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RSI: pour en finir avec le mythe orwellien des difficultés informatiques

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Une légende tenace, forgée par les gouvernements successifs comme par les salariés du régime eux-mêmes, veut que les difficultés du RSI ne tiennent qu’à des problèmes informatiques. Or, c’est le principe même d’une protection sociale unique par répartition qui pose problème.

Un texte produit par la section CGC des salariés du RSI l’a encore montré cette semaine: une légende tenace cherche à faire croire que la protection sociale monopolistique des travailleurs indépendants pourrait être idyllique sans les problèmes informatiques que le régime connaît du fait des URSSAF depuis sa création. Ah! la fameuse blague des problèmes informatiques!

Elle est vieille comme l’invention des premiers ordinateurs personnels. Dès qu’un problème se pose, c’est la faute de l’informatique, et bien entendu ni des gens qui l’utilisent, ni des gens qui ont conçu les procédures.

Les problèmes informatiques du RSI…

De fait, le RSI a bel et bien connu des problèmes informatiques qui ont pénalisé sa gestion. Ces difficultés ont effectivement tenu à la passerelle de données entre les URSSAF et le RSI lui-même. De fait, ces difficultés persisteront après l’adossement au régime général.

… sont en réalité un problème de paramétrage du régime

Pourquoi ces difficultés persisteront-elles? parce qu’elles ne sont en réalité pas de nature informatique, mais elles sont liées à la nature du régime lui-même. Le principe du RSI consiste en effet à asseoir la protection sociale des indépendants sur des concepts applicables aux salariés.

Le régime est en effet fondé sur la prédictibilité des revenus: on extrapole, à partir du salaire, des revenus de remplacement ou des garanties d’assurance à montant défini à l’avance. Cette technique est tout à fait adaptée à une population qui peut majoritairement prévoir avec beaucoup de précision ses revenus mensuels.

Les indépendants fonctionnent autrement. Ils ont des revenus variables. Le pari de leur appliquer une protection sociale dont le paramétrage est conçu pour les salariés ne peut, par nature, que constituer dans le meilleur des cas une cote mal taillée.

Les difficultés informatiques le montrent: le régime en lui-même ne peut pas fonctionner sur ses bases actuelles.

L’ouverture à la concurrence, seule solution durable

Dans la pratique, seule une ouverture du régime à la concurrence permettra d’imaginer des garanties gérables pour les indépendants. La fin du monopole du RSI est la seule qui permette une protection sociale durable pour les entrepreneurs et les professions libérales.

4 commentaires

  1. Citoyen dit

    Ben oui, les légendes urbaines sont souvent tenaces …
    Ce que l’on oublie souvent de rappeler, c’est qu’en informatique, les plus gros problèmes se situent presque exclusivement, entre la chaise et le clavier … enfin, ce que j’en dis …
    Mais ceux qui ont pris de la bouteille, disposent d’une porte de sotie pratique … Comme dans la cours de récréation de la maternelle : C’est pas moi m’dame, c’est l’autre …

    • Jiff dit

      Ça n’est pas tout à fait vrai, même si ça représente la majorité des cas – mais on peut aussi s’interroger sur l’ergonomie logicielle, car les choses sont malheureusement vues différemment entre un utilisateur et un développeur.
      Prenez par exemple LOUVOIS, c’est la non-désignation d’un maître d’œuvre omnipotent (chaque partie tirant comme une forcenée sur la couverture, les réunions ne menant à rien) qui a en partie fait capoter le bousin – on pourrait aussi parler des rivalités entre armée et ministère ou des employés de l’ancien soft de paye prévenus dès la consultation du projet qu’ils gicleraient à la fin, et qui n’ont eu, c’est très humain, rien de plus pressé que de se carapater pour pouvoir se recaser le plus rapidement possible, laissant un territoire définitivement grillé pour cause de manque d’expérience de ceux qui restaient ou les remplaçaient.

      Mais bon, c’est pas grave puisque c’est gratuit; et c’est encore une victoire de canard connards !

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