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La Cour des Comptes annonce un quinquennat de tous les dangers

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Il faut lire le rapport annuel de la Cour des Comptes. D’abord parce qu’il a le bon goût d’étriller les pratiques corporatistes à la française qui deviennent insupportables avec le temps: le corporatisme patronal financé par le contribuable, le corporatisme de la fraude à la formation professionnelle, le corporatisme au sein des administrations publiques, le clientélisme de la santé publique en France (dont on ne dira jamais assez le coût pour l’assuré), tout cela maquillé sous des discours lénifiants, comme celui de l’écologie à Paris, qui cache de grosses bulles de mensonge.

Surtout, la Cour a l’intelligence de consacrer un extrait de son rapport annuel à la situation réelle des finances publiques qui laisse place à peu d’ambiguïté sur ce que sera le prochain quinquennat.

Un appel à la stabilité des dépenses publiques jusqu’en 2020

Sans entrer ici dans le détail de l’analyse, la Cour affirme que, pour tenir ses engagements européens, la France devra respecter une stabilité de la dépense publique. On notera les propos tenus:

Une telle maîtrise des dépenses publiques est possible : depuis 2010, de nombreux pays européens ont mené des politiques ambitieuses de réduction des dépenses publiques et leur poids dans le PIB a baissé en moyenne dans la zone euro, alors qu’il est globalement stable en France.

Mais l’effort à mener est en réalité supérieur à ce que les chiffres présentés dans les projections pluriannuelles de finances publiques laissent apparaître. En effet, ces projections reposent sur des hypothèses de croissance optimistes, avec un retour de la croissance à 2,0 % en 2020, favorisant la hausse des recettes et une réduction sensible du déficit conjoncturel. Avec des hypothèses de croissance plus prudentes, c’est ainsi une baisse de la dépense publique en volume qui serait nécessaire pour atteindre les objectifs affichés de réduction du déficit public.

Par ailleurs, une part significative de la modération de la dépense publique entre 2010 et 2015 provient de la baisse de la charge d’intérêts, sur laquelle il paraît peu prudent de compter désormais pour faire baisser la dépense : alors que la baisse de la charge d’intérêts avait contribué à freiner la dépense entre 2010 et 2015, l’intégralité de la baisse de la dépense devrait porter à l’horizon 2020 sur les autres dépenses.

Le tableau est posé. Soit la France veut tenir ses engagements, et elle devra réformer en profondeur. Soit elle ne veut pas réformer, et adieu les engagements communautaires.

La Cour des Comptes demande un effort inédit

Impossible donc de ne pas noter l’avertissement qui est dressé dans le cadre de la présidentielle à venir, et qui est probablement le seul véritable marqueur du débat: tenir ou pas les engagements financiers de la France devant l’Union Européenne. En réalité, l’essentiel du choix à opérer en mai 2017 portera sur l’ambition ou non de procéder à des réformes de structure.

Sur ce point, la Cour renvoie chaque électeur à sa conscience. Sa démonstration est claire: imaginer que l’on peut être « européen » sans accepter des réformes drastiques relève de la pure illusion.

On mesure immédiatement l’impact de cette affirmation sur les combinaisons possibles à la présidentielle: elle écarte ou disqualifie par avance les duels opposant des candidats peu soucieux des finances publiques mais affirmant leur volonté de rester dans l’Europe.

L’heure de passer à la caisse

Une chose est sûre: une baisse de la part des dépenses publiques dans le PIB (dont la France est championne) n’interviendra pas sans des mesures douloureuses. Après un quinquennat de surplace sur tous ces sujets, permis par une baisse artificielle des taux et un abandon de notre crédibilité diplomatique (notamment au sein de l’Union), il va falloir passer à l’action. Dès 2017, par un « collectif budgétaire ».

Le décor est posé.

3 commentaires

  1. Rodolphe dit

    Rien de nouveau. Elle ne sert à rien cette cour de prestige… juste pour faire semblant que nous sommes une sorte de démocratie… vous oubliez une chose essentielle nous sommes en France et les sans dents sont blasés… il suffit de voir le chiffre d affaire de la française des jeux (le seul rêve ).
    Courage nous y sommes à mi chemin mais on prend pas la bonne direction

  2. Nous sommes là au coeur du débat et du problème français et du rapport de la politique française avec l’Europe.
    Le ratio déficit budgétaire sur PIB est un indicateur témoin des politiques de dépenses publiques d’un pays donné.
    La valeur de 3% est un maximum structurel qui, dépassé durablement, signifie que la dette s’accroit sans limite, et que le futur du pays est la ruine, la catastrophe et la mise en esclavage. C’est la situation actuelle de la France.
    Pour diminuer la valeur de l’indicateur, il faut mettre en place des politiques structurelles permettant de diminuer sensiblement les dépenses publiques sur le long terme.

    Ce que dit assez clairement la cour des comptes c’est que les réductions récentes de cet indicateur ne sont absolument pas dues à de telles politiques, mais en fait au hasard ( diminution provisoire de la contribution européenne) à la chance (taux bas) et au report à 2017 et 2018 de toutes les dépenses décidées et annoncées. Il s’agit donc d’une condamnation sans appel de la faillite totale, absolue, irrémédiable et définitive des politiques menées en France depuis cinq ans par Hollande, Macron et Sapin. En tout euphémisme, naturellement.

    L’objectif de Fillon est de passer les dépenses publiques de 57% à 50% du PIB en cinq ans en s’en donnant les moyens, c’est à dire en réduisant le nombre de fonctionnaires progressivement. Quelque soit le montant du déficit budgétaire dans un premier temps, (on parle de plus de 5% en 2018 par exemple), si l’effort en question est réalisé, l’indicateur passera mécaniquement sous les 3% en quelques années et cela de manière raisonnable, vertueuse et durable.

    Se prépare actuellement une critique insensée de ces réformes à faire. Content de leurs manipulations honteuses, les minables escrocs actuellement au pouvoir, contre la cour des comptes, le bon sens et le réel, après avoir reporté à 2018 tous leurs gaspillages, vont essayer de faire croire qu’ils sont bon gestionnaires, et dénoncer (on vient de voir le type de manipulations dont ils sont capables) la vertu au nom de la rigueur.
    Ces gens méritent les tribunaux.

  3. gérard dit

    Une part importante des français vit du clientélisme.L’état faible s’attaquera comme d’habitude a l’ENSEMBLE des français pour corriger peu de choses au final.Le programme de Fillon en est l’exemple:on s’attaque a toute la sécu au lieu de s’attaquer a ses dérives(tricheries des médecins,labos,cures,lunettistes etc…).d’ou l’état actuel du pays….

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