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Pays-Bas: à quoi sert le mythe de la vague populiste en Europe?

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Article écrit pour Atlantico

Les élections aux Pays-Bas ont confirmé la vivacité d’un mythe qui ressort à chaque élection dans un pays d’Europe occidentale: celui de la vague populiste qui risque de submerger les résultats et de balayer l’héritage démocratique. Lors des élections régionales en Allemagne, mais aussi lors des élections en Autriche ou, hier, lors des élections hollandaises, la bien-pensance française met chaque fois les résultats sous tension, exprimant en réalité ses propres angoisses intérieures: l’extrême-droite est soupçonnée de pouvoir gagner haut-la-main les élections. Et puis patatras, les résultats tombent: la vague n’arrive pas et l’extrême-droite reste minoritaire.

Dans le cas des Pays-Bas, le parti des libertés de Geert Wilders obtiendra probablement 20 sièges au Parlement, et rien de plus. Mais pourquoi avoir agité ce mythe de la vague alors?

Une sémantique de la diabolisation

On notera d’abord tout le registre sémantique dans lequel puise les bien-pensants qui adorent parler de cette « vague populiste ». L’objectif est forcément de représenter la vie politique européenne menacée par une force incontrôlable et volontiers irrationnelle. C’est le principe de la « vague » ou du « raz-de-marée ». Ce vocabulaire exprime bien l’angoisse des élites européennes face à un mouvement populaire qui les remettrait en cause.

On peut d’ailleurs se demander qui est le moins rationnel dans cette compréhension du jeu politique. Sont-ce ces prétendus « populistes » (mot fourre-tout qui permet de se dire démocrate tout en méprise le « peuple » qui devrait avoir le pouvoir), ces mouvements « d’extrême-droite » qui montent en puissance, ou ces partis traditionnels dont l’argumentation se résume à dénoncer le risque d’une « vague populiste », sans aucune proposition sérieuse pour l’éviter? Comme au moment du Brexit, on retrouve bien cette dénonciation officielle de la bêtise, de la vulgarité, selon un schéma binaire qui laisse perplexe sur le degré de compréhension de la réalité dans les élites.

Ce que nous dit la « vague populiste », c’est d’abord la prostration de nos élites face à un monde qui change et qu’elles diabolisent faute de la comprendre.

Une stratégie de mise au pas de nos démocraties

Mais l’expression de vague populiste n’est pas seulement une façon de trahir ses angoisses. C’est aussi, comme toujours, une manière grossière de tenir les opinions publiques, à travers la menace du « jeu de l’extrême-droite ».

C’est particulièrement vrai en France où les élites dirigeantes ont usé et abusent de la ficelle. Il n’est pas si loin le temps où des représentants des partis n’hésitaient pas à expliquer dans des débats publics que l’appel au renouvellement des élites, ou à leur démocratisation « faisait le jeu du Front National ». Cette vilaine manie a confiné à l’absurdité: tout est devenu prétexte à invoquer le diable populiste comme inspirateur de toute volonté de renforcement de la démocratie.

En 2013, par exemple, Claude Bartolone avait lutté contre la publication du patrimoine des députés en déclarant: « ce serait céder à ce syndrome du populisme contre lequel je me bats ». Il avait même poussé la provocation jusqu’à soutenir: « vu les messages que je reçois, je pense que ma position est majoritaire. Certains m’encouragent aussi, car ce n’est pas si facile de se positionner avec autant de liberté de ton. Mais c’est mon rôle […]. En fait, plus ça avance, plus je me pense renforcé« .

On vient bien la mise sous pression constante de la revendication démocratique rendue possible par l’appel au diable populiste. Si tu n’entres pas dans la combine des élites, c’est que tu es au lieux un allié objectif de l’extrême-droite, au pire l’un de ses représentants actifs.

L’élite française ou l’éloge de l’absurdité

Ce faisant, les contempteurs du populisme ne manquent pas d’air. Ils sont en effet capables, dans le même raisonnement, de dépeindre sous les mêmes vocables la menace fasciste qui est à nos portes et les revendications démocratiques portées par une frange désormais majoritaire de l’opinion publique. Celle-ci veut en profondeur une transparence sur la vie publique prévue par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Son article 15 prévoit en effet:

La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

L’application de cet article est largement qualifiée de « populiste » par l’élite française, qui accepte éventuellement de rendre compte à ses pairs, à des représentants qu’elle a nommés, mais surtout pas à la « société », rebaptisée aujourd’hui société civile. Dans le mouvement de prise en otage de la démocratie que la noblesse contemporaine mène quotidiennement, l’extrême-droite et la société civile demandeuse de transparence sont systématiquement mises dans le même sac.

Ce renvoi dos-à-dos est en réalité la première cause de la montée des « populismes » en Europe: à force de ne rien vouloir changer aux démocraties représentatives vieillissantes, à force de stigmatiser l’aspiration à un approfondissement des pratiques démocratiques, les élites européennes ont convaincu une grande partie de l’opinion publique qu’une alliance tactique avec l’extrême-droite était inévitable pour secouer un système qui se crispe sur ses privilèges.

La réaction nobiliaire met la démocratie en danger

On le voit, le vrai risque aujourd’hui n’est pas dans une fantasmatique vague populiste, mais bien du côté de ceux qui agitent ce fantasme comme un repoussoir pour asservir les opinions publiques. La technique est d’ailleurs vieille comme le monde: elle s’appelle la fièvre obsidionale. Elle fut largement pratiquée par tous les régimes totalitaires. Elle consiste à inventer une menace permanente, omnipotente, invasive, létale, pour appeler à la discipline, à l’unité nationale, c’est-à-dire à l’acceptation de tout.

Toute la difficulté, en France, c’est la réaction nobiliaire qui avance derrière le masque de la vague populiste pour justifier l’injustifiable. Vous devez accepter les connivences, les conflits d’intérêt, le népotisme, la reproduction des élites, la spoliation par un Etat inefficace, sinon vous êtes populiste. La société française ne se débloquera et ne retrouvera la prospérité que lorsqu’elle aura dépassé cette réaction de la noblesse française face au progrès.

16 commentaires

  1. Oblabla dit

    Excellentissime papier! Nous sommes bien rentrés dans une forme de dictature molle.
    La question fondamentale: comment arriver à informer et à expliquer aux français que « La réaction nobiliaire met la démocratie en danger ». Il faudrait diffuser massivement un texte et un message qui vulgariseraient le dernier paragraphe

  2. Citoyen dit

     » …un mythe qui ressort à chaque élection dans un pays d’Europe occidentale: celui de la vague populiste qui risque de submerger les résultats et de balayer l’héritage démocratique » …. c’est bien de ça qu’il s’agit … En fait, la caste montre qu’elle a peur pour ses fesses …
    Et vous avez très bien décrit cette caste.

    « Elle consiste à inventer une menace permanente, omnipotente, invasive, létale, pour appeler à la discipline, à l’unité nationale, c’est-à-dire à l’acceptation de tout. » … En URSS, ils avaient trouvé la formule idéale pour resserrer les rangs : « L’ennemi est à nos portes ! » … Le parallèle est intéressant.

  3. Pierre dit

    Oui, c’est ce que les Anglais ont appelé « the project Fear ».

    Il s’agit à chaque consultation électorale de… dramatiser les enjeux et les conséquences.

    Ainsi le Brexit devait immédiatement renvoyer l’Angleterre à l’âge de pierre économique…. Ah ben non finalement, ça ne s’est pas produit, zut alors. 😉

    Brexit, référendum, élections générales, etc.

    Toujours le même truc. Ca fonctionne plus ou moins bien.

    Pour les Pays-Bas ça a fonctionné (idem en Autriche, mais de très peu vous en conviendrez).

    Il faut toutefois mettre en perspective l' »échec » des nationaux et le « succès » du PM sortant. En fait c’est tout l’inverse !

    -participation en forte hausse : +7 points (le project fear a fonctionné, les gauchistes se sont mobilisés, terrifiés par la « bête immonde »)
    -le PM sortant se prend une belle rouste : il passe de 41 à 33 sièges (21,1 % des voix)
    -les partis gauchistes de tout poil en gagnent (verts, etc.)
    -et Geert Wilders passe de 15 à 20 sièges (13,1%)… Son parti devient ainsi le 2ème parti du pays !

    Bref… Il progresse moins qu’annoncé, mais il progresse ! Et de toute façon, il n’aurait pas pu gouverner (personne pour faire alliance avec lui).

    C’est donc une victoire tactique pour lui.

    Mais qui est présentée comme une terrible défaite, selon le « narrative » de la propagande.

    Notons aussi… Denke… le parti musulman, pardon le parti turc, pardon le parti pro-immigrés… 2,1 % et 3 sièges…. Mais à Rotterdam, deuxième plus grosse ville du pays… 8,1 % des voix ! Bientôt sur nos écrans ? D’ailleurs le parti de Geert Wilders rafle la mise à Rotterdam…

    • xc dit

      Il y a eu un vote en sa faveur, mais le « brexit » lui-même n’a pas encore eu lieu, les discussions pour la sortie de la GB de l’UE n’ont pas encore commencé. Donc, normal que ce soit sans effet (sauf quelques frayeurs).

  4. serge dit

    Aux Pays-Bas, les libéraux (parti VVD de M. Rutte) sont passés de 41 sièges à 31. Les travaillistes (PvdA) sont passés de 38 sièges à 9. Et le parti de Geert Wilders (PVV) est passé de 15 à 19. Effectivement, comme tous les partis font une coalition anti-PVV, cela ne change pas grand-chose, sauf à tempérer les cris de victoire de tous les « front démocratique/républicain » d’Europe. A noter que les écolos ont pris 12 sièges de plus, ce qui tend à faire dire que les hollandais, pas complètement convaincus du bien fondé de l’UE (comme en 2005 avec nous), ont voté une forme de repli stratégique. Chez nous, les écolos ont fait leur meilleur score il y a des années, donc le repli sur eux n’est plus possible. Alors, le mythe populiste?

    • Jiff dit

      Peut-être que ça pourrait changer chez les écolos, mais il ont 2 problèmes majeurs:
      * ils pensent qu’ils doivent s’adosser à un gros parti pour pouvoir exister (de moins en moins vrai),
      * ils ne sont pas foutus de parler d’une seule voix; pour caricaturer mais bien démontrer le fait, disons que l’écolo de haute-montagne ne pense qu’à son edelweiss en voie de disparition et que celui de Paname ne pense qu’aux particules fines (quoique ces temps-ci, il se fasse plutôt du mouron pour la place en crêche de ses gamins, surtout s’il est fiché comme appartenant au kandumal et donc non-bisous compatible.)

      D’ailleurs à propos de particules fines, leur fin lobbying (hem, koff, koff) envers l’europe a finit par payer, les nouveaux moteurs à essence génèrent maintenant plus de particules que les diesel, et elles sont encore plus fines qu’icelles (de la taille d’un virus !)

      Il leur reste à débarquer certains arrivistes, évoluer vers un équilibre réellement stable et évacuer certains tropismes; disons que dans une trentaine d’années, ils devraient commencer à être adultes.

  5. Coco dit

    Cher Eric,
    Tres bon article , mais on retombe toujours dans le meme dilemme
    Y a-t-il un autre moyen de faire changer les choses sans passer par
    la case Marine: Je ne crois pas et c’est ça qui est catastrophique.
    tout est bien trop verrouillé
    Amities
    CoCo

  6. D’abord que l’opinion publique ne veuille pas de la corruption, ce n’est pas nouveau. Par contre, ce qui est nouveau c’est de considérer qu’un député est un « agent public » et que l’argent qu’il verse à sa femme avec ses défraiements constituent des fond publics détournés.
    Si c’est ça l’évolution moderniste que vous appelez de vous voeux, je ne vous félicite pas. La modernisation c’est d’abord réformer un endettement hors limite utilisé à payer des fonctionnaires en nombre illimité. Le reste est accessoire.

    Un mot pour Pierre: la relative défaite de Wilders est semble t-il du à la bonne réaction de Rutte au Turc. La ridicule pirouette d’Ali Macron montre bien ce qui nous attend avec le maintien de l’esprit de Hollande au pouvoir: la honte, l’abjection, la soumission et pour finir la servitude. Nous serons les esclaves du FMI et du grand Turc à la fois si Macron passe, sans parler des émeutes fascistes qu’encourageront les fillonistes en sous main.

    • Jiff dit

      Ça n’est pas si nouveau que ça, le français a toujours râlé, entre autres choses, contre ça; mais il tolerait la chose parce que c’était « la coutume » depuis très (trop) longptemps.
      Les temps ont changé et vu que taxes, impôts et vexations financières se sont déversés en masse dans son escarcelle, il commence à réaliser, même à « petit niveau » (sans mépris aucun) que la plaisanterie lui coûte cher.
      Notez que c’est à rapprocher des réponses à la question d’un nouvel équipement collectif en ville, les CSP sont contre parce qu’ils savent pertinemment que le budget sera explosé et que le bien ne sera même pas terminé qu’il sera déjà dégradé, entraînant de lourds frais supplémentaires et récurrents, tandis que celui qui ne paie pas d’impôts voudrait une piscine en face de chez lui, un terrain de foot au bout de sa rue et un aqualand à moins de cinq minutes à pied.

      « sans parler des émeutes fascistes »

      Je crois que vous méconnaissez la définition du terme: « Doctrine que Mussolini érigea en Italie en système politique ET QUI EST CARACTÉRISÉE PAR LA TOUTE PUISSANCE DE L’ÉTAT (INTERVENTION DE L’ÉTAT DANS L’ÉCONOMIE, ÉTATISATION DES APPAREILS IDÉOLOGIQUES, DÉVELOPPEMENT DE L’APPAREIL RÉPRESSIF DOMINÉ PAR LA POLICE POLITIQUE [ne rêvez pas, ça existe depuis longtemps dans ce pays], PRÉPONDÉRANCE DE L’EXÉCUTIF SUR LE LÉGISLATIF, etc.) et par l’exaltation du nationalisme. », ce qui dire que nous y sommes déjà jusqu’au cou depuis un bon moment.

      • Jiff Vous confondez tout: d’abord « avant » on ne parlait pas de ces choses là car ça dévalorisait le politique. On acceptait un Mitterand candidat mis en examen pour outrage à la police (il s’était laissé faire organiser un faux complot, c’est l’affaire de l’observatoire).

        Depuis Sarkozy (je pense que cela a commencé là), s’est installé une mode de la haine féroce pour tous les dirigeants, et même Hollande en arroseur arrosé en a souffert au delà du possible, jusqu’à s’en faire dégouter de la politique. Sa nullité en est bien sur responsable, alors qu’il était le candidat des humoristes et des bien pensants, ceux qui détestaient Sarkozy, alors on se venge en dix fois plus fort !
        Notez que Sarkozy était tellement pourri, tellement coupable (truquage de l’élection présidentielle, tout de même) qu’on le voulut candidat: 2 ans d’enquête avant de le mettre en examen, un an d’examen pour le mettre au tribunal un mois avant l’élection, hélas il avait été battu à la primaire… Il fallut donc se jeter d’urgence sur Fillon, après un petit article commandé au canard.

        On parle ici de « gouvernement profond », je préfère dire que la caste des fonctionnaires et ses affiliés, sous le nom de « gauche », a TRES gros à perdre d’un changement de régime au détriment de sa corruption, celle ci véritable et gigantesque, assise sur trente ans de coupe réglée de l’état. Tous les moyens sont donc bons pour garder le fromage.

        Pour ce qui concerne le « fascisme », nom que la gauche donne à son principal allié et faire valoir (le FN), ce que je voulais dire c’est que les petites émeutes qu’on va organiser si Macron est élu y seront rattachées, à tort ou à raison.

  7. Hv dit

    Bravo, une fois encore, Éric pour cette analyse courte, claire et pertinente.
    3 petits commentaires/ réflexions/ avis :
    – j’aurai davantage qualifié la réaction de bourgeoise plutôt que de nobiliaire…
    – Zvetan Todoroff , récemment disparu, avait remarquablement décrit les choses dans son ouvrage  » le siècle des totalitarismes »,
    – le constat de la déliquescence de la pensée politique et du conservatisme ( tout changer pour que rien ne change) ourdi par les grands Raspoutine de notre temps ( patrons de grands médias comme le monde, pseudo penseurs comme Attali [ l’éternel conseilleur de générations de perdants ], néo- libéraux libertariens comme Minc … ) me conduisent à un choix clair : Francois FILLON , à défaut, un renversement du système …

  8. Stephane dit

    Il n’ y a pas que la trouille de la vague populiste. Notre gouvernement joue beaucoup la corde de la trouille du terrorisme. 30 ans de Vigipirate, l’ état d’ urgence depuis 18 mois, flicage généralisé mais ne stigmatisons pas nos jolies banlieues d’ où fleurissent les kalachnikovs, et qui métastasent joyeusement avec les gentilles politiques d’ aménagement du territoire et de la mixité sociale.
    Pendant ce temps là, y’ a des pourris y’ a des salauds ( comme disait Coluche)….
    Si c’ est pas pour nous mettre la tête sous l’ eau je me la coupe!

  9. Mazlum Kurtali dit

    En attendant les barbares, de Constantin Cavafy

    EN ATTENDANT LES BARBARES

    Ce poème de Constantin Cavafy (1963-1933) a été traduit du grec par Marguerite Yourcenar et Constantin Dimaras

    « Qu’attendons-nous, rassemblés sur l’agora?
    On dit que les Barbares seront là aujourd’hui.

    Pourquoi cette léthargie, au Sénat?
    Pourquoi les sénateurs restent-ils sans légiférer?

    Parce que les Barbares seront là aujourd’hui.
    À quoi bon faire des lois à présent?
    Ce sont les Barbares qui bientôt les feront.

    Pourquoi notre empereur s’est-il levé si tôt?
    Pourquoi se tient-il devant la plus grande porte de la ville,
    solennel, assis sur son trône, coiffé de sa couronne?

    Parce que les Barbares seront là aujourd’hui
    et que notre empereur attend d’accueillir
    leur chef. Il a même préparé un parchemin
    à lui remettre, où sont conférés
    nombreux titres et nombreuses dignités.

    Pourquoi nos deux consuls et nos préteurs sont-ils
    sortis aujourd’hui, vêtus de leurs toges rouges et brodées?
    Pourquoi ces bracelets sertis d’améthystes,
    ces bagues où étincellent des émeraudes polies?
    Pourquoi aujourd’hui ces cannes précieuses
    finement ciselées d’or et d’argent?

    Parce que les Barbares seront là aujourd’hui
    et que pareilles choses éblouissent les Barbares.

    Pourquoi nos habiles rhéteurs ne viennent-ils pas à l’ordinaire prononcer leurs discours et dire leurs mots?

    Parce que les Barbares seront là aujourd’hui
    et que l’éloquence et les harangues les ennuient.

    Pourquoi ce trouble, cette subite
    inquiétude? – Comme les visages sont graves!
    Pourquoi places et rues si vite désertées?
    Pourquoi chacun repart-il chez lui le visage soucieux?

    Parce que la nuit est tombée et que les Barbares ne sont pas venus
    et certains qui arrivent des frontières
    disent qu’il n’y a plus de Barbares.

    Mais alors, qu’allons-nous devenir sans les Barbares?
    Ces gens étaient en somme une solution. »

  10. Jiff dit

    Heureusement que le vulgum pecus est sensiblement plus sage et avisé que l’abr le poliotique standard ne le souhaiterait, et s’en tient à la définition première du substantif populisme (celle de cnrtl.fr):

    « [HIST. DE LA LITT.] École littéraire qui décrit avec réalisme, dans des romans, la vie des milieux populaires. »

    et au passage, rappelons donc, à toutes fins utiles, aux aimables esthètes virtuoses de la langue de bois, sa seconde définition:

    « [HISTOIRE] Mouvement politico-social (qui s’est formé en Russie dans les années 1860) qui voulait entraîner l’ensemble de la paysannerie, du peuple, dans la lutte contre le pouvoir tsariste. »…

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