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L’Europe grande bourgeoise de M. Macron a-t-elle un avenir?

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Emmanuel Macron a prononcé un discours fleuve sur l’Europe, qui confirme ce qu’il en avait dit, déjà, à la Pnyx le 7 septembre. Il y développe une conception essentiellement « bourgeoise » du projet européen. Et si cette vision élitiste de l’Europe contenait en elle-même les raisons de son rejet par les peuples?

Reconnaissons à Emmanuel Macron un mérite essentiel: celui d’exprimer la vision bobo de l’Europe, tout en nuance comme il sied à cette caste hégémonique convaincue de percoler l’intelligence et la civilisation. Dans cette vision, il y a deux camps: d’un côté les obscurantistes partisans du nationalisme, parés de tous les vices, de l’autre les défenseurs de l’idée européenne qui subliment forcément tous les vices bureaucratiques dont la réalisation communautaire est porteuse.

Cette vision binaire, manichéenne, repose sur un non-dit fondamental. Aimer l’Europe, c’est aspirer à une Europe fédéralisée, dans laquelle l’invention (et l’invasion) d’une bureaucratie est un épiphénomène insignifiant et en rien bloquant. Tous ceux qui portent une idée non-fédérale de l’Europe sont d’horribles souverainistes rangés d’office dans le camp des nostalgiques avérés d’Adolf Hitler. Il n’y a pas de place, dans la vision bobo macronienne, pour une alternative européenne qui ne soit pas celle du repli ni celle de l’intégration fédérale.

Ce disant, Emmanuel Macron est parfaitement sincère et convaincu, il est de bonne foi. Nous lui portons ici le crédit de cette authenticité, tout en considérant que cette vision binaire de l’Europe est la source de son rejet par les citoyens. Nous pensons même que cette vision-là est suicidaire pour l’idée d’Europe elle-même, et voici pourquoi.

L’élitisme bourgeois aux racines de l’Europe macronienne

Dans le discours de la Pnyx, Macron nous dit ceci de l’Europe:

Cette Europe de la littérature, des cafés, de la discussion publique, d’une convivialité et d’une civilité qui n’existe nulle part ailleurs, c’est celle dont le ciment profond est la culture, notre culture.

Dans le discours de la Sorbonne, il persiste dans l’erreur:

Et le ciment le plus fort de l’Union sera toujours la culture et le savoir. Car cette Europe où chaque Européen reconnaît son destin dans le profil d’un temple grec ou le sourire de Mona Lisa, qui a pu connaître des émotions à travers toute l’Europe en lisant MUSIL ou PROUST, cette Europe des cafés, dont parle STEINER, cette Europe dont SUARES disait qu’elle est « une loi, un esprit, une coutume », cette Europe des paysages et des folklores, cette Europe dont ERASME, dont on disait qu’il en était le précepteur, disait qu’il fallait demander à chaque jeune, déjà, de « parcourir le continent pour apprendre d’autres langues » et « se défaire de son naturel sauvage », cette Europe, parcourue par tant de guerres, de conflits : ce qui la tient, c’est sa culture.

La redondance en dit long. Elle souligne que, pour Emmanuel Macron, le substrat européen, ce sont les mondanités bourgeoises qui font le sel même de son destin présidentiel. On existe en dissertant avec « convivialité » et « civilité » dans les salons et les cafés. On est européen parce qu’on lit Proust et Suares.

Pour Emmanuel Macron, la culture européenne, c’est le beau discours bourgeois des dîners mondains. L’identité de l’Europe, c’est l’honnête homme qui devise en société sur des questions philosophiques.

On pourrait avec une ironie mordante enchaîner les citations d’Emmanuel Macron sur cette identité bourgeoise de l’Europe, dans laquelle se reconnaît parfaitement son électorat bobo. Toute la question est de savoir si cette conception élitiste de l’Europe est celle dont les peuples européens eux-mêmes sont porteurs, ou si elle est seulement l’apanage d’une classe sociale qui monopolise le pouvoir en France depuis une quarantaine d’années.

On se doute qu’en posant la question, on y a déjà répondu.

L’Europe de Macron déteste les peuples

Quand Emmanuel Macron exalte l’Europe des salons, des cafés, des beaux discours, il ne tarit pas de haine pour son anti-thèse: l’Europe des peuples, qui travaille de ses mains et qui ne conceptualise pas son identité continentale. Pour Macron, l’Europe à défendre, c’est celle des intellectuels. Mais l’Europe des petites gens lui semble non seulement méprisable, mais aussi dangereuse et à combattre car irrationnelle et vulgaire.

On en relèvera quelques citations révélatrices.

Dans le discours de la Pnyx, il déclare par exemple:

La souveraineté, ne la laissez pas à celles et ceux qui veulent le recroquevillement, à celles de ceux qui prétendent qu’on défend, qu’on protège, qu’on décide, quand on se replie sur soi, qu’on déteste l’autre, qu’on ferme la porte à ce qui vient de l’extérieur, qu’on renie des décennies d’histoire commune où nous avons cherché enfin à dépasser les nationalismes !

Dans le discours de la Sorbonne, on retrouve cette phrase:

Ces idées ont un nom : nationalisme, identitarisme, protectionnisme, souverainisme de repli. Ces idées qui, tant de fois, ont allumé les brasiers où l’Europe aurait pu périr, les revoici sous des habits neufs encore ces derniers jours. Elles se disent légitimes parce qu’elles exploitent avec cynisme la peur des peuples.

Pour Macron, il y a bien deux mondes. Celui des intellectuels pacifistes et éclairés des cafés, d’un côté, et celui des pauvres, des petits, des sans grades, qui ont peur des autres, juste en face. À croire que son éducation amiénoise l’a convaincu que les petites gens étaient forcément ceux du repli par opposition à l’élite qui boit des cafés en dissertant sur le monde.

En filigrane, le soubassement idéologique de l’élite européenne de M. Macron repose sur cette conviction intime, non dite mais toujours présente, selon laquelle les petites gens ne sont pas prêts à l’idée européenne, et que seuls les intellectuels peuvent y adhérer et la construire. Que le manichéisme de cette conception suffise à démontrer que cette conception élitiste de l’Europe repose sur un profond simplisme et une méconnaissance ontologique des petites gens qui l’invalident ne compte évidemment pas. La conception européenne de Macron repose sur la peur bourgeoise ancestrale vis-à-vis du pauvre, symbole de la bête, par opposition au semblable aisé ou fortuné, symbole de la lumière.

Ce que Macron n’a pas compris, c’est que le ver est dans le fruit de cette vision élitiste. Son idée d’Europe est par nature exclusive et socialement discriminante, incompatible avec les petites gens qui ne lisent pas Proust. Ceux-là y vivront toujours sous surveillance. Et ce faisant, cette Europe de la bourgeoisie lettrée ne peut que susciter le rejet des autres classes sociales.

Les peuples européens ne peuvent que détester la vision macronienne de leur identité

Cette Europe bourgeoise, pauseuse, ostentatoire, d’Emmanuel Macron, fait aujourd’hui l’objet d’un rejet massif des peuples. Il faut être perdu dans la réaction de l’élite française obsolète contre le monde moderne pour ne pas s’en rendre compte.

Prenons la victoire (relative) de l’AFD en Allemagne. Que nous dit-elle, sinon que, au sein même du peuple le plus coupable en Europe, la cécité imposée par les élites sur les évolutions démographiques forcées ne peut plus avoir lieu sans réaction vive de ceux qui en subissent les conséquences quotidiennes?

On peut éternellement expliquer, contre toute évidence, que tout discours évoquant les inconvénients d’une politique migratoire mal maîtrisée procède d’un racisme profond. On peut éternellement expliquer, contre toute évidence, que le port du foulard islamique est aussi synonyme de liberté que le port de la mini-jupe. Mais il existe un moment où les petites gens expriment leur ras-le-bol contre ce bréviaire absurde que leur imposent les classes dominantes, et il arrive un moment où le mépris social de ces élites ne suffit plus à contenir la société civile.

On peut évidemment suinter de mépris pour ces habitants des quartiers populaires qui aspirent à vivre sereinement leurs traditions européennes comme manger du cochon ou boire de l’alcool. On peut les taxer de repli sur soi lorsqu’ils ont l’ambition de préserver un mode de vie dans lequel ils sont nés. On peut imaginer les convaincre à force de les minorer quand soi-même on ne met jamais ses enfants dans des écoles à forte proportion d’immigrés et quand soi-même on s’arrange pour ne jamais croiser une femme voilée dans la rue.

Il faut juste assumer les conséquences de son mépris implicite. Quand on pose le principe absurde, erroné, selon lequel l’Europe est l’invention des lecteurs de Proust et des bourgeois oisifs contre l’obscurantisme des petites gens, on accepte d’exclure lesdits petites gens de la construction politique, et l’on doit assumer le caractère oligarchique de ce système. On ne s’étonne pas, quelques mois ou quelques années plus tard, d’assister à une floraison de mouvements eurosceptiques.

Si l’on veut lutter contre l’euroscepticisme, il faut abandonner ses préjugés bourgeois et s’ouvrir à ce qui fait l’identité européenne réelle, pas celle des salons germanopratins.

De la vraie identité européenne

Or, cette identité européenne se situe aux antipodes des fantasmes bourgeois dominants à Saint-Germain-des-Prés. Elle repose d’abord sur un profond attachement aux États-nations et aux traditions qu’ils ont coagulées. On n’en finirait pas ici d’évoquer la longue liste de bizarreries qui distinguent la myriade de pays européens et dont ils ne se passeraient sous aucun prétexte.

Elle repose aussi sur des caractères historiques sédimentés à travers les siècles. Contrairement au mépris d’Emmanuel Macron, ces caractères sont souvent porteurs de valeurs très positives. On y trouve l’égalité entre les hommes et les femmes, l’attachement au pluralisme politique et la conviction très homérique que l’homme construit mieux son bonheur collectif sans les dieux qu’avec eux. Cela ne signifie pas que les Européens soient athées. Cela signifie simplement qu’ils ont une aversion à la théocratie et ce point-là suffit déjà à les distinguer.

S’il fallait aller plus loin, la tentation serait grande de retrouver partout en Europe les stigmates de la triade indo-européenne qui a structuré une relation très particulière, très spécifique à la transcendance. Si les Européens se reconnaissent au fait que l’existence de dieux les travaille de tous temps, ils se reconnaissent aussi à leur volonté de construire des société harmonieuses fondées sur des valeurs temporelles et pour ainsi dire laïques.

Bref, l’Europe d’Emmanuel Macron n’est pas celle des peuples, mais celle de la bourgeoisie parisienne à la mode. Tant que la France n’aura pas circonvenu la relativité de sa conception européenne, elle sera l’un des principaux facteurs de rejet de l’Europe…

Et le ciment le plus fort de l’Union sera toujours la culture et le savoir. Car cette Europe où chaque Européen reconnaît son destin dans le profil d’un temple grec ou le sourire de Mona Lisa, qui a pu connaître des émotions à travers toute l’Europe en lisant MUSIL ou PROUST, cette Europe des cafés, dont parle STEINER, cette Europe dont SUARES disait qu’elle est « une loi, un esprit, une coutume », cette Europe des paysages et des folklores, cette Europe dont ERASME, dont on disait qu’il en était le précepteur, disait qu’il fallait demander à chaque jeune, déjà, de « parcourir le continent pour apprendre d’autres langues » et « se défaire de son naturel sauvage », cette Europe, parcourue par tant de guerres, de conflits : ce qui la tient, c’est sa culture.

Notre fragmentation n’est que superficielle. Elle est en fait notre meilleure chance. Et au lieu de déplorer le foisonnement de nos langues, nous devons en faire un atout ! L’Europe doit être cet espace où chaque étudiant devra parler au moins deux langues européennes d’ici 2024. Au lieu de regretter le morcellement de nos contrées, renforçons les échanges ! En 2024, la moitié d’une classe d’âge doit avoir passé, avant ses 25 ans, au moins six mois dans un autre pays européen. Qu’il soit étudiant ou apprenti. Et ici même où quelques pionniers, comme à Bologne, Montpellier, Oxford ou Salamanque ont cru dans le pouvoir de l’apprentissage, de l’esprit critique et de la culture, je veux que nous soyons à la hauteur de ce grand dessein.

13 commentaires

  1. Pierre dit

    Le discours de Jupiton ? Quel pensum.

    Qui l’écoute ? A part lui-même ?

    Personne.

    Tout le monde se fout de ses grandes idées européennes.

    Et en premier chef : les européens eux-mêmes (à part Juncker, comme d’hab’, l’illuminé de la dive bouteille).

    La seule expression de « budget de la zone euro »… suffit à le disqualifier.

    Il n’y aura jamais de « budget de la zone euro », et encore moins de l’UE.

    Dernier point : au moment où Jupiton s’écoutait parler… les chiffes de Pôle Emploi pour août étaient publiés.

    Caramba, encore raté ! Ca monte encore.

    Tout le reste c’est de la littérature : et certainement pas du Proust.

    • Jiff dit

      « Tout le monde se fout de ses grandes idées européennes. »

      Hum, il faut quand même y porter une attention soutenue, ne serait-ce que pour lui faire un bon croche-pied au moment idoine, ce qui vient d’ailleurs de se passer avec les sénatoriales – en espérant que certains sénateurs ne vont pas tourner casaque en trahissant leur électorat, comme certains parlementaires l’ont fait, car il serait catastrophique (surtout pour ceux qui ne sont rien) de permettre à bidule de convoquer un congrès pour modifier notre constitution qui a déjà bien trop donné dans un passé récent.
      Il faut également rester extrêmement vigilant par rapport à ce qu’il annonce, car vu que les projets de ceux qui tiennent sa laisse ont tourné courts, principalement avec les résultats des élections Allemandes, il va donc devenir de plus en plus agressif, voire se mettre à mordre, comme tout clébard… acculé.

      Et les choses risquent fort de se précipiter, car nos cousins Autrichiens ont avancé leurs élections législatives d’un an – elles tombent normalement le 15 prochain – suivies par le 2nd round de leur présidentielle – normalement le 4 décembre – le 2nd tour de la première élection ayant été invalidé par la cour suprême pour vices de comptage de voix.
      Étant donné que N.Hofer (FPÖ) a pas mal de chances d’arriver en tête dans les 2, machin-chose risque fort de se mettre à bouffer de la paille en bavant pour la fin de l’année, parce que le FPÖ va vraisemblablement fermer les vannes en réaffirmant son opposition aux quotas ( V. http://www.agoravox.tv/actualites/europe/article/immigrants-le-cas-autrichien-72067 ) et possiblement remettre la participation de son pays à l’europe des coquins en cause, ou tout du moins, faire un pas en arrière.

      C’est à partir de ce moment-là que _nous_ devrons être extrêmement attentifs, et le rester tout au long du plan quinquennal, parce que bidule et ses copines de la commission vont certainement tenter le tout pour le tout sur la foi d’un credo purement théocratique et vieux comme la france des ponctionnaires : « si l’europe ne marche pas, c’est parce qu’il nous faut plus d’europe ».

      Ce qui est intéressant, c’est que Ch.Gave l’avait très bien vu venir et en a fait une excellente analyse une semaine auparavant : http://institutdeslibertes.org/ami-entends-tu-le-bruit-sourd-du-pays-quon-enchaine/ (prêtez également attention aux commentaires, notamment celui qui fait référence à son dernier discours.)

      Donc, méfiante et vigilance doivent dorénavant être nos deux mamelles et ce, pour un looong moment.

      • Citoyen dit

        « si l’europe ne marche pas, c’est parce qu’il nous faut plus d’europe ». ……. C’est bien la position que le micron a annoncé à la Sorbonne …

        • Jiff dit

          Beeen, déjà, on se fout de ce qu’il peut raconter comme de l’an 40, vu que la future coalition de mémerkel ne va quasi-certainement lui accorder ni bénédiction, ni backup, ensuite, ça risque d’être coton, parce qu’on dirait bien que les gens sont en train de se réveiller en plus d’être en train de définitivement consommer le divorce que le présent article décrit en détail ; en bref, le torchon (en coton) commence à brûler, ce qui est peu normal ici quand on a affaire avec un guignol qui se comporte comme un G.W.Bu$h ou un Barnier (c’est pareil.)

          Et comme ceux-ci semblent, tout autant que leurs prédécesseurs, craindre la rue plus que tout (la vraie rue, celle qui a quelque chose à dire, pas celle de ces merdeux d’antifas ou de celle de Méchencon, qui n’est que l’appariteur de service bienvenu et souhaité de machin), certaines choses prévues pour être désagréables envers les fainéants pourraient bien tourner court, voire virer au vinaigre. Du coup, je vais aller me reprendre un p’tit caoua 😉

    • Citoyen dit

      Prudents qu’ils sont … ils se sont engagés à ne plus commenter les chiffres de chez Paul, que par trimestre …. et même là ?… ça risque d’être coton …

  2. Jiff dit

    Heu, il-y-a un léger problème dans les liens, celui du « discours fleuve » pointe également vers celui de la Pnyx.

    « Ce disant, Emmanuel Macron est parfaitement sincère et convaincu, il est de bonne foi. »

    Si c’est vraiment vrai, c’est pire que pire.

    « Et le ciment le plus fort de l’Union sera toujours la culture et le savoir. »

    Plutôt étrange, pour un type qui a déjà bien montré son indigence dans ces deux secteurs.

    « Pour Macron, l’Europe à défendre, c’est celle des intellectuels. »

    Encore faut-il que lesdits intellectuels ne lui résistent pas et le trouvent meeerveilleeeux, sinon, gare (témoin sa prise de tête avec M.Onfray qui l’a envoyer bouler un poil.)

    « que les petites gens étaient forcément ceux du repli par opposition à l’élite qui boit des cafés en dissertant sur le monde. »

    Ce qui prouve une fois de plus qu’il n’a aucune expérience de la vie réelle, fait assez inquiétant pour ceux qui ne sont rien, car refaire le monde autour d’un caoua, c’est quand même l’un des plaisirs qui font que la vie mérite d’être vécue.
    NB: ça marche aussi avec les cahouettes, mais on a plus de mal à se concentrer après la 4ème tournée.

    « Il faut être perdu dans la réaction de l’élite française obsolète contre le monde moderne pour ne pas s’en rendre compte. »

    Ben, c’est justement ça le problème, que son « expérience de la vie » se limite aux petits fours des réceptions où tout le monde se tape dans le dos tout en espérant avoir un poignard à la main et personne ne s’avise de contredire l’autre tout en n’en pensant pas moins ; et comme tout va ensemble, il ne supporte bien évidemment pas la contradiction ou que quelqu’un lui tienne tête en lui disant qu’il a tort.
    En somme, il est l’archétype du gosse des beaux quartiers à qui les parents ont laissé la bride sur le cou, c’est d’un classissisme navrant.

    « Cela signifie simplement qu’ils ont une aversion à la théocratie »

    Et pourtant, au même titre que que son prédécesseur était un théologien, les idéologies hors-sol et rances de l’impétrant décrites ici le placent bien dans la même catégorie ; catégorie pour laquelle certains électeurs auront donc voté 2 fois d’affilée…

    « Tant que la France n’aura pas circonvenu la relativité de sa conception européenne, elle sera l’un des principaux facteurs de rejet de l’Europe… »

    Le temps que ça se fasse, elle aura crevé la gueule ouverte, car on en revient systématiquement aux critiques de Ch.Gave, à savoir que LE problème en france, c’est l’état, et rien d’autre ; et que si ça continue comme avant, il ne nous reste plus beaucoup de temps avant de mettre la cabane sur le chien définitivement.

  3. Joseph dit

    Très bel article.
    Macron n’a pas lu Christopher Lasch, notamment La révolte des élites », l’aurait-il lu que je doute qu’il soit en capacité d’en comprendre la portée.
    Tout sonne faux chez Macron, mais également chez tous ceux qui, comme lui, ne cessent de vanter les mérites de la diversité, tout en s’étreignant à en gommé chaque jour l’existence
    Proust, Steiner, Zola, Musil, Erasme, Suares, et des milliers d’autres que pourrait citer à s’en étourdir notre cher président, existent par leur diversité et leurs différences et non pas dans le creusé infâme d’une Europe/nation qui n’a aucune réalité.
    Ce paradoxe des progressistes, de dire « tous pareils » tout en prônant la diversité, est pourtant l’élément accablant de leurs thèses foireuses, dont le véritable moteur est marchand. La réelle motivation c’est la marchandisation de la planète, la transformation du citoyen en consommateur, usant pour cela d’abaques circonstancielles, permettant notamment d’établir un seuil de pauvreté à 50$/mois (Phraser Institut), le totalitarisme des chiffres, l’abstraction de l’humain qui ne se défini plus que par statistiques.
    Macron n’est qu’un technicien dont les études lui on fait croire qu’il était en capacité de penser le monde, il n’en est rien, et hélas, le monde est aux mains de gens de son espèce, cancres et idiots utiles d’un système, véritable matrice pour laquelle l’humain est devenu une simple variable d’ajustement.
    La pensée magique, celle émanant des statistiques, a fait croire que les humains définis comme étant à la traîne, disparaîtraient, remplacés par des nouveaux, plus post formés, mais il n’en est rien, bien au contraire, ils se reproduisent ! Cette abomination découle de la lecture béate de certains des thèses foireuses d’un Milton Friedman, pour ne citer que lui, le monde vu par un économiste dont la vie fut, à l’instar de bien d’autres de sa génération, un fantastique ratage, mais a permit de faire croire qu’il suffisait de s’abandonner à la tyrannie des chiffres pour qu’un monde nouveau émerge. Permettez moi de préférer le plafond de la chapelle Sixtine au bréviaire de ces cuistres, de me balader dans les ruines de Delphes, centre du monde Grec dont il faudra rappeler à notre Jupiter (dieu Romain) que tous y avait accès, y compris ceux nommés « barbares », certainement plus éduqués que notre président. N’est pas Esope qui veut.

  4. Totalement d’accord avec l’interprétation et le constat!
    Il faut comprendre que Macron n’est pas le seul: toute la camarilla autour adhère sans nuance, ni réflexion, ni même doute, à ce que vous dites…
    La prestation télévisuelle de la ministre de l’europe, ex directrice de l’ENA (…), fut récemment un morceau d’anthologie de ce point de vue.
    Il faut comprendre que jusqu’à présent, le débat sur le fédéralisme était simplement occulté, et passé sous silence. On se comprenait, on avançait ses pions sans rien dire et ça passait. Depuis l’étourdissante folie de la présidence Hollande, quand toute l’équipe de l’Elysée machouillait en permanence les médocs laissés partout par Trierweiler, un cran fut franchi: on se met à annoncer la couleur clairement et il n’y a plus que le front national battu sur ce sujet là même comme contradicteur…
    La haine dévorante que cela suscite chez moi, (je savais tout cela dès sa candidature) va aller à des sommets. Ces gens là sont des salauds et des cons finis et ne méritent que le fouet: ils mentent et se trompent sans nuances ni excuses.
    Méprisés (on n’imagine pas à quel point) par nos partenaires qui eux ne se payent pas de mots, leur malheur sera le nôtre et il est inéluctable.

  5. Citoyen dit

    Excellent parallèle entre les deux discours … Je n’ai pas écouté, pour éviter la cuite (pour ça, il vaut mieux du single malt…), mais j’ai suivi quelques résumés, ou sélection de passages, ici ou là, qui confirment …

     » On existe en dissertant avec « convivialité » et « civilité » dans les salons et les cafés. On est européen parce qu’on lit Proust et Suares.  » …. En même temps, pour ce petit monde, la Rotonde a un côté cantine … une bonne cantine pour ceux qui lisent Proust …

     » Il n’y a pas de place, dans la vision bobo macronienne, pour une alternative européenne qui ne soit pas celle du repli ni celle de l’intégration fédérale. »
    C’est bien là qu’est le problème …. Il tient à cette vision sectaire, d’une Europe qui ne peut être que fédérale … c’est cette vision dogmatique, qui a un coté Hitlérien …

    Ce que j’ai surtout retenu de sa sortie à la Sorbonne (et qui peut se résumer à ce seul point), c’est que le micron se propose d’instaurer de nouvelles taxes, pour engraisser une couche supplémentaire à l’UE, constituée d’une nouvelle palanquée de ponctionnaires … on n’arrête pas le progrès …. l’avenir est radieux …

  6. kekoresin dit

    L’Europe des bobos et des café ne supporterait pas une seule minute un Proust ou un Audiart fumant sa clope à la table voisine du bistrot branchouille! Ces bienpensants sevrés à la moraline et à la défense de la planète qu’ils ont la prétention de pouvoir sauver, sont prompts à accueillir les futurs 2 milliards d’africains, et le faire sur les économies des sans dents qui auront l’immense avantage culturel de les loger à domicile (pas de place dans le XIème). Cette Europe là est morte à moins que la propagande ne surpasse le rejet instinctif du peuple, qui sent bien que nos dirigeants met les moyen pour laver le cul des sans grades en vue d’une saillie princière. Le mépris de Macron est évident dans la formulation riche en locutions latines hermétiques aux mal-votants. Macron est le produit légitime d’un état Jacobin tenant les bourses des médias de masse qui feignent la critique en répétant, à qui est assez con pour l’entendre, que c’est pire ailleurs. Le collectivisme français se heurte cependant à la vision du gendre idéal, mais sincèrement, je ne sais pas lequel des deux maux est le pire…

    • Jiff dit

      Si on analyse l’état français de très près comme de loin, il est clair que son Jacobinisme a rendu l’âme depuis longtemps, remplacé par un Stalinisme qui taisait soigneusement sa qualité jusqu’à ce que machin la mette en exergue.
      Comme quoi, même les plus inutiles peuvent parfois servir à quelque chose de constructif…

    • Citoyen dit

      « … l’immense avantage culturel de les loger à domicile (pas de place dans le XIème). » …. A une époque, j’avais suggéré, avec bienveillance, qu’ils fussent accueillis généreusement place des Vosges, sachant que le quartier regorge de philanthropes … étrangement la proposition n’a pas recueillie le dévouement attendu …. Allez comprendre ? ….

      « …un état Jacobin tenant les bourses des médias de masse… » ….Euh,… au sens propre ? ou au sens figuré ? … à moins que ce ne soit les deux ?…

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