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Islamophobie en entreprise: Securitas victime de l’incohérence bien-pensante

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Securitas avait licencié des salariés affectés à Orly dont la barbe laissait à penser qu’ils étaient de confession musulmane. Leur licenciement est examiné aujourd’hui par les prud’hommes de Bobigny. Une illustration supplémentaire de l’incohérence des pouvoirs publics sous François Hollande, qui ont confirmé l’interdiction des signes religieux dans les administrations, mais ont abandonné les employeurs du secteur privé à leur sort.

L’affaire est connue comme le loup blanc et simple à comprendre. À l’aéroport d’Orly, Securitas disposait de cinq salariés qui portaient la barbe recommandée dans le monde musulman. L’entreprise les a licenciés dans la foulée des attentats de 2015. Les intéressés attaquent leur employeur devant les prudhommes.

Une question que le législateur a réglée pour l’administration

Cette situation ne se poserait évidemment pas dans le secteur public, où le législateur a réglé une fois pour toutes la question en prohibant tout signe extérieur d’appartenance à une religion. Le port d’une barbe faisant allusion à une confession serait en effet facile à interdire si l’employeur le décidait.

La loi est sur ce point particulièrement carrée, au titre de la laïcité.

Le législateur livre les employeurs à eux-mêmes

Comme souvent, deux poids deux mesures. Là où le législateur règle sans état d’âme ses problèmes d’employeur, il se montre beaucoup moins fiable et cohérent avec les employeurs du secteur privé. Ceux-ci ne peuvent revendiquer la laïcité dans leurs murs pour régler le problème. Ils doivent, selon des jurisprudences successives, trouver une sorte de proportionnalité très jésuitique dans les règles à appliquer en interne.

D’où ces conflits incertains dont la jurisprudence peut avoir des conséquences importantes sur la vie des entreprises.

La solution viendra-t-elle de l’Europe?

La Cour de Justice de l’Union Européenne a heureusement, en mars 2017, expliqué dans quelles conditions un employeur pouvait interdire le port de signes religieux en son sein. En particulier, l’interdiction doit concerner toutes les confessions et être prévue dans un règlement intérieur.

Il n’en reste pas moins que, depuis plusieurs années, la bien-pensance française interdit de trancher clairement ces questions dans le secteur privé. Étant entendu que, pour le service public, la solution va sans dire.

20 commentaires

  1. Pierre dit

    Une loi c’est un texte, un « esprit » mais également (et surtout) une application pratique, concrète.

    Vous nous dites : « c’est réglé dans l’administration » !

    Ah bon ? !

    C’est peut-être réglé par un ou des textes, mais pas dans les faits.

    Personne au sein de la fonction publique n’oserait les licencier, ou même les mettre au placard.

    Il y a même eu des cas… d’islamistes au sein de la police !

    http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/radicalisation-islamiste-dans-la-police-17-cas-recenses-en-region-parisienne

    Et ici il s’agit de « radicalisés »… combien d’autres sont seulement sympathisants ?

    Et quid de la fonction publique territoriale ? Là c’est un festival aussi… Lors du ramadan ou autres fêtes musulmanes… qui compte les « absences » ? Qui les sanctionne ?

    Bref, privé ou public… c’est -concrètement- la même chienlit, la même oeuvre d’entrisme, patiente et déterminée.

    Des textes, des « lois » n’y changeront rien.

    Songez que l’on n’est même pas capable de faire appliquer la loi sur le port du voile dans les lieux publics… On laisse un idéologue argenté et provocateur… payer les amendes pour ces dames.

    Et ne parlons pas du cirque dans les cantines, les piscines, à l’université, la construction des mosquées, etc.

    Votre sens des textes, votre goût du détail réglementaire (code du travail par exemple) vous aveugle.

    RIEN n’est réglé, nulle part, et la situation empire, chaque jour qui passe.

    • Jiff dit

      Ce que vous dites n’est malheureusement pas faux, mais ce qu’il faut regarder, en prenant un peu plus de hauteur pour avoir une vue d’ensemble correcte, c’est que justement ces textes, décrets et amendes existent !
      Ne manque plus que les gens couillus, volontaires, pleins d’un bon sens actuellement en pleine perdition et pas politiquement corrects du tout pour les faire appliquer à la lettre et augmenter les amendes si besoin est, histoire de dissuader définitivement – d’ailleurs, dans ces cas-là, pourquoi ne pas faire comme aux usa : l’amende est payable de suite, sinon, vous vous retrouvez au commissariat jusqu’à ce que quelqu’un vienne soit vous apporter un moyen de paiement, soit payer pour vous ?
      Au cas où vous ne le sauriez pas, il existe des tas d’endroits (pas qu’en Californie), tel Hollywood Boulevard, où vous trouvez des panneaux indiquant : « Litter $1000 » que je vous conseille très fortement de prendre très au sérieux en ne jetant même pas l’allumette ayant servie à allumer votre cigarette et encore moins le papier de votre chewing-gum – corollaire, c’est comme en Allemagne : il-y-a une poubelle tous les 25m, et pas tous les 250km comme en france.

      Et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit, lorsque je parle de dirigeants autres que des chiffes molles prêtes à tout pour nous vendre au moins offrant, je ne pense nullement au FN, qui rentré dans le rang et à mettre dans le même sac que les autres simplets.

        • Jiff dit

          Non, il-y-a eu, pratiquement dans l’histoire de tous les pays, au minimum un homme « providentiel » qui s’est révélé lors d’une crise gravissime – je ne dis pas que ça va arriver, je dis juste que comme ça s’est déjà produit, ça a des chances de se reproduire.

          Hors, nous sommes dans une crise avancée, tant technologique – où un dévoiement de la technologie est utilisée contre le bien-être des peuples en les asservissant encore plus – que sociologique, où l’on nous impose la venue de gens qui ne peuvent que dégrader nos conditions de vie déjà assez compliquées comme ça, voire précaires.

          Reste à savoir ce qui se passera si quelque chose comme ça arrive, car certains réveils ont été (très) douloureux par le passé – ce qui peut se comprend aisément, les moutons ayant tendance à ne jamais dévier du chemin tout tracé vers l’abattoir sans qu’une cause réelle et sérieuse ne les y oblige…

  2. stephane dit

    Il faudra tout de même qu’ on m’ explique pourquoi des tarés barbus peuvent travailler tranquilou dans un aéroport…on ne serait pas un peu con en France?

    • Jiff dit

      Ti va comprende monzami – je vais la faire genre Bourdieu-Dolto, les 2 cancérogènes du XXème.

      On ne peut jeter l’opprobre sur des gens qui ont autant souffert (mizoux-mizoux) et ont vraisemblablement eut une enfance malheureuse (love-love) à cause de parents dévoyés les laissant livrés à eux-mêmes (ces chiens de salopards de prolos honteusement vendus au kapitaliss !)
      Il nous faut accueillir nos frères (gazou-gazou), même et surtout s’ils viennent de pays économiquement déficitaires et totalitaires (au pays des bizounours), et haro sur ceux qui ne pensent pas comme nous, car au camp de redressement de la pensée unique (déjà fait) et du goulag (ça ne saurait tarder, on appelait ça prison politique avant) réunis ils sont promis.

      Est-ce plus clair ?

  3. Citoyen dit

    Eh oui, le monde dans lequel nous croupissons devient merveilleux …
    Il semble que le ramassis de ceux qui vivent sur le dos des contribuables, s’évitent les problèmes (en les envoyant chez les autres) que posent les lécheurs de bitume, en se pondant les textes à la mesures de leurs besoins ….
    Et pour les autres (ceux qui les nourrissent) ?… ben, chacun sa m.rde !…. Normal, Il faut bien qu’il y en ait qui se se prennent dans la gueule, les problèmes que d’autres s’évitent …. sinon, on ne s’en sort plus !
    Comment voulez-vous que la Socialie ait une apparence idyllique, si d’autres ne se coltinent pas les poubelles ? … il faut être raisonnable, enfin !

  4. J F Michel dit

    Pour luter contre l’islamophobie, il faut au préalable lutter contre le totalitarisme islamiste qui en est la cause profonde.

    A ce sujet, le philosophe Abdennour Bidar dit exactement la même chose que les récents articles de la philosophe René Frégosi, le pape, Riss dans Charlie, l’essayiste égyptien Hamed Abdel-Samad, etc, etc :
    1- Le virus du totalitarisme islamisme est dans le texte du Coran, avant toutes autres causes,
    2- Pas de lutte efficace contre l’islamisme sans un profond et radical effort de réforme de l’islam par les musulmans eux même (voir le livre d’Adonis à ce sujet « Violence en islam ») !
    3- D’où la lutte nécessaire à mener au préalable, aujourd’hui, contre les défenseurs de l’islamophobie et leurs complices : rien-à-voiriste, idiots utiles, … ou idiots incultes tout simplement, ceci afin de permettre cette nécessaire critique de l’islam et faire sa nécessaire réforme !

    http://m.quebec.huffingtonpost.ca/abdennour-bidar/lettre-au-monde-musulman_b_5991640.html

    Lettre ouverte au monde musulman

    Abdennour Bidar
    Philosophe spécialiste des évolutions contemporaines de l’islam et des théories de la sécularisation et post-sécularisation
    Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin – de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd’hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d’isthme entre les deux mers de l’Orient et de l’Occident!

    Et qu’est-ce que je vois ? Qu’est-ce que je vois mieux que d’autres sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d’enfanter un monstre qui prétend se nommer État islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : DAESH. Mais le pire est que je te vois te perdre – perdre ton temps et ton honneur – dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement interminable entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

    Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Quel est ton unique discours ? Tu cries « Ce n’est pas moi ! », « Ce n’est pas l’islam ! ». Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (hashtag #NotInMyName). Tu t’indignes devant une telle monstruosité, tu t’insurges aussi que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu’à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l’islam dénonce la barbarie. Mais c’est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l’autodéfense sans assumer aussi, et surtout, la responsabilité de l’autocritique. Tu te contentes de t’indigner, alors que ce moment historique aurait été une si formidable occasion de te remettre en question ! Et comme d’habitude, tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous les occidentaux, et vous tous les ennemis de l’islam de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n’est pas l’islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre, mais la paix! »

    J’entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde l’islam a créé tout au long de son histoire de la Beauté, de la Justice, du Sens, du Bien, et il a puissamment éclairé l’être humain sur le chemin du mystère de l’existence… Je me bats ici en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l’islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine, je vois aussi autre chose – que tu ne sais pas voir ou que tu ne veux pas voir… Et cela m’inspire une question, LA grande question : pourquoi ce monstre t’a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? Pourquoi a-t-il pris le masque de l’islam et pas un autre masque ? C’est qu’en réalité derrière cette image du monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il le faut bien pourtant, il faut que tu en aies le courage.

    Ce problème est celui des racines du mal. D’où viennent les crimes de ce soi-disant « État islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c’est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd’hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre, le cancer est dans ton propre corps. Et de ton ventre malade, il sortira dans le futur autant de nouveaux monstres – pires encore que celui-ci – aussi longtemps que tu refuseras de regarder cette vérité en face, aussi longtemps que tu tarderas à l’admettre et à attaquer enfin cette racine du mal !

    Même les intellectuels occidentaux, quand je leur dis cela, ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu’est la puissance de la religion – en bien et en mal, sur la vie et sur la mort – qu’ils me disent « Non le problème du monde musulman n’est pas l’islam, pas la religion, mais la politique, l’histoire, l’économie, etc. ». Ils vivent dans des sociétés si sécularisées qu’ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur du réacteur d’une civilisation humaine ! Et que l’avenir de l’humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière et économique, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité toute entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l’échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l’homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent – et qui comme l’islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

    Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Il y a en toi en effet, malgré la gravité de ta maladie, malgré l’étendue des ombres d’obscurantisme qui veulent te recouvrir tout entier, une multitude extraordinaire de femmes et d’hommes qui sont prêts à réformer l’islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l’humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C’est à tous ceux-là, musulmans et non musulmans qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes livres ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu’entrevoit leur espérance!

    Il y a dans la Oumma (communauté des musulmans) de ces femmes et ces hommes de progrès qui portent en eux la vision du futur spirituel de l’être humain. Mais ils ne sont pas encore assez nombreux ni leur parole assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c’est l’état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d’Al Qaida, Al Nostra, AQMI ou de l’«État islamique». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus graves et les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes:
    impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion;
    prison morale et sociale d’une religion dogmatique, figée, et parfois totalitaire ;
    difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l’égalité, de la responsabilité et de la liberté;
    impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l’autorité de la religion;
    incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

    Tout cela serait-il donc la faute de l’Occident ? Combien de temps précieux, d’années cruciales, vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ? Si je te critique aussi durement, ce n’est pas parce que je suis un philosophe « occidental », mais parce que je suis un de tes fils conscients de tout ce que tu as perdu de ta grandeur passée depuis si longtemps qu’elle est devenue un mythe !

    Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l’avouer enfin, tu as été incapable de répondre au défi de l’Occident. Soit tu t’es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression intolérante et obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l’intérieur de tes frontières – un wahhabisme que tu répands à partir de tes lieux saints de l’Arabie Saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité – je veux parler de cette frénésie de consommation, ou bien encore de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie désormais mondiale qu’est le culte du dieu argent.

    Qu’as-tu d’admirable aujourd’hui, mon ami ? Qu’est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect et l’admiration des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes, qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi ? Où sont tes grands penseurs, tes intellectuels dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l’Inde à l’Espagne ? En réalité tu es devenu si faible, si impuissant derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même… Tu ne sais plus du tout qui tu es ni où tu veux aller et cela te rend aussi malheureux qu’agressif… Tu t’obstines à ne pas écouter ceux qui t’appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie toute entière. Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l’islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l’État que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu’à l’intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d’imposer que l’islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu’«Il n’y a pas de contrainte en religion» (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son Appel à la liberté l’empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu’il est l’heure, dans la civilisation de l’islam, d’instituer cette liberté spirituelle – la plus sublime et difficile de toutes – à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

    De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s’élèvent aujourd’hui dans la Oumma pour s’insurger contre ce scandale, pour dénoncer ce tabou d’une religion autoritaire et indiscutable dont se servent ses chefs pour perpétuer indéfiniment leur domination… Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, shouyoukhs, etc.) qu’ils ne comprennent même pas qu’on leur parle de liberté spirituelle, et n’admettent pas qu’on ose leur parler de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l’islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge », quelque chose de trop sacré pour qu’ils osent donner à leur propre conscience le droit de le remettre en question ! Et il y a tant de ces familles, tant de ces sociétés musulmanes où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès leur plus jeune âge, et où l’éducation spirituelle est d’une telle pauvreté que tout ce qui concerne de près ou de loin la religion reste ainsi quelque chose qui ne se discute pas!

    Or cela, de toute évidence, n’est pas imposé par le terrorisme de quelques fous, par quelques troupes de fanatiques embarqués par l’État islamique. Non, ce problème-là est infiniment plus profond et infiniment plus vaste ! Mais qui le verra et le dira ? Qui veut l’entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n’entend plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t’illusionnes, ô mon ami, en croyant et en faisant croire que quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste l’islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d’évoquer – une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive – est trop souvent, pas toujours, mais trop souvent, l’islam ordinaire, l’islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l’islam de la tradition et du passé, l’islam déformé par tous ceux qui l’utilisent politiquement, l’islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin ta vraie révolution ? Cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimerdéfinitivement religion et liberté, cette révolution sans retour qui prendra acte que la religion est devenue un fait social parmi d’autres partout dans le monde, et que ses droits exorbitants n’ont plus aucune légitimité !

    Bien sûr, dans ton immense territoire, il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d’approfondissement spirituel ; des milieux sociaux où la cage de la prison religieuse s’est ouverte ou entrouverte ; des lieux où l’islam donne encore le meilleur de lui-même, c’est-à-dire une culture du partage, de l’honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l’être humain et la réalité ultime qu’on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en Terre d’islam et partout dans les communautés musulmanes du monde des consciences fortes et libres, mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans assurance, sans reconnaissance d’un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou bien même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l’instant le droit de dire « Je choisis mon islam », « J’ai mon propre rapport à l’islam » n’a été reconnu par « l’islam officiel » des dignitaires. Ceux-là au contraire s’acharnent à imposer que « La doctrine de l’islam est unique » et que « L’obéissance aux piliers de l’islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

    Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l’une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l’un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d’un Bien et d’un Mal, d’un licite (halâl) et d’un illicite (harâm) que personne ne choisit, mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence – contre les femmes, contre les « mauvais croyants », contre les minorités chrétiennes ou autres, contre les penseurs et les esprits libres, contre les rebelles – de telle sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du jihad !

    Alors, ne t’étonne donc pas, ne fais plus semblant de t’étonner, je t’en prie, que des démons tels que le soi-disant État islamique t’aient pris ton visage ! Car les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C’est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l’éducation que tu donnes à tes enfants, que tu réformes chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n’es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l’égalité des sexes et l’émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! Tu ne peux plus faire moins que ta révolution spirituelle la plus complète ! C’est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction. Quand tu auras mené à bien cette tâche colossale – au lieu de te réfugier encore et toujours dans la mauvaise foi et l’aveuglement volontaire, alors plus aucun monstre abject ne pourra plus venir te voler ton visage.

    Cher monde musulman… Je ne suis qu’un philosophe, et comme d’habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu’à faire resplendir à nouveau la lumière – c’est le nom que tu m’as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ».

    Je n’aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français: «Qui aime bien châtie bien». Et au contraire tous ceux qui aujourd’hui ne sont pas assez sévères avec toi – qui te trouvent toujours des excuses, qui veulent faire de toi une victime, ou qui ne voient pas ta responsabilité dans ce qui t’arrive – tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

    • Jiff dit

      Pour une fois, je vais tirer dans l’ambulance, car citer un article d’un torche-cul comme le HP, qui est connu pour épouser les thèses mondialistes, globalistes et par voie de conséquences islamistes, et ne dira jamais un mot plus haut que l’autre sur « les minorités » qu’il défend bec et ongles dès qu’il le peut, c’est un poil mal placé ici et même limite foutage de gueule.

  5. AMM dit

    Pendant 10 ans dans mon entreprise, les syndicats ont du ménager et embaucher « la diversité ».
    En 2014, nous avons eu droit ,brusquemment, à la viande hallal imposée au restaurant d’entreprise, sans consultation du CHSCT, à l’initiative du gérant du restaurant et d’un cuisinier algérien, les vidéos djhihadistes regardées, pendant leurs heures de travail, par les jeunes ingénieurs issus de cette diversité , les foulards de plus en plus présents, et enfin, la demande de deux ingénieurs musulmans que la cafétéria soit transformée en salle de prière (heureusement la direction a refusé).
    Les filles de plus en plus voilées (ce qu’on ne voyait pas il y a deux ans) vont au restaurant avec leurs collègues , évidemment, qui ne peuvent pas refuser leur compagnie. Il n’y a pas de petit prosélytisme.

  6. Pierre dit

    Pour élargir le débat, je vous conseille livre de Douglas Murray (« Death of Europe »).

    Fouillé, mesuré. Intéressant.

    Mais son plus grand mérite : nous rafraîchir la mémoire. Tout simplement.

    Car le drame -principal- est là : sur 30 ans… nous oublions. Nous avons oublié. Ce qui nous empêche de comprendre la « big picture ».

    Ainsi un tout petit rappel pour notre ami Eric, pour qui « tout est réglé » (en tout cas dans la Fonction publique).

    -Angleterre : la fatwa de mort contre Salman Rushdie… des milliers de musulmans manifestant leur haine dans les rues anglaises et des débats stupéfiants dans la sphère publique (intellos, politiciens ne prenant pas la défense de l’écrivain) : 1989

    -France : les collégiennes « voilées », poussées par des provocateurs : Jospin 1989

    -Pays-Bas : l’assassinat de Pim Fortuyn : venant de la gauche, homosexuel, devenu politicien anti islam : 2002

    -Pays-Bas : l’assassinat de Theo van Gogh, son ami et critique anti islam : 2004

    -Pays-Bas : Ayaan Hirsi Hali : somalienne, devenue politicienne, condamne l’excision, déclare que l » »islam est un gros problème ». Reçoit menaces de mort, protégée par la police. Elle part aux USA en 2007…et est devenue citoyenne US en 2013.

    -Suède : l’affaire des caricatures de Mahomet : 2005 (manifs de musulmans, menaces de mort etc.)

    Voilà. Inutile d’ajouter ensuite la chronologie récente (Merah, Charlie etc.)

    Le simple souvenir de 1989, avec la fatwa contre Rushdie, et la réaction des musulmans en Angleterre (peu documentée dans les médias français à l’époque…) devrait vous glacer le sang et vous faire comprendre que ça fait… 30 ans que nous subissons une véritable guerre et que nous… reculons.

    Résultat : qui oserait publier aujourd’hui un bouquin critiquant l’islam, ou son prophète ?

    Ils gagnent, inexorablement. Et rien n’est réglé, surtout pas avec de simples « lois » (qui répétons-le ne sont pas appliquées… et ne sont plus applicables quand les populations concernées se chiffrent en millions).

    Douglas Murray rappelle un fait : dans les années 30, Hilaire Bellloc publie un livre « Les grandes hérésies » avec tout un chapitre sur la « grande et constante hérésie de Mahomet »… A côté duquel le livre de Rushdie apparaît comme un aimable conte pour enfants…

    Belloc a t il été protégé par la police à l’époque ? A t il reçu des menaces de mort ? A t il dû vivre dans la clandestinité ?

    Non, car en 1938 il n’y avait pas de musulmans en Angleterre… CQFD.

    Alors oui bien entendu on connaît la rengaine : attendons l’intégration, attendons la « réforme » de cette religion, et tous nos petits « soucis » disparaîtront.

    Les années passent, et c’est toujours Soeur Anne ne vois-tu rien venir ?

    Par contre, ce que l’on voit arriver en Europe, ce sont des millions… de musulmans supplémentaires.

    Allez un p’tit dernier, pour remonter encore dans le temps et pour rester en Angleterre : 1969 le discours « The Rivers Of Blood » du grand Enoch Powell.

    « As I look ahead, I am filled with foreboding; like the Roman, I seem to see the River Tiber foaming with much blood ».

    Un visionnaire.

  7. Jiff dit

    « qui oserait publier aujourd’hui un bouquin critiquant l’islam, ou son prophète ? »

    N’exagérons rien, l’universitaire Allemand qui a traduit l’exemplaire du coran (très vieux, car datant de l’époque où plusieurs versions s’affrontaient) retrouvé derrière une double-cloison lors de réfections d’une vieille mosquée a bien compris la leçon durement apprise par l’enfer que Rushdie a vécu, il a pris un pseudonyme et son éditeur a, de son côté, pris toutes les précautions pour être la seule personne à connaître sa véritable identité.

    Évidemment, il s’est trouvé un déficient mental qui a lancé une fatwa de mort contre l’auteur, mais avant cela, il faudra le trouver et ça ne sera pas du nougat 🙂

    Étonnant comment ces gens twistent et déforment les choses pour tenter de leur faire refléter leurs propres convictions, car quand même, c’est d’un coran qu’il s’agit, et même s’il est alternatif, on aurait pu croire qu’un minimum de respect lui serait accordé – maintenant, vu de leur côté, infâme mix d’intolérance, d’obscurantisme et de conquêtes, la fatwa peut se comprendre, car le coran est supposé continu depuis que Dieu l’a dicté à son scribe et cette version, c’est un peu comme rappeler à un pape que le Christ était avant tout un homme.

    D’ailleurs, avez-vous remarqué que le scientisme utilise également ces mêmes techniques ?
    Par exemple, la grande majorité des astro-physiciens nous rebattent les oreilles avec la matière noire de l’univers depuis ~50 ans sans jamais l’avoir trouvée, mais en ayant engloutit dedans au moins USD150Mds; ils ont également systématiquement pliés la théorie du big bang, et ceci à plusieurs reprises, pour qu’elle soit conforme aux réalités gênantes qu’ils découvraient au fil du temps (rappelez-vous vos cours de maths : une seule réfutation et tout tombe à l’eau, et la physique, c’est principalement des maths.) Mais si jamais vous-êtes un « divergeant » qui met en doute tant la théorie que sa principale chasse au Dahut, vous-êtes vilipendé, moqué et mis à l’index par vos pairs et, à partir de ce moment-là, vous pouvez toujours courir pour trouver un quelconque financement pour faire des recherches qui servent à quelque chose – dans d’autres secteurs aussi, une spécialiste de carbone-14 également archéologue l’a compris aux dépends de sa carrière en donnant les vrais chiffres (analyse refaite 3 fois) de la datation d’un âtre préhistorique: 250,000 ans, là où le PC ne pouvait admettre guère plus que le dixième… (+ le site a été fermé et totalement interdit.)

    Nous voyons également cela arriver actuellement dans poliotique et presse internationales; c’est pour l’instant très ténu et brumeux, mais vous pouvez être certain que ça va monter en puissance – et tout cela, selon l’expression consacrée préférée du taulier, est Orwellien en plein.

    En prenant assez de hauteur, vous avouerez qu’il-y-a un côté amusant pour des textes qui ne sont finalement qu’un mélange insipide de vols provenant en droite ligne des poches de la tora et de celles de l’ancien testament.

    Quant’à votre allusion à E.Powell, elle se réalisera certainement, ne reste plus qu’à savoir quel sang rougira l’eau…

  8. Citoyen dit

    « car le coran est supposé continu depuis que Dieu l’a dicté à son scribe »
    « en même temps », imaginer que ce qu’ils nomment Dieu, ait dicté ces inepties, c’est faire insulte à celui qu’ils sont censés vénérer … mais ils ne sont pas nombreux à s’en apercevoir.

      • Jiff dit

        Bof, on sait ce que c’est, l’alcool, les drogues dures (dont le cassoulet aux amphétamines), les particules fines, toussa…

        « imaginer que ce qu’ils nomment Dieu, ait dicté ces inepties, c’est faire insulte à celui qu’ils sont censés vénérer »

        Si vous y regardez bien, c’est exactement ce qui s’est passé avec la religion chrétienne vers la fin du moyen-âge; donc, d’ici ~500 ans ils seront à peu près au carré dans leurs caboches.

        À ce sujet, il existe des évangiles, bien évidemment apocryphes, ou l’on trouve des choses qui ont une toute autre odeur de sainteté que les autres, tel que : « tu n’as pas besoin de m’élever des monuments, sort et regarde un arbre, je suis là, soulève une pierre et je suis là, prend une poignée de terre et je suis là », et le reste est à l’avenant, ne parlant que d’amour et de paix – je ne sais pas pourquoi, mais ça me semble beaucoup plus proche de la vérité que le reste…

  9. AMM dit

    Comme quoi les entreprises font ce qu’elles veulent avec le nouveau code du travail.
    En me rendant à la FNAC Montparnasse j’ai constaté qu’une des caissières était voilée. Il n’y a pas de petit prosélytisme.
    De même à C&A, il y a un bureau spécial pour les clients du Maghreb. Du jamais vu.Est-ce qu’ils ont vraiment plus d’argent que les Français?

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