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L’angoisse de l’entrepreneur devant la taxation des robots

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La taxation des robots est un serpent de lac (un Loch Ness Monster très français) que Benoît Hamon a ressorti pour amuser et effrayer les téléspectateurs au cours de l’Emission Politique, regardée, paraît-il, par deux millions de personnes. Et forcément, les entrepreneurs qui avaient du temps à perdre et ont échoué sur la chaîne du service public ce soir-là (j’imagine qu’ils n’étaient pas nombreux) ont tressauté en entendant cette fausse bonne idée qui a tout du sabaudet ou du tablier de sapeur: son évocation nous « dit quelque chose » et on a envie d’essayer parce qu’elle fleure bon une tradition sympathique, et quand ça tombe dans l’assiette, c’est tout simplement indigeste.

 

La taxation des robots: une idée vieille comme… Rocard

Contrairement à ce qu’on croit, la taxation des robots n’est pas une idée à la mode des années 90. Elle vient de bien plus profond de notre tradition politique: on remercie Numerama d’en avoir extirpé les racines rocardiennes. De fait, la grande angoisse de voir les humains remplacer par des machines est née avec les machines elles-mêmes, et a particulièrement fleuri dans les années 60. C’est à cette époque que certains politiques imaginent imposer les robots pour libérer les hommes, le travail, et autres rengaines dont personne ne saisit clairement le sens mais dont on se dit: « C’est forcément l’avenir ».

Le fantasme de la raréfaction du travail

Taxation des robots rime avec raréfaction du travail. Cette idée fait partie de l’air du temps: de la « fin du travail » pronostiquée par Jeremy Rifkin, l’esprit contemporain glisse forcément vers l’idée que la révolution numérique remplace les humains. C’est la énième version du même discours des années 60 (au coeur des Trente Glorieuses, donc), mais nourri cette fois à la sauce de l’Internet. Quelle qu’en soit sa version, elle permet de ressortir l’idée décidément très française qu’il faut inventer une nouvelle taxe.

Mon esprit perfide a d’ailleurs la tentation d’émettre l’idée d’une sorte d’hystérie nationale qui rassure ses angoisses face à l’avenir par le recours à l’impôt. J’ai peur, donc je fais payer.

Non, le travail ne se raréfie pas

La théorie de la raréfaction du travail, bien sûr, ne repose sur aucune réalité. Le graphique ci-dessous, tirée de l’INSEE, le rappelle:

taxation des robots

Comme on le voit, entre 1955 et 1967, années des Trente Glorieuses, le nombre de personnes en emploi en France a péniblement stagné autour de 20,5 millions de personnes. Il a brutalement explosé sous Pompidou et sous Giscard. Durant les années Mitterrand, il a considérablement stagné autour des 23 millions de personnes en emploi. Ensuite, durant les années Chirac, la France a mis en emploi plus de 3 millions de personnes nouvelles en emploi. Une nouvelle phase de stagnation commence avec la crise de 2008, dont nous ne sommes pas encore sortis.

Rien, en tout cas, dans ces chiffres, ne laisse à penser que les révolutions technologiques qui s’enchaînent depuis l’invention de l’intelligence artificielle ne conduisent à une raréfaction du travail en France. En revanche, il est très pratique de jouer (de façon populiste?) sur les peurs des Français en leur annonçant la fin du travail, comme on annonçait à une époque la fin du monde, dès qu’un cycle de stagnation de l’emploi commence.

L’angoissante et omniprésente taxation des robots

L’idée de taxer les robots pour financer l’Etat, on l’a vue, n’est pas nouvelle. Elle est aussi beaucoup plus répandue qu’on ne le croit.

Par exemple, Jean-Luc Mélenchon expliquait déjà en 2010:

Le problème du financement des retraites se résume donc à un problème de partage de la richesse créée. Les gains de productivité ont été massivement captés par le capital alors qu’ils devraient contribuer à financer les retraites et à faire progresser les salaires. C’est la contraction de la masse salariale qui compromet le financement des retraites.

L’idée est bien connexe à celle de Benoît Hamon: les robots produisent de la richesse qui doit financer la protection des humains.

Le Front National et la taxation des robots

En grattant bien, on trouvera dans le programme du Front National une idée assez proche, et même redoutablement semblable à celle de Mélenchon et d’Hamon, mais rédigée sous une forme plus éthérée:

Il faut en premier lieu élargir l’assiette du financement des retraites. L’assiette actuelle (les revenus du travail) est trop étroite et pèse sur notre compétitivité. Il convient donc d’élargir cette assiette aux revenus du capital pour financer notamment l’ensemble des prestations qui relèvent du principe de solidarité nationale et non du principe d’assurance : minimum vieillesse, bonifications pour enfants, cotisations du salaire parental, etc.

Comme les robots font partie de l’accumulation capitalistique, et produisent des revenus du capital, on voit bien la proximité des idées…

J’ajouterais même que, lors d’un débat public que j’ai eu avec un conseiller économique de Marine Le Pen, j’ai entendu l’idée que les entreprises qui remplacent les humains par des robots seraient taxées, sauf à recruter des Français à la place de leurs machines. Impressionnant, non?

Mais qu’est-ce qu’un robot?

Ce qui pose immédiatement problème, bien sûr, dans la taxation du robot, c’est la notion même de robot. Car qu’est-ce qu’un robot?

Dans la définition officielle, le robot est une machine pilotée par une intelligence artificielle qui le rend capable d’accomplir une série de tâches programmées. Le robot, c’est donc le bras articulé, de haute précision, qui opère le malade à la place du chirurgien. C’est le pistolet à peinture dans l’usine automobile, qui évite à l’ouvrier d’absorber des substances toxiques au travail. Mais c’est aussi le micro-ordinateur de la secrétaire qui remplace la machine à écrire et qui la soulage d’une multitude de tâches fastidieuses.

Donc: toute entreprise qui achète un micro-ordinateur pour un salarié devra payer une taxe sur le micro-ordinateur, au titre du gain de productivité qu’elle réalise grâce à lui.

La taxation des robots, l’idée ringarde par excellence

On mesure le passéisme profond de cette idée. La taxation des robots est synonyme de taxation du progrès. Là où le travail est suffisamment fastidieux, pauvre, inintéressant, pour être effectué par une machine plutôt que par un homme, on va taxer la machine de façon punitive, simplement parce qu’elle remplace un homme avec sa bonne vieille sécurité sociale et ses droits obsolètes.

Ah! le bon temps où l’intelligence humaine était irremplaçable, même pour compter les prix des produits dans les supermarchés.

Taxation des robots ou hausse de la fiscalité des entreprises?

Derrière la taxation des robots, la stratégie qui pointe est bien celle énoncée par le Front National: il faut taxer le capital beaucoup plus qu’il ne l’est aujourd’hui, pour ne pas réformer les protections dont les humains bénéficient. Et asymptotiquement le paradigme qui pointe le nez est celui de la disparition concertée du travail: pourquoi (en forçant le trait, mais à peine) forcer les pauvres à travailler, alors qu’on pourrait les nourrir avec l’argent que tous les riches se font avec leurs machines?

Structurellement, la taxation des robots correspond à une approche très simple: remplaçons la taxation du revenu du travail, par la taxation du revenu du capital.

Taxation des robots, éloge de l’aliénation

On appréciera l’idéologie cachée derrière la taxation des robots. Bien sûr, elle repose sur la haine du capital, ou par la volonté de le punir, ce qui peut s’imaginer. Mais au lieu de vouloir libérer le salarié de sa condition, au lieu de le désaliéner comme le proposait Marx, c’est bien à un éloge de la servitude qu’invite cette mesure. Ouvriers, employés! ne vous libérez plus! profitez de votre condition et faites payer vos patrons pour continuer à en profiter.

En réalité, la taxation du robot procède du long renoncement, caractéristique de la gauche française, à l’émancipation des salariés.

Entrepreneurs, préparez-vous à partir!

On comprend aussi, derrière la taxation du capital, à quelle sauce seront mangés tous les innovateurs du pays. La tendance dominante dans le grand axe fiscal qui va de Mélenchon à Marine Le Pen en passant par l’aile gauche du Parti Socialiste consiste bine à faire payer les entrepreneurs pour financer l’immobilisme de la société française. Pour ne pas demander aux fonctionnaires de ne pas travailler plus de 35 heures, pour ne pas limiter les visites hebdomadaires chez le médecin pour le moindre bobo, payée par la collectivité, pour ne pas tailler dans une politique d’assistanat qui crée un shadow labor market, pour ne pas revenir à la responsabilisation du plus grand nombre, ce sont les entrepreneurs qui vont passer à la trappe.

Sauf à partir…

31 commentaires

  1. Rodolphe dit

    Ç est la foire foireuse des enfoires du régime socialiste dont la date de péremption approche… les clients avisés be consomment plus cette marchandise decongelee et recongelee. Hélas la même marchandise pourrie est emballée aujourd’hui chez la concurrence de l enseignement du trottoir de droite…

  2. aralo dit

    Considérer les robots comme source quasi unique de gains de productivité est tout simplement ridicule d’un point de vue technologique, les nouveaux médocs, matériaux, nano matériaux sont tout autant sources de productivité à venir sans pour autant être considérés comme des robots…

    Après l’Allemagne, et un court retour en France me confirmant la nullité des boites françaises, me voilà en Suisse avec un salaire doublé par rapport à la France…

    • Ikomal dit

      les « nouveaux médocs, matériaux, nano matériaux » sont un pur produit de la robotique. Ce sont des machines très sophistiquées qui les fabriquent, un humain ne pourrait tout simplement pas. L’exemple le plus flagrant est le séquençage ADN, dont le cout est passé, grâce aux robots de plus d’un milliard à quelques dizaines de dollars.
      Bien sûr ce sont encore des humains qui ont pensé et conçu ces robots, mais même pour ça ils ont eux besoin d’autres robots.

  3. Pierre dit

    On passera rapidement sur les lubies de Hamon (« qui ça ? »).

    Ce que « pense » (?) ou pas ce petit marquis du PS n’a franchement aucun intérêt.

    En revanche, je m’étonne que ne poussiez pas l’analyse des chiffres de l’Insee… Après tout… entre 1954, la population totale a fortement augmenté, non ? (42 millions en 1954…)

    Et vous savez très bien qu’en 2016, le chômage et le sous emploi… plus les « malades », les « handicapés », les RSAisés j’en passe et des meilleures c’est 10 millions de têtes au bas mot.

    Donc dire que les chiffres prouvent que le travail ne se raréfie pas… c’est pousser le bouchon un peu loin.

    Il est évident que le travail se raréfie : soit il disparaît (amélioration productivité), soit il quitte le pays, merci la « mondialisation ».

    Et le travail qui reste est hyper qualifié ou hyper protégé (mafia des fonctionnaires)… or dans toute population humaine, on aura toujours 10 % de débiles mentaux, peu ou prou… Répartition gaussienne intemporelle.

    Donc déjà, 6 millions d’inemployables, selon les canons modernes.

    Avant, ils étaient aux champs ou dans les galères… maintenant, malgré ce que raconte Najat, ils ne sont toujours pas ingénieurs au CEA…

    Ils sont… sociétaires à la « CAF ».

    Vous me direz, c’est pas très éloigné niveau acronyme.

    Alors : taxe sur les robots, c’est bien entendu l’obsession si française de la taxation salvatrice… Mais reconnaissons que nous avons un sérieux problème avec le « travail » et que cela ne va pas s’arranger.

    -immigration massive de bac moins 10, de culture non assimilable, c’est la cerise sur la pomme empoisonnée
    -destruction méthodique du système éducatif
    -mondialisation mortifère qui mécaniquement détruit des emplois ici

    … etc. etc… La somme des facteurs contre nous est assez vertigineuse.

    Je reformule : on fait quoi des millions et des millions de mous du bulbe, d’abrutis « ednatisés », et de dégénérés « chances pour la France » ?

    Ajoutez-y les vieux… Et c’est « Bienvenue à Gattaca » ripoliné par Aldous Huxley et verni par G.Orwell.

    En bref : un problème aux dimensions inquiétantes…

    • Phil dit

      Vous êtes bien pessimistes…vous oubliez l’innovation …regardez le phénomène Uber et les VTC qui a créé de nombreux emplois sur un nouveau marché..i l’activité de VTC croît indéniablement, n’est-ce pas au détriment des activités de transports traditionnelles comme les taxis? C’est effectivement le cas. Selon le Boston Cconsulting Group, le chiffre d’affaires de la filière taxi s’est contracté de 5% depuis 2013. « Mais la croissance du marché global du transport de personnes qui était de 4% par an avant 2013 est désormais de 10% . Les VTC ont pris une part au taxi mais le gâteau est plus gros au global. » Et le marché devrait continuer à croître fortement ces 5 prochaines années….

      Donc ouvrez vos yeux en dehors de l’hexagone, le monde ne nous attend pas. Notre vieilles structures sont inadaptées et il faut les remettre en cause. Notre salariat avec ses coûts et ses charges délirantes hérités de 1945 ne sont plus adaptés. La peur maladive des français sur la réorganisation de la sécurité sociale est symptomatique…de toute façon la vérité des coûts nous revient toujours à la figure et on ne pourra éternellement payer notre train de vie avec des emprunts

      • Gilles E. dit

        « regardez le phénomène Uber et les VTC qui a créé de nombreux emplois sur un nouveau marché »

        Des emplois, mais quelle sorte d’emplois ? Payés combien ? C’est ça l’avenir pour vous, des jeunes chauffeurs de VTC payés entre 3 et 4€ de l’heure qui travaillent plus de 10h / jour ?
        Le statut auto-entrepreneur et l’ubérisation de l’économie, c’est la négation du droit du travail. Voyez l’exemple de tous les coursiers embauchés sous ce fameux régime introduit grâce à la L.M.E, qui travaillent pour des revenus de très loin inférieurs au SMIC horaire, livrés à la prédation des employeurs soucieux de ne payer aucune charge dans notre pays dans lequel ils réalisent des profits vertigineux. Comment osez-vous piétiner les acquis de tous ceux qui nous ont précédés ?!
        Mais peut-être n’êtes-vous pas français, auquel cas je vous prierais de bien vouloir garder pour vous vos jugements de valeur subjectifs cultivés à l’aune de votre inculture crasse.
        En ce qui me concerne, j’ai le droit d’être français et de vouloir préserver les acquis de ceux qui ont lutté pour mes conditions de vie.

        Votre paragraphe de conclusion est un sophisme honteux, un élève de sixième en relèverait la supercherie. Il revient à dire : « Puisque des gens travaillent pour 1€ de l’heure en Allemagne, acceptez donc d’être payés 1.5€, salauds de fainéants, connards de Français ! »
        Votre commentaire fait honte à l’intelligence humaine. Quand on vous lit, on en vient à douter de l’existence même de la pudeur.

  4. Citoyen dit

    Hallucinant, mais tout à fait logique de leur part !
    Finalement, ce qui est rassurant, c’est qu’ils restent égaux à eux-mêmes … il sont transparents. Ce qui facilite les choses.
    Comme les individus sont de plus en plus réticents pour remplir la gamelle dans laquelle ils se goinfrent, il faut bien trouver d’autres solutions pour ne pas tarir la ressource, et au besoin augmenter le rendement …
    Par la seule présence de ces collectivistes, les emplois se délocalisent pour s’éloigner de la prédation. Bientôt, c’est les robots de production qui en feront autant. Mais ils refusent de voir la relation de cause à effet.
    Quand la ménagère de moins de cinquante ans, va apprendre (jusque là, elle n’en avait pas conscience) que son mixeur, qui l’aide à faire la cuisine, fournit un travail dissimulé qui n’est pas taxé … on a pas fini de rire !

    « pourquoi (en forçant le trait, mais à peine) forcer les pauvres à travailler, alors qu’on pourrait les nourrir avec l’argent que tous les riches se font avec leurs machines? » ….. Draghi a trouvé beaucoup mieux …. il fabrique des billets à la demande !

    • Citoyen dit

      Pour pousser le bouchon un peu plus loin …
      Un tracteur agricole moderne, vu sa puissance, doit bien remplacer le travail manuel de 100 travailleurs agricole. C’est une concurrence déloyale ! ça détruit les emplois ! Il faudrait faire supporter au tracteur, les charges sociales des 100 travailleurs équivalents, pour équilibrer le système !
      Je vous laisse imaginer la suite …
      Finalement, c’est peut être pas une bonne idée de le suggérer …. Ils seraient capables de s’en emparer.
      Comme l’a dit Francis Blanche, quand on passe les bornes, il n’y a plus de limites ….

      • Béber le cancre dit

        C’est un bon exemple .
        La mécanisation du travail agricole a vu la population paysanne chercher du travail en ville , qui a pu en offrir grâce à l’essort de l’industrialisation. Aujourd’hui, une telle alternative n’existe pas parce que TOUS les secteurs sont touchés dans le même temps par la robotisation.

        • Citoyen dit

          Et alors, Beber ? La solution, c’est quoi ?
          De mettre le feu à tous les tracteurs, pour que tout le monde ait l’immense plaisir de pouvoir retourner aux champs, pour récolter le blé et les patates à la main ?
          Ben, allez-y, je vous en prie, commencez sans moi …. Je vais prendre encore un peu de temps pour réfléchir à la question, avant de venir vous donner un coup de main !
          Finalement, réflexion faite, peut-être que je vais faire autre chose …

          • Béber le cancre dit

            Comprendre que la robotisation actuelle touchant tous les secteurs à la fois , nous ne somme plus dans le cas de figure d’une innovation technologique qui fait perdre des emplois et en crée dans le même temps ( ou à court terme).
            On parle là de la disparition de 59% des emplois , 97 % des emplois non qualifiés selon une étude allemande parue récemment sur Arte.
            Ce n’est pas la taxation de la robotisation qui doit angoisser mais la rapidité du bond technologique qui laissera tant de monde sur le carreau que le « progrés » pourrait se transformer rapidement en  » régression » pour cause de déflagration sociale.

            Une société qui ne prend pas soin de la paix sociale va droit à sa perte en passant par les cases « dictature » ou « guerre ».

            Sinon , on peut commencer à penser à un revenu universel, voir une taxation des entreprises dont la robotisation génére non point des bénéfices , mais des bénéfices extravagants tout en mettant sur le carreau un nombre de personnes trop important pour que les nations puissent leur trouver du travail.
            Il en va de la survie des états , et principalement des démocraties.
            Et sans démocraties , pas de climat favorable aux affaires , donc pas ou peu d’entreprises autres que celles des armes et du marché noir.
            Et La bascule à déjà commencée…mais bon, jusqu’ici, tout va bien.

  5. Rocard et les rocardiens (tout le monde est, a été ou sera rocardien) auront donc inventé en plus de la CSG, la taxation des robots. Le nombre de robots en France, pays de chômage structurel en augmentation constante, est très inférieur à celui de l’Allemagne, au plein emploi. Il convient donc de les taxer, leur responsabilité dans la fin du travail étant évidente, et d’ailleurs, on pourrait faire mieux et les interdire, l’impôt devenant alors amende.
    Le pays des 35 heures telle la truite hors de l’eau, gigote et innove dans le domaine où elle se spécialise le mieux dans la mondialisation: celui des taxes sur l’emploi. Car taxer les entreprises, quelque soit la manière dont on s’y prend, en décourage leur rentabilité, leur développement et leur création et donc l’emploi de salariés producteurs de richesses qu’elles sont les seules à faire. Mmmh, fallait y penser.
    Hamon est tellement taré que je vais voter pour lui à la primaire de gauche, mais j’hésite encore, peut être que Filoche aura ses parrainages.

  6. Béber le cancre dit

    Avec cet article, on atteint un point culminant de l’erreur de raisonnement commise par une intelligence supposée éduquée.

    Comment une société soit disant adepte du progrès peut elle s’auto détruire à ce point ?
    La raréfaction du travail n’existerait pas , tout comme les problémes d’ordre écologiques pendant qu’on y est …

    La seule explication est d’ordre culturelle.
    Les grandes écoles n’enseignent pas que des savoirs , elles formatent.
    Quelle est donc cette évidence ( ce qui n’est jamais questionné ) qui , inculquée à ceux qui ont l’espoir de devenir
    l’élite de la nation , devient la cause de cette impossibilité à résoudre des problémes pourtant fondamentaux?
    L’esprit de concurrence .

    • Ikomal dit

      Vous avez bien raison de parler de formatage, c’est juste dommage que vous ne voyiez pas que le plus formaté, c’est vous.
      Cette idée que l’esprit de concurrence serait la cause de problème est si typique de l’enseignement français, grandes écoles inclus …
      Mais on n’échappe pas à la concurrence, qui n’est que l’autre nom de la sélection naturelle économique, et d’autant moins qu’on prétend le faire. C’est vouloir échapper à la concurrence qui rendait la concurrence en URSS si féroce : tous les coups étaient permis, puisqu’il n’y avait pas de marché neutre.

  7. Jordi dit

    La taxation des robots est un idée moisie
    La taxation du travail n’est elle pas une gangrène purulente ?

    Le problème c’est la taxation. Les politiciens fraçais veuletn des taxes les plus élevées possibles, pour financer des achats de voix. Et quitte à ruser, ils préféreraient taxer des gens qui ne votent pas (ou très peu). Aujourd’hui, une taxe est jugé sur le rapport entre l’argent levé et son coût électoral.

    Taxer des robots ‘qui ne votent pas), des riches (l’ISF fait le bonheur de la City) ou des entrepreneurs (dont le nombre fond comme neige aux soleil), c’est peut être idiot économiquement mais politiquement, c’est un jackpot.

    Notre social-déomcratie est destinée à la ruine, comme totu régime politique qui représente ceux qui vivent de l’état et non ceux qui le financent.

  8. Deres dit

    Le raisonnement idiot poussant à la taxation est toujours le même. Il s’agit toujours de s’attaquer aux conséquences qu’aux causes car nos politiques socialistes sont bien entendu à la source du mal. Le but est donc de cacher tout cela par une fuite en avant …

    Pourquoi les entreprises augmentent-elles sans cesse la productivité, en particulier en robotisant ? Tout simplement car le travail est fortement taxé, chargé et réprimé par de multiples contraintes. Mais nos politiques continue à augmenter ces incitations à robotiser et plutôt que les diminuer, ils veulent mettre les mêmes boulets sur les robots.

    Là où le raisonnement s’effondre c’est qu’en réalité, la France est très peu robotisé par rapport aux autres pays. En effet, nos entreprises et leur capital étant déjà beaucoup taxé, il y a peu d’investissement. Donc au lieu de robotiser, les entreprises délocalisent ou robotisent ailleurs. Taxer les outils modernes d’augmentation de la productivité ne fera qu’accélérer ce flux alors que chez nos voisins on pale de relocaliser gràce aux robots ! Nos élites sont toujours en retard d’une guerre !

  9. Jiff dit

    « Sauf à partir…

    Et c’est bien là que le bât va (et non-pas « risque de ») blesser.

    En un peu plus qu’une décade, on a assisté à un retournement des chiffres chez les d’jeuns qui quittent le territoire, de 70%-30%, 70% qui pensaient rentrer après études|emploi|mission|etc, on est passé à ~30%, et sans doute moins à ce jour. Par ailleurs, les « stats » officielles ne prennent nullement en compte, dans les départs, ceux qui sont à un poil de se retrouver assujettis à l’ISF (entre autres spoliations, parce qu’avec la diarrhée permanente de taxes, réglements et autres vexations|retards administratifs, le seuil de ras-le-bol est très vite atteint.)
    Ces mêmes « stats » ne voient pas non plus ceux qui ont intellgemment organisé leur actionnariat dès la création et qui partent re-créer une entreprise ailleurs en famille, là où tout simplement l’herbe pousse…

    Tout ça ne paraît pas, mais ça fait beaucoup de monde par an, et multiplié par le nombre d’années, ça fait finalement énormément de monde, mais aussi et surtout énormément de capital, qu’il soit humain, intellectuel ou simplement financier; d’où l’idée aussi sotte que grenue des crétins de l’establishment de vouloir taxer internationalement les français, qui démontre si besoin était, que quitter ce pays revient à un exercice d’hygiène mentale.

    Les maths sont tétues, et à force de départs, ce pays se vide de plus en plus rapidement de ses forces qui sont maintenant très loin de se renouveler à la même vitesse – les autres resteront sur le carreau et boiront le calice jusqu’à la lie, mais ça n’est pas si grave, ils ne savent déjà plus vraiment lire, ni comprendre ce qu’ils réussissent à lire, ni calculer, alors réfléchir…

  10. Béber le cancre dit

    A une époque où nous aurions besoin de cerveaux collectifs , de dépassement des intérêts particuliers , voilà que le formatage des plus performants d’entre nous bloquent la découverte de toutes solutions.

    La culture de la performance à tout prix a peu à peu bloquée les cerveaux les plus prometteurs au point de pousser ceux ci à nier la réalité, et plus souvent encore, à rendre le monde de plus en plus inhumain.
    500 000 emplois de fonctionnaires en moins , où est le problème quand on ne se pose pas la question de leurs réinsertions dans la société? Nous vivons le temps de loups , solidaires entre eux , mais tueurs de l’avenir de tout autre.
    La montée des eaux remettra les pendules à l’heure tout comme l’implacable amplification du chômage sur fond de robotisation tout azimuts.
    Un fond de logique aurait pu inviter les plus subtils à se questionner sur l’avenir d’un monde où le travail ne fournirait plus les moyens d’acheter la production des entreprises.
    Au lieu de cela , on nous parle de « l’angoisse de l’entrepreneur devant la taxation de la robotisation ».
    Sur Arte , une alerte de plus :une émission sur l’industrie 4.0 …A dix ans , 18 millions d’emplois menacés en Allemagne .
    Mais bon , puisqu’on vous dit que jusqu’ici, tout va bien.

    • bébert a peur des robots. Si l’on met de coté la peur des machines diaboliques que sa femme achète en secret, (bien que ce soit peut être le fond de l’affaire, les angoissés ont leurs raisons), il faut lui préciser que les fonctionnaires non embauchés ne sont pas à réinsérer mais à insérer tout simplement, l’uniforme qu’on va les forcer à porter enfant les dissuadant d’être des troufions abrutis toute leur vie.
      Merci de nous faire penser à l’angoisse de l’Allemagne, pays au plein emploi, face au chômage qui nous affecte du double, faute d’avoir investi assez dans les robots qui satisfont votre femme. Que vous dire ? Que je vous veux retourné comme un lapin, et par un robot si possible ?

    • Ikomal dit

      Le truc, c’est que Béber a raison dans un sens : effectivement le travail actuel est menacé.
      Le paradoxe, c’est que tous les efforts de Béber pour éviter ça, ne font que le hâter et, plus grave, boucher les alternatives.
      C’est « grâce » à Beber que les OGM sont interdits alors que la France étaie en pointe, c’est à dire que c’est grâce à Beber que Monsanto n’est pas une boite française (et il est content, Béber, car il déteste Monsanto)

      Si Béber avait eu son mot à dire entre 1850 et 1910 (faut pas se leurrer, il existait déjà, Béber, simplement personne ne l’écoutait ), la photographie, le cinéma, l’automobile, le train, l’aviation, le téléphone, les moteurs et l’éclairage électriques, la science nucléaire, etc. n’aurait jamais pu se développer en France , ils les auraient fait interdire

      Beber parle très bien des loups « solidaires entre eux , mais tueurs de l’avenir de tout autre ». Car il est l’un d’entre eux, tellement bien déguisé en mouton qu’il a fini par se persuadé en être un…

      • Béber le cancre dit

        Commentaire rajeunissant qui me rappelle les cours de récré :  » c’est toi qui dit, c’est toi qui y est « .

        Le jour où Monsanto se verra reprocher ses « bonnes actions » , vous serez content que cette boite ne soit pas française.
        Quand les dégâts financiers occasionés à la santé humaine seront évalués, comme pour certaines banques ,ça risque de leur coûter fort cher.Rien que la bonne blague des désherbants inoffensifs…

        « En 2011, dans une étude publiée par la revue Environmental Toxicology and Chemistry, l’US Geological Survey annonçait avoir détecté du glyphosate dans les trois quarts des échantillons d’eau de pluie et d’air analysés dans une région de grandes cultures.
        En France, il s’en épand environ 8 000 tonnes par an. Avec son principal produit de dégradation, l’AMPA, il constitue le produit le plus fréquemment détecté dans les cours d’eau de France métropolitaine. »

        http://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/06/06/la-proposition-de-bruxelles-de-reautoriser-provisoirement-le-roundup-essuie-un-nouvel-echec_4938862_1652666.html

        PS: Sans rancune mon garçon ( c’est tellement mignon à cet âge là) .

      • Et oui, on peut dire le vrai sans être systématiquement obscène. Mais beber, le baba barbare, mérite tout de même son éviscération: vient là mon petit beber, je vais t’apprendre l’histoire, la géographie, la philosophie et l’économie. D’un seul coup.

        • Béber le cancre dit

          François, si vous deviez assumer la toute puissance que semble vous donner le net , vous ne pourriez pas.

          L’hôte de ces lieux , si prompt à réagir aux dérapages verbaux des jeunes de son quartier , vous laisse déraper …
          En toute impunité , vous menacez de sodomie et d’éviscération.
          Qu’il ne s’étonne point de se voir assimiler à la fachosphère

  11. Mathieu dit

    L’idée n’est pas française, comme affirmé ici, mais vient de Suisse: Sismondi, taxe sur la productivité des machines. Sous simple constat que la personne remplacée par une machine n’en profite absolument pas ; le travailleur et l’entrepreneur se partagent le gain de productivité. Rien à voir avec un « étranglement » de l’entrepreneur !

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