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Le Jour du Dépassement et son business malthusien bien organisé

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Impossible d’ouvrir un journal aujourd’hui, d’allumer une radio ou un téléviseur sans entendre parler en boucle du Jour du Dépassement. Voilà une superbe opération de communication menée en apparence dans l’intérêt général, mais qui sert en réalité des intérêts privés bien calculés.

Le Jour du Dépassement, c’est, paraît-il, le jour où la planète commence à consommer plus qu’elle ne produit. Cette idée vieille comme le monde (en tout cas comme les théories économiques), déjà agitée en son temps par Malthus, cristallise de nombreuses angoisses occidentales. Quoi de plus simple que de faire croire que la planète est, d’une façon ou d’une autre, trop petite pour subvenir à nos besoins?

Derrière cette idée facile (propagée par une multitude de think tank britanniques, comme le Population Matters) se cachent une multitude d’idéologies glauques et toxiques, et un business bien organisé.

Le Jour du Dépassement a-t-il un fondement scientifique?

La question fondamentale est évidemment de savoir si le Jour du Dépassement a un fondement scientifique. Sur ce point, il n’y a guère que Libération qui ait osé ouvertement (mais pour la refermer très vite) poser la question.

Dans la pratique, le Jour du Dépassement, personne ne le conteste, est un outil d’extrême simplification qui agglomère en un slogan populiste des données chiffrées, des approximations grossières et des peurs viscérales. En termes de communication, c’est extrêmement efficace. Scientifiquement, c’est, comme dirait Emmanuel Macron, du pipi de chat.

Puisque nous sommes à l’ère des post-vérités bobos, il est évidemment politiquement incorrect de le rappeler et il est de meilleur ton de renverser les valeurs en faisant croire que la vérité, c’est le jour du dépassement. Il n’en demeure pas moins que les faits scientifiques ne sont pas ceux-là.

Le redoutable business du Dépassement

Le vrai génie du Jour du Dépassement n’est pas de mesurer la « soutenabilité » du mode de vie occidental mais de transformer en moment écologique un business structuré autour du Footprint Network, « l’ONG » qui anime la communication autour de ce thème. Le Global Footprint Network est officiellement un think tank indépendant qui se partage entre les États-Unis, la Belgique et la Suisse. La réalité est un peu différente.

D’abord parce que le Global Footprint Network est aussi une société de conseil qui propose des web services dans le domaine immobilier. Au demeurant la notion de Footprint sert aujourd’hui de paravent à une multitude de sociétés de conseil à travers le monde, qui véhiculent toutes une idéologie de la décroissance.

Mais, dans la liste des partenaires du Global Footprint Network, on trouve une multitude d’intérêts privés plus ou moins masqués, dont on se demande ce qu’ils font là, et ce qu’ils cachent.

Par exemple, on trouve dans la liste des soutiens financiers à ce réseau la Confédération de l’Industrie Indienne (CII), qui a beaucoup de choses à se faire pardonner dans le domaine de l’environnement. Peut-être faut-il préciser que l’Inde a intérêt à limiter les capacités industrielles des pays du Nord pour récupérer des marchés.

Le soutien des industriels à la cause du Global Footprint Network peut se faire plus discret. C’est le cas avec le Millennium Institute, un think tank américain soutenu par General Motors.

On ne dira jamais assez que l’idéologie de la planète terre à protéger, c’est un excellent cheval de Troie pour favoriser le libre échange.

Quand les grandes fortunes soutiennent la cause

On notera surtout, dans la liste des soutiens au Global Footprint Network (qui récolte environ 2 millions $ annuels), la présence de grands gestionnaires suisses de fortune comme la banque Pictet ou la banque Sarasin.

Rappelons que le groupe Pictet est régulièrement accusé par l’administration française d’héberger des comptes illégaux… et de blanchir de l’argent étranger. La banque Sarasin vient pour sa part d’être condamnée en Allemagne pour avoir encouragé à l’évasion fiscale.

Peut-être qu’il existe pas mal de grandes fortunes, dans notre petit monde, qui adorent colporter l’idée que les États-nations, c’est du blabla, et que seule notre planète compte. C’est autant de frontières en moins à franchir, et d’amendes en moins à payer, pour échapper à l’impôt.

Estelle Pattée, Libération

L’ONG s’appuie sur les milliers de données de l’ONU, notamment celles du Fonds des Nations unies pour l’alimentation (FAO), de l’Agence internationale de l’énergie et du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Ce qui n’empêche pas la méthode d’être controversée.

26 commentaires

  1. Joseph dit

    Le problème de la planète c’est la démographie qui vient contrecarrer toutes les thèses foireuses de ces idéologues en mal de fric. Car ce sont les mêmes qui prônent (comme vous le dites) le libre échange. Il ne faut pas s’y tromper et dénoncer clairement l’arnaque ainsi que le totalitarisme de ces foutraques qui, est c’est bien le dommageable, finissent par desservir les intérêts de l’écologie qui reste une science au service d’écologistes qui ne sont que des idéologues.

  2. Citoyen dit

    Merci cher Eric de lever un peu le voile, et de faire un peu de lumière sur ce qu’est l’escroquerie qui se développe sur l’écologie … les inepties ont commencées avec Al Gore, et c’est devenu un business très prometteur, et très juteux … des escrocs, qui s’emparent de l’écologie, ça donne l’escrologie …
    « …le jour où la planète commence à consommer plus qu’elle ne produit » … Ce qui pouvait se concevoir simplement, quand l’homme n’était que chasseur ou cueilleur, se complique grandement, depuis qu’il produit de plus en plus ce qu’il consomme …
    Ceci dit, en un certain sens, Malthus n’avait pas totalement tort … Vu le nombre de cons et d’abrutis qu’il y a sur cette terre, il y a déjà trois fois trop de monde … Il va bien falloir trouver une solution pour régler le problème.

  3. sarce dit

    verhaeghe voit des intérêt privés partout , on se rend bien compte par nous meme que la planete devient malade , qu’on consomme trop , que le gaspillage est énorme ( gaspillage alimentaires dans les cantines ,et la restauration entre autre). On constate les effets du réchauffement climatique chaque jour avec une multiplication des épisodes de sécheresses et de canicule , à ce rythme dans 40 ans le sud de la france ressemblera plus au Sahara. Et puis il y a la sixième extinction de masse , une extinction 100 fois plus rapide que celle du Crétacé qui avait vu disparaitre les dinosaures , espérons que sapiens ne connaitra pas bientot le meme sort..

  4. tul dit

    « l’idéologie de la planète terre à protéger, c’est un excellent cheval de Troie pour favoriser le libre échange. »

    Ça reste à démontrer, et vous prônez quoi ? Le protectionnisme du FN ?

  5. Pierre dit

    C’est dommage vous mélangez.

    -la vérité arithmétique, que vous présentez comme une « idée facile » (!) : la terre est finie. Donc le principe d’une croissance infinie (de la consommation des ressources de cette même planète) est absurde.
    Ce n’est pas une « idée ». Mais simplement le Réel.

    -et le business, l’idéologie totalitaire (en effet) de cette myriade d’ONG, d’associations, de think thanks, de neuneus, de bobos idiots utiles etc. qui prônent tous un monde sans frontière… sans oublier les taxes mondiales qui vont avec (la taxe carbone, le fameux « réchauffement climatique »).
    Car en effet, le mondialisme est un superbe business !

    Critiquer les seconds, se défendre face à eux et à leur démence constructiviste, ne nécessite pas de démolir le premier, qui est répétons-le, la simple description du Réel et de principes physiques intangibles.

    Je reformule : ce n’est pas parce qu’une ONG financée par le diable Soros évoque les dangers d’une démographie galopante (par exemple) dans un but idéologique précis, qu’alors le sujet devient suspect.

    • Bugul Noz dit

      « Ce n’est pas une « idée ». Mais simplement le Réel. »

      En fait, non. Imaginons que, de tout temps, les humains aient cherché à calculer le « jour du dépassement ». Sur quelles types de calculs ce seraient basées les chasseurs cueilleurs ? Disons la masse de végétaux consommées versus la masse de végétaux comestibles disponibles. Et le même genre de calcul pour le bois, les animaux chassés.
      Avec l’avènement de l’agriculture les calculs auraient déjà été singulièrement différents, avec l’importance de la terre cultivée/disponible et le rendement.
      Au XIXème siècle, cela aurait été encore totalement autre chose (le guano, les phosphates, par exemple) et ainsi de suite, jusqu’aux ressources prises en compte aujourd’hui dans le calcul.

      Rien ne permet d’affirmer que dans les années à venir les ressources pertinentes seront les mêmes. Pourtant, depuis Cro Magnon jusqu’à nos jours, nous sommes d’accords, les principes physiques sont restés intangibles.

      • amike dit

        @Pierre:  » la terre est finie. Donc le principe d’une croissance infinie  »

        D’abord, une quantité de ressource ne dit rien sur l’efficience avec laquelle on va pouvoir l’exploiter.
        Ensuite, la capacité de renouvellement ne se limite pas au soleil ou au vent.
        Enfin, le principe d’une croissance infinie peut très bien s’envisager avec un mécanisme de rétro action exerçant un effort de contrainte sur le moteur de croissance, le ralentissant et allongeant d’autant sa durée.

  6. balthasar dit

    Ce sui est amusant, ce sont les supports d’information qui contestent le concept de « journée de libération fiscale » mais « et en même temps » font la propagande de cette « journée du dépassement » ou des théories du giec…

    Question : Où sont passés les « dossiers » contre notre bien médiocre président ? Que font les officines? A quoi bon les retenir?

    • Citoyen dit

      C’est effectivement amusant et « en même temps » pas très étonnant … il sont bien sûr les mêmes, et pour une raison très simple, puisqu’ils regroupent une bonne partie de ceux qui vivent sur le dos des contribuables …

  7. serge dit

    C’est juste une manière de plus de préparer les esprits à se serrer la ceinture et à accepter sans trop rechigner toute extension de taxes (carbone, essence, recyclage des déchets, électricité…). Comme cela suit de près le jour de libération fiscale, c’est plutôt bien vu, les esprits imprégnés de « tranquillité d’esprit » peuvent envisager avec bonheur les augmentations de septembre et les futures restrictions. Voire une petite piécette lors d’une collecte de rue ou un démarchage d’ONG pour la défense du climat ou des territoires dont les malheureux s’échappent pour être accueillis par les derniers des mohicans.

  8. Jiff dit

    S’il est clair que le scientisme est maintenant en marche pour remplacer la science, il est tout aussi clair que le consumérisme actuel détruit notre planète à grande vitesse. Un seul exemple (qui est également un exemple de capitalisme de connivence), les éoliennes, qui bouffent des quantités phénoménales de terres rares pour leur immenses aimants permanents, quantités qui tôt ou tard nous manqueront pour des projets plus sérieux; pour mémoire, même El Hierro, qui bénéficie pourtant d’une quantité de vents impressionnant, est très loin d’être autarcique en énergie.

    Il y a également faute du côté des fabricants, qui préfèrent continuer à multiplier gammes et modèles sans vraiment se préoccuper du retentissement sur les ressources naturelles, a-t-on besoin de +5,000 modèles de téléphones cellulaires, c’est loin d’être certain, à part bien sûr pour la part, malheureusement grandissante, de ceux qui en font un objet de frime et/ou de « standing », oubliant souvent sa destination première; le tout tirant également très dur sur les terres rares, le tantale et le lithium.

    Tout cela constitue également un grand danger potentiel pour le futur, car quand on jette un œil en arrière et que l’on voit toutes les exactions commises au nom de l’annexion des sources d’énergie, on se dit que le risque de guerres pour s’approprier les matières premières est en train de croître exponentiellement.

    En dehors du fait que le consumérisme forcené soit essentiellement du à la publicité (qui utilise depuis déjà pas mal d’années les dernières découvertes en matière de sciences cognitives pour mieux pénétrer des « cerveaux tf1 ») et que ladite publicité soit aussi plus facilement absorbée par des gens intoxiqués de plus en plus jeunes, facilitée en cela par un niveau intellectuel est en chûte libre (ainsi que le QI, mais c’est plus lent), peut-être serait-il bon que tout un chacun fasse son bilan, et que, par exemple, au lieu de changer de mobile tous les 2 ans, ne changent que la batterie – mais bon, c’est apparemment déjà trop demander, alors commencez juste par prendre la bonne habitude de couper le son ou zapper quand la pub passe, ça sera déjà ça de gagné et en plus, vos oreilles vous diront merci…

    • Citoyen dit

      « prendre la bonne habitude de couper le son ou zapper quand la pub passe, ça sera déjà ça de gagné et en plus, vos oreilles vous diront merci… » … Je confirme, concernant les effets bénéfiques, par le fruit d’une longue expérience, de bien des années de pratique accumulée …

        • Citoyen dit

          Que nenni !
          En fait, je consomme peu de lithium … D’une part, contrairement à beaucoup de monde, je ne me suis pas fait greffer de prothèse smart-quelque-chose dans l’oreille … je fonctionne à l’ancienne, concernant le portable …
          De plus, et c’est là le plus important, il n’est allumé, que quand j’ai besoin de passer un coup de fil (avec cet outil) …. c’est-à-dire, jamais … Autant dire qu’il ne s’use pas … A condition de le recharger régulièrement.
          Et donc, je ne manque pas de lithium …

          • Jiff dit

            Nooon, vous utiliseriez votre téléphone comme… un téléphone !?!

            C’est une conduite (intérieure) hautement défiante, frisant la déviance sociétale et même à la limite de la perversité; ça mériterait une dénonciation anonyme à la POLIPEDANTONCUL (police de la pensée dangereuse, tonitruante et culotttée) ça…

    • Citoyen dit

      Et pour aller plus loin sur les effets bénéfiques, je vous conseille de regarder les infos avec le son coupé … Vous ne pouvez pas imaginer les bienfaits qui en découlent …

  9. Logaro dit

    En 1978 un livre a été publié à Paris: il parlait écologie, dépassement des ressources, démographie galopante et tous les problèmes aux quels nous faisons face aujourd’hui.
    Ce livre a été remarqué par Ségolène Royal et Hulot et à l’époque quelques écolos un peu paumés.
    Titre :  » Caltecor 5127′

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