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Clémentine Autain, l’hautaine (et frivole) bobo de Mélenchon, est-elle une démocrate?

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Tout le monde a assisté à cette instructive et effarante interview de Clémentine Autain, porte-parole de Mélenchon, qui découvre en direct le programme de son candidat:


Clémentine Autain découvre un point du… par Lopinionfr

On appréciera la remarque sur la « philosophie générale du programme », qui fleure bon la caution habituelle donnée par la gauche bobo aux excès totalitaires des marxistes-léninistes: c’est vrai que le goulag, c’est pas bien, mais c’est la philosophie générale qui compte, pas les détails de sa mise en oeuvre. Et la philosophie générale, c’est la solidarité, le progrès de l’humanité, et les bisous partout qui font qu’il est infiniment moins grave de mourir sous les balles de la Guépéou ou de Pol Pot qu’à Auschwitz.

Mais que Clémentine Autain soit la porte-parole d’un programme qu’elle ne connaît que dans les grandes lignes serait un péché véniel si l’approximation ne dissimulait pas une supercherie politique beaucoup plus inquiétante. Celle du mélenchonisme.

Mélenchon l’anti-élite et sa porte-parole si people

Mélenchon et consors adorent la jouer populo. Eux, c’est le mouvement social contre le capitalisme. Eux, ce sont les petites gens contre le mur de l’argent. Eux, c’est le peuple contre l’élite. Mais quand on gratte, on découvre le mensonge de cette posture dont Clémentine Autain constitue une illustration magistrale. On ira par exemple fouiller dans le magazine Marie-Claire ce portrait croisé de Clémentine Autain et de son père. On ne résiste pas au plaisir d’en produire les meilleurs extraits:

Fille unique de saltimbanques, Clémentine bluffe son père par son professionnalisme (« Première manif en 1997 ­ j’y étais ­, élue à 27 ans, à l’aise à la télé… »). (…)

Clémentine Autain : Je suis fière d’être fille d’artiste. J’adore le voir sur scène, alors que je n’aimais pas voir ma mère (Dominique Laffin, ndlr) au cinéma, à part dans « La femme qui pleure » de Doillon. (…)

Votre meilleur souvenir ensemble ?

Elle : J’avais 3 ans, je me suis endormie derrière le rideau de scène pendant qu’il chantait.

Là, on est loin de l’OS de chez Renault, du smicard qui trime en banlieue. Clémentine, c’est le milieu bobo paillette parisien, dont le « professionnalisme » inventé par Marie-Claire éclate aujourd’hui l’écran. Ces origines sociales lui valent d’ailleurs une première carrière, enfant, dans le monde de la variété. Michel Drucker l’accueille, à 10 ans, sur son plateau. Voilà qui n’a probablement rien à voir avec les entrées que son milieu familial peut lui procurer.

Et c’est quand même la marque de fabrique de la porte-parole choisie par Jean-Luc Mélenchon: on a beau être pour la révolution prolétarienne et contre le grand capital, les relations familiales, ça a du bon.

Une carrière politique avec une petite cuillère d’argent dans la bouche

La famille Autain n’est pas seulement une famille de saltimbanques. C’est aussi une famille engagée. Les parents de Clémentine fricotent avec le parti communiste et la LCR. L’oncle de Clémentine, François Autain, est député, puis sénateur socialiste. Il fut secrétaire d’Etat sous François Mitterrand. Mine de rien, ce petit réseau va devenir une jolie machine de guerre au service d’une ambition qui s’embarrasse peu de scrupules.

Ainsi, en 1990, Clémentine s’engage à l’Union des Étudiants Communistes. Mais l’exigence militante n’est pas son fort. Elle entame donc un périple comme seule une fille à papa protégée par le milieu peut le mener, cabotant des Verts (elle fut candidate aux législatives sous cette étiquette en 1997 contre Christine Boutin) au PS (où elle milite furtivement dans la section… de Bertrand Delanoé), puis du PS à la galaxie PCF (elle devient collaboratrice de Cécile Silhouette, conseillère de Paris). Entretemps, elle fut collaboratrice parlementaire du sénateur socialiste Georges Mazars (son oncle siège dans le même groupe au Sénat…).

Peu importe l’étiquette, pourvu qu’on ait le poste!

En 2001, le Parti Communiste la récupère et la propulse tête de liste dans le 17è arrondissement parisien aux élections municipales. Faut-il, là encore imaginer perfidement que François Autain a glissé quelques mots bien sentis dans l’oreille d’un autre sénateur, Bertrand Delanoé, qui conduit les socialistes à Paris? Et voici Clémentine bombardée adjointe au maire de Paris, à 28 ans. Elle est pas belle, la vie des porte-parole de Mélenchon le prolétaire?

Clémentine, la radicale docile de Bertrand Delanoé

Clémentine Autain fait aujourd’hui profession de radicalité. Elle adore donner de hautaines leçons de morale à la terre entière. Les mauvaises langues ont toutefois noté que, dans l’exercice du pouvoir, Clémentine savait en rabattre pour garder son poste. Lorsqu’elle est aux affaires avec Delanoé, elle se montre en effet extrêmement docile et beaucoup moins portée à la lutte révolutionnaire que ses propos ne le laisseraient croire aujourd’hui.

On reprendra là encore quelques souvenirs rapportés en son temps par Le Monde:

« C’est une élue qui se coltine les contraintes de la gestion municipale. Sa facette actuelle de candidate de la gauche radicale, je ne la vois jamais dans son travail à l’Hôtel de Ville », s’amuse Christophe Caresche (PS), premier adjoint. Cette fidélité, qui frise la docilité, fait grincer des dents chez ses amis de la gauche antilibérale. « C’est une jeune femme pressée qui ne s’oppose pas aux choix du PS à Paris », remarque Francine Bavay, vice-présidente du conseil régional. « On ne peut pas dire qu’elle se soit démarquée », renchérit un proche de José Bové.

On s’en amusera. On en tirera aussi quelques conséquences sur la crédibilité politique de l’intéressée. On sait depuis son passage à la mairie de Paris qu’elle n’est pas du genre à dire ce qu’elle fait, et encore moins à faire ce qu’elle a dit. Pour tous ceux qui auraient des illusions sur la capacité de Mélenchon à mettre en oeuvre son programme, son entourage parle d’expérience…

Les indignations révisionnistes de Clémentine Autain

Ce qui gêne dans le parcours de Clémentine Autain, ce n’est pas qu’elle soit une arriviste opportuniste (même si elle excelle dans ce genre): elle n’est ni la première ni la dernière dans cette tribu, y compris dans une extrême gauche qui lui a fermé toutes ses portes après son mandat à la mairie de Paris. Ce qui gêne, c’est le mode totalitaire de son fonctionnement, en décalage complet avec l’extrême inconsistance de ses convictions.

Par exemple, le viol.

Clémentine Autain explique qu’elle a été violée lorsqu’elle avait 23 ans (c’est-à-dire en 1992, selon Le Nouvel Obs, on n’épiloguera pas ici sur la cohérence des dates, Clémentine Autain étant née en 1973). Elle en a fait l’aveu public dans une biographie parue en novembre 2006. Quelques semaines plus tôt, elle s’était déclarée disponible pour être candidate d’extrême gauche à l’élection présidentielle de 2007. Le 20 octobre 2011, elle publie un livre où elle raconte le même viol. Quelques semaines plus tard, rebelote: campagne électorale. Cette coïncidence constante entre la publicité donnée à son viol et son calendrier électoral est curieuse.

Mais supposons… entre deux livres où elle parle de l’agression qu’elle a subie, Clémentine Autain ne chôme pas. En mai 2011, elle écrit, à propos de l’affaire DSK:

La décence, c’est aussi de ne pas oublier la femme de chambre, qui traverse aussi une épreuve et a une famille qui doit vivre un sale moment. Dans tout ce que j’entends, je perçois à la fois une lecture de classe, qui invisibilise la femme de chambre et prends soin du dirigeant du FMI, et une lecture peu féministe de l’événement.

On y vient… d’un côté, la prolétaire violée, de l’autre le bourgeois violeur. Bouh! Pas bien!

En revanche, quand ce sont des Allemandes ordinaires qui se font violer par des passants probablement étrangers en Allemagne, le discours de Clémentine Autain est très différent, avec ce tweet devenu légendaire:

« Entre avril et septembre 1945, deux millions d’Allemandes violées par des soldats. La faute à l’Islam ? ».

Et voilà! dans la logique totalitaire de Clémentine Autain, les vérités sont relatives et complètement liée à l’idéologie. Quand une blonde aux yeux bleus est agressée sexuellement par un homme seul de type bourgeois, on crie au viol. Quand la même blonde aux yeux bleus est agressée par un prolétaire immigré, on passe sous silence. Et celle à qui hier s’entendait reprocher de se taire se fait tancer aujourd’hui pour avoir parlé.

Il est vrai qu’entretemps Clémentine Autain s’est implantée dans une circonscription de Seine-Saint-Denis où les Musulmans sont très présents. Il ne s’agirait quand même pas de sacrifier sa carrière à quelques convictions…

L’équipe Mélenchon, papesse de l’hypocrisie?

Certains Français ont donc l’illusion que Mélenchon, élu depuis 1986 sans discontinuer (notamment dans un Parlement européen qu’il vomit), est un candidat de rupture qui fera de la politique autrement. Ouvrez les yeux, mes amis, et regardez quels jeunes il met en avant…

9 commentaires

    • Hermodore dit

      On a bien compris votre tentative de voler au secours de ladite! Mais on reste esbaudi par les arguments extrêmement pertinents que vous avancez: bel aperçu du niveau des soutiens de l’insoumis… sauf à l’argent « public »: celui des autres!

  1. Citoyen dit

    Le propre des trotsko-bolchos est d’avancer masqué (avec de fallacieux prétextes), jusqu’à l’obtention de leurs ambitions. Ce n’est qu’ensuite que leur nature véritable se montre.

  2. Greg dit

    J’ai toujours détesté cette personne, je la trouve d’une suffisance insupportable.
    En revanche, elle n’est pas la porte parole de Melenchon puisqu’elle a refusé selon Melenchon lui-même.

  3. Jiff dit

    Intéressant, quoique ça se reniflait déjà lourdement, car lorsqu’elle se trouve (rarement) face à un contradicteur musclé et teigneux, les incohérences remontent rapidement à la surface, un peu comme dans une station d’épuration.

  4. Citoyen dit

    MDR !! …. Selon « l’hautaine », le Madurolenchon serait majoritaire à Sevran ! …. en ce soir d’élection … si si …
    Comme quoi, il faut bien trouver des raisons de satisfactions où l’on peut !
    Les rares moments un peu drôle, il faut savoir les saisir au passage …

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