Accueil » Quand le RSI double l’addition et envoie les huissiers

Quand le RSI double l’addition et envoie les huissiers

Cet article a été lu 16078 fois

Le RSI, encore et toujours cette nuisance publique appelée Régime « Social » des Indépendants. Et encore et toujours une histoire trop classique racontée par l’un de ses « bénéficiaires ». Cette fois, il s’agit d’Antoine Desjars, chef d’entreprise à Paris.

Le royaume d’Ubu

Antoine Desjars crée une entreprise en 2009 (le 9 octobre exactement) et il fait les choses dans les règles de l’art. Il informe immédiatement le RSI de son existence, et reçoit un courrier le 8 février 2010 actant de son inscription. Jusqu’ici, tout est à peu près normal.

Le train du RSI se met toutefois à dérailler lorsque, le 28 août 2013, soit plus de 3 ans après cette inscription, Antoine Desjars reçoit un courrier l’informant de son affiliation… au RSI, avec un effet rétroactif au 1er janvier 2010. Petit problème: l’intéressé a cherché, durant l’été 2013, à bénéficier d’un remboursement maladie, et sa mutuelle lui a répondu qu’il n’était pas couvert par le RSI et que les dépenses étaient donc à sa charge.

L’imbroglio commence: le RSI finit par admettre par un courrier du 31 octobre 2013 qu’il n’a pas pu affilier Antoine Desjars en 2010, comme l’intéressé l’avait demandé, et comme le RSI lui-même l’avait acté.

Dans une structure au service de ses cotisants et adhérents, la machine administrative aurait présenté ses excuses à l’impétrant pour ce loupé. Au RSI, la règle est différente: le cotisant est forcément en tort, et l’administration du régime a forcément raison. Donc, Antoine Desjars reçoit le 2 décembre 2013 un courrier du RSI lui reprochant de n’avoir pas fait ses diligences pour suivre son affiliation…

Comment le RSI harcèle ses cotisants

Dès 2013, se met en marche l’implacable machine à harceler le cotisant dont le RSI a le secret. En l’espace de deux ans, Antoine Desjars reçoit vingt courriers différents du RSI lui notifiant dix-huit montants exigibles différents pour les années de cotisations 2011 et 2012. Les sommes vont de 13.343€ à 82.822€.

Immédiatement, l’intéressé sollicite des rendez-vous, qu’il n’obtiendra que… début 2016. Entretemps, il a envoyé 30 courriers d’information ou de réponse au régime, et reçu des quantités de courriers comminatoires… (les fameux « derniers avis avant poursuite »). Là encore, dans un régime réellement social, l’administration du système aurait arrêté une fois pour toutes la machine infernale et aurait dépêché un interlocuteur en chair et en os pour comprendre le problème et ne pas épuiser son cotisant dans des procédures interminables. Au RSI, on ne fait pas comme ça. Le cotisant est un ennemi qu’il faut traquer, assommer, harceler de courriers et de menaces.

Les indépendants, ces vaches à lait mal venues de la protection sociale

De ces péripéties jamais achevées, une seule leçon est à tirer: les indépendants ne sont pas bienvenus dans la sécurité sociale. Le régime social des indépendants n’est pas fait pour les protéger, mais pour les mettre sous surveillance, et pour les saigner. Les indépendants sont en faute: ils ne sont pas salariés. Donc, ils doivent payer dans tous les sens du terme.

Une seule logique à défendre aujourd’hui: mettre fin à cette mise sous tutelle qui empoisonne la vie de cette France qui se lève tôt et prend des risques pour créer de l’emploi et de la prospérité dans une société qui veut recevoir sans payer.

8 commentaires

  1. scaringella dit

    Bof,
    c’est un grand classique dès qu’on est en relation avec un quelconque système sois-disant
    au service du … client, sociétaire etc .. Ou justement c’est la dernière choses à laquelle
    on s’intéresse, si on s’y interesse.

    C’est évidemment le management qui est en faute à chaque fois puisqu’il empêche les agents
    de terrein de faire … du terrain … et les noie sous d’innombrables procédures et règles toujours
    plus contradictoires les uns avec les autres jusqu’au moment ou l’agent de terrain baisse les
    bras en se disant qu’à force toutes ces aneries vont s’arrêter vu le niveau de service … et que le
    management viendra leur demander enfin comment faire; mais non
    au contraire c’est toujours pire pour « corriger » les écarts et ainsi de suite.

    Bref un grand classique du management, valable dans le privé comme dans le public dès que
    les strates de managers bullshits inutiles et qui le savent, cherchent à sauver leur peau.

    Et si ce monsieur chef d’entreprise et donc qui devrait être au courant de ce genre de défauts inhérents aux affres
    du management s’était déplacé ?? Il a fait la même chose que le RSI, des courriers. En tant que
    sociétaire il PEUT se déplacer, c’est même normal; c’est ce que je fait avec mes mutuelles santé
    ou assurances, je me déplace. Et je n’ai jamais de problème grave comme ce monsieur.

    Son comportement est un grand classique aussi. Le RSI ne lui plait pas, soit, et donc il le juge
    négativement. A partir de là tous ses comportements sont orientés, biaisés pour PROUVER et
    SE PROUVER que oui, il a bien raison; c’est un biais dit de prédiction.

    Et le votre est du même tonneau à voir le nombre de billets CONTRE le RSI. Vous aussi êtes dans
    la prédiction auto-réalisatrice. Même si sur le fond vous pouvait avoir raison, ce dont je suis
    incapable de juger.

    Quand quelqu’un se dit chef d’entreprise, donc ayant a gérer un système SOCIAL à but lucratif
    et qu’il ne comprend pas, ne sait pas ce qui est expliqué ci-dessus, il devrait se poser de
    sérieuses question sur ses capacités réelles à gérer une entreprise. Il a grand besoin de
    s’entourer de collaborateurs performants pour le remplacer dans toutes les taches qu’il a l’air
    bien incapable d’assumer.

    Encore faudrait-il qu’il sache déléguer … c’est une autre question … Peut-être de la formation alors??

    • Libéré dit

      Scaringella, tes commentaires démontrent une méconnaissance aiguë du système. Tu n’es d’ailleurs certainement pas affilié au RSI…alors un peu de modestie sur le sujet ! Vas donc discuter avec les indépendants de tout poils concernés par le sujet ! Par ailleurs pour ton information, un chef d’entreprise peut être un indépendant sans salarié ou avec des salariés !! Il faut arrêter dans ce pays ce fantasme autour du chef d’entreprise ! On voit d’ailleurs où ça nous mène…des départs massifs à l’étranger, 9 millions de pauvres, plus de 4 millions de chômeurs…Il y a parfois des personnes qui feraient mieux de s’informer avant de crier au Loup…

      • scaringella dit

        J’ai bien précisé que ce dont je parlais était le comportement des organisations ET de ce monsieur, pas du rsi.
        Vous faites ici dans votre analyse de mon commentaire une erreur dite de contexte. C’est dommage.
        L’indépendant ou le chef d’entreprise est réputé être responsable, savoir atteindre ses objectifs afin
        de satisfaire ses besoins visibles et des enjeux plus souterrains. Laisser pourrir une situation est
        irresponsable, va à l’encontre de l’atteinte d’objectifs, mais peut permettre de satisfaire des enjeux tels
        que « je suis quelqu’un de très important », « je fais vivre la france (après tout, pourquoi pas) », « sans moi
        la terre s’arrête de tourner », et non pas de plus sains comme « je suis libre », « j’apporte ma contribution au progrès ».
        Je persiste et je signe, se laisser prendre dans de tel biais d’analyse est la garantie de graves
        dysfonctionnements, la preuve d’un manque de compétences indispensables pour faire tourner
        une affaire. Ces biais se retrouveront obligatoirement dans les interactions avec les clients et là
        c’est le chiffre d’affaire qui disparait. Ce monsieur ne serait-il pas plus heureux comme salarié?
        Reconnaitre ses limitations est le premier pas vers le progrès.

        • Eric Verhaeghe dit

          Je m’immisce dans votre conversation: l’indépendant et le chef d’entreprise est réputé être responsable… autant que le législateur, les fonctionnaires, les agents du RSI, les salariés. Il n’y a pas deux mondes en France, avec 2,5 millions d’indépendants responsables et 63,5 millions d’hurluberlus déliés de toute obligation de résultat…

  2. jules Moch dit

    on est toujours opprimé par les siens, comme en agriculture les gros éliminent les petits.L’entre soi est souvent signe d’oppression, mais comme pour beaucoup de petits patrons être au même régime que les salariés est une déchéance, toute la justification du RSI est là. Pourtant tous les grands patrons , eux, y sont à la sécu.

  3. Citoyen dit

    « cette nuisance publique appelée Régime « Social » des Indépendants » … en effet !
    Comme toute institution dans ce pays, qui finit par être squattée par les bolchos, leur comportements ressemble à s’y méprendre à celui de la sécu, si ce n’est en pire. Ce n’est pas « le royaume d’Ubu », mais celui des bolchos, autrement dit des parasites qui s’organisent en institution.
    C’est précisément pour cette raison qu’il faut mettre ces systèmes à terre, pour les rebâtir sur des bases plus saines.

  4. RYD56 dit

    Terrible ce RSI, quand je voit ce qu’ils prennent sur nos soit disant revenus et derrière on a La pire couverture possible en France ?! C’est inadmissible de se faire saigner comme ça ! Nous devons nous barrre mais comment réellement ? Ne plus payer La TVA par exemple ? Ils bougeraient vite fait

  5. JA25 dit

    J’ai connu une mésaventure semblable mais avec la seule URSSAF.
    Je pense que le dysfonctionnement vient d’ailleurs de cet organisme. Ce super organime, dans mon cas, me demandait une cotisation basée sur un bénéfice supérieur à mon chiffre d’affaire!
    J’ai tout eu, l’absence de réponses à mes courriers (envoyés en RAR), les courriers contradictoires, les menaces, l’huissier pour une saisie…
    Finalement tout s’est arrangé en écrivant au préfet qui m’a conseillé de saisir le conciliateur.
    Pas d’excuses, c’est effectivement moi qui n’avait pas compris…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *