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Mépris social: après les sans-dents de Hollande, les kwassa de Macron

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Article écrit pour Atlantico

La mauvaise blague de Macron sur les kwassa qui « ramènent du comorien » installe le mépris social au pouvoir, comme les révélations de Valérie Trierweiler avaient dévoilé le mot terrible de François Hollande pour les « sans dents ». Il n’aura pas fallu beaucoup de temps pour découvrir qu’Emmanuel Macron est empli de la morgue énarchique pour le petit peuple.


Macron : la blague qui fâche

Mais quelle mouche a bien pu piquer le Président pour qu’il évoque avec autant d’inhumanité devant une caméra de télévision les Comoriens morts dans la traversée vers Mayotte? En dehors d’un ancrage du mépris social si profond que son expression serait devenue un automatisme inconscient, ou une forme de banalité quotidienne – comme si tout le monde le partageait, on ne lui voit pas d’explication.

Les Comoriens sont-ils des choses?

Dans la phrase « Le kwassa-kwassa pêche peu, il apporte du comorien« , on voit bien le message qui passe. Le Comorien n’est pas un humain, c’est une chose, un objet, un animal, un poisson de pêche…

On en reste interloqué. On estime à plusieurs milliers le nombre de Comoriens noyés dans la traversée depuis 20 ans. Cette hécatombe n’a rien de risible. Elle appelle un minimum de compassion.

On n’ose imaginer les conséquences si cette phrase était sortie de la bouche de Jean-Marie Le Pen. Mais là, elle est tout simplement venue d’un Président de la République qui a fait campagne contre la haine et a enjoint, il y a un mois, aux Français de voter pour lui au nom des principes d’humanité.

On n’est plus ici dans le simple registre du cynisme politique. On est au-delà, dans la duperie, l’imposture. Entre la pêche aux Comoriens morts et le détail des chambres à gaz, on peine à voir la différence de nature. Sauf que Jean-Marie Le Pen était la honte de la vie politique, le pestiféré, alors qu’Emmanuel Macron obtiendra sans doute une majorité à l’Assemblée Nationale, après avoir obtenu 20 millions de suffrages le 7 mai.

Le mépris social, vrai visage du Boboland

Si l’on admet l’hypothèse qu’Emmanuel Macron est d’abord l’émanation des bobos parisiens, et des bobos de quelques autres villes, alors on comprend mieux à quoi servent les interminables leçons de morale qui émanent de ces milieux.

Facialement, les bobos interdisent toute forme de malveillance. La vie du bobo est organisée autour de la culture de l’excuse: un crime commis par un Celte est monstrueux, mais le même crime commis par un musulman devient la preuve de la discrimination des minorités et la manifestation de l’irresponsabilité humaine.

Cette façon discrète de ne pas reconnaître le principe de responsabilité aux « minorités visibles » a enfin son explication avec Emmanuel Macron. En fait, pour le bobo, le Noir, l’Arabe, le Musulman n’est pas un homme comme lui. L’universalité n’existe pas. Le Comorien, par exemple, n’appartient pas vraiment à l’espèce humaine. Il est un objet, une chose.

Mais on pourrait dire la même chose de ces banlieusards qui roulent dans de vieilles voitures polluantes, ou de ceux qui prennent les voies sur berge pour rentrer chez eux. Quelle horreur! toute cette plèbe…

Le macronisme est-il une réaction nobiliaire?

On avait cru voter pour la tolérance contre le mépris. On avait cru voter pour l’ouverture sur le monde contre le repli. On a en fait voté pour un Président qui justifie ses propos méprisants par « un humour de mauvais goût ».

Mais même dans les milieux où l’humour gras, raciste, homophobe ou islamophobe est pratiqué, il n’est pas sûr que quelqu’un se serait hasardé à railler des pauvres hères morts en pleine mer. Qui trouve cela drôle?

En réalité, la sortie d’Emmanuel Macron ne relève pas de l’humour. Elle relève de la haine ordinaire, de l’indifférence méprisante pour le sort des petites gens.

Comme François Hollande, plus peut-être que lui (qui avait, en Corrèze, pris le pli de serrer la main de ces petites gens), Emmanuel Macron ne ressent aucune empathie pour les pauvres, les sans-grades, les gueules cassées de l’histoire qui poursuivent des chimères au péril de leur vie. Ces gens-là ne sont pas de la même race que lui.

C’est en ce sens que le macronisme n’est certainement pas un modernisme. Il est une réaction nobiliaire. Il est la forme de la reprise en main de la société par les élites économiques de ce pays, par le gouvernement profond, qui est bien décidé à gagner une sournoise lutte des classes savamment dissimulée par le marketing politique du nouveau Président.

Savamment dissimulée, mais insuffisamment quand même, puisque son sentiment de triomphe est tel, aujourd’hui, que sa parole se libère et dissipe ses ambiguïtés.

Je sais la colère, l’anxiété, les doutes qu’une grande partie d’entre vous ont aussi exprimés : il est de ma responsabilité de les entendre, en protégeant les plus fragiles, en organisant mieux les solidarités, en luttant contre toutes les formes d’inégalité ou de discrimination, en assurant de manière implacable et résolue votre sécurité, en garantissant l’unité de la nation.
Car derrière chacun des mots que je viens de prononcer, je sais qu’il y a des visages, des femmes et des hommes, des enfants et des familles, des vies entières. Il y a vous et les vôtres.
Ferrand
Emmanuel Macron
Allocution du 7 mai

13 commentaires

  1. Pierre dit

    Ne tombez pas dans les travers de ceux que vous dénoncez : le moralisme, le politiquement correct, l’hystérie émotionnelle, la victimologie furieuse, la bobologie fanatique etc.

    Ce qui est terrifiant c’est que toutes les autorités connaissent la situation, ici l’invasion démente d’un pseudo « département » français (Mayotte donc), et la cinglerie démographique de ce trou perdu… et que n’est fait pour y remédier.

    Voilà ce qui est terrifiant.

    Le président de la république fait une « blagounette » qui révèle sa…. totale impuissance.

    Que Jupiton soit un avatar de Hollande « Sans-Dent », on le sait, ce n’est pas neuf.

    Ce qui est neuf c’est ça : la morgue de celui qui sait, mais qui a baissé les bras, renoncé.

    Le syndrome : « rien à foutre les gars, démerdez vous avec ‘vos’ comoriens »

  2. Rodolphe dit

    Un article d une grandeur et d une honnêteté rares. Je résume en tant que simple observateur de la vie sociale depuis une vingtaine d années que la relation vis à vis des autres (immigrés) est la suivante: ils sont tolérés mais loin d être acceptés. L analyse des comportements et du traitement réservés à ce petit monde de sous hommes (étrangers et/ou pauvres). Je me rappelle en 2006 lors d un séminaire dans le nord de la France sur la politique de la ville en présence de plusieurs spécialistes (géographes, sociologues, urbanistes…) la synthèse des échanges explique toujours l échec par le fait que la populace est tolérée dans être acceptée ce qui explique le degré de schizophrénie et les dérives y compris terroristes.
    En effet, un financier ne voit pas l être humain en tant qu’ être humain mais un simple objet…

  3. tul dit

    Effectivement, Macron ne peut s’empêcher d’être odieux et méprisant à l’égard des peu nantis par la vie, aucune compassion, juste de la morgue, il a perdu de vue le principe humain.

  4. Citoyen dit

    Ben oui … le micron est empli de la même morgue énarchique que son mentor, le clown de Corrèze … qui, tellement hors sol, avait trouvé le moyen de pondre un bouquin : « un président ne devrait pas dire ça » … pour décrire par le détail, à quel point il était à coté de ses pompes … et pas bien dans le costume …
    Finalement le micron est conforme à ce que laissait entrevoir son appartenance au Boboland …
    Le micron est de la caste, qui ne vit pas au même étage que la plèbe … Avec le langage approprié, pour marquer la distance qu’il est nécessaire de maintenir … sinon le mythe (la supercherie) s’effondre …
    Pour la caste, la populace est la chose qu’il faut gérer … pour son bien … contre son gré … et avec son argent !
    Ce qui implique parfois un langage condescendant, pour bien signifier, qui, est de quel coté de la barrière …

    « On avait cru voter pour la tolérance contre le mépris.  » … Le « on », dont je m’empresse d’affirmer que je ne fait pas partie, est un abruti qui confirme bien qu’il est de la famille des décérébrés … certains ne vont pas aimer se réveiller, avec le sentiment de s’être fait avoir …

    Tout ceci étant dit, que des Comoriens périssent en mer, alors qu’ils viennent squatter dans des territoires qui sont les nôtres, sans qu’on leur ait demandé de le faire et sans autorisation, n’est pas une mauvaise chose si ça peut dissuader les autres … La véritable question, est de savoir qu’est-ce que la France fout à Mayotte, à part dilapider l’argent des contribuables ?

    • Oblabla dit

      Préserver une position qui grâce aux 200 miles marins qui l’entourent représente un potentiel considérable à terme d’exploitation de nodules polimétalliques et peut-être des gisements sous marins de gaz et de pétrole. Et oui, rien que ça…

      • Citoyen dit

        Des « nodules polimétalliques » … Ah bon, qui les exploite ?… et à quel prix ?… Mais il parait qu’en fRance, quand c’est le con-tribuable qui paie, ça ne coute rien ! … Alors tout va bien, n’est-ce pas …
        Et « peut-être » de gaz et de pétrole … C’est le « peut-être » qui est drôle ! … Le jour(?) où ça se concrétisera … Le bénéfice potentiel aura été déjà largement bouffé, par tout ce qu’aura couté Mayote au contribuable jusque-là !

  5. Totalement, absolument, complètement d’accord avec Pierre. Les cris d’émois humanitaires qui fantasment les ventres gonflés des pauv chtis comoriens noyés pour mieux attaquer Macron sont totalement hors de propos et ressortent de la connerie la plus horrible.
    Macron a été à Mayotte pour hurler (et oui il le hurla) que personne ne pouvait empêcher ces arrivées qui submergent le département français et ses généreuses maternités. Sa plaisanterie sinistre consacre le fait qu’il entérine la situation, d’ailleurs crée sous Sarkozy (même si elle a des racines bien plus lointaines) et qu’il ne fera rien. Les comoriens survivants (rassurez vous il y en a plein) arrivent en métropole, avec leur islam pourri et leur « civilisation » qui nous enrichit soit disant. Ils remplissent nos ghettos et nos prisons sans aucune raisons ni limites.
    Comme vous aimez ça, vous voterez En Marche quand même, kwassa kwassa montre que Macron parle toutes les langues.

  6. Sémaphore dit

    Plutôt étonnant que des « indépendants » ne rêvent que de revenir habiter sous le joug abominable d’une puissance coloniale honnie, largement décriée par ailleurs par tout ce qui s’affiche progressiste dont l’ONU qui nous somme plus ou moins périodiquement de partir de cette île.

    La question à se poser est de savoir si l’enjeu économique de Mayotte mérite tout l’argent qui y est déversé et qui ne suffira jamais puisqu’il attire toutes les populations environnantes à venir s’aliéner sous le colonisateur détesté.

    Quant au fait d’étendre le domaine maritime de la Grance, c’est une plaisanterie pour amiraux d’opérette avec un pays qui n’aligne qu’un porte-avion et 65 autres navires (dont quasi le tiers sont des patrouilleurs) comme flotte de guerre et à peine 40.000 « marins », compris ceux qui restent à terre…

  7. Que la classe dominante méprise les inférieurs, on le sait, en politique, depuis le « tournant de la rigueur » de 1983, qui fut le choix de préférer l’européisme au peuple français. Puis, tous les sermons au même peuple français pour lui expliquer qu’il est idiot de voter Front National n’ont fait qu’affirmer et conforter l’expression de ce mépris de classe.

    Ensuite, l’épisode des « sans-dents » nous a appris que ce mépris, en plus de s’exprimer dans des actes politiques, s’exprimait de plus en plus socialement.

    Alors, je ne vois absolument pas en quoi le mépris de classe que laisse deviner de temps en temps Emmanuel Macron devrait surprendre qui que ce soit.

    Ceci étant dit, les Comoriens, on s’en fout : le problème des Français, c’est la France et sa politique, pas le monde entier, on ‘est pas mère Theresa. Que les Comoriens s’occupent des Comoriens.

  8. chris dit

    Eh oui, vous avez voté pour quelqu’un qui n’en a rien à foutre de la France, qui est là pour accroitre et sécuriser la prédation de ses petits amis de la finance mondialiste et qui veut nous dissoudre dans l’union européenne.

    La candidate de la haine proposait de lâcher le franc CFA pour dynamise l’économie de nos anciennes colonies, il y avait même des Congolais pour Marine.

    La candidate du quatrième Reich proposait également des référendums à partir de 500 000 votes, son adversaire, lui, annonçait vouloir gouverner à coups d’ordonnances.

    5 ans de descente supplémentaire, de désindustrialisation encore, d’explosion du chômage ou création de sous jobs sous payés, voila notre avenir et une submersion continue de personnes nous haïssant profondément.

    Le bouledogue femelle blond aurait été préférable pour le pays à ce gendre propre sur lui et à dents de carnassiers, merci l’anti racisme institutionnel et dysfoncionnel.

  9. serge dit

    Ouais, le même problème que la Guyane, Saint-Martin ou bien la métropole avec les flux intra UE. Des pays limitrophes qui crèvent la dalle, des troupes tout à fait insuffisantes pour le contrôle aux frontières et la sécurité publique, et les mafias qui vont avec, ONG comprises. Mais pour nos élites, tant qu’il n’y a pas de digne ressortissant de ces pays en déliquescence qui vienne leur piquer leur benz ou leur tirer dessus pendant qu’ils prennent un cocktail, cela ne reste que des images TV où ils se mélangent les pinceaux entre les porte-conteneurs de chez Saadé et les barcasses de migrants.
    Bon, en rejoignant le billet sur MSC, il suffit de nationaliser STX (enfin les ex chantiers de l’Atlantique), d’y construire quelques BPC et les navires d’accompagnement qui vont avec, de recruter un paquet de jeunes (et avec la logistique, cela devrait couvrir la palette d’emplois) et d’aller se poser dans notre ZEE. La seconde du monde, que l’on est pas foutu d’exploiter correctement et qui, pour l’instant, ne sert que comme porte d’entrée pour les soins médicaux et l’hébergement « aidé ».

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