et ont favorisé, dans la lutte des USA avec l’islam, qui a été jusqu’à présent un échec presque complet (Somalie, Afghanistan, Irak, Libye, Syrie, etc…), l’envahissement de l’Europe par les « migrants », offrant ainsi nos pays comme terrain de bataille pour l’islamisation. Et bien sûr, naïve ou complice, Merkel a favorisé cette politique Américaine dont le machiavélisme de bas étage devrait cesser avec Trump.

  2. Nanker dit

    Je crois que c’est l’inverse M. Verhaeghe : Mme Merkel, en bonne mercantile, n’a d’autres ambitions que de ne se fâcher avec personne et vendre le grand nombre de produits allemands au plus grand nombre de clients étrangers possibles… y compris la Russie.

    Mais (c’est mon opinion) elle est tenue en sous-main par l’Etat Profond américain qui la pousse – contre son gré et les intérêts de l’Allemagne – à aller asticoter Poutine. Comment est-elle tenue? Mutti a-t-elle un sale petit secret dont la NSA ou la CIA a eu vent? Son dossier Stati du temps où elle était étudiante?

    L’évidence est que Merkel mène sur tous les plans (relations avec la Russie ou crise des migrants) une politique qui va à l’encontre des intérêts de l’Allemagne.

  3. scaringella dit

    Quand les débiles ont réuni les deux allemagne j’ai hurlé de rage car évidemment la prusse belliciste et impérialiste allait
    remettre le couvert. l’UE c’est le 4eme reich. Quand l’URSS était tombé, immédiatement je m’étais dit que les riches n’avait plus
    besoin que leurs peuples vivent bien pour empécher les cocos de prendre le pouvoir. On y est, tous pauvres a part
    qui vous savez. La guerre viendra de l’allemagne, car l’UE qui devait détruire les nations et mettre tous ces peuples
    en esclavage des USA, l’UE est un échec. Dans 10 ans, même peut-être seulement 5 ans, l’allemagne fera la guerre
    au reste de l’europe. La vraie, la 3eme, et cette fois c’est la russie qui occupera l’europe comme les usa occupent
    l’europe depuis 1945. Il faut partir. Nous avons 5 ans pour aller vivre ailleurs, et pas aux USA évidemment.

  4. Merkel est très marquée par son passé et celui de l’Allemagne. Elle est vieille et doit passer la main, c’est la démocratie qui veut ça et elle dégage en septembre prochain c’est comme si c’était fait. Pour les raisons citées: migrants et russie.
    Maintenant l’Allemagne est pour l’instant en Europe et l’Europe (toute entière, y compris la France) doit maintenant faire deux choses: fermer les frontières (et foutre les migrants à la mer) et se rabibocher avec la Russie (et donc faire fermer leur gueule aux polonais et autres victimes du communisme en pleine crise de réminiscence). Cela ne peut être fait que si la France est enfin gouvernée « normalement », je veux dire par un véritable homme d’état, lucide et sur de lui. Pas de centrisme en ces matières, ni de menace judiciaire.
    De ce point de vue, Juppé est ainsi très clairement aux fraises et Sarkozy comme il l’est sur tous les sujets, l’est aussi sur celui là. Seul un chef d’état français vraiment brutal sur les réformes peut s’entendre avec les allemands et remettre l’Europe d’équerre. Il s’agit de François Fillon, vous avez de la chance, il y a une occasion de voter pour lui dans longtemps.

    • Jacques R dit

      Pas d´accord du tout .Fillon rime avec con .
      Le seul qui sait ce qu´il dit et surtout , ce qu´il fait ,
      est François Asselineau et personne d´autre .

  5. solane dit

    L’Allemagne contraint la France à être dure avec Poutine? Ces dernières années, ce sont les dirigeants français qui poussaient à la surenchère, le gouvernement allemand étant freiné par un patronat avide d’exporter. De même, la presse allemande est moins anti Poutine que son homologue française. Quant au réarmement… presque personne ne l’envisage outre-Rhin. Trop contre-productif pour l’image du pays, trop difficile à faire accepter par la population.

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