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Prudent, le gouvernement retarde la disparition des mutuelles étudiantes

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Les mutuelles étudiantes ne devraient pas disparaître en 2018. Le gouvernement vient d’annoncer une concertation sur un sujet sensible, mais dont l’absurdité économique est bien connue.

De longue date, et au moins depuis le rapport de la Cour des Comptes sur les mutuelles étudiantes, on sait l’inconvénient économique à maintenir en vie un régime social spécifique pour une catégorie de la population qui « sous-consomme » les soins. Alors que les étudiants constituent un « bon risque », certaines mutuelles comme l’ex-MNEF devenue LMDE sont parvenues à accumuler les problèmes de gestion et de trésorerie, jusqu’à flirter avec la faillite.

Alors que le gouvernement annonce l’adossement du RSI au régime général, il hésite toutefois à appliquer le même traitement au régime étudiant. Contre tout bon sens économique, l’information circule donc selon laquelle une concertation serait ouverte sur l’avenir du régime étudiant. Celui-ci ne sera, dans tous les cas, pas réglé par le PLFSS 2018.

Deux poids deux mesures.

Si cette différence de traitement est une absurdité économique, elle a en revanche un sens politique. Pour les mouvements étudiants, les mutuelles sont en effet un moyen commode de se financer, ne serait-ce que par la distribution de poste d’administrateurs rémunérés. Compte tenu du climat social ambiant et des gués difficiles à passer pour le gouvernement, notamment sur les ordonnances, ce n’est évidemment pas le moment de se fâcher avec les syndicats étudiants.

Le gouvernement va « ouvrir des discussions pour une réforme » du régime de sécurité sociale spécifique aux étudiants, a expliqué à l’AFP Benjamin Chkroun, le délégué général du réseau de mutuelles étudiantes régionales EmeVia, sans pouvoir préciser le calendrier de cette réforme ni son « périmètre », à l’issue d’un rendez-vous à Matignon.

« On a eu confirmation » qu’elle ne serait pas inscrite « dans le PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) » 2018, a-t-il ajouté, contrairement à ce qu’avait laissé penser la feuille de route de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, adressée au début de l’été au Premier ministre Edouard Philippe.

Le lancement de « concertations » sur « ce sujet fondamental » a également été promis à l’Unef, syndicat étudiant « opposé à la suppression du régime » étudiant, selon sa présidente Lilâ Le Bas.

9 commentaires

  1. Lorelei dit

    Quelle escroquerie ces assurances! D’autant que si les enfants poursuivent leurs études à l’étranger, ils restent sur la SS de leurs parents, si la formation suivie n’est pas reconnue par l’Etat, ils restent sur la SS de leurs parents, si un parent est cheminot, ils ne paient pas de SS étudiante (pourquoi?) et plein d’exceptions de ce genre. Il faut être à la Fac ou poursuivre des études dans des écoles publiques pour payer et ce ne sont pas les plus riches qui font ce type d’études. Donc, quand les enfants poursuivent des études, sans aucun moyen financier, ce sont donc les parents qui payent l’intégralité en plus de leur propre sécu. Et si le jeune travaille, il cotise (à fonds perdus?) à la SS des salariés.
    A part financer les syndicats, je ne vois pas à quoi les mutuelles d’étudiant servent.

  2. Citoyen dit

    « Prudent, le gouvernement retarde la disparition des mutuelles étudiantes  » ….
    Et pour cause … Les socialos aiment bien les mutuelles, en général …. surtout les mutuelles étudiante … et surtout quand ils peuvent discrètement (ça c’est moins sûr) taper dans la caisse …. comme à la MNEF …
    Même Médiapart, en cause … c’est dire …
    A voir ici :
    https://blogs.mediapart.fr/lehmann-christian/blog/050714/de-la-mnef-la-mutuelle-des-etudiants-qui-profite-le-crime
    Ou Marianne, qui en parle aussi très bien … ici :
    https://www.marianne.net/politique/valls-cambadelis-le-guen-la-bande-de-la-mnef-aux-affaires
    C’est que les socialos ont une longue expérience sur le sujet …

  3. Pierre dit

    Ca sent le deal avec les lapins crétins de l’UNEF (« la sélection contre la mutuelle pour assurer les arrières de vos permanents »).

    Ou alors… un bon pragmatisme à la papa : l’intégration du RSI dans le régime général va être un tel merdier sous stéroïdes que le bon sens commande d’attendre un peu avant d’y ajouter les mutuelles étudiantes.
    😉

  4. serge dit

    Plus pragmatiquement, le niveau excessivement bas de la gestion de ces mutuelles (il faut avoir suivi les pertes de demandes et les ratés de remboursement) et, comme dit, leur quasi faillite font qu’il semble plus judicieux de purger ces mammouths avant récupération par la sécu. Cette purge nécessite l’examen approfondi de leur SI (du niveau de Chorus version initiale ou Louvois récemment), du recasage de toutes les jeunes pousses de nos grands partis de gouvernement (sic) qui pantouflent dans ces organismes et de qui prend les pertes pour éviter que Macron ne soit obligé d’annoncer un plan de refinancement à plusieurs kerviels. Cela ferait mauvais genre dans sa roucoulade avec Mutti…

  5. Dominique Titolet dit

    Petit souvenir des années 70…alors deux Unef qui présentaient des listes co currentes à la Mnef.
    Jeune prof donc non étudiant j’ai participé à un congrès en remplaçant un « camarade » étudiant malade. 3 jours à Paris au frais de la Mnef.

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