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Fillon et la santé: enfin une réforme de bon sens!

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Article écrit pour le Figaro Vox.

François Fillon avance, sur la santé, des propositions encore mal comprises par les Français. Et c’est bien dommage, car le mouvement en avant qu’il propose constitue une vraie réforme équitable. Les quelques lignes qui suivent tentent de la rendre plus claire, en dehors des simplifications inquiétantes (car immobilistes) d’Alain Juppé qui explique de façon suicidaire (car c’est une promesse impossible à tenir dans les années futures) qu’il ne touchera pas aux taux de remboursement de la sécurité sociale.

Les cancéreux, grandes victimes de la sécurité sociale

Régulièrement, la presse se fait l’écho des scandaleux restes à charge en cas de cancer. En moyenne, une victime du cancer doit débourser de sa poche 750 euros par an pour être soignée. Ce seul fait prouve que notre sécurité sociale, élevée au pinacle par tant de bien-pensants, dont Alain Juppé lui-même, n’est qu’une forme très dégradée de protection sociale. S’il existe en effet des maladies où la médecine devrait être gratuite et généreuse, ce sont ces maladies longues et graves qui constituent le vrai risque santé en France. 

Pourtant, nous avons fait le choix inverse. La stratégie de remboursement des frais de santé en France consiste en effet à ne pas prioriser le risque. La sécurité sociale se sent obligée de rembourser n’importe quel soin, et de ne surtout pas sacrifier les soins « visibles » (les grippes, les bronchites, la presbytie, la visite chez le dentiste), parce que ce sont ceux qui rapportent le plus d’électeurs. Certes, les maladies « ordinaires » sont moins généreusement remboursées que les affections de longue durée. Mais la généralisation des complémentaires santé fait que, dans la pratique, un patient est mieux couvert lorsqu’il a la grippe que lorsqu’il a un cancer.

Notre absurde stratégie de dépense en santé

Pour mémoire, l’assurance maladie en France assume environ 250 milliards d’euros de dépenses annuelles, dont un petit 80 milliards pour les maladies graves.

Si la sécurité sociale constituait une protection sociale performante, elle allouerait à la prise en charge de ces maladies graves (le cancer, le SIDA, l’hépatite, le diabète, etc.) une somme d’au moins 100 milliards. Seule cette augmentation de dépense permettrait d’éviter tout reste à charge du patient.

Pour le coup, ce geste serait tout à fait mérité dans la mesure où le renoncement au soin pour ces maladies constitue une véritable prise de risque. Le sens de l’assurance maladie se situe là.

L’amélioration de la prise en charge du cancer est impossible en France du fait des arbitrages macro-économiques. Comme la sécurité sociale met absurdement (et pour des raisons électoralistes) dans la même enveloppe budgétaire les remboursements de maladies graves et ceux de maladies anecdotiques, il faut bien équilibrer les efforts. Pour que Madame Michu, qui se rend chaque semaine chez son médecin pour s’occuper et avoir une prescription, continue à être prise en charge à 70% par la sécurité sociale, on explique à la femme victime d’une mastectomie que la chirurgie réparatrice qui lui permettra de ne plus ressembler à une Amazone est à sa charge. Et ça coûte cher.

Au passage, on ne dit pas assez que la solidarité invoquée à tout bout de champ dans le domaine social fait toujours des victimes, et généralement ce sont les plus faibles. En l’espèce, on sacrifie volontiers la jeune maman frappée par le cancer pour s’occuper des plus âgés, généralement détenteurs d’un patrimoine, et très décomplexés sur la dépense en santé.

La question emblématique des lunettes

Dans cet inventaire à la Prévert de maladies, de médicaments et de dépenses en tous genres, la sécurité sociale fait très fort au nom d’un égalitarisme à trois francs six sous. Elle veut se mêler de tout, comme si toutes les maladies relevaient du même risque et de la même logique de remboursement, sans songer que ce sont chaque fois les maladies graves qui sont sacrifiées.

Les frais d’optique constituent sans doute l’exemple le plus emblématique de cette gabegie organisée au nom de l’égalité et de la fantasque universalité de la sécurité sociale. La sécurité sociale se sent obligée de rembourser toutes les lunettes et tous les verres prescrits par un ophtalmologue. Mais les montants de remboursements sont si ridicules qu’ils pourraient être supprimés sans qu’aucun assuré ne s’en aperçoive.

Au demeurant, le légitimité d’une intervention de la sécurité sociale dans les remboursements de lunettes est sujette à caution. La baisse de la vue est en effet un risque certain chez les humains. On n’est pas sûr d’avoir un cancer, mais on est toujours sûr de devenir presbyte. Alors pourquoi rembourser ce risque certain comme s’il était aléatoire?

En réalité, la prise en charge des lunettes relève de l’épargne et non de l’assurance.

Fillon propose une nouvelle logique du risque

Dans le projet de François Fillon tel qu’il est avancé aujourd’hui, l’idée sous-jacente est donc de revenir au sens original de l’assurance maladie: ne plus rembourser les risques certains, et concentrer les moyens sur les risques aléatoires. Laisser, au fond, chaque citoyen prendre ses responsabilités avec les petites maladies du quotidien comme la grippe ou la bronchite, la presbytie et même la rage de dents. En revanche, la collectivité pourra renforcer la prise en charge des maladies graves, chroniques, de longue durée, et retrouver des soins de très haute qualité pour ces profils à risque.

Entendons-nous sur ce que signifie « laisser chaque citoyen prendre ses responsabilités ». La France est dotée aujourd’hui d’un marché extrêmement mature de complémentaires santé. L’offre est pléthorique, concurrentielle, efficace. Pour les frais d’optique, pour les prothèses dentaires, il est acquis que l’externalisation du risque auprès de ces acteurs complémentaires permettra à la fois de diminuer les coûts et d’améliorer la qualité des soins.

En particulier, la bonne maîtrise des données de santé et le recours systématique à des réseaux de soins constitue une évolution importante dans la révolution sanitaire que nous pouvons engager, dans la mesure où elle permet de salarier les médecins qui le veulent et de garantir les meilleurs prix aux assurés et aux patients.

Combien ça coûte?

La question que se posent les Français, bien entendu, est de savoir si ce système rendrait la santé plus chère ou non.

Contrairement aux préjugés largement répandus, la réforme de François Fillon permettra de diminuer le coût de la santé pour les particuliers. En effet, ils troqueront des dépenses mal gérées par la sécurité sociale et les hôpitaux publics, contre une dépense soumise à la concurrence du marché et donc mieux gérée par des acteurs qui risqueront de perdre leur portefeuille en cas d’insatisfaction de l’assuré.

Pour arriver à ce système, l’assurance maladie perdra une partie de son périmètre d’intervention et pourra donc sensiblement baisser ses cotisations (ce qui libérera de la compétitivité pour les entreprises). Ces sommes libérées ne seront que partiellement compensées par la hausse des tarifs des complémentaires santé. L’assuré sera donc finalement gagnant.

La question de la sélection du risque

Certains ne manqueront pas d’opposer à ce raisonnement imparable la manie des assureurs de sélectionner le risque. Les prix baisseront, diront-ils, pour les jeunes en bonne santé, et augmenteront pour les vieux malades.

Ce point doit être traité sur le fond, car il est aujourd’hui perverti par l’égalitarisme apparent de la sécurité sociale, qui matraque les jeunes avec des cotisations élevées pour mal prendre en charge les plus âgés (on ne compte pas ici le nombre d’anecdotes sur les seniors qui passent des heures sur un brancard dans les couloirs des hôpitaux sans voir un médecin).

En réalité, la France n’a pas encore assumé la révolution du 4è âge qui devrait résoudre un grand nombre de ses problèmes. Le coût de la santé pour les seniors est en effet très lié aux derniers mois de vie, et même aux dernières semaines. Le moment vient sans doute de régler ce sujet en prévoyant d’autres modes de financement des soins pour ces sujets spécifiques, spécialement en faisant jouer les actifs successoraux.

Ces choix techniques indispensables permettront de rétablir une parfaite équité dans le système de santé proposé par François Fillon.

41 commentaires

  1. Citoyen dit

    Et au niveau « des arbitrages macro-économiques »…. Que faut il penser des jours de carence pour les ponctionnaires ?…
    Pour les finances de la SS, il y a là un trésor caché.

    • jerome75 dit

      Une étude récente montre que les fonctionnaires sont légèrement moins souvent en congé maladie que la moyenne des salariés. Que faut-il penser des jours de carences des salariés des grands groupes privés, qui sont pris en charge par l’entreprise? Autre chose, il faut savoir que les fonctionnaires n’ont pas droit aux mutuelles d’entreprises, c’est à dire que s’ils veulent une mtuelle, ils se débrouillent pour en trouver une et paient plein pot (souvent très cher).

      • LuT dit

        Aucun rapport entre le nombre de jours de congés maladie et le fait que les fonctionnaires n’ai pas de jour de carence…
        Et encore aucun rapport entre les jours de carences pris en charge par les entreprises et ceux payés par la Sécu…
        il faut arrêter de tout mélanger. Si certaines entreprises veulent prendre en charge les jours de carences de leurs employés… tant mieux pour ces employés… c’est l’entreprise privée qui paie.
        Par contre il faut m’expliquer pourquoi les fonctionnaire sont indemnisés à J+0 alors que tout les autres salariés sont indemnisés à J+2 (et là je parle de la sécu ! )… ?!
        Par ailleurs les mutuelles d’entreprises ne sont pas toutes bonnes à prendre… mais aujourd’hui elles sont devenues obligatoires.

        Et si vous voulez aller dans le sens du pauvre petit Caliméro, quand est il des travailleurs indépendants et libéraux ? (pas de mutuelle, pas de prise en charge SS avant J+90, ….).

        • jerome75 dit

          Vous dites : « tant mieux pour cet employé dans le cas d’une entreprise privée, car c’est l’entreprise privée qui paie », mais au final ça incite bien le salarié à prendre des congés maladie, non ? ,puisqu’il n’est pas pénalisé (et c’est alors la sécu qui paie ses dépenses de santé et ses congés au delà des jours de carence)? Pourquoi dans le cas d’un fonctionnaire ça poserait problème et pas dans le cas d’un salarié privé?

          • Steph dit

            -1- Un salarié du privé, qui est trop souvent absent pour maladie, sera licencié.
            -2- 95% des salariés du privé travaillent dans des petites entreprises qui ne prend pas en charge les jours de carences.
            -3- Pour un salarié du privé, 3 jours de carence a un impact important sur la fiche salaire.
            -4- Il faut arrêter de ne voir que les avantages des salariés des grands groupes. De plus leurs avantages ont presque tous disparus
            -5- Étude de l’Insee en 2009 montre qu’a diplôme, travail , fonction équivalente … le salarié du public touche la même rémunération que le privé.
            -6- La même étude de l’Insee montre une retraite moyenne de 1600 € net pour le public contre une moyenne de 1200 € net

            ….etc.

          • jerome75 dit

            réponse à steph:
            C’est bien de vouloir participer au débat, encore faut-il le faire sérieusement et ne pas donner des chiffres ou des arguments totalement fantaisistes:

            « -1- Un salarié du privé, qui est trop souvent absent pour maladie, sera licencié. »

            La maladie ne peut être un motif de licenciement. Il faudra donc que l’employeur, qui peut être poursuivi aux prud’hommes pour licenciement abusif, trouve un autre motif s’il veut licencier un salarié.

            « -2- 95% des salariés du privé travaillent dans des petites entreprises qui ne prend pas en charge les jours de carences. »
            Les données officielles datant de 2012 donnent au contraire un nombre de 28% de salariés travaillant dans des grands groupes.

            « -3- Pour un salarié du privé, 3 jours de carence a un impact important sur la fiche salaire. »
            Un salarié du public trop souvent absent perd une partie de ses primes (qui représentent une bonne part du salaire)

            « -4- Il faut arrêter de ne voir que les avantages des salariés des grands groupes. De plus leurs avantages ont presque tous disparus »
            Lesquels par exemple?

            -5- Étude de l’Insee en 2009 montre qu’a diplôme, travail , fonction équivalente … le salarié du public touche la même rémunération que le privé.
            Cette étude dit exactement le contraire: A partir de bac+3, les salaires du public sont bien inférieurs à ceux du privé, quelle que soit la taille de l’entreprise. Rappel: salaire d’un ingénieur en fin de carrière dans le public: 2750 euros

            -6- La même étude de l’Insee montre une retraite moyenne de 1600 € net pour le public contre une moyenne de 1200 € net
            Si vous comparez la retraite d’un professeur (constituant la majeure partie des fonctionnaires) avec celle d’un laveur de carreaux, c’est normal que vous trouviez une différence. Il faut se méfier des moyennes

      • Ikomal dit

        « Une étude récente montre que les fonctionnaires sont légèrement moins souvent en congé maladie que la moyenne des salariés. »
        Seulement « légèrement » ? L’activité la plus dangereuse du fonctionnaire moyen c’est son trajet domicile-travail. Aucune activité dangereuse à le rendre malade, et il ne fréquente pas plus d’usagers mécontent au point de lui foutre un pain dans la g* (pas toujours immérité …) que l’employé de magasin ne croise de clients imbuvables voire de purs malfrats. Dans ces conditions, il devrait avoir a peu près zéro congé-maladie, en dehors des cancer et autres « longues maladies » . Pas juste « légèrement moins ».

        « Que faut-il penser des jours de carences des salariés des grands groupes privés, qui sont pris en charge par l’entreprise? »
        Rien, ce n’est pas nos oignons, c’est juste une forme de rémunération qui ne nous concerne en rien. Tout au plus doit-on s’assurer que cette part de la rémunération est traitée fiscalement comme il se doit.

        « Autre chose, il faut savoir que les fonctionnaires n’ont pas droit aux mutuelles d’entreprises, c’est à dire que s’ils veulent une mtuelle, ils se débrouillent pour en trouver une et paient plein pot (souvent très cher). »
        Qui vous a dit ça ? la même source que celle de l’étude plus haut ? Et vous vous croyez assez savant pour donner du « il faut savoir… » ? assez savant (et pas assez curieux) pour taper « subvention mutuelle fonction publique » dans un moteur de recherche, ce qui vous aurait orienté vers : « décret n°2007-1373 du 19 septembre 2007 relatif à la participation de l’Etat et de ses établissements publics au financement de la protection sociale complémentaire de leurs personnels » (Legifrance), et une tripotée d’actes organisant de façon pratique les subventions correspondantes ?
        Padbol … Soyez moins naïf et plus curieux, ça vous évitera de jouer à votre insu le rôle du parfait petit soldat propagandiste. Vos sources ne sont pas fiables, elles vous ont menti, et il serait fort surprenant que le mensonge se limite à ce point. Changez-en ou au moins compléter-les et regardez les avec plus de méfiance.

        • jerome75 dit

          L’étude à laquelle je fais référence sur les congés maladie est parue dans l’express en juin 2015
          je crois que vous confondez « fonctionnaire » avec « employé de bureau ». Il existe une multitude de métiers occupés par des fonctionnaires, sensiblement les mêmes que dans le privé: balayeur, professeur, militaire, infirmier, médecin, chauffeur, jardinier, maçon etc… et vous n’allez pas me faire croire que dans le privé on n’occupe que des postes « physiques »

          Au sujet de jours de carence pris en charge dans le privé, je pense que c’est nos oignons, car l’idée sous-jacente c’est qu’un salarié a tendance à abuser de jours de congés, si ça ne lui coûte rien.

          <>

          En tant que fonctionnaire, je suis bien placé pour le savoir et ce n’est pas le décret que vous mentionnez et que vous n’avez viblement pas lu qui me fera dire le contraire. Ce décret décrit dans quelles conditions l’Etat ou un employeur public pourrait participer à la protection sociale complémentaire des agents mais dans la pratique il n’est pas appliqué.

          • Ikomal dit

            Ouais ouais, les « métiers » du public sont sensiblement les mêmes que dans le privé … mais pas les effectifs dans ces métiers. Et même quand c’est le même métier, les conditions sont bien différentes ; il n’y que dans le public qu’il y a des jardiniers débutant à 2500 €/mois avec 9 semaines de congés. Donc, je maintiens : les fonctionnaires devraient avoir nettement moins de congés-maladie que les autres salariés, y compris en tenant compte des abus individuels qui ont lieu autant dans le privé que dans le public. Si ce n’est pas le cas, c’est que les abus dans le public ne sont pas juste individuels, ils sont systémiques. On l’a d’ailleurs bien vu dans la courte période où les jours de carence ont existé dans le public.

            « un salarié a tendance à abuser de jours de congés, si ça ne lui coûte rien. » C’est humain. Mais tant que c’est pris en charge par sa boite (et pas par la SS), c’est dans le paquet complet travail-rémunération-avantages divers, et c’est pas nos oignons. Les employés publics, CA c’est nos oignons.

            « En tant que fonctionnaire », vous êtes comme vos collègues : vous n’y connaissez strictement rien, y compris à votre propre situation. Ce décret est bel et bien appliqué. Votre employeur public vous a transmis une information sur des offres complémentaire santé et prévoyance « référencées » : il prend en charge une partie de leur cout. Juste vous ne le savez pas, comme vous ignoriez l’existence du dispositif, fanfaronnant (!) que les fonctionnaires n’avaient droit à rien, les « pauvres ».

          • jerome75 dit

            Arrêtez de délirer Ikomal: 2500 euros / mois c’est sensiblement le salaire net d’un ingénieur du CNRS en fin de carrière (2753 euros très exactement). vous lisez trop de journaux à sensation qui se focalisent sur quelques cas particuliers (vous voulez parler sans doute de quelques jardiniers travaillant au jardin du Luxembourg et qui ont été pistonnés par leur tonton sénateur, mais ne généralisez pas!)
            Quant aux jours de carence payés par les boîtes privées, vous ne semblez pas comprendre que c’est ensuite la SS qui prend le relais, donc c’est bien nos oignons!
            Pour ce qui est des mutuelles de fonctionnaire, on va prendre un exemple concernant 2 millions de fonctionnaires, ceux de l’éducation nationale: leur mutuelle de référence est la MGEN. Il y a bien une prise en charge partielle de l’état mais elle est tellement ridicule (54 centimes d’euro par mois par agent!) que c’est comme si elle n’existait pas. Il reste à la charge du fonctionnaire une cotisation mensuelle qui s’élève à 3,5% de son salaire. Voilà , Monsieur « Je sais tout »

        • Ikomal dit

          Effectivement, je faisais référence aux jardins du Sénat, mais « rassurez vous », ce n’est que le cas le plus délirant, toute la fonction publique fonctionne de la même façon. Reste que rien de ce vous avez avancé ne contredit mon point : il devrait y avoir BEAUCOUP moins d’arrêt dans le public, pas juste « légèrement moins ».
          J’admets votre argument comme quoi le paiement des jours de carences dans le privé nous concerne aussi, dans la mesure où il y a plus de jours d’arrêt. Seulement, je n’y connais rien, ni veut rien y connaitre à ce qui ce passe dans chaque boite privé, et même si je le voulais ça réclamerait des moyens immenses (très couteux) et totalitaires, au sens propre (sans aucune polémique). Dans ces conditions, votre argument ne conduit qu’à une conclusion logique : il faut purement et simplement supprimer la branche maladie de la SS telle qu’elle existe. Et, pour un traitement fiscal équitable, réintégrer les cotisations patronales, qui sont autant d’avantages éléments de rémunération, dans l’assiette fiscale des salariés.
          Ça ne vous aurait pas couter plus d’effort d’écrire dès le départ « Il y a bien une prise en charge partielle des complémentaire par l’état mais elle est tellement ridicule (54 centimes d’euro par mois par agent à l’éducation nationale !) que c’est comme si elle n’existait pas. » au lieu d’écrire « il n’y a pas de prise en charge » puis « il y a une possibilité de prise en charge mais elle n’est pas appliqué ». Que ne l’avez vous fait ? On aurait alors éviter ses digressions inutiles et ma réponse aurait été : ce qui compte de toute façon c’est la rémunération dans son ensemble, salaire et divers avantages sociaux, alors que vous ayez, ou pas, de chèque déjeuner ou de prise en charge de complémentaire, n’est qu’un détail parmi d’autres, comme cet autre détail : votre employeur cotise à 75% de votre salaire brut pour votre retraite. A coté de ça, vos pauvres 3.5% de salaire pour la complémentaire santé …
          Ce n’était pas la peine de signer, je vous avais identifié.

  2. Hermodore dit

    Pour que les Français comprennent, il faudrait qu’ils aient le sens des responsabilités que l’État-nounou leur a fait perdre de vue depuis belle lurette.
    Heureusement que d’autres se chargent de leur faire comprendre qu’ils vivent dans la supercherie permanente d’une élite totalement corrompue qui redouble d’effort pour continuer « à vivre aux dépens des autres ». Ça bouge dans les chaumières…

  3. Guillaume Berthon dit

    « en faisant jouer les actifs successoraux. » dites vous, cher Olivier, pour conclure.
    Diantre, pourriez vous s´il vous plaît être plus précis, ne pensez vous pas que le coût exorbitant des maisons de retraite en France ( mes vieux parents proches tous deux des 90 ans payent ensemble 5900 euros mensuels) grève déjà de façon éhontée le transfert potentiel de patrimoine héritable?
    N´y aurait il pas la un effet direct a la faveur des français envers l ´euthanasie, de l´ordre de 80 a 95% suivant les sources?
    Parlons clair, ce dit 4eme age n´est en fait que la conservation jusqu´a l´absurde d´individus qui n´ont plus que la qualité de corps soutenus par les médications, remboursées le plus souvent a 100% par la sécurité sociale (a eux deux mes géniteurs ingèrent environ 25 pilules chacun journellement, de force).
    Souvent en état de démence plus ou moins précoce, ces très âgés vieillards survivent, quasi inconscients et demandant que l´on arrête pour eux cette absurdité lorsque qu´il leur reste quelques éclairs de lucidité, au seul bénéfice des ces groupes discrets mais hyper profitables, et la loi nous oblige a les engraisser au détriment encore une fois d´un patrimoine qui fond comme une glace italienne au soleil.
    Alors oui, « on » fait déjà jouer les actifs successoraux, mais au détriment des successeurs et au seul bénéfice du fisc et des groupes de maisons de retraite, avec un progression de CA annuel remarquable a deux chiffres!

    • Tolosan dit

      Bravo monsieur, c’est exactement ce que je dis depuis des années! Ce système pue l’arnaque et la vente forcée depuis trop longtemps. J’en viendrai même à dire que l’état souhaiterait récupérer tout ce que le contribuable à tenté de transmettre à sa descendance!

    • jerome75 dit

      Si les maison de retraite sont si chères en France, c’est aussi dû à l’effet pervers de certaines mutuelles, qui remboursent une bonne partie des frais. Les français ne se rendent pas compte qu’à force d’être assurés pour tout et n’importe quoi, ils font monter le prix des prestations. Si les lunettes sont si chères en France, c’est parce que beaucoup de français ne regardent pas à la dépense, sachant que leur mutuelle leur rembourse un forfait annuel. De la même façon, si les médecins ont tant augmenté leurs tarifs ces dernières années, c’est aussi à cause de mutuelles. Personellement je n’ai pas de mutuelle, et d’une part j’économise chaque année plusieurs centaines d’euros de cotisation, et d’autre part, j’arrive toujours à négocier des tarifs (- 30-50%) chez les opticiens en faisant jouer la concurrence et en disant d’emblée que je n’ai pas de mutuelle.

  4. Ehbien dit

    La bronchite de la bobologie ? Pour certains et il semblerait que ce soit possible avec le programme Fillon, l’asthme ferait aussi partie de la bobologie.

    Eh bien sachez qu’avec une telle optique, je ne survivrais tout bonnement pas au prochain quinquennat.
    Je suis asthmatique et j’ai déjà failli mourir à cause de bronchites à répétition et de mon asthme malgré les traitements qui sans remboursements seraient tout bonnement trop onéreux.

  5. establet dit

    en quoi les réseaux de soins sont un progrès on voit que vous êtes pas de la partie elles coûtent la 50% juste en fonctionnement et emploient des praticiens pas français les français iraient à l étranger

    • jerome75 dit

      Franchement, vous croyez vraiment que c’est utile de consulter un médecin pour un nez qui coule, une petite toux, une gastro-entérite, et même une grippe (sauf bien sûr si cette maladie intervient dans un contexte particulier: exemple, toux qui dure depuis de semaines, gastro à répétition etc…) . Croyez-moi, vous vous porterez beaucoup mieux si vous évitez de consommer de médicaments (avec ses effets secondaires) pour le moindre petit bobo

        • jerome_75 dit

          Imagine: tu as une grippe, tu vas chez ton médecin. Il te dit « restez au chaud et reposez vous (la grippe étant un virus, il n’y a pas autre chose à faire), et ça fera 23 euros ( ou plus) ». Si vraiment tu dois mourir de la grippe, ton médecin est incapable de s’en rendre compte à ce stade. C’est peut-être une dizaine de jours plus tard si ton état ne s’améliore pas qu’il faut consulter.

        • Alain dit

          Eh bien, si vraiment tu as une mauvaise grippe et que tu sens que tu vas y passer, tu peux quand même débourser 23 euros pour aller voir un médecin si tu penses qu’il pourra t’aider. Mais dans 99,99 % des cas, ta grippe se soignera d’elle même et tu éviteras d’encombrer la salle d’attente de ton médecin, d’y attraper d’autres pathologie (les salles d’attente sont des nids à microbe) et ton médecin aura ainsi plus de temps à consacrer aux cas sévères. Tu connais le dicton  » Soigne une grippe, elle se guérira en 7 jours, ne la soigne pas, elle se guérira en une semaine »

    • jerome75 dit

      Vu l’état de ma sécu en France, je crois plutôt que ça fait 50 ans qu’on n’a rien compris. Fillon propose enfin quelque chose d’intéressant, alors essayons, et on verra bien. Sincèrement, j’ai toujours pensé que l’assurance maladie ne devait intervenir qu’en cas de coup dur, car je ne vois pas l’interêt d’une assurance si c’est pour rembourser des dépenses auxquelles on peut faire face (consultation chez un médecin) . Inversement, si le programme de Fillon est appliqué, il faut que chaque salarié s’en rende compte sur sa fiche de paie (c’est à dire que les économies réalisées sur les dépenses de santé courante de santé soient déduites de ses cotisation de sécurité sociale)

        • jerome_75 dit

          Pour faire une comparaison, si les vidanges, les petites réparations et l’entretien des voitures étaient prises en charge par les assurances, cela ferait exploser les tarifs des garagistes car beaucoup de gens en profiteraient pour faire une vidange plusieurs fois par an, pour changer leurs pneus tous les ans et iraient chez leur garagiste à la moindre rayure sur la carrosserie. Bien sûr cela se répercuterait sur les tarifs des assurances qui deviendraient vite prohibitifs. Eh bien c’est pareil pour la sécu, à chaque fois qu’une personne consulte son médecin pour un nez qui coule, cela entraîne des coûts importants (honoraires, pharmacie, frais de gestion) : ça peut vite monter au-delà de 50 euros pour un simple bobo. Au final cela fait des dizaines de milliards gaspillés, alors qu’ils auraient pu être consacrés à des maladies graves ou économisés sur les charges des salariés, ce qui relancerait l’économie, diminuerait le nombre de chômeur et éviterait quelques dépressions.

    • Ikomal dit

      Admettons que « Verhaeghe ne comprend rien à l’économie de la santé »
      Si c’est vrai, il n’y a guère qu’Aralo et une poignée d’experts pour y comprendre quelque chose, et il est urgent de cesser de demander leur avis aux autres 99,99999 % de la population puisqu’ils n’y comprennent rien.
      C’est à dire qu’il faut cesser de les faire voter, et, bien sûr, cesser de faire décider ces questions par leurs représentants : les élus. Chacun n’aura alors plus qu’à suivre (ou pas …) les excellentes (ou pas …) préconisations du spécialiste (ou pas …) Aralo (ou un autre, en qui il a confiance), à ses risques et périls ou pour son plus grand bien.
      Ça ne l’empêchera pas de faire des c* à titre personnel, mais au moins ça l’empêchera d’imposer aux autres de suivre des lubies.
      Bref : privatisation totale et intégrale, dissolution de la sécurité sociale version publique, et retour à la bonne vieille mutualité (la vraie) d’avant la copie française par Pétain du système Bismarck. Finit les combats homériques pour savoir si la sécu doit, ou pas, rembourser l’euthanasie des trisomiques ou leurs soins, apparitions des mutuelles de cathos militants et d’anti-cathos militants, avec option vaccin ou sans, chacun chez soi et Dieu reconnaitra les siens.
      Aralo, « ultra »-libéral 😉 on aura tout vu !

  6. Aminartet dit

    Tout ce qu’il tente de faire c’est de privatiser la sécurité sociale. Le reste n’est que blabla pour nous enfumer…
    Je souhaite que cette personne et ses projets démoniaques meure, purement et simplement, pour le bien de tous.

    • Ikomal dit

      La sécurité sociale est DEJA privée. Vous l’ignoriez ? Normal. Ça n’arrangerait personne que vous découvriez cette vérité simple, et on fait beaucoup d’effort pour vous la cacher. Par exemple en accusant Fillon de vouloir « privatiser » … comme si c’était possible !

      Et puis « démoniaque », franchement … un esprit pas religieux n’utiliserait pas ce terme, un esprit vraiment religieux aurait un souhait plus optimiste et miséricordieux (genre : je souhaite que Dieu sauve ce mécréant en chassant ce mauvais esprit qui la hante et lui fait commettre cet abomination) ou plus pessimiste et repentant (genre : Dieu nous envois ce fléau, c’est donc que nous avons péché, repentons-nous et expions et prions pour retrouver le bon esprit, ainsi le fléau sera levé).

  7. lalu dit

    Je crois que considérer la Santé, déléguée aux OCAM, uniquement comme une économie de marché et un peu simpliste et risqué à long terme. La première question à laquelle il faudrait répondre concernant spécialement les réseaux de sons c’est :
    Qui est le professionnel de Santé? les OCAM ou les Soignants.
    Maxime

    • Ikomal dit

      Certes, mais répondre au risque du marché de la santé par le marché de la politique, c’est au-delà du simpliste et du risqué. Avec cette solution la catastrophe n’est même plus un risque, c’est une certitude.
      « Qui est le professionnel de Santé?  » En réalité ce n’est pas la bonne question. La médecine moderne a des capacité de soins qui excède très largement les capacités de production, même en y passant la totalité du PIB on aurait pas encore épuiser tout ce que la médecine peut faire. Il faut donc une limite, et donc la question est : « qui fixe la limite de financement ? ». Assez clairement, ni les soignants ni les OCAM ne sont légitimes. Il n’y a que vous, et seulement pour ce qui vous concerne, qui pouvez fixer la limite de ce que vous êtes près à payer pour vous, vos proches, et vos moins proches.

  8. Epidaure dit

    Entre les affections de longue durée, qui sont prises en charge à 100 % par la sécurité sociale et qui, selon Fillon, continueront à l’être, et la bobologie qui, de toute façon, n’est déjà plus remboursée, il y a l’immense champ des explorations fonctionnelles à caractère prédictif et préventif. Que dit le projet Fillon ? Que ces explorations, pourtant nécessaires à la santé publique, seraient laissées désormais entièrement à la charge des patients. Il ne le dit pas directement, mais indirectement en précisant que seules les affections de longue durée continueraient à être prises en charge par l’assurance maladie. Cette interprétation est confirmée par un autre point de son programme, extrêmement explicite : la disparition des cotisations sociales employeurs et le maintien des cotisations sociales salariés. Cela veut bien dire que les salariés devront désormais couvrir l’intégralité de leur risque maladie avec un salaire qui ne bougera pas, voire qui régressera.
    La logique de son programme est très claire. Pour le secteur privé, il s’agit de reporter la couverture des dépenses de santé sur les salariés afin de dégager des marges de profit permettant aux entreprises de résister à la concurrence des pays à bas salaires soit par un surcroît d’investissement, soit par une réduction des coûts de production entraînant une baisse des prix. Pour l’Etat, il s’agit de reporter la couverture des dépenses de santé sur les fonctionnaires et sur les agents publics afin de dégager des marges de manœuvre budgétaires et de rembourser une partie de la dette de l’Etat. Bref, Fillon veut faire financer la réduction du chômage par les salariés et le remboursement de la dette par les fonctionnaires, et ce, au prix, soit de l’assurance sur les risques maladie, soit d’une baisse de leur revenu net disponible d’environ 30%.

    • Ikomal dit

      Cette analyse tient debout. Sauf le chiffrage à 30%.
      Pour combler le déficit public il ne faut que 70 milliards, ça ne représente que 25% de la masse salariale publique (environ 280 milliards). Et donc au pire du pire pour les fonctionnaires, si ils payent tout, tous seuls, et exclusivement sous forme de baisse de salaire, ça fait une baisse de 25%. Mais il y aura aussi un paiement sous forme de travail en plus et les fonctionnaires ne payeront pas tous tous seuls.
      Notez que le retour à 39h représente ipso facto une baisse de 10% du salaire horaire (enseignants à part) et donc un besoin de 10% d’effectifs en moins soit … ~500 000 ! Et une économie brute de 28 milliards, sans la moindre baisse de salaire net des agents restant en place. Tout dépend ensuite de savoir si ceux qui ne restent pas agents publics arrivent à gagner leur croute sans le privé (tout va bien, personne ne perd rien)… ou pas (grosse gamelle )…
      Bilan des courses : la variation sera n’importe quoi entre -10% et +5% (si le plan fonctionne).

  9. Emilien dit

    Les actifs successoraux ?! En résumé ceux qui n’auront pas de patrimoine pourront crever la gueule ouverte ? Et ceux qui se seront cassé le cul toute une vie pour en construire un sur lequel ils auront déjà payé la TVA et une liste d’impôts à n’en plus finir, on va, en plus des droits de succession, leur en pomper encore un peu plus ?

  10. Mystère7512 dit

    Et si il soumettait plutôt le remboursement de certains soins, visites médicales and co à la base des revenus? Par exemple pourquoi ne pas dérembourser les plus riches ? Trouve t-on normale que tous nos politiques, que nos joueurs de foot, que Madame Béttencourt soient remboursés de la même manière que quelqu’un qui touche le smic ou un peu plus?

    La solution ne résiderait pas dans les fait de continuer à rembourser les petites et moyennes classes et de dérembourser les autres sauf éventuellement pour les affection de longue durées? De cette manière là, ce ne serait pas encore une fois ceux qui ont le moins de moyens qui ne pourrait pas se soigner . Car sincèrement, l’épargne est bien plus difficiles pour ces petites et moyennes classes que pour les plus aisées, qui elles aussi ne se gène pas pour profiter de ces remboursements .

    Je reste persuadé qu’il y a à creuser de ce côté,

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