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La Grèce, là où le peuplement de l’Europe change

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L’arrivée massive de réfugiés en Grèce n’est pas un phénomène nouveau. Depuis près de 5.000 ans, la Grèce est une terre disputée entre les peuplades indo-européennes qui ont fait l’Europe et les peuplades venues de Méditerranée. La crise migratoire à laquelle nous assistons n’est qu’un épisode nouveau dans une longue chaîne qui a modifié, à travers les millénaires, la physionomie de l’Europe.

La Grèce, ne serait-ce que par sa position géographique, a toujours servi de lieux d’échange pour l’Europe. Soit qu’elle ait accueilli des Européens, soit qu’elle ait au contraire accueilli d’autres peuplades désireuses d’envahir l’Europe. C’est dans ce grand mouvement de balancier qu’il faut situer la crise des réfugiés qui sévit depuis plusieurs années: après des décennies d’expansion occidentale vers l’Afrique, le balancier repart à l’envers, et ce sont les peuplements d’Afrique qui se répandent en Europe.

On notera au passage que cet accueil d’Africains en masse sur le territoire européen est d’abord venu d’une proposition européenne elle-même: face au déficit démographique de notre continent, c’est nous qui avons amorcé la pompe des migrations africaines.

Voici un rapide résumé des échanges de population dont la Grèce fut le théâtre à travers le temps.

10000 avant J.C.

Première sédentarisation d’humains en Grèce, tant sur le continent que dans les îles. Les peuplements de ces périodes sont encore mal connus.

2500 avant J.C.

Arrivée probable des premières populations indo-européennes en Grèce. Le mouvement d’intégration de la Grèce dans une grande unité européenne commence.

2000 avant J.C.

Généralisation de la céramique de type grec, qui laisse à penser qu’un peuple homogène se fixe en Grèce continentale et dans la mer Égée.

1100 avant J.C.

Invasion dite dorienne. Des peuples du Nord de la Grèce prennent possession du territoire, probablement à la faveur d’un affaiblissement des peuples autochtones frappés par des catastrophes naturelles.

600 après J.C.

Arrivée massive de populations slaves. Celles-ci sont suivies par des Vlaques, puis par des Albanais (XIIIè siècle).

1000 après J.C.

Arrivée des populations turco-mongoles sur le territoire de l’actuelle Turquie. Leur expansion vers l’Ouest est progressive. Elle correspond à l’émergence de l’empire ottoman, qui prend possession de la capitale grecque, Constantinople, en 1453.

1922: Grande Catastrophe

À l’issue de traité de Lausanne, les Turcs et les Grecs décident d’échanger leurs minorités. 1,3 million de Grecs sont chassés vers la Grèce, pendant que 500.000 musulmans sont expulsés vers la Turquie. La population grecque passe de 5 à 6 millions d’habitants en l’espace d’un an.

2015: crise des réfugiés

Plusieurs centaines de milliers de migrants passent en Grèce pour s’installer en Europe. Ils viennent du Moyen-Orient et d’Afrique.

La crise des réfugiés, une Grande Catastrophe pour l’Europe?

Comme on le voit, l’histoire des migrations en Grèce se confond avec l’histoire des migrations en Europe. Celles-ci semblent animées par un mouvement de balancier. Tantôt, la Grèce est une porte d’expansion. Tantôt, elle est une porte « d’impatriation ».

Manifestement, depuis une centaine d’années, l’histoire démographique grecque témoigne d’un nouveau renversement cyclique. Après la Grande Catastrophe, l’affaiblissement progressif du  continent l’ouvre à de nouvelles arrivées migratoires, un phénomène qu’on n’avait pas connu depuis près de mille ans.

3 commentaires

  1. Citoyen dit

    L’histoire est un chose, le présent en est une autre … Je ne pense pas que la passoire qu’ils sont devenus, dans la crise migratoire, ait un rapport avec l’histoire … Il faudrait voir plutôt du coté de la crise de l’euro … Qui les a décrochés de l’attachement que l’UE était censé opérer … Laisser passer des flux migratoires en trainant les pieds, est peut être une manière de régler les comptes avec l’UE, sur le sujet de la crise de l’euro … S’il n’y avait pas eu la crise de l’euro, ils se sentiraient plus enclins à participer au blocus des vagues migratoires, en se considérant mieux intégrés dans l’UE…

    • tul dit

      Vu les milliers de morts parmi ces migrants, on ne peut pas dire que l’UE leur facilite la tâche.

      Que des mafias profitent des flux migratoires que rejettent les pays de destination, c’est le même processus que la prohibition de la drogue qui profite aux mêmes mafias.

      • Citoyen dit

        Déjà, il faut appeler les choses par leur nom, pour faciliter la compréhension … Ce ne sont pas des migrants, mais des clandestins !… Quand on va chez les autres, et que l’on respecte un minimum, ceux chez qui l’on va, on commence par leur demander l’autorisation … Sinon, cela veut dire que l’on ne respecte pas ceux chez qui l’on va … A partir de là, ceux qui reçoivent (par force, devant le fait accompli) n’ont aucune raison de respecter ceux qui arrivent …
        Qu’il y ait donc des milliers de morts parmi ceux-là, dans ces circonstances, est après tout assez banal …

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