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Peillon, Valls: qui est l’original, qui est la copie?

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Article écrit pour atlantico

Aujourd’hui, Peillon et Valls dévoilaient leurs programmes pour la primaire de la gauche. Les deux rivaux ne se sont pas contentés de choisir le même jour présenter leurs projets. Malgré les différences qu’ils revendiquent, les deux hommes livrent des textes qui se ressemblent furieusement.

Une convergence très « centriste »

Quoiqu’en dise chacun, les deux textes se situent dans une démarche très centriste: ni Valls ni Peillon ne proposent de faire bouger les lignes, de s’installer dans un projet de rupture comme Fillon ou, à un degré moindre, Macron, ont souhaité l’avancer. Leur ambition consiste plutôt à réformer sans fâcher personne et sans modifier les grands équilibres dans lesquels le pays est installé.

Sur ce point, il existe une convergence idéologique profonde, structurelle, entre les deux personnages. L’un et l’autre se situent sur la ligne de crête « sociale-libérale », même s’ils ont tendance à le nier.

Deux projets siamois

Première ressemblance frappante: les deux projets reposent chacun sur des thématiques parentes, dont les intitulés sont très proches. Manuel Valls commence par parler d’une République forte avant d’évoquer une France juste. Peillon parle dans une première partie d’une République moderne et en troisième partie… d’une République forte.

Dans la République forte, Valls loge sa stratégie européenne. Peillon avance celle-ci dans une seconde partie, entre la République moderne et la République forte. Valls parle d’une refondation de l’Europe, Peillon propose un new deal européen.

Rarement on aura vu des mouvements de la pensée aussi convergents, aussi mimétiques même.

On pourrait aligner ainsi les ressemblances flagrantes entre les deux programmes.

Un même amour de l’Europe

Dans le domaine européen, Peillon propose une relance du projet européen à partir du couple franco-allemand. Il se prononce pour une baisse des déficits et de la fiscalité, avec une possibilité pour l’Union de s’endetter directement pour financer un plan de relance. Sans grande surprise, il propose un budget de la zone euro.

Valls ne propose pas, pour sa part, de relance à partir du couple franco-allemand. Mais, comme Peillon, il souhaite un grand plan d’investissement public sur le continent, et un budget européen. Comme Peillon, il souhaite rester dans les règles de réduction des déficits posées depuis plusieurs années.

La structure de la politique communautaire de Valls et de Peillon est donc relativement homogène et ne diffère pas fondamentalement.

Une même logique centriste

Sur la question des finances publiques, les deux candidats multiplient, là encore, les points de convergence.

Ainsi, Valls propose de consolider l’objectif d’un déficit sous les 3% de PIB, avec une hausse annuelle moyenne des dépenses publiques de 2,5%. Il préconise une baisse des prélèvements obligatoires. Tout ceci doit permettre de continuer à « protéger » les Français.

Du côté de Peillon, le langage est là encore très proche, même si son programme ne propose pas, à la différence de ce que Valls a publié, un « cadrage budgétaire ». Peillon propose une baisse des prélèvements, un respect des 3% et une politique d’investissement public préservant la « protection ».

On retrouve donc ici une sorte de statu quo raisonnable (ou prétendu tel) dans la stratégie de finances publiques.

L’éducation et la culture

S’agissant des politiques publiques, les deux candidats ne manquent pas de se retrouver sur des fondamentaux proches.

Peillon veut placer le travail et l’emploi au coeur de l’économie. L’éducation et la transition énergétique lui paraissent être les priorités de demain.

Pour Valls, il faut une Nation éducative et culturelle. Il préconise aussi une société du travail, mais il a oublié de parler de la transition énergétique. En revanche, il évoque le revenu universel qui n’est pas la tasse de thé de Peillon.

Sur le fond, on retrouve là encore une grande proximité idéologique entre les deux hommes.

À qui profitera le choix de la continuité?

Les deux hommes soulignent donc, peut-être à leur insu, leur très grande proximité idéologique et même intellectuelle. On ne partage pas impunément le même parti pendant ses années de formation.

Reste à savoir lequel des deux tirera le mieux profit de ce substrat idéologique qui confirme bien l’existence de deux gauches: l’une, « libérale », suit le sillon tracé par Hollande en 2012, l’autre, « post-marxiste », préfère (c’est le cas de Hamon) exercer un droit d’inventaire plus direct sur l’héritage de l’actuel président. En l’état, Manuel Valls paraît le mieux armé et le plus déterminé pour gagner.

12 commentaires

  1. Pierre dit

    Le Catalan ne va rien gagner du tout…

    Son « programme » hérisse le poil des bon gros militants PS, et des gauchistes en général.

    Valls a les casseroles aux fesses : il est sortant.

    Il a été premier ministre, associé au terrorisme, au chômage, au 49-3, aux lois liberticides, à la loi Connerie, à l’état d’urgence accordéon sans fin, etc.

    Le parfait repoussoir.

    Filloche (dommage qu’il soit écarté) le rappelait : « Valls c’est monsieur 5 % ».

    En outre, les droitistes dotés d’un certain sens de l’humour, voteront contre Valls à la primaire des gogochistes. Histoire d’amplifier sa défaite, son humiliation. En clair pour le type en 2ème position, ou présenté comme tel.

    Valls est fini, cuit, atomisé. Il va avoir le temps de soigner ses mains qui tremblent, ses sourcils froncés, son visage émacié, ses obsessions, ses TOCs et tics… et philosopher sur le sens de la vie.

    Enfin, n’oubliez pas que le conducteur de scooter pourrait nous faire le coup du retour.

    Il prépare déjà le terrain (ses amis, les « sondages », le travail sur l’opinion, exemple la grâce de J.Sauvage etc.).

    Il suffirait d’une campagne d’attentats bien sale… Et hop par magie pépère nous la jouerait Clémenceau… Le vieux lion sur le retour. Il pourrait se représenter, en squizzant la primaire…. Pour « sauver la France et les Français ».

    Le scénar est tellement gros, cousu de fil blanc… qu’il semble avoir été déjà écrit.

    Voire même déjà mis en production.

  2. Curmudgeon dit

    Une France / République forte, juste, moderne, une Nation culturelle ?

    Ça n’est pas un programme. C’est du verbalisme éhonté. Comment des « citoyens » pourraient prendre au sérieux ces bruits de bouche ?

    • Pierre dit

      C’est sûr que ça claque moins que « Make America Great Again » ou « America First » !

      Valls est le parfait scribe de la génération Terra Nova… des esprits pauvres qui alignent les mots, dans une sorte de culte de cargo obscène et grotesque, mâtiné d’orwélisme neuneu : « république », « justice », « solidaire », « juste », « force », « antisémitisme », « terrorisme »… et ensuite ils mélangent ces mots-vides pour faire des mots-valises comme des enfants débiles légers : « La France Juste », « La république forte » etc.

      Et ils martèlent les mots, les scandent, cherchant sans doute à s’auto-hypnotiser…. se convaincre…

  3. Valls propose un revenu universel, la fin du 49/3 et surtout, surtout le retour (dix ans après) à la grande idée de Sarkozy: la défiscalisation des heures supplémentaires (Fillon parait il, était déjà mitigé à l’époque).
    Le communicant foireux, dont toute les actions échouèrent, la plus sublime, l’humiliation de son ministre de l’économie qui tourna à la farce ridicule, la grosse marocaine par qui il l’avait remplacé n’assurait pas, on l’a vu c’est lui qui a tout fait, montrent la totale incapacité, incompétence et inutilité de son être foireux de catalan allergique trembloteur, très inférieur en drôlerie et intelligence véritable, il faut le dire, à son seul ennemi, Dieudonné. Devant sa nullité à imposer en trois mois de propagande désespérée, la fameuse déchéance de nationalité que personne ne voulait (ou pas) qu’il s’applique à lui même, devant la moustache qui lui manque et son incompétence, on ne peut que soupirer:  » valls te faire foutre! ».

    Peillon c’est autre chose, et l’égalité en ces matières est artificielle. Coupable exclusivement de propagande pour le cannabis, c’est un prof de philo agrégé à grand peine, attaché à la destruction du logos, hors sol de toute son hérédité, le coté de son père s’étant contenté d’être une banquier communiste, coincé d’emblée au plafond godwin de la laïcité exagérée du maréchal pétain, il roule plein phares.
    Associé un temps avec Montebourg et Royal, c’est dire, c’est un taré de chez taré, parler de programme présidentiel pour ce qui le concerne c’est vouloir mickey ministre, et d’ailleurs on l’a déjà eu, on a vu.

    La détestation que l’on peut et doit éprouver pour de tels merdiques lémures est totale. Pierre voulait Filoche, je crois moi que je vais aller vomir.

  4. Hermodore dit

    Ils veulent tous « protéger » quand ils briguent les suffrages et dès qu’ils sont élus, ils sorte la matraque (fiscale surtout).
    Menteurs et falsificateurs incorrigibles.

  5. Deres dit

    Je trouve consternant leurs propositions sur l’Europe. En fait, leurs propositions se résument à : « il faut renégocier les traités à notre avantage ». Pourtant, c’était déjà exactement le programme de Hollande en 2012 ! Et on sait très bien qu’il est revenu la queue entre les jambes de tout ses entretiens européens à Berlin ou ailleurs. Et tous ces zozos nous promettent la même chose : l’Allemgne paiera. Car c’est toujours cela le sens profond de ces renégociations qui reviennent toujopurs à augmenter notre endettement avec la garantie européenne donc allemande …

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