Accueil » Quand les banques capitalistes financent la sécurité sociale

Quand les banques capitalistes financent la sécurité sociale

Cet article a été lu 3672 fois

Il est de bon ton d’opposer les méchants capitalistes du système financier et la gentille sécurité sociale productrice de solidarité et d’intérêt général. La réalité est pourtant un peu différente de cette logique binaire.

Les banques capitalistes au secours de la sécurité sociale

Ce graphique, proposé sur le site de la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale (CADES), nuance en effet fortement les idées reçues:

Comme on le voit, 54% de la dette sociale en France est portée par des banques capitalistes, et 33% par des banques centrales. Du point de vue de la répartition géographique de ce portage, on remarquera que les Français ne représentent pas plus de 11% des détenteurs de la dette sociale, et que l’essentiel de celle-ci est aujourd’hui détenue par des Britanniques et des Asiatiques (Chinois et Japonais principalement).

Les pays européens n’interviennent qu’en troisième rang (avec un petit 7% pour l’Allemagne).

On attend donc avec impatience les mesures protectionnistes et anticapitalistes promises par tous ceux qui, aux élections présidentielles, expliquent que la sécurité sociale est un pilier essentiel de la société française. L’augmentation inévitable des dépenses sociales prévues par ces programmes ne manqueront pas de créer un effet tenaille tout à fait destructeur.

Les grandes victimes de ces illusions seront les assurés sociaux, qui sortiront ruinés de ces miroirs aux alouettes.

3 commentaires

  1. Moggio dit

    Cela me fait penser au fameux « miracle de Saint-Fisc ». Cet argent privé, impur, sale et malfaisant — puisque provenant de l’exploitation du salarié et du consommateur — qui devient, par le miracle du prélèvement obligatoire et de ses finalités, de l’argent purifié, pur, propre et bienfaisant, c’est-à-dire de l’argent public que les pouvoirs publics définis au sens large peuvent alors utiliser pour soulager les misères humaines. Le miracle provient bien sûr du fait que, que ce soit avant ou après celui-ci, il s’agit rigoureusement du même argent.

  2. serge dit

    De toutes façons, cet argent n’existe pas, du papier fabriqué à la chaine pour tenir encore un peu le système bancaire. Il nous a été prêté il y a longtemps car celui que nous quémandons actuellement est pour échéance 50 ans. Nous n’avons aucune réserve de ponction pour banquer les intérêts qui ne vont que croitre. Notre patrimoine national est insuffisant et déjà fort oblitéré. Donc, mesures protectionnistes ou pas, si on n’entre pas dans un cycle de purge forte, intense et immédiate, tous secteurs confondus, n’importe lequel qui attrapera le pompon dans quelques semaines n’aura pas d’avenir. Et pas de chance, il (elle) n’aura pas eu le temps de se faire du gras sur notre dos avant que la vague l’emporte…

  3. Jiff dit

    Tout ça a un côté assez effrayant, car le dégagement des assureurs, qui sont loins d’être de mauvais gestionnaires, est flagrant et augure très mal de la suite.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *