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3 contre-vérités assénées par Macron dans son interview au Point

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L’interview de Macron au Point est un exercice de communication qui montre combien le Président se gargarise de mots mais vit complètement coupé des réalités concrètes. On peut se demander s’il mesure la portée concrète des décisions qu’il prend…

Macron mesure-t-il réellement la portée des décisions qu’il prend? La lecture de son interview-fleuve au Point permet d’en douter. Voici trois exemples précis, et non des moindres, qui permettent de nourrir le doute.

Plus de libertés pour les entreprises? Vraiment?

Macron, dans son interview, explique (page 35), à propos des ordonnances:

« Cette réforme est ambitieuse pour aider nos PME-TPE à créer de l’emploi en leur donnant plus de libertés et de sécurité ».

Mais, immédiatement avant, il explique pourquoi il veut renforcer le pouvoir des branches:

« les branches sont indispensables parce que beaucoup d’entreprises, mal outillées ou trop petites, ne peuvent ou ne souhaitent pas négocier des accords complexes. Et puis n’oublions pas que la branche évite aussi une forme du dumping entre les entreprises. (…) On peut organiser la concurrence, mais en la régulant, sans faire du moins-disant permanent sur les standards sociaux ».

Donc, on « régule » la concurrence, on l’organise par des accords de branche. Ce qui signifie donner plus de libertés aux entreprises.

Plus de régulation, plus de règles: voilà la liberté selon Macron…

Une fiscalité qui encourage le financement des entreprises? Vraiment?

Autre contradiction flagrante dans l’interview d’Emmanuel Macron: le financement des entreprises. Le Président explique:

« Je veux une fiscalité qui incite à investir son argent dans les entreprises, dans l’économie réelle, celle qui crée de l’activité et des emplois, pour laquelle le financement par la dette n’est pas approprié car le niveau de risque est trop élevé. »

Mais alors pourquoi créer une flat tax de 30% sur les revenus du capital quand ceux-ci, placés en assurance-vie, sont taxés à 23% aujourd’hui?

Dans la pratique, Macron relève de 25% la taxation de l’épargne placée en actions… lorsqu’elle l’est sous forme d’assurance-vie (soit plusieurs centaines de milliards aujourd’hui). Mais il explique qu’il faut baisser la fiscalité sur le financement de l’entreprise…

La baisse de l’impôt sur les sociétés

Macron, comme Édouard Philippe, présentent leur politique en matière de baisse de l’impôt sur les sociétés comme très favorable aux entreprises.

« Nous baisserons l’impôt sur les sociétés, au cours du quinquennat, jusqu’à 25% »

Sauf que… cette mesure retarde les promesses faites par le gouvernement précédent. Rappelons ici que Michel Sapin, sous la pression du Parlement, s’était engagé à baisser cet impôt à 28% en 2020.

Dans la pratique, Emmanuel Macron ne tiendra pas ce calendrier et va retarder les baisses d’impôt actées par la loi de finances 2017.

13 commentaires

  1. Pierre dit

    Mais tout est à lavement comme disait Béru…

    Autre exercice de bonneteau nigérian : l’ISF remplacé par l’IFI.

    On nous dit : pouf, pouf, on ne garde que l’immobilier… pouf pouf magique… ce qui rapportait 5,5 milliards… rapportera après 1,2 milliards.

    Qui peut croire de telles sornettes ?

    Et pourtant, c’est ce que Lemaire (vous savez le type qui s’appelle Bruno et qui avait écrit un programme présidentiel de 1000 pages…) a expliqué hier.

    Tout est dans la com’, le mélange des mots, hop hop il est où le billet ?

    On se croirait au marché aux voleurs à Stalingrad à Paris…

    Nous ne sommes pas dans la post-modernité.

    Nous sommes dans le bon vieux cauchemar orwélien : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »

  2. Je partage la préoccupation de votre article. Après son élection, on aurait pu attendre du dynamisme, des propositions nouvelles mais rien ne vient. L’idée de faire participer les français au développement des entreprises voilà qui avait un sens, un objet commun, au contraire rien pour dynamiser les PME, pas de moyens fiscaux auprès du contribuable pour l’inviter à épargner dans les PME.
    Et une CSG qui augmente alors qu’elle aurait pu être investie pour le développer des PME donc l’emploi. Le truc de gribouille de faire passer d’une poche des retraités dans la poche des actifs n’a pas de sens et c’est compliqué et ça oppose au lieu de rassembler.
    Ce président se paie de mots, de formules, comme il faisait en campagne. Et donc ce qui était prévisible survient. Il n’est pas à sa place.

  3. Oblabla dit

    Le pire c’est l’absence totale de remise en cause de l’étatisme dans ce pays et surtout le maintien de la culture de la dépense publique pharaonique. Rien sur ce sujet dans cette interview, absolument rien sur la baisse de la dépense publique (fonction publique, dépenses sociales), alors que c’est le problème fondamental du pays.
    Autre aspect complètement noyé dans un enfumage macronesque typique: le terrorisme islamiste, nommé pour la 1ère fois sans aucune mesure concrête pour en venir à bout autre qu’une bouillie de chat. Evidemment pas un mot sur son origine (Arabie Saoudite etc.)

  4. Joseph dit

    C’est Darmanin et Le maire qui expliquaient sans rire que passer de 23 à 30% de prélèvement sur les placements assurance était une mesure qui allégeait la charge fiscale (SIC).
    Allons au plus direct : ce sont des branques, eux, leurs prédécesseurs, et toute cette smala politique de tous bords, des seigneurs sans le titre (et encore moins l’honneur) mais avec les avantages du rang.

  5. serge dit

    « Mais alors pourquoi créer une flat tax de 30% sur les revenus du capital quand ceux-ci, placés en assurance-vie, sont taxés à 23% aujourd’hui? » –> Dans les tuyaux, passage à 30% de taxes sur l’assurance vie pour des dépôts supérieurs à 150 KE, mais aussi sur les dépôts nouveaux de contrats anciens. On peut supposer que la limite de 150 KE va baisser « durant le quinquennat ». Et comme la loi Sapin2 est passée entretemps, le piège se referme. L’Etat a VRAIMENT besoin de sous…
    « « Nous baisserons l’impôt sur les sociétés, au cours du quinquennat, jusqu’à 25% » » –> Actuellement, la moyenne européenne est de 26%. Et tous nos principaux concurrents européens envisagent de baisser la leur (déjà inférieure à 25% pour la plupart), vu le dumping permanent que tous se livrent contre tous. On a peu de chance de gagner, vu d’où on part…

    • sémaphore dit

      La limite de 150.000€ date de l’époque de Fabius quand il s’est mis à taxer l’assurance-vie sauf le premier million de Francs… On approche des trente ans de cette mesure sans que la barre ait été jamais rehaussée, si bien que le grignotage du capital par l’inflation est efficace

  6. Sémaphore dit

    Comme d’hab!
    De grandes annonces qu’on va faire ceci ou supprimer cela et on augmente cela sans s’occuper de réaliser ceci.
    L’essentiel est que le bon peuple croit qu’on fait des « cadeaux aux patrons ».
    Résultat : les patrons ne gagnent rien de plus sauf un surcroît d’animosité des employés qui ne comprennent pas qu’ils ne ristournent pas quelques rogatons des cadeaux qu’ils ont reçus puisque, naturellement, aucun homme politique n’est capable de mentir comme un arracheur de dent…

  7. Sémaphore dit

    Etes-vous réellement si surpris des positions de Président puisque vous nous avez déjà entretenu qu’il agissait pour un libre-échange protectionniste et, en même temps, bien sûr (!) pour du protectionnisme libre-échangiste…

    Faudrait peut-être que quelqu’un se dévoue pour lui expliquer que la campagne électorale est finie, qu’il a gagné et que l’enfumage n’a plus lieu d’être…

  8. La future flat tax à 30% est une bénédiction pour ceux qui vont, en attendant, (Macron fait du bonneteau à étagement dans le futur), devoir se taper plutôt du 60%, je vous raconte pas comme la gouape aux abois va tirer sur la corde en 2017 et surtout en 2018…
    Donc à tous les cons et le veaux qui bavent devant le paradis à venir: mettez les mains dans vos poches, vous verrez, il y en a déjà une et c’est pas celle de brigitte…

  9. Jiff dit

    « On peut se demander s’il mesure la portée concrète des décisions qu’il prend…

    Ben nan, maintenant on le sait (d’autant plus que ses sbires ont bien trompetté qu’on n’y reviendrait plus); finalement, le psychopathe de l’élysée est pire que les autres, nourrit à l’idéologie, tenu par les couilles par ses ex-employeurs privés et tout juste capable d’appliquer les recettes non-miracles que son premier employeur lui souffle dans les trompes – il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser, à part, bien sûr, vu d’un côté purement mondialiste et totalement inhumain (pléonasme voulut.)

    « Plus de libertés pour les entreprises? Vraiment? »

    Surtout plus de financements occultes pour certains syndicats avec les branches (tiens, au fait, syndicate, c’est bien synonyme de mob aux states…), et surtout la promesse du calme plat dans les rues pour ce qui est de la cfdt-fo – comme quoi, dans le monde poliotique, une bonne grosse compromission vaut bien mieux qu’un petit compromis.

    « Une fiscalité qui encourage le financement des entreprises? Vraiment? »

    Il donne l’impression d’un type qui n’a pas tout capté, mais nous ne pouvons certes le comprendre, tant sa pensée est complexe à saisir…

    « La baisse de l’impôt sur les sociétés »

    C’est peut-être bizarre, mais j’ai quelques millions de fois plus confiance dans le gouvernement du Royaume-Uni quand il annonce qu’il va mettre le turbo et passer la septième pour tomber à un taux d’IS de 20% le plus rapidement possible qu’en Caligula quand il annonce une pov’petite baisse de rien du tout, qui plus est, suceptible d’être complètement effacée par des mesures contradictoires à venir.

    @Pierre : « On se croirait au marché aux voleurs à Stalingrad à Paris… »

    Marrant, moi ça me ferait plutôt penser à un arnaqueur au bonneteau avec sa clique de rabatteurs.

    Ce qui me fait vraiment flipper, c’est qu’il-y-a très possiblement un coup passablement machiavélique derrière tout ça; je m’explique, il n’y a pas besoin de sortir de saint-Cyr pour deviner que ça ne marchera pas et comme ils ont tous crié en cœur qu’on n’y reviendrait plus, ça semble donc être en passe de devenir une voie de garage – mais que se passera-t-il si, disons dans 12/18 mois, voire 2 ans, il se met à nous parler (une première, Caligula harranguant la plèbe!) pour nous dire que « non, ça n’a pas marché » parce que ceci ou cela, et que, comme pour tous les trucs gouverne-mentaux qui ont lamentablement foirés auparavant, il va falloir, nonobstant les récentes annonces, en remettre une couche, cette fois-ci beaucoup épaisse (lire: foutre le code du travail complètement en l’air et continuer à déséquilibrer un marché déjà sens dessus-dessous). C’est fort malheureusement une possibilité dont les probabilités d’exécution sont loin d’être négligeables…

  10. gérard dit

    On peut se demander pourquoi un tel jeu de bonneteau?probablement pour cacher la baisse des prélèvements obligatoires qui n’aura pas lieu,ou pour réorienter ces prélèvements obligatoires sur d’autres.S’il continue dans le flou ,il va rendre le pays ingouvernable tant les gens sont excédés,et ça,il ne l’a pas encore compris

    • Jiff dit

      « On peut se demander pourquoi un tel jeu de bonneteau? »

      D’autant plus que l’impétrant n’a pas capté que sa malice est cousue de fil blanc, et que (surtout) l’auto-dédouanement des poliotiques envers la hausse de la CSG est loin d’être passée inaperçue – à ce sujet, que les lecteurs portent donc la « bonne nouvelle » autour d’eux, car certains ont loupé cela et il serait bien dommage de les laisser dans l’ignorance, car ça, c’est le genre de truc qui énerve le citoyen au-delà de toute mesure. De mon côté, ça m’a rappelé toutes les dernières amnisties depuis… je ne sais même plus quand, où les mêmes se sont systématiquement exonérés de toutes responsabilités, ce qui est somme toute « normal », puisque nous-avons affaire à des irresponsables chroniques.

      D’ailleurs, je me pose des questions sur la constitutionnalité de la chose, puisque la constitution garantit l’égalité de traitement pour tous et rejette expressément les traitements de faveur en visant précisément ceux qui exercent le pouvoir…

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