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Quand la France Insoumise défend les magouilles syndicales

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La France Insoumise vient de donner l’exemple de son approche ahurissante des dossiers sociaux (avec ses postures post-marxistes déconnectées de la réalité). Le débat à l’Assemblée Nationale sur l’article 2 de la loi d’habilitation a ainsi donné lieu à une sortie mal avisée d’Alexis Corbière sur le chèque syndical, où l’on mesure toute la propension des mélenchonistes pour les magouilles syndicales.

Les ordonnances sur le code du travail ont un mérite: elles abordent des sujets maintenus tabou jusqu’ici, comme le chèque syndical. Cette invention de Claude Bébéar, alors président d’Axa, visait à structurer le dialogue social en abondant le salaire par un montant équivalent à une cotisation syndicale. Libre au salarié de choisir le syndicat qu’il souhaite ainsi soutenir.

Dans l’esprit d’un Bébéar, il s’agissait d’encourager l’engagement syndical et de favoriser l’adhésion aux organisations. Les enjeux étaient bien connus: plutôt que d’avoir des syndicats croupions financés par des détournements de fonds ou des pratiques régulièrement contestées (notamment dans des comités d’entreprise comme Air France, EDF ou  la SNCF), mieux valaient des syndicats financés de façon transparente et au service d’une cause commune.

La France Insoumise et les magouilles syndicales

Selon un contresens complet dont seule la France Insoumise à le secret, Alexis Corbière, député mélenchoniste du 93 (par ailleurs attaqué sur sa domiciliation dans un logement social de la Ville de Paris), a produit de superbes post-vérités en expliquant que le chèque syndical… expliquait l’affaire UIMM.

Or, si le chèque syndical a vu le jour, c’est bien pour rendre inopérantes des pratiques comme celles de l’UIMM à l’époque. Si les employeurs versaient des sommes en liquide aux organisations syndicales, c’était en effet pour combler un déficit de financement par ailleurs. Pendant de nombreuses années, les patrons se sont engouffrés dans cette brèche pour mettre en balance la signature d’accords avec le financement des organisations.

Le chèque syndical permet précisément de sortir de ces pressions. Il assure aux organisations syndicales des financements décidés par les salariés sans intervention des employeurs.

Manifestement, sous couvert de lutter pour l’indépendance syndicale, la France Insoumise tient à préserver un système de magouilles où les employeurs peuvent faire pression sur les syndicats de salariés.

6 commentaires

  1. sémaphore dit

    Mélenchon est parti pour assurer un maximum de tamtam médiatique…
    Peu importe que le motif soit ou non bancal du moment qu’il tape sur le patron, bouc émissaire toujours prisé en Grance…

    • Jiff dit

      « Défendre les intérêts du medef? »

      Houlààà, ça se voit que vous rentrez de vacances Rodolphe, vous-avez encore le ciboulot qui fait de la chaise longue; parce que c’est exactement ce que vient de faire LFI.
      Le chèque syndical, au même titre que le chèque éducation, est l’une des meilleures idées qui soit, car il remet le choix et donc le pouvoir, dans les mains de celui qui le signe et surtout le libelle à une organisation précise; c’est par conséquent une menace de première bourre pour tous ceux qui vivent au dépens de ceux qui les écoutent…

  2. Citoyen dit

    L’UIMM s’achetait une certaine paix sociale, en engraissant sous le manteau quelques responsables syndicaux, pour que ceux-ci endorment leur base, sous le prétexte qu’ils se dévouaient corps et âme pour leurs intérêts (rires facultatifs) …
    Ben voila … Corbière entrevoit que la gamelle n’est plus garantie …. il se fait de la bille pour ses acolytes … C’est compréhensible … Il y a toujours eu de la solidarité chez les bolchos … à condition de ne pas être obligé de se goinfrer sur la même gamelle …

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