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Les dirigeants du RSI en plein déni des réalités

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Face à la pression juridique et médiatique, les dirigeants du RSI sont aujourd’hui dans un stupéfiant déni des réalités qui leur sont opposées. Ce refus d’ouvrir les yeux est si prononcé qu’on peut se demander dans quelle mesure il n’explique pas l’incapacité du RSI à régler ses dysfonctionnements et à adopter une véritable démarche commerciale vis-à-vis de ses ressortissants.

Une pression juridique lourde à soutenir

Nous évoquions dans nos colonnes l’argumentation juridique qui est désormais opposée au RSI sur l’illégalité de sa constitution. Les premiers tribunaux à s’exprimer sur la validité de cette mise en cause liée aux formes suivies par les préfets pour créer les caisses régionales sur réunionnais. Une trentaine de « libérés » du RSI y attaquent la régularité de leur caisse.

Ces multiples assignations découlent du combat mené localement par le CSAPR (Collectif des syndicats et associations professionnelles de la Réunion). Ces «anti-RSI» ou «libérés» exigent la fin du monopole de ce régime, jugé illégal selon eux. Ils demandent simplement l’application de la directive européenne de janvier 2008 abrogeant ce monopole et permettant de quitter le RSI pour aller s’assurer ailleurs en Europe.

La décision devrait intervenir le 26 janvier 2017. Elle sera évidemment suivie de près…

Une pression médiatique de plus en plus lourde

À Besançon, c’est une simulation d’un suicide collectif qui a eu lieu dans les locaux de la caisse régionale.

Ce lundi matin, ils sont six artisans et commerçants à rentrer par surprise dans les locaux du RSI, le Régime social des indépendants à Besançon. Ils s’allongent face contre terre, aspergés de faux sang. Ils simulent un suicide collectif. Leur message : « Le RSI tue« 

Ce « happening » a bénéficié d’une bonne couverture médiatique, qui illustre la percée de ce thème dans l’opinion. Pour l’institution RSI, cette impopularité grandissante constitue à la fois une menace et un défi.

L’étrange surdité des dirigeants du RSI

En réaction au « suicide collectif » de Besançon, le sous-directeur du RSI Franche-Comté a déclaré:

« Il se peut très bien qu’au moment où on doit payer les cotisations, on soit dans une situation économique moins bonne que l’année précédente. Mais ce n’est pas opaque, c’est peut être complexe à comprendre, mais ce n’est pas de l’opacité. Et puis on prend des rendez-vous et on répond à 92% des demandes au téléphone. »

Ces propos, s’ils sont conformes au prononcer, laissent perplexes. Il faut une fameuse dose de déni pour soutenir que le fonctionnement du RSI n’est pas opaque. On notera d’ailleurs la nuance sémantique: c’est complexe, mais opaque. Les dirigeants du RSI ont le sens de la nuance.

On peut leur suggérer quelques autres nuances du même ordre. Par exemple, les services sont parfois laborieux, mais ils fonctionnent bien. La qualité des prestations est parfois difficile à mesurer, mais elle est bonne. Les assurés du RSI se posent parfois des questions, mais ils adhèrent au régime. On pourrait s’amuser à rédiger, avec les dirigeants du RSI, une anthologie du déni qui permet de se persuader que tout ne va pas si mal quand le RSI fait l’objet d’un rejet viscéral de la part de ses assurés.

Protection sociale ou asservissement autoritaire?

Derrière le badigeon lexical patiemment appliqué par les dirigeants du RSI sur le mur lézardé du régime, se pose une question fondamentale. Combien de temps ce pays continuera-t-il à appeler « protection sociale » ou « régime social » un système imposé par la force et la contrainte à une population entière qui refuse avec constance la mise en place du dispositif?

L’intérêt du RSI est de révéler la véritable nature de la sécurité sociale. Sous couvert de « protéger », il s’agit bien entendu d’asservir les assurés, en distillant une culture de la déresponsabilisation et de l’obligation. Au train où va le RSI, il n’est pas impossible qu’il parvienne à susciter cette prise de conscience chez les assurés sociaux.

En tout cas, l’obstination que les dirigeants du RSI mettent à nier les évidences prouvent bien que la protection des assurés n’est qu’un enjeu secondaire par rapport à la mise sous contrôle autoritaire d’une population donnée.

9 commentaires

  1. Jiff dit

    « La décision devrait intervenir le 26 janvier 2017. »

    Ça n’est pas ce que dit le site du lien, il explique que le dossier n’a pas été retenu et renvoyé au 26 janvier prochain.
    Gageons que la réponse mettra, tout comme le fût du canon, un certain temps à tomber. Voyons déjà ce que nous dira le 2017-01-26, en espérant qu’un tour de passe-passe politico-juridique ne rende pas le dossier irrecevable…

  2. Pierre dit

    OK, prenons les paris pour le 26 janvier prochain…

    Enfin, j’en viens à me demander si nous sommes pas face à une gigantesque « psyop »… Jugez plutôt.

    -le RSI rend fous les indépendants

    -le RSI multiplie les dysfonctionnements, les erreurs, et les provocations

    -après des annééééééééées de lutte… le RSI est démantelé… et les « indépendants » se retrouvent…. d’office enchaînés à la… Sécu…. « régime général » !

    Bilan : ils ont l’impression d’avoir été « libérés »… Ils célèbreront leur « victoire »… Alors qu’ils seront simplement passés dans une autre prison, beaucoup plus vaste et mais toute aussi scandaleuse : la Sécu.
    😉

    Au fond, c’est tellement simple de manipuler le bétail.

    Les veaux continueront de brouter et surtout de payer, bien gentiment.

    Et ils continueront de travailler pour… payer bien gentiment.

    • Jiff dit

      « j’en viens à me demander si nous sommes pas face à une gigantesque « psyop »  »

      Hem, c’était évident comme le nez au milieu de la figure dès le départ; regroupement de différents services sans unification préalable de leur informatique (toujours valable pour ce que j’en sais, les opérateurs doivent entrer 5 fois les renseignements dans 5 systèmes différents…), non-unification des métiers préalable, décision tirée d’un chapeau (au moins en apparence) et appliquée dans la précipitation sous la régence du nain de jardin qui a le tuyau d’échappement au ras du gazon (toujours se méfier des petits, ils font un immense complexe d’infériorité), etc, etc.

      Tous les ingrédients nécessaires à un classique fail de l’état étaient donc réunis en quantité plus que suffisante, et le « résultat » n’a rien de surprenant, la dénégation de la catastrophe afférente non-plus, d’ailleurs (marque de fabrique de l’état français en général, et des énarques en particulier.)

  3. Taless dit

    Le Syndicat TALESS est présent face aux juges des TASS et défend les libérés de la secu .
    C’est son président qui est à l’origine des résultats sur les irrégularités trouvées récemment ( pas d’arrêter de création, que des aprobations de création de caisses) ce qui permet aujourd’hui de plaider et de mettre à mal le dernier rempart de la Mafia secu.

    Aussi prochainement la marque RSI sera bientôt exploité pour la suite de la stratégie .

    Le bureau d’investigation de TALESS souhaite de bonnes fêtes à Sellier et père dodu

    Merci de votre soutien

  4. Fillon se propose de le « remanier de fond en comble », mais ce n’est pas très clair.
    La question est de savoir si ce que laisse le traité de Lisbonne aux pays (le soin de garder leur monopole de sécurité sociale) est vraiment ce qui permet de ne pas s’en libérer…

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