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La France, ce bathyscaphe dernier cri qui descend toujours plus bas

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Ces derniers jours, le bathyscaphe France a battu un nouveau record de descente dans les profondeurs sous-marines. À chaque élection présidentielle, on se dit qu’on ne peut plus descendre plus bas (on se l’était dit fin 2011, on se l’est redit en décembre, quand Hollande a renoncé à combattre), et chaque fois on s’aperçoit qu’il est toujours possible de se surpasser et de franchir encore quelques paliers hyperbares.

La gauche en pleine décomposition

Parce que, mine de rien, l’élection de Benoît Hamon n’a pas vraiment réglé les problèmes. Certes, le Parti Socialiste dispose désormais d’un champion pour descendre dans l’arène. Certes, Bernard Cazeneuve lui accordera son soutien si et seulement si il endosse le bilan du gouvernement, ce qui semble mal parti (et annonciateur d’une prochaine vague de défections). Mais, comme on pouvait s’y attendre, l’hémorragie vers Macron commence.

Pierre Bergé n’a pas hésité à se rallier ouvertement au jeune Emmanuel. Les réformateurs du PS devraient suivre.

À sa gauche, Hamon trouve un Mélenchon qui devrait aussi faire de la résistance. Cela ne signifie pas, évidemment,  que l’union ne pourra se faire. En revanche, elle ne se fera pas toute seule et de l’eau coulera sous les ponts avant qu’elle ne se réalise.

Bref, trois gauches courent en parallèle vers la présidentielle. À ce stade de la compétition, on se souvient forcément de 2002.

Fillon en équilibre précaire

La grande innovation de l’élection de 2017, par rapport à celle de 2002, c’est évidemment l’état de la droite, qui est beaucoup moins vaillante qu’elle ne devrait l’être. L’audition, hier, par la police judiciaire, pendant cinq heures, de son candidat officiel, constitue un précédent qu’on peut appeler un bouleversement inédit.

Le pari fait par Fillon est que la justice le blanchira rapidement pour lui ouvrir la voie de l’élection présidentielle. La question est de savoir dans quel état il se trouvera à ce moment-là. Tout laisse à penser que la campagne des Républicains va se transformer en chemin de croix. Les révélations annoncées demain dans le Canard Enchaîné risquent de mettre la droite au pied du mur: soit elle passe outre les accusations et explique une bonne fois pour toutes que, même mis en examen, Fillon sera son candidat, soit elle l’empêche de se présenter. Mais se reposer à chaque dossier de presse la question de la légitimité de Fillon à continuer le combat n’empêchera pas l’homme de figurer sur la ligne de départ. En revanche cela l’empêchera de mener campagne et de gagner l’élection.

Bientôt la curée de Macron

Les officines qui orchestrent la déstabilisation de François Fillon devraient attendre que la vague de ralliements à Macron (consécutive à l’élection de Hamon à la primaire) soit achevée pour lâcher les bombes sur le chouchou des médias. Les premiers tirs d’ajustement ont commencé. Les réseaux sociaux ont par exemple commencé à ressortir les petites anecdotes de la carrière Macron, en attendant le feu sur sa campagne.

Au passage, l’intéressé vient d’annoncer que son programme serait prêt début mars. Six semaines avant l’élection? c’est pas un peu beaucoup ça?

La désintégration du débat démocratique est en cours

Bref, ce qu’on a appelé à une époque le débat démocratique s’est transformé en longue plongée dans les profondeurs des poubelles. Je veux bien qu’on m’explique que les dissidents (dont ce blog fait partie) sont de dangereux démagogues, populistes, etc. N’empêche: je préfère mon populisme à leur « élégance ».

17 commentaires

  1. L’explication de ce naufrage est aisée :

    1) La mauvaise monnaie chasse la bonne. Depuis des décennies que les copains-coquins s’entendent entre eux, aucun honnête homme n’a l’envie, ni même la possibilité, de s’engager en politique au-dessus du niveau de maire. Lionel Jospin disait des Jeunes Socialistes qu’ils sont l’école du vice, on peut en réalité dire cela de tous les partis politiques français.

    Il y a trop longtemps (1958) qu’il n’y a pas eu une guerre ou une révolution pour remettre les compteurs à zéro.

    2) Pour qu’il y ait débat politique, il faudrait qu’il y ait des divergences entre les principaux partis sur l’essentiel, ce qui n’est pas le cas (ils sont tous, à des degrés divers, mondialistes, européistes, immigrationnistes, progressistes, capitalistes de connivence, technocratiques). Il en résulte que les partis politiques ne sont plus que des écuries d’ambition. D’où l’obsession des destins individuels et la « pipolisation ».

    On remarquera que, pendant la campagne présidentielle américaine, malgré le coté cirque, un vrai choix était présenté aux électeurs. Ce n’est pas le cas en France (le Front National de la « dédiabolisation » a renoncé).

    Puisque la France n’est plus en mesure de faire des choix, notre destin nous sera imposé de l’extérieur.

  2. Rodolphe dit

    Un panier de crabes quoi… bonne dégustation. On risque d avoir au premier tour un blocage du style 22 % pour chaque candidat. Donc pas de majorité claire. Sans parler de l abstention et le vote blanc (mon cas p ex si je serai encore dans ce bled).

  3. Citoyen dit

    Si c’est un bathyscaphe, c’est parce que le pédalo à pris beaucoup trop d’eau dans la cale et dans les flotteurs, et qu’ils n’arrivent plus à écoper…. D’ailleurs, ceux qui étaient fatigués d’écoper, sont partis à la nage … pour essayer de sauver quelques meubles.
    Alors, sur le pédalo de la méduse, dans la cervelle en décomposition du capitaine, qui voyait son mousse « le micron » s’éloigner à la nage, pour tenter de rejoindre le rivage, a germé une idée putride (une de plus) …. Et si « le micron » était mon « Medvedev » à moi ?…. Une sorte de bouée de sauvetage …
    Ben oui, plutôt que de préparer son asile politique au Mali, qu’il a déjà commencé à organiser …. S’il devenait le premier sinistre de son mousse, avec le petit Caudillo à l’intérieur … Il arriveraient à sauver quelques meubles !
    Mais il parait que ceux qui sont perdus en mer, sur un pédalo à la dérive, finissent toujours par délirer …

  4. serge dit

    On s’agite beaucoup pour parler des candidats à la présidentielle. Mais pour éviter une cohabitation (c’est bon on a déjà vu…), il faudra des députés. Or, au même titre qu’un certain Fillon, fâché avec ses petits camarades, avait menacé de faire un groupe parlementaire à part (ce qu’il n’a évidemment pas fait), les députés du PS annonçant leur ralliement à Macron a peu de chance de se concrétiser. Car pour la campagne législative, il faut des moyens financiers, en général du parti, et donc concourir pour le parti. Il est même possible, pour verrouiller leur « loyauté », de leur demander de se mettre à jour de leurs cotisations ou rembourser les prêts préférentiels (autre sport de nos représentants). Voire de leur pourrir la candidature en investissant un adversaire très légaliste du parti. Il me semble donc que le jeu ne fait que commencer et qu’il se situera sur des données financières, celles des partis derrière les candidats, mais aussi tous les types d’apport financier qui serait une lichette obscurs.

  5. Rodolphe dit

    Le serveur du canard enchaîné est bloqué a cause de la une de demain. En effet, des précisions sur les montants et le système Fillon est hors service. Il est mort cliniquement notre chantre de la lutte contre le profitage… vite sarko revient les socialos ont désormais un boulevard. Ç est la faute aux vieilles dames âgées de 70 à 80 ans qui n ont pas pu enfanter un homme capable de diriger ce pays en renversant le système. Nous avons plus de députés et de sénateurs que les USA

  6. balthazar dit

    Personne n’oblige ces de choisir les fruits avariée. Comme pour les élections aux états unis d’Amérique… personne n’a obligé le parti démocrate à choisir Clinton qu’on savait pas propre.
    Le problème est que les partis sont tenus par les candidats sales…

  7. Pierre dit

    C’est plié. Fillon avait le bénéfice du doute. Mais le voir aboyer avec le reste de la meute, bêtement en plus, avec des arguments suintant la bêtise crasse… basta.
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    « J’ai toujours dit qu’il nous faudrait juger M. Trump sur ses actes. Ses premiers décrets sont désormais connus, dont celui sur la fermeture des frontières. Il est compréhensible de vouloir contrôler l’immigration… Mais ce décret est une injure à l’histoire des Etats-Unis », a-t-il déclaré lors d’un discours à Paris devant l’Electronic Business Group, club d’entrepreneurs du numérique.
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    Ce type est un crétin, un apparatchik et un voleur. Absolument pas le « De Gaulle », le sauveur que beaucoup ont voulu voir en lui.

    Et oui, la France est foutue. Et non nous n’avons pas encore touché le fond.

    Rien de neuf.

    • Stephane dit

      Disons que beaucoup de gens à droite ont préféré lui faire confiance plutôt qu’ à Juppé et Sarkozy. Cette affaire du Pénélopegate n’ a rien de si scandaleux si on doit la mettre en perspective avec d’ autres affaires d’ état…mais. Cette affaire a le mérite essentiel de révéler l’ incompétence de ce candidat. Sa prestation la semaine dernière à la télévision était d’ une faiblesse affligeante. Il a brillé lors des primaires, comme une machine à gagner des élections ce qui finalement devient le seul talent de ces politiciens. On peut vraiment mettre en doute sa capacité à devenir chef d’ état et faire face à des pointures comme Poutine, si au moindre coup de vent il se transforme en guimauve. Je vous rejoins qu’ à moitié sur sa critique de la politique migratoire de Trump. Il aurait été bien plus courageux de mettre la pression sur l’ Arabie Saoudite. Mais Trump doit bien y avoir quelques agglos à sceller.

      Il y a une volonté sombre et dissimuler ( de moins en moins) de fracasser les grands blocs politiques traditionnels. Le parti socialiste s’ est sabordé en 5 ans sur les récifs du pouvoir, il fallait bien mettre un coup aux LR qui semblaient s’ être sortis d’ une crise de leadership. Patatra. Comme je lis actuellement le bouquin de N.Polony et le comité Orwell, je ne peux m’ empêcher de voir des grandes manipulations de fonds que les médias répercutent docilement en mettant en avant une gafacéphale nommé Macron. Et je me demande encore à qui profite le crime. Pas à nous c’ est sûr.

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