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Y a-t-il des OGM cachés dans l’agriculture française?

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Le site InfOGM a publié la semaine dernière une contribution d’organisations agricoles françaises auprès de la CJUE pour dénoncer les OGM cachés, c’est-à-dire la commercialisation « clandestine » d’organismes génétiquement modifiés. Voici quelques extraits saillants de ce document:

DÉMASQUER ET RÉGLEMENTER LES OGM CACHÉS, LES BREVETS PIRATES ET LES PLANTES RENDUES TOLÉRANTES AUX HERBICIDES

De plus en plus de Variétés rendues Tolérantes aux Herbicides (VrTH) et de plantes qualifiées « d’OGM cachés » par les organisations de la société civile sont cultivées et commercialisées sans avoir été évaluées, sans être étiquetées et sans aucun encadrement ni suivi de leur dissémination. Au delà de la violation du principe de précaution, de la protection de la santé et de l’environnement, ces OGM cachés sont également imposés à l’agriculture biologique et aux consommateurs qui n’en veulent pas sans qu’ils n’en soient informés. Ils constituent également des instruments d’appropriation du vivant par les brevets et d’encouragement à la biopiraterie. Ce document analyse comment une application correcte des réglementations européennes tenant compte des Conventions internationales peut mettre un terme à de telles pratiques. (…)

Les éléments de langage destinés à faire accepter les nouveaux OGM ont récemment changé de registre. Ils affichent certes toujours les mêmes promesses de résoudre, grâce à l’innovation technique, toutes les menaces alimentaires, sanitaires, environnementales, climatiques… qui pèsent sur l’avenir de l’humanité. Se focalisant sur le comment et pas sur le pourquoi, ils éludent ainsi soigneusement les causes d’abord politiques de ces menaces. Mais alors qu’il y a 20 ans, l’industrie et la recherche à son service se vantaient de pouvoir modifier, déjà avec précision, le vivant à volonté, elles prétendent aujourd’hui au contraire faire la même chose que ce que fait la nature, en allant juste un peu plus vite afin de rendre les objets, les plantes et les animaux un peu plus « intelligents ».

Ce glissement de la communication industrielle vise à répondre aux publics européens et de pays tiers qui, s’ils acceptent les médicaments et les produits industriels génétiquement modifiés, refusent la nourriture et les cultures OGM. Lorsqu’il s’agit de l’homme ou des risques pour la biodiversité, ces publics acceptent la manipulation génétique de cellules somatiques non héréditaires, mais refusent les manipulations de cellules germinales porteuses du patrimoine génétique héréditaire. Les gouvernements eux-mêmes expriment de plus en plus de réserves lorsqu’il s’agit de modifier le patrimoine héréditaire de tous les organismes vivants (voir par exemple les réticences quant aux nouvelles techniques de biologie de synthèse).

C’est pourquoi l’industrie semencière ne parle plus désormais de modification génétique, mais de simples perfectionnements de procédés « traditionnels » ou « conventionnels ». Elle ne modifierait plus le génome, mais se contenterait de l’éditer pour l’améliorer, comme on retouche une photo pour la rendre encore un peu plus « vraie ». La référence à la tradition, non définie mais supposée porteuse de bon sens et de valeurs actuellement recherchées par les citoyens, justifierait à son sens l’abrogation de la réglementation OGM tandis que les « perfectionnements » légitimeraient les brevets.

La première recette de cette opération de réhabilitation de l’agriculture et de l’alimentation génétiquement modifiées consiste à instiller une confusion en regroupant des procédés très différents les uns des autres sous un seul vocable générique non défini, la « mutagenèse », avec comme postulat « mutagenèse = mutation naturelle ». La seconde recette consiste à nier, ou du moins à ne jamais évoquer, la partie des modifications provoquées qui ne sont pas génétiques mais épigénétiques. La troisième recette consiste à ne pas présenter les techniques connexes à celle décrite comme principale.

 

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