Accueil » Mais si, l’accord d’entreprise doit être la règle dans les TPE, par Eric Verhaeghe

Mais si, l’accord d’entreprise doit être la règle dans les TPE, par Eric Verhaeghe

Cet article a été lu 4278 fois

Dans le cadre des ordonnances, les TPE françaises ont l’opportunité historique d’obtenir le droit de négocier des accords collectifs dérogatoires aux accords de branche.

Dans la phase de préparation des ordonnances, les organisations patronales proclamées représentatives des TPE par le gouvernement (et en particulier l’U2P, sur laquelle nous reviendrons prochainement) mènent un tir nourri contre les accords d’entreprise, expliquant à hue et à dia que les TPE ne sont pas capables de les négocier. Pour elles, il faudrait conserver le régime dégradant d’accords de branche négociés de façon opaque par une poignée d’inconnus dont les conflits d’intérêt sont légions.

Il fallait donc bien rappeler quelques points essentiels.

Pourquoi l’accord d’entreprise est utile aux TPE

Rappelons d’abord que les TPE ont beaucoup plus besoin que les grandes entreprises de négocier des accords spécifiques, qui leur permettent de dégager de la compétitivité. Ce sont elles qui sont fragiles, pas les grands groupes qui vivent souvent de rentes.

Or, ce qui est demandé n’est pas d’obliger les TPE à négocier.

Il est simplement demandé de laisser les TPE qui le souhaitent négocier les accords d’entreprise dont elles ont besoin.

Qui est Alain Griset, le patron qui combat les accords d’entreprise?

Alain Griset a 63 ans. Il a été patron d’une entreprise de taxi, et a vécu dans la bureaucratie patronale. Son dernier titre en date est président d’une chambre de métiers.

Voilà le profil ringard qu’on propose pour représenter les start-up en France. Un chauffeur de taxi qui préfèrera toujours lutter contre l’innovation plutôt que la favoriser, comme la profession de taxi a lutté contre Uber plutôt que de développer une qualité de service identique à sa concurrente européenne.

C’est le comble de la situation: la réforme du marché du travail est négociée avec ceux qui le bloquent depuis des années.

Est-ce bien raisonnable?

Si, le dialogue social dans les TPE est vital pour l’avenir

Bien entendu qu’Alain Griset et sa clique qui vivent d’accords de branche dans une opacité bien connue vont tout faire pour interdite aux TPE de se battre avec les mêmes armes que les grandes entreprises.

Car, on le sait l’accord de branche est une imposture. Il vise à étouffer les petits pour donner de l’oxygène aux gros. Nous en donnons un exemple dans la branche des start-up.

Nous appelons donc solennellement l’U2P à ne pas usurper sa fonction. Nous lui demandons de ne pas empêcher les TPE qui le souhaitent de négocier les accords qui leur vont bien. Nous appelons l’U2P à ne pas mettre les TPE en difficulté pour protéger ses intérêts financiers.

L’accord de branche, paravent pour engraisser la bureaucratie patronale

4 commentaires

  1. serge dit

    Oui, il faut que les TPE se défendent, vu que ce sont elles qui font les emplois. Suivant chiffres récents, les grosses entreprises françaises ne font plus que 26% de leur CA en France et n’ont plus que 31% de salariés français. Donc bientôt plus françaises et ne contribuant aucunement à la richesse nationale (sans compter les évitements d’impôts, autre sujet).

  2. Zongo dit

    Les TPE & start-up ont impérativement besoin de cette flexibilité si nous voulons enfin valoriser l’innovation et la prise de risque, mais attention : dans de nombreuses branches le travailleur est tellement fragilisé par rapport au patron tout puissant (commerce de bouche, restauration hôtellerie, bars, bâtiment, artisanat) qui est Dieu sur terre dans la mentalité française, que la prédominance de l’accord d’entreprise dans ces cas aux limites aura un impact désastreux. Il faut impérativement laisser des garde-fous.

  3. Citoyen dit

    « …d’accords de branche négociés de façon opaque par une poignée d’inconnus dont les conflits d’intérêt sont légions. » … Il faut bien reconnaitre, qu’il y a des légions d’inconnus qui ont un intérêt (très) particulier à faire croire qu’ils sont indispensables à toute intermédiation … pour que leur gamelle soit régulièrement remplie ! …
    Reconnaitre que les TPE pourraient être capables de trouver des solutions elles-mêmes, sans intermédiaire, c’est porter atteinte à la gamelle des ces parasites …. Pensez bien que c’est inadmissible, inconcevable …. Où va-t-on ?… C’est le chaos …
    Où trouveraient-ils leur pitance ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *