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Belloubet déjà En Marche vers la vieille technique des nominations de complaisance

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En accordant une promotion à l’ancienne présidente du syndicat de la magistrature (SM) mise en examen dans l’affaire du Mur des Cons, la ministre Belloubet n’a pas tardé à retrouver les vieilles habitudes de l’État vis-à-vis des syndicalistes.

La peu connue ministre Belloubet en fait la triste expérience à ses dépens: de nos jours, peu d’informations restent cachées bien longtemps. Ainsi, quelques jours après sa nomination inattendue, la garde des Sceaux attire l’attention en accordant une promotion (en l’espèce la vice-présidence de la Cour d’Appel de Bordeaux) à François Martres, ancienne présidente du Syndicat de la Magistrature, épinglée en son temps à cause de son Mur des Cons.

Françoise Martres, symbole d’une magistrature arrogante et partisane

On se souvient de cette affaire du mur des cons: le local du Syndicat de la Magistrature avait un mur couvert de photos de « cons », parmi lesquels on comptait essentiellement des hommes politiques de droite et des justiciables qui avaient osé contester le fonctionnement de la justice. La révélation de cette étrange totem peu compatible avec l’image d’impartialité qui devrait coller à la magistrature avait fait scandale. Elle jetait une lumière crue sur le peu de cas que certains magistrats en France font du justiciable et de ses droits.

L’information avait débouché sur la mise en examen de la juge. Malgré ce petit incident de carrière, l’intéressée devrait être promue par la nouvelle ministre.

On mesure immédiatement la portée symbolique du geste.

La politisation des magistrats, une technique vieille et dangereuse

C’est une technique vieille comme le monde: accorder une promotion à un syndicaliste éminent pour se ménager des arrières. Je te promeus, et, en échange, tu me ménages. Le langage courant appelle ce système l’échange de bons procédés.

L’inconvénient, quand il se produit dans la magistrature, est que personne ne sait jusqu’où il peut aller. Le jeu d’influence ne concerne pas ici n’importe quel type de personnel. Il touche directement aux institutions de la République, à la confiance du citoyen dans le régime qui l’administre et à la séparation des pouvoirs.

Accorder une promotion à un syndicaliste engagé et contesté n’est donc pas un geste neutre. C’est une décision politique dont personne ne peut ignorer qu’elle sera vécue comme la recherche d’une contrepartie.

Cette promotion est gênante pour un gouvernement criblé d’affaires

Dans le cas de Françoise Martres, on ne pourra s’empêcher de rapprocher les bonnes grâces de la ministre et la situation judiciaire compliquée de l’équipe au pouvoir depuis mai. Les premiers jours du nouveau quinquennat ont montré deux évidences.

La première est que l’équipe Macron a du souci à se faire. Entre l’affaire Ferrand, l’affaire Modem et l’affaire Pénicaud, le Président a intérêt à nouer des relations positives avec la magistrature. Il ne suffit bien entendu pas d’une nomination d’u syndicaliste pour y arriver, mais il est sûr que ça ne peut rien gâcher que d’y procéder.

La deuxième est que le Parquet a beaucoup ménagé Emmanuel Macron quand il rudoyait François Fillon et Marie Le Pen. La promotion de Françoise Martres constitue là aussi un clin d’oeil gênant à un système que beaucoup de Français ont mal vécu.

Bref, cette promotion ne peut pas ne pas être vécue comme provocatrice.

Macron et ses petites entourloupes

Reste qu’à Versailles, Emmanuel Macron déclarait qu’il souhaitait, à l’avenir, réformer les règles de promotion dans la magistrature. Certes, la nomination de Françoise Martres ne relève pas du CSM. Mais elle illustre la complexité d’une intention simple: entre proclamer la nécessaire indépendance de la justice et faire preuve d’une bienveillance attentive, la conciliation des contraires est souvent difficile.

6 commentaires

  1. Alain De Vos dit

    C’est bien une courte échelle pour remettre quelqu’un dans le jeu et d’en attendre le service un peu plus tard.
    Si non, il n’y avait aucune utilité de la remettre en selle.
    On croyait les puants sortis mais non ça revient!
    Quelle moralisation, aucune à l’évidence. Se gaver de mots n’est pas suffisant, il faut des actes clairs.

  2. Citoyen dit

    Les masques ne sont pas longs à tomber… La caste serre les rangs et se tient les coudes … C’est toujours comme ça en Socialie (une confirmation que nous y sommes bien) … C’est vrai ça … s’ils ne mettent pas de la bonne volonté à se soutenir mutuellement, la population pourrait bien avoir leur peau. Ce qui est intolérable …
    On se rend donc des petits services … on se fait mutuellement la courte échelle … un échange de bon procédés … Avec pour corolaire implicite, l’attente d’un retour d’ascenseur … Une saine morale entre gens de bonne compagnie …

  3. Jiff dit

    « Elle jetait une lumière crue sur le peu de cas que certains magistrats en France font du justiciable et de ses droits. »

    Toute personne passée sous ses fourches caudines, même en tant que « gagnant » d’une procédure, si elle a un cerveau en état de marche, en est sortie changée et très mal à l’aise – à une exception près: les tribunaux de proximité; si tant est que le juge non-professionnel n’ait pas trop de bouteille dans le rôle…

    « L’inconvénient, quand il se produit dans la magistrature, est que personne ne sait jusqu’où il peut aller. »

    On peut quand même en avoir une petite idée, vu la fréquence à laquelle l’institution (terme choisit à dessein) s’est remise en question – 7x dans toute son histoire si je ne m’abuse, ce qui dit tout sur sa mentalité dominante.

    Au vu de tout ce qui s’est produit dans le peu de temps passé depuis l’investiture, on peut facilement pronostiquer la suite, elle sera longue, pénible et douloureuse, surtout pour les sans-dents ainsi que pour les détachés du gouffre de sékuritésociac; d’un autre côté, ceux qui se demandaient si ce gouvernement était vraiment au centre ont maintenant leur réponse – entre le recyclage de la dame aux caméras dans le pillage des pôles-troncs à €80k et cette dernière nouvelle, les choses sont claires (sans préjudice du fait qu’il est fort possible qu’on finisse par voir les mêmes choses envers la droite, question de prévoyance.)

  4. serge dit

    Mouais, les relations bureau directeur du PS-Taubira-instances du CSM, un peu de Conseil régional de Midi-Pyrénées dont fait partie le Gers. Et on me dit dans l’oreillette que les pouvoirs ne sont pas séparés en France. Fichtre!
    A peine pire que les 101 nouveaux nominés au civil pour ce 14 juillet. Une promotion resserrée qu’ils disent…

    • Citoyen dit

       » … un peu de Conseil régional de Midi-Pyrénées dont fait partie le Gers. » … Vous avez des infos croustillantes à partager ? … On a envie de se délecter …

  5. demory dit

    Bel article qui me semble omettre un point essentiel. S’agissant d’une magistrate du siege , cette  » promotion » ( s’il s’agit d’une prmotion par rapport aux fonctions exercees jusqu’a present, ce que j’ignore) est conditionnee par un avis favorable du conseil superieur de la magistrature….Qu’en a-t-il ete?…

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