Accueil » Pourquoi Adam L., fiché S, sera le premier vrai test de crédibilité de Macron sur la sécurité

Pourquoi Adam L., fiché S, sera le premier vrai test de crédibilité de Macron sur la sécurité

Cet article a été lu 7433 fois

Où l’on découvre que Djaziri Adam L., auteur de la tentative d’attentat sur les Champs-Élysées, était fiché S et détenteur d’un permis de détention d’armes renouvelé en février 2017 par la Préfecture de l’Essonne. Mais à quoi servent les lois antiterroristes, si les policiers s’en servent pour surveiller les citoyens ordinaires mais pas les terroristes? La réponse est évidemment dans la question.

En arrivant à l’Élysée, Emmanuel Macron a voulu créer auprès de lui une « task force » qui a désormais force de loi. Dans la pratique, donc, le nouveau Président a validé le principe d’une nouvelle strate dans le mille-feuille administratif français, qui lui donne l’illusion du pouvoir et qui lui permet, comme le faisait Mitterrand, d’écouter la vie privée et les secrets d’alcôve de tous les Français directement depuis son bureau.

Et dire qu’on avait pour injonction de voter Macron afin d’empêcher le triomphe du fascisme lepénien…

Pendant ce temps, la lourdeur administrative reste

Sous ces grandes créations policières, la machine reste toujours aussi inefficace au quotidien. La tentative d’attente de Djaziri Adam L sur les Champs-Élysées en témoigne.

L’intéressé est fiché S. En quelques heures, les journalistes sont parvenus à savoir que les voisins s’étaient émus du comportement de l’intéressé:

« On s’était plaint auprès du maire car ils organisaient tous les week-ends de grandes réunions tous volets fermés avec plusieurs dizaines de personnes. (…) Ça a duré pendant plusieurs années, mais ça s’était calmé depuis deux, trois mois », a encore confié la même voisine à l’AFP.

Malgré ces évidentes menaces, l’intéressé a pu s’inscrire dans un club de tir et obtenir un permis de détention, renouvelé par la Préfecture de l’Essonne en février 2017.

En réalité, depuis janvier 2015, c’est-à-dire depuis les attentats de Charlie Hebdo, et malgré l’état d’urgence et un fourmillement de lois antiterroristes, l’administration française continue son travail ordinaire comme si de rien n’était. Aucun fonctionnaire de la préfecture de l’Essonne ne semble vérifier que les détenteurs d’armes appartiennent ou non au fichier S. Ou, si la vérification est faite, personne n’en tire la moindre conséquence utile pour l’intérêt général.

Quelle crédibilité pour Macron dans les semaines à venir?

On le voit, on pourra créer toutes les task force et voter toutes les lois anti-terroristes du monde, si le fonctionnaire du quotidien ne prend pas ses responsabilités, tout cela ne sert à rien. C’est ici que la crédibilité de Macron est en jeu.

Fera-t-il que tous les autres avant lui en cédant au réflexe: un problème, une loi? Ou bien agira-t-il en mettant de l’esprit de responsabilité et d’initiative dans les services publics?

Certes la tâche n’est pas facile car, continument depuis plus de 20 ans, le service public sélectionne ses cadres sur leur incapacité à prendre des responsabilités et des initiatives. On ne reconstruira pas l’esprit public sans brutalité ni sans difficulté.

Mais c’est sur cet enjeu-là que le Président est attendu.

Décret n° 2017-1095 du 14 juin 2017

Le code de la défense est ainsi modifié :
1° A l’article R. * 1122-7, les mots : « coordonnateur national du renseignement » sont remplacés par les mots : « coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme » ;
2° La sous-section 3 de la section unique du chapitre II du titre II du livre 1er de la 1re partie devient la sous-section 4 ;
3° Dans cette même section, il est créé une sous-section 3 « coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme et centre national de contre-terrorisme » comprenant les articles R. * 1122-8 à R. * 1122-8-2 ainsi rédigés :
« Art. R. * 1122-8.-Nommé par décret en conseil des ministres, le coordonnateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme conseille le Président de la République dans le domaine du renseignement et de la lutte contre le terrorisme.
« Il coordonne l’action des services spécialisés de renseignement désignés à l’article R. 811-1 du code de la sécurité intérieure, et, en tant que de besoin et pour les seules finalités du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, des autres services de renseignement désignés à l’article R. 811-2 du même code. Il transmet les instructions du Président de la République aux ministres responsables de ces services et s’assure de leur mise en œuvre.
« Avec le concours du secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, il rend compte de son activité devant le conseil de défense et de sécurité nationale et devant le conseil national du renseignement. Il prépare les réunions de ce dernier. Il assure le suivi de la mise en œuvre des décisions qui concernent les services de renseignement arrêtées dans ces instances.

19 commentaires

  1. Pierre dit

    Bien envoyé.

    Mais, vous n’allez pas assez loin.

    Ok, avec talent, vous obtenez de vos fonctionnaires aussi nombreux que paresseux qu’ils fassent un peu mieux leur boulot, et se mettent à réaliser certaines inférences audacieuses (« tiens un fiché S qui veut s’inscrire à un club de tir, comme c’est bizarre »)… et après ?
    😉

    La vraie question n’est pas l’action ou l’inaction de notre administration… la vraie question est : rien ne sert de resserrer les mailles du filet si dans le même temps… on continue à laisser s’installer sur le territoire national des DIZAINES DE MILLIERS de futurs fichés S (TOUS musulmans, rappelons-le), que l’on continue parallèlement à construire des mosquées, à accepter l’argent venu du moyen-orient, à se laisser dicter une politique migratoire aussi démente qu’abjecte par des cinglés non élus bruxellois etc.)

    Voilà l’ontologie.

    Et vous connaissez déjà la réponse.

    Sur ce sujet, Macron ne fera BIEN ENTENDU absolument rien et au contraire, suivant les ordres bruxellois, Macron va accélérer l’invasion migratoire arabo-musulmane, en France et dans toute l’Europe (sauf à l’Est, qui résiste).

    Poser froidement cette problématique permet de mesurer l’étendue de la maladie mentale qui s’est emparée de ce pays.

    On psychotte et zozotte au sujet des « fichés S »… et chaque jour on FAIT TOUT pour multiplier le nombre de « fichés S » !

    C’est la définition même de la folie.

    Preuve d’une une société malade, au dernier stade d’une maladie dégénérative carabinée.

  2. Rara dit

    Fiché S (comme système ) possédant un permis de tir! Ça ressemble à Trump qui critique le Qatar pour terrorisme et lui vend des armes de guerre… cherchez l erreur moi j avais tout compris il y a 25 ans

  3. Ikes dit

    les fonctionnaires en France sont ,inefficaces, népotiques, corrompus et on peut le penser maintenant « noyautés »
    et comme ledit si bien « Pierre » totalement aux ordres d’une politique schizophrène décidée a Bruxelles.

  4. Sémaphore dit

    Au 14 juin, nous en sommes déjà à 1.095 décrets pour être aussi peu efficace…
    Soit la bagatelle de (env) 13 décrets tous les deux jours calendaires…
    Si les décrets étaient des murailles anti-balles, rien ne pourrait nous atteindre…

  5. Stephane dit

    J’ ai le mauvais sentiment qu’ en France la résignation s’ est installée dans les esprits, et c’ est déjà une intrusion profonde de la mentalité musulmane: inch allah. Voilà pourquoi depuis 60 ans la jeunesse algérienne se laisse berner par une oligarchie mafieuse par acceptation de la volonté divine, au dessus des aspirations humaines. Voilà pourquoi non y allons tout droit. Franchement je ne vois plus du tout pour qui voter.

  6. MJ dit

    « si le fonctionnaire du quotidien ne prend pas ses responsabilités, tout cela ne sert à rien »
    mais le dit fonctionnaire prend ses responsabilités ! l’obscur agents qui traite le dossier est allé chercher l’info, il l’a trouvée et il en a informé son chef.
    Et c’est là que ça dysfonctionne complètement. Il faudrait émettre un refus, oui mais il faut un motif. fiché S ce n’est pas un motif suffisant? oui mais non, et cela pourrait ressembler à de la ségrégation… etc etc et puis il n’a encore rien commis de condamnable…etc etc.
    le responsable qui doit prendre sa décision, outre qu’il a été dûment sélectionné sur sa capacité à ne prendre ni initiative ni risque, se retrouve à donner le coup de tampon et accorde n’importe comment pourvu que cela ne fasse pas de vague.
    Et l’obscur, lui de serrer les dents devant tant de lâcheté.
    car il faut le rappeler, la fonction publique c’est trois mondes, la majorité des obscurs, qui voient bien les conneries mais qui ne peuvent rien, les hauts fonctionnaires hors sol et la frange intermédiaire qui rêve de devenir haut fonctionnaire et sera prête à tout pour cela.

  7. Citoyen dit

    Le précédent commentaire s’adressait @Tul, mais reste valable, aussi pour l’article … En effet, comme le suggère Pierre, imaginer que le micron ait une solution, avec sa « task force », alors qu’il fait tout ce qu’il faut pour importer les problèmes, avec l’UE débile que l’on a, tient du comique de haut niveau …

  8. Oblabla dit

    « Ou bien Macron agira-t-il en mettant de l’esprit de responsabilité et d’initiative dans les services publics? »
    Il faudrait que l’esprit de responsabilité existe aussi au niveau du gouvernement… Je ne donne aucun blanc seing sur ce point à Macron et encore moins à Philippe qui a pulvérisé la vitesse de la lumière ce matin.
    Mr Philippe a expliqué sur Bfm ce matin que le terroriste fiché S avait été autorisé à conserver son permis de détention d’armes pour que ses soupçons ne soient pas éveillés… On hallucine! Et le journaliste Bourdin qui opine du chef, trouvant ça normal ! Du délire!
    Là encore nous voyons l’efficacité de l’état d’urgence qui n’a pas empêché un seul attentat terroriste ! Mais qui permet à l’état, au gouvernement et à l’administration de mettre fin aux libertés individuelles des français.
    Philippe tant qu’il y est devrait demander à ce que l’état distribue des fusils d’assaut à tous les fichés S pour qu’ils ne se sentent pas soupçonnés pas une éventuelle surveillance par la DST…

  9. COCO dit

    COCO dit aux precedents,
    Ce sont ces attentats »non empeches » qui permettent de faire avaler aux moutons,
    Etat d’urgence loi martiale, etc: donc population sous controle et mise ne place
    de la dictature douce (pour l’instant) qui ne dit pas son nom.
    Il y a que les innocents qui ne l’on pas vu venir
    Salutations

  10. serge dit

    Disons que le vrai test de crédibilité sera quand on aura, de nouveau, des assassins qui savent exécuter leurs oeuvres (ie Bataclan ou Nice). Car ces derniers temps, ceux qui commettent des actes terroristes, sont quand même assez mauvais, ce qui fait que le niveau de perception retombe assez bas et permet aux hauts fonctionnaires en charge du sujet de surfer sur « la menace est contenue ». Mais c’est vrai que l’affaire Gregory nécessite des moyens à la hauteur de ce grave problème de sécurité publique. Pensez donc, des sans dents qui donnent dans la vengeance familiale…

  11. Sémaphore dit

    La cause de ce « cafouillage » (soyons aimables) doit probablement résider très stupidement dans le fait que consulter la liste des fichés S n’est pas dans le modus operandi de ceux qui vérifient les dossiers de demande de détention d’arme…

    Je ne doute pas que ces fonctionnaires doivent faire suer sang et eau au demandeur qui n’aura pas coché la bonne case ou qui aura une broutille à se reprocher, alors qu’ils ne remarqueront rien d’aussi énorme…

    Jésus parlait des pharisiens qui arrêtaient le moustique et laissaient passer le chameau… Nous y sommes…

    Quant au PM rigolo qui parle de « ne pas éveiller l’attention du terroriste », on pourrait l’admettre si le sieur en question était suivi et filé en permanence…

    Depuis le temps que cela dure, on a surtout compris qu’une fois l’étiquette S agrafée sur le dossier, ben rien de plus dans 95% des cas…

  12. Pierre dit

    Nous vous voilà… fixés.

    Jupiton a parlé. Jupiton a agi.

    « C’est une première. Jamais aucun président de la République n’était venu au dîner de rupture du jeûne – l’iftar, le soir après une journée de ramadan – organisé annuellement par le Conseil français du culte musulman, le CFCM.  »

    Que dire de plus ?

    Vous savez désormais ce que vous allez manger pendant cinq ans.

    Et le plus fou c’est qu’ils seront nombreux à dire « mais je ne comprends pas », « comment aurait-on pu savoir ? », « quelle surprise ! ».

    • Citoyen dit

      Les faits parlent d’eux-mêmes …. Le micron n’est qu’un socialo qui avance masqué, ce qui le rend encore plus dangereux que ses mentors …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *