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Catalogne: comment l’Europe dévore ses propres enfants

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Le projet d’indépendance que la Catalogne pousse depuis plusieurs mois constitue désormais une date-clé pour l’Europe entière. C’est son moment de vérité contemporaine: celui où les États-membres comprennent que leur appartenance à l’Union les condamne à disparaître. Au passage, le mythe de l’Europe garante de la paix pour ses peuples prend dangereusement l’eau.

Que les adorateurs de l’Union Européenne ne nous ont-ils servi sur la bienveillance et les vertus pacifiques de cette construction, bureaucratique certes, mais si protectrice de la paix entre les peuples, si vertueuse pour un continent trop agité, si intelligemment fondée sur ses régions, blabla, blabla, blabla? Emmanuel Macron lui-même ne manque pas, dans ses fréquents discours sur l’Europe, de faire l’apologie plus ou moins explicite du fédéralisme. Et chacun sait que ce fédéralisme ne peut reposer que sur les régions européennes et non sur ses bons vieux États-nations désormais cités au ban de l’obscurantisme et de la barbarie.

Et paf! voilà le passage de la théorie à l’examen pratique: une région européenne demande son indépendance dans le cadre de l’Union. C’était donc ça qu’il fallait comprendre dans l’exaltation du traité de Rome? Le début d’un lent et long chemin dont l’étape finale s’appelle désintégration des États-nations, le fourmillement régional jusqu’aux déclarations unilatérales d’indépendance.

L’Europe des régions, ou l’Europe qui dévore ses enfants

Certains ont pu naïvement croire que l’Union Européenne assurait le triomphe des bisounours. L’Europe, c’est l’amour sans nuage entre les hommes. D’un seul mouvement, on peut y dénigrer les nationalismes et les souverainismes, symboles de l’âge de pierre, la paix entre les nations, l’amour des régions et les vertus du fédéralisme. Tout y est beau et pur.

Et puis un jour, les fédéralistes poussent la logique jusqu’au bout et demandent à changer les frontières des États-membres qui fondent l’Union.

La Catalogne est liée à la couronne d’Espagne depuis le XIIè siècle. L’Espagne est entrée dans l’Union en 1986, après son épisode franquiste. Elle n’est pas un État fondateur, mais elle est l’un des plus anciens États-nations européens et un pilier solide de l’Union. Le gouvernement espagnol est plutôt bon élève en matière de politique budgétaire. Il est coopératif et, à la différence de la Hongrie ou de la Pologne, il ne peut être taxé d’euroscepticisme.

Et le voici mis en difficulté par une région qui se verrait bien en situation d’adhésion directe à l’Union. C’est ballot! on rentre dans l’Union, on fait tout ce qu’il faut pour y tenir son rang, et un jour on y découvre que le sol se dérobe sous vos pieds et que vos petits camarades y ont tellement fait la promotion du régionalisme que vous êtes bien seuls pour résoudre la crise.

L’Espagne victime de la bienveillance européenne

Pour comble de malchance, la Catalogne demande son indépendance sous les auspices d’un Roi et d’un Premier Ministre qui méconnaissent gravement la bienveillance, la grande religion européenne du moment. Ces deux canailles ont fait donner la police, et continueront à le faire, façon Franco années 30, pour réprimer les revendications catalanes.

Mais comment? Regardez donc Angela Merkel et sa bienveillance avec le million de réfugiés qui a traversé l’Europe à pied pour se répandre dans la Forêt Noire. Regardez l’Italie et la Grèce qui envoient des bateaux pour repêcher les migrants qui se noient. Partout il faut être bienveillant, dire oui au vivre ensemble, à la diversité.

Et là, le gouvernement d’un État-membre de l’Union viole tous ces beaux principes d’amitié universelle et décide de brutaliser de gentils indépendantistes. Tout cela sent très mauvais: il va falloir expliquer aux Espagnols qu’on ne traite pas comme ça des citoyens sans défense qui aiment l’Europe.

Se met ainsi en marche la grande machine à broyer l’État-nation. Ce sont les États-nation qui ont créé l’Europe, mais ils sont priés d’accepter pacifiquement leur propre disparition au nom d’un idéal qu’ils ont forgé.

La résolution complexe d’un paradoxe mortel

Pour les europhiles tendance Macron, l’indépendance de la Catalogne est un moment douloureux à passer.

Soit on condamne le gouvernement espagnol, et à ce moment-là on importe le problème en France. Dire qu’il ne faut pas réprimer les Catalans, c’est se tirer une balle dans le pied, parce que le moment venu, on ne pourra pas réprimer les Calédoniens, les Corses, les Basques, les Catalans de France qui voudront rejoindre leur nouvel État, les Bretons, et autres pièces rapportées du puzzle français. Et même que toutes ces pièces rapportées se sentiront pousser des ailes si l’État central montre sa fameuse bienveillance vis-à-vis des indépendantistes.

Soit on soutient le gouvernement espagnol, mais alors foin des beaux discours sur l’Europe. Au moment où Emmanuel Macron pédale dans le sens du fédéralisme européen, un soutien aux Bourbons d’Espagne aura l’effet du frein torpedo. Notre Président aura lui-même brutalement étouffé dans l’oeuf toute crédibilité à ses grands projets continentaux.

Bref, mesdames et messieurs les fédéralistes, vous avez désormais le nez dans votre propre purin. À force d’expliquer que le souverainisme, c’est le repli populiste sur soi, et que l’intelligence humaine, c’est forcément l’Europe fédérale, vous voilà avec une sacrée crise sur les bras. Le moment est venu de nous montrer ce que vous avez dans le ventre, et jusqu’où vous êtes prêts à aller dans le détricotage des États-nations qui construisent votre belle Europe depuis soixante ans.

Car il va bien falloir briser le silence sur la crise espagnole. Vous avez beau aujourd’hui regarder le bout de vos chaussures, Rajoy et son petit roi vont vous contraindre à réagir, avec leur choix d’en découdre par la force…

L’implosion européenne toute seule comme une grande

Pour l’Europe, l’indépendance de la Catalogne est un moment de vérité. Disons même qu’elle est la vérité de la construction communautaire, celui où le bashing permanent contre l’État-nation trouve son débouché naturel dans l’affirmation des volontés indépendantistes. Pour la France, c’est un laboratoire grandeur nature, comme pour plein d’autres États européens: la Corse en France, la Flandre en Belgique, la Lombardie en Italie, la Bavière en Allemagne, sont les prochains candidats sur les listes.

La Catalogne est l’aporie européenne. Elle montre l’impossibilité finale d’une construction qui repose sur les États mais qui les appelle à disparaître.

Cette épreuve du feu aura une vertu: elle montrera aux amoureux de l’Europe qu’ils sont dans l’erreur lorsqu’ils confondent l’ambition européenne et sa réalisation communautaire. On peut être Français, aimer l’Europe, et nourrir pour celle-ci un autre projet que celui qui s’étale sous nos yeux.

13 commentaires

  1. Pierre dit

    La Catalogne pose problème car c’est un creuset contenant 2 produits réactifs très différents.

    -les bobos de Barcelone qui veulent traiter directement et se rapprocher de leurs maîtres bruxellois et qui veulent s’affranchir des péquenots espagnols.

    -les « prolos » qui ont l’identité catalane chevillée au corps, des nationalistes purs et durs, et qui méprisent les bruxellois et leur gloubiboulga mental du vivre-ensemble etc.

    Au passage, les neuneus qui défilaient à Barcelone, juste avant l’attentat, pour réclamer « davantage de migrants » appartiennent bien entendu au premier groupe.

    Ces deux groupes réclament la même chose (l’indépendance), mais avec un corpus idéologique très différent

    Cette dualité se retrouve… chez nous, et en Europe… A croire que plus personne ne sait sur quel pied danser. Pour ou contre ? Les catégories classiques n’ont plus cours !

    Votre article le montre également. Vous semblez vous-même assez désemparé.

    Vous affirmez que l’Europe est plutôt « bienveillante » face au projet catalan… Rien n’est moins sûr. Je suis persuadé qu’on retrouve la même dualité chez les Bruxellois. Certains doivent se réjouir, d’autres non. Ces derniers comprennent que si on laisse éclore les « nationalismes » purs et durs, alors c’est tout le bébé du vivre-ensemble, et in fine le projet politique dément des bruxellois, qui se fait la malle dans les WC.

    Imaginez le tableau : « La Corse aux Corses »… ! En quoi l’Europe fédérale mélangiste pompe à migrants du tiers-monde, y trouverait son compte ? Bien au contraire ! Très dangereux !

    Le projet ontologique des bruxellois est de DISSOUDRE les identités ! Vous focalisez sur une structure institutionnelle (l’état-nation) c’est un contre-sens.

    J’insiste : le « séparatisme » des Catalans (ou des Corses) doit être compris au sens littéral : nous chez nous, et vous chez vous.

    Ce n’est pas du « racisme », mais bel et bien du séparatisme (de corps), c’est à dire le mode de fonctionnement humain ancestral. Et c’est ce qui le rend furieusement d’actualité dans ce 21ème siècle un brin dégénéré.

    Bref, in fine, rien n’est joué. On ne sait pas encore quel « trait » l’emportera : le nationalisme pur et dur (y compris à une échelle « régionale ») ou le gloubiboulguisme, on se mélange, y’a plus d’identité, plus d’enracinement, c’est la partouze planétaire.

    • Citoyen dit

      Je ne pense pas qu’il y ait de contre-sens Pierre. Dans état-nation, il y a nation. Et dans nation, il y a peuple. Dans peuple, il y a identité. Détruire les états-nations, revient à dissoudre les identités. La finalité est bien celle-là.

  2. serge dit

    L’UE est intéressée au cas catalan mais c’est trop tôt et ne va donc pas s’enthousiasmer. Il faut d’abord qu’elle ait fini la neutralisation des états nations, financièrement, industriellement et socialement. Accessoirement militairement (c’est mieux d’envoyer des lettons mater des révoltés espagnols). Après, peu lui chaut que 2 millions de couillons dans une province éloignée de Bruxelles se tapent avec les 45 autres millions d’à côté pour des raisons de vague patois local ou de ponctions minimes sur des droits d’octroi à un pont sur une rivière, tout « l’utile » ayant déjà été mis en place (CETA, TAFTA, trusts bancaires, énormes conglomérats industriels, immigration..).
    Maintenant, les catalans (comme les québécois avant et possiblement les écossais) se sont pris les pieds dans le tapis. Ils ont failli obtenir il y a quelques années une sorte d’autonomie comme le pays basque et se sont faits recadrer. Ils auraient dû recommencer, plus violemment. Et, puisque les séparations se passent mal, en général, se préparer sur le terrain à être autonomes, c’est à dire pratiquer l’exclusion, puisqu’au final c’est ce qui doit advenir. Et surtout, ils ont un peu trop fait remarquer qu’ils paient pour les autres (ce qui bien entendu mérite approfondissement), braquant les autres nationaux qui, peut-être, étaient au départ assez neutres puisque probablement eux aussi dans une région à possible sécession.
    Mais bon, ce qui se passe est intéressant, comme ce le sera pour l’Ecosse, car devrait permettre de rendre plus visible à tout un chacun les montages pourris de l’UE.

  3. Joseph dit

    Pierre, bonjour.
    Je vous suis avec intérêt et tombe fréquemment d’accord avec vos analyses, sur ce coup non, je partage celle de Verhaeghe.
    Vous faite une inutile dissociation, l’UE se révèle au grand jour dans son projet d’atomisation des états-nations et s’y emploie à plein temps, pour ce faire, ou plutôt défaire, il faut dissoudre les identités, sachant que l’on désigne dans ce cas, l’état par ce terme.
    Je m’use à dire depuis des lustres que l’UE atomise les identités régionales (région = état dans ce cas).
    Le projet non avoué de l’UE est le fédéralisme et l’intégration des régions qui composent les états-nations et par extension les mégapoles comme Paris, au hasard…
    Les indépendantistes Corses par l’entremise de leur pittoresque Talamoni, ne disent rien de moins : on veut être indépendant mais sous la férule de l’UE (avec une variante Talamoniesque : l’état, pour cet indépendantiste d’opérette, c’est le pouvoir et l’argent qui seuls comptent), le tout étant de renforcer un pouvoir local et disposer ainsi de la manne de l’argent public. Le même Talamoni a refusé un rapprochement avec le FN, non parce que le parti de la famille Le Pen serait infréquentable, mais parce que le FN chante (pas fort et surtout mal) les louanges de l’état-nation. Ce que veut Talamoni, comme les Catalans, c’est l’indépendance sous tutelle de l’UE soit l’équation simple : argent et pouvoir local, sans parler de la corruption qui en découlera.
    L’UE ne sera jamais les USA, certains en rêvent mais, si un jour le Rubicon du fédéralisme est franchi, nous rentrerions dans une ère de corruption totale.

    L’article est clair et démontre ce que je commentais au sujet de la réaction répressive de l’Espagne au référendum Catalan : que c’était peut être la petite mèche que personne n’avait vu s’allumer et susceptible de faire imploser l’europe et l’UE. Vous avez aimé le BREXIT ? vous allez adorer la Catalogne.
    Pourquoi UE et Europe, parce que, et là je vous rejoins, l’affaire n’est pas tranchée, même les pro UE ne sont pas tous des fédéralistes, et qu’un pas vers le fédéralisme pourrait provoquer une guerre civile dans pas mal de pays, ce qui mettrait le feu à l’Europe ET l’UE.

    Toujours est-il, Macron se retrouve le nez dans ses contradictions, c’est un progressiste il est donc maître dans cet art, il a du reste timidement tweeté que « l’Espagne était une et indivisible », sur ce coup, personne ne lui avait rien demandé, il aurait mieux fait de se taire.
    Comme le souligne très bien Verhaeghe, les européistes façon Macron sont maintenant tout nus, alors qu’ils devraient emboîter le pas de la Catalogne, tout au contraire ils donnent des gages aux états nations, apportent soutien et réconfort à leurs dirigeants, dès fois que, sans rire, le mouvement fédéraliste se mette en marche et leur fasse sauter leurs privilèges et leurs trônes (en même temps que les dents de devant).
    Macron a été clair comme il sait l’être, il veut un machin (usine à gaz et pognon des autres) européen, mais dans lequel il garderait son siège de président de l’état France, c’est le fédéralisme façon Macron qui permet une plus grande connivence entre les technocrates de l’UE et la finance, sans contrôle des peuples. Un pied dedans, l’autre dehors, une banque dans chaque port, permettant de faire ce qu’ils veulent avec les lignes budgétaires (en sus de celles existantes il va de soit) allouées au truc bidule européen Macronien, sans compter les textes opportuns et accords « commerciaux » qui seraient décidés sans que plus personne ne les questionnent jamais. En gros, Macron ne veut qu’officialiser la corruption de l’UE, point.

    La où je comprend moins, mais lui aussi est un sacré faux cul en plus d’être un consanguin dégénéré, c’est Felipe d’Espagne, les rares royautés européennes ne seront jamais dissoutes dans le creusé de l’UE. Tout au contraire, elles verront leur pouvoir renforcé, devenant opportunément des états bancaires. En 2017, un roi a besoin pour régner que de son seul titre, comme le reste de l’économie, son royaume s’est dématérialisé il y a fort longtemps… Monaco qui est une peoplepauté, s’en tire très bien avec son territoire grand comme un stade de foot.

    L’épisode Catalan est loin d’être terminé, la répression renforce la rancœur, les indépendantistes reviendront à la charge, comme les Écossais, et d’incidents en émeutes, d’autres régions en Europe pourrait se sentir pousser des ailes, c’est même une chance unique pour les opportunistes. Lorsque vous voulez foutre un pouvoir en l’air, rien de mieux que de créer des martyrs, les morts s’opposent à vous sans limite de temps.

    Note à Eric Verhaeghe : confirmez vous que l’UE (par quel obscur texte ?) a prévu d’accueillir en son sein une région sans passer par la case de requalification ? Merci.

      • Pierre dit

        J’ai un « acid test » à vous proposer.

        Observez :
        -l’édito de Christophe barbier, le clown à l’écharpe rouge qui hante les couloirs de l’Express : « Pas d’avenir pour la Catalogne comme État indépendant « .
        Vous êtes d’accord que ce type est l’essence même de la « voix de son maître », n’est ce pas ?

        -le Figaro qui pousse un article ridicule à la une : « Une biotech catalane quitte Barcelone, la Bourse de Madrid applaudit »

        -et, le clou dans le cercueil ce matin… S&P qui « place la note de la Catalogne sous surveillance négative »

        Rasoir d’Ockam !

        … Cela illustre le fait que les Bruxellois ne sont pas, contrairement à ce que vous pensez, parfaitement raccord et à l’aise avec ce qui se passe.

        Nous sommes tous d’accord sur le fait que l’objectif est de détruire/affaiblir les états nations. Pour un projet fédéraliste dément, c’est bien le moins qu’ils puissent souhaiter.

        Vous faites un contre-sens au sujet de l’état-nation sous l’angle « administratif » (« si la Catalogne s’émancipe, alors l’Espagne est réduite »).

        Or pour détruire un état-nation… il y a une arme beaucoup plus efficace, absolue même : l’effacement identitaire. A coups d’invasion migratoire, orchestrée et planifiée (et ça fait 30 ans que ça dure…).

        Or exciter l’identité catalane ou corse, va à l’inverse de ce processus de mélange, d’effacement ! C’est contre le « vivre ensemble ». Contre le délire des « frontières ouvertes », contre la maladie mentale du « my casa es su casa », contre le cancer du « tout se vaut », etc.

        Autre preuve : par ricochet, le nationalisme espagnol refait surface ! Voyez la dynamique ?

        Dernier point : oui Bruxelles rêves d’un assemblage de grandes « régions », urbaines et riches et « super connectées » les uns aux autres… Genre IDF (ou Paris)…

        Mais y’a t il une identité en Ile de France ? A Paris ? Absolument pas, il suffit de prendre le métro/RER pour s’en apercevoir.

        Bref, vous le voyez, les indices sont nombreux.

        L’affaire catalane révèle non pas un paradoxe, mais un gigantesque contre-sens.

        Catalans, Corses… sont des épines -objectives- dans le pied du projet gloubilbouguiste des Bruxellois.

        Le séparatisme, à l’ancienne, au sens strict du terme, est la voix et la voie du futur.

        Chacun chez soi.

        Et c’est, répétons-le, tout à faire contraire à la cinglerie idéologique qui anime, si fanatiquement, les bruxellois.

        • Joseph dit

          Pierre.
          Je vous lis, avec attention, je comprends, mais ne suis pas (entièrement) d’accord.
          Justement, si le nationalisme refait surface, c’est bien du fait de l’UE ! C’est l’artifice progressiste qui dit « vivre ensemble » et que vous comme moi et plusieurs autres, heureusement, analysons comme l’atomisation de la société.
          Vivre ensemble = vivre un à coté de l’autre sans jamais se parler, juste consommer et si possible ne pas foutre le bordel.
          L’identité existe partout, elle s’est dématérialisée, c’est une utopie, mais elle relève pareillement du progressisme. On parle de village global, certains y croient et pensent qu’ils appartiennent à une caste ou une famille planétaire alors qu’ils ne sont que des individus isolés.
          L’invasion migratoire est effectivement un des leviers, mais pas le seul.
          Qu’une agence de notation place la Catalogne sous surveillance, rien de surprenant, c’est une région très endettée et elle est rentrée dans la période d’incertitude en affichant son intention de séparatisme avec ce référendum.
          En fait, c’est l’accumulation qui fait que l’édifice branle de tous cotés.
          L’UE c’est l’auberge Espagnole, il y a tellement de courant et de voix qu’elle est devenue inaudible et illisible.
          Relisez avec attention l’article de Verhaeghe, il ne dit rien de moins que : en toute logique, l’épreuve du feu que la Catalogne impose à l’Espagne aurait du obtenir l’assentiment immédiat de tous les europhiles ou prétendus tels (la réaction clairement exprimée de l’UE à l’heure actuelle est à la négociation entre les parties ! autant dire, tempête sous les cranes des autres dirigeants européens) , au rang desquels le fils ou mari (je ne sais plus…) de Brigitte, tout au contraire, ce sont ceux-là qui sont dans l’expectative.
          Que croyez vous que soit une UE fédérale, sinon une gouvernance des régions des ex états ? Les moyens pour y parvenir sont fatalement des méthodes de voyous, mais convenez que c’est justement la description qu’il est légitime de faire en observant les technocrates qui s’y emploient. L’autre papier de Verhaeghe http://eric-verhaeghe.entreprise.news/2017/10/05/catalogne-gafa-la-commission-tentee-par-une-guerre-contre-les-etats-nations-2/ complète celui-ci.

          Ne nous y trompons pas, l’UE des Macrons (progressistes) c’est « Bienvenue à Gattaca » le film de Andrew Niccol. Ceci dit, il n’est pas totalement exclu qu’on les emmerde un peu avant de partir, et même après, non ?

  4. Je ne comprends pas votre billet.

    Je ne comprends pas en quoi les européistes seraient face à un dilemme, au pied du mur ou quoi que ce soit de ce genre.

    Ils rêvent depuis des décennies de détruire les nations. Ce qui se passe en Catalogne prouve qu’ils touchent au but. Je ne vois pas où ils ont un problème.

    D’ailleurs, les réactions venues de Bruxelles ne montrent pas une grosse angoisse de l’éclatement de l’Espagne. Juste un jugement de Salomon renvoyant hypocritement dos à dos les deux parties.

  5. D’accord avec Pierre pour souligner la confusion qui semble s’emparer de votre bel esprit…
    Vous êtes pour le rattachement de la Wallonie à la France non ?
    De fait l’indépendance catalane NE PEUT PAS se traduire par un nouvel état européen. Cela a été rappelé pour l’Ecosse et il faut que les abrutis stupides qui y songent se rentre cette réalité là dans l’os. Donc que vous soyez pour ou contre l’Europe cela ne changera rien: un rêve creux, sans réalité, exclusivement partagé par des saoulards goinfrés de tapas frelatés.
    Le reste c’est l’épouvantable corruption de Jordi Pujol et l’épouvantable connerie de Carles Puigdemont. Toute cette lèpre ne mérite que le garrot caramba !

  6. xc dit

    Il est dit partout que la Catalogne ne pourrait être membre de l’UE qu’avec l’accord de tous les autres membres, donc, celui de l’Espagne.
    Il est douteux qu’elle l’obtienne. Y aurait-il une clause secrète dans les traités UE pour contourner la règle de l’unanimité ?

  7. Citoyen dit

    Article intéressant et très réaliste … Ou comment, l’UE est empêtrée dans ses contradictions …
    C’est là qu’est tout le paradoxe … Au départ, l’UE est une construction d’états-nations qui agissent, de bon gré, ou pas, pour que l’UE soit fédéraliste, ce qui implique à terme leur disparition pour pouvoir atteindre cet objectif … Dit autrement, après avoir fait tous les préparatifs, les états sont sommés de se suicider, pour qu’apparaisse la nouvelle formule …
    Dans ce cadre, les Anglais ont dit : on ne veut pas de cette UE là !… Dans le même esprit, les catalans clament : on ne veut pas de cette Espagne là !
    Comme le dit Pierre, il s’agit bien de séparatisme … Chacun chez soi …
    Sauf que demander l’aide de l’UE dans ce cadre n’a aucun sens, puisque l’UE est la construction de 28 membres, dont l’Espagne fait partie … On ne voit pas comment elle pourrait donner son accord … La catalogne n’est pas un nouveau pays qui demande son entrée dans le club …
    Et là, comme le dit Serge : c’est trop tôt … Selon ce qui se trame, avec la supposée construction fédérale, pour que la catalogne puisse discuter en direct avec l’UE, il faudrait que les états-nations, dont l’Espagne, aient déjà disparus, et qu’il n’y ait plus que des régions. Une vision qui n’arrivera peut être jamais, sous cette forme … D’autant que, comme le dit Joseph, tout le monde dans cette UE, n’a pas une vision fédéraliste à la micron … Et donc, c’est pas gagné !
    Et comme si ce sujet, délicat pour la catalogne, n’était pas déjà suffisant, je vous invite à lire un article très intéressant qui donne une vision complémentaire sur cette région, en particulier avec le sujet de l’immigration (pour apporter de l’eau au moulin de Pierre). C’est ici :
    http://institutdeslibertes.org/catalogne-la-nation-dechiree/

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