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Les quatre mythes qui justifient la grève de la fonction publique

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La fonction publique est en grève aujourd’hui pour dénoncer les « attaques » dont elle serait l’objet de la part du gouvernement. Aucun des motifs invoqués ne tient la route. On regrette que personne au gouvernement ne l’explique clairement.

On ne compte plus les prétextes que les fonctionnaires ont mis en avant pour justifier leur grève d’aujourd’hui: solidarité avec les salariés du privé victimes des ordonnances, mise en place d’un jour de carence dans les indemnités journalières de la fonction publique, gel du point d’indice, et autres. Point par point, aucun de ces motifs ne tient.

Le mythe du jour de carence

Par exemple, les fonctionnaires soutiennent que le jour de carence n’existe pas ou plus dans le secteur privé. Voilà un raccourci malhonnête. Le jour de carence existe dans le code du travail, mais il est effectivement le plus souvent comblé aux frais de l’employeur par des contrats de prévoyance souscrits auprès d’un assureur privé.

Rien n’empêche les employeurs publics de souscrire à des contrats de ce type. Mais il est vrai que cette opération suppose un arbitrage budgétaire, comme dans nos entreprises. Il faut  trouver l’argent quelque part pour financer cette protection. Les fonctionnaires préfèrent une formule sans jour de carence, c’est-à-dire avec une carence directement financée par le contribuable.

Au passage, aucun fonctionnaire ne se demande comment font les entreprises, réputées d’horribles lieux d’exploitation, pour supporter des charges que la fonction publique ne parvient pas à financer. Aujourd’hui, c’est le contribuable qui paie de fait et, au nom de la solidarité, les fonctionnaires entendent bien continuer à prélever cet impôt déguisé.

Le mythe du point d’indice gelé

Autre mythe colporté par les fonctionnaires: les rémunérations seraient bloquées à cause du gel du point d’indice. Oh! le vilain mensonge!

Les fonctionnaires oublient ici de dire que leur rémunération augmente en moyenne tous les trois ans et de façon totalement automatique du fait des grilles indiciaires. C’est le miracle de la fonction publique. Sans rien faire, le salaire augmente régulièrement.

Cette machine infernale produit le fameux « glissement vieillesse-technicité » qui dérape d’ailleurs de 300 millions cette année. Encore n’évoque-t-on pas ici les fréquentes augmentations de prime qui coûtent très cher aux contribuables et qui se déroulent dans une opacité totale.

Le mythe de la CSG mal compensée

Autre mythe extrêmement agaçant: la question de la CSG dont l’augmentation ne serait pas compensée. Là encore, les fonctionnaires ne manquent pas une occasion de comptabiliser toute opération qui leur serait défavorable, mais ils oublient soigneusement de rappeler les avantages extravagants dont ils bénéficient.

Dans le domaine de la protection sociale, tout fonctionnaire n’a pas assez des dix doigts de ses mains pour compter les cas de promotion en fin de carrière pour donner un coup de pouce à la retraite d’un collègue. Comme la pension est calculée sur les six derniers mois de carrière (alors que, dans le privé, elle est calculée sur les vingt-cinq meilleures années), la tradition veut qu’on récompense les partants par une promotion de dernière minute que le contribuable finance.

Car les retraites des fonctionnaires ont besoin de 38 milliards annuels d’impôts pour trouver leur équilibre. Dans ces 38 milliards, il serait intéressant de savoir quelle part est directement due aux promotions de complaisance. On se rendrait donc que, chaque année, les fonctionnaires empochent bien plus que la compensation de la CSG et on ne les voit jamais descendre dans la rue pour protester contre ce privilège.

Le mythe des suppressions d’emplois

Les fonctionnaires s’inquiètent aussi des suppressions d’emplois dont ils seraient victimes. Mais… ils oublient de parler des légions d’emplois aidés dont ils bénéficient depuis des années, et dont ils ont un besoin crucial pour agir au jour le jour. Il serait intéressant d’interroger l’un de ces emplois aidés sur ses conditions de travail: le dernier qui m’en a parlé m’a expliqué qu’il faisait toutes les tâches que les fonctionnaires titulaires n’avaient pas envie d’assumer. C’est beau la solidarité…

Les fonctionnaires oublient aussi de préciser qu’en loi de finances 2018 seront créés 16.000 emplois nouveaux pour régulariser la situation de ces petites mains, souvent traitées comme des subalternes. On est très loin des suppressions d’emplois connues sous Sarkozy.

Les fonctionnaires au service de la nation, ou la nation au service des fonctionnaires?

Reste une question majeure: les fonctionnaires sont-ils au service de la Nation, ou est-ce l’inverse? Il revient au gouvernement de rappeler clairement et fermement la réponse à cette question.

19 commentaires

  1. Oblabla dit

    La particularité de la France étatique : sa recherche éperdue d’égalité, du moins dans l’attitude, les discours et les textes de nos politiciens nationaux, en majorité issus de la fonction publique. L’égalité, oui, mais pour les autres, pas pour les fonctionnaires qui sont l’exemple même d’un système social basé sur l’inégalité : les fonctionnaires sont mieux payés, travaillent moins, sont plus souvent malades ou absents, bénéficient de plus d’avantages et de privilèges, partent à la retraite plus tôt avec de meilleures pensions et surtout détiennent durant toute leur vie un vrai trésor : la sécurité de l’emploi. Ce qui ne les empêche pas, bien entendu, de critiquer en permanence « les inégalités », alors qu’ils en sont les premiers bénéficiaires.
    La vraie inégalité sociale en France n’est pas entre les riches et les pauvres ou entre les hommes et les femmes, mais entre les fonctionnaires et les autres.
    La grêve d’aujourd’hui n’est qu’une provocation de plus dans ce contexte.

      • Jiff dit

        Vous oubliez d’ajouter 2 choses, Oblabla : « la sécurité de l’emploi » n’est pas gravée dans le marbre, que je sache, c’est une (très mauvaise) coutume et rien de plus ; quant à l’inégalité, c’est là que le bât blesse salement, car elle est consacrée dans LES lois, puisque ce ne sont pas les mêmes qui s’appliquent aux citoyens – il n’y a qu’un seul qualificatif qui tienne pour un état fonctionnant comme ça, je vous laisse découvrir lequel…

  2. Pierre dit

    Votre « question majeure » est bien entendu purement rhétorique.

    Mais personnellement, je souhaite dépasser cette « frontière » ultra classique et ultra ressassée : on gueule contre la énième grève, contre les parasites avec des arguments très pertinents, et 2 jours après on a tout oublié, et on continue de payer ses impôts, comme un bon gros neuneu.

    Aller au-delà.

    Cet au-delà très rigolo, où l’on comprend qu’à défaut de vraiment pouvoir se les faire (syndicats, « fonctionnaires », profiteurs, parasites, gauchistes illuminés, grévistes, etc.)… on peut LES UTILISER.

    C’est très simple.

    Il suffit d’utiliser leur force d’inertie, leur code génétique « toujours plus » engrainé… pour tout simplement précipiter l’implosion du système !

    Ils constituent le plus puissant levier qu’on puisse imaginer !

    Ils sont à la fois la raison d’être du système, et sa destruction assurée.

    Aussi, je soutiens à fond les grèves. J’encourage à fond les « fonctionnaires » à réclamer plus, le gouvernement à donner plus, à augmenter les coûts, donc les impôts et l’endettement, et donc les inégalités etc.

    MORE.

    TOUJOURS PLUS.

    Voilà. Ensuite, détendez-vous, dénouez votre cravate, sirotez un bon verre, et goûtez au spectacle. Au feu de joie.

    Ne vous arrêtez pas à l’ironie : réfléchissez, balayez l’histoire des 30 dernières années… Et vous parviendrez à la conclusion que c’est le seul moyen.

    Rien ni personne ne « réformera » quoi que ce soit, et surtout pas avec des arguments rationnels et de beaux raisonnements.

    En revanche, détruire le système qui nous révulse tant, ça c’est à portée de mains.

    Il suffit juste de laisser faire le temps et, lorsque c’est possible, d’augmenter un peu ici ou là l’entropie.

    • Ilmryn dit

      La stratégie consistant à laisser l’ennemi détruire le pays parce qu’il sera bien ennuyé aussi à la fin me parait douteuse.

      Attlas Shrugged est déjà en fonction, c’est l’évasion fiscale, la réduction d’activité, la fuite, les factures sous le manteau, le travail au noir et le nombre grandissant de personnes qui de contributeurs deviennent assistés.

  3. Citoyen dit

    « solidarité avec les salariés du privé victimes des ordonnances, mise en place d’un jour de carence dans les indemnités journalières de la fonction publique, gel du point d’indice, » …. là, on bascule dans le surréaliste !!
    En fait, c’est la fôte à ces salauds de con-tribuables qui ne mettent pas assez la main à la poche pour les nourrir, et qui font rien qu’à les embêter pour les faire travailler comme eux (jour de carence) …
    Ces con-tribuables manquent de cœur, alors que les fonx font grève par solidarité, pour leur dire qu’ils sont des salauds !
    Il fallait le dire …

  4. Guillaume_rc dit

    « Les fonctionnaires travaillent tellement peu que quand ils font grève, ils appellent ça une journée d’action » – Coluche.

    Oui je sais c’est facile.

    Mais l’histoire du jour de carence a le don de me mettre hors de moi. Car si certaines entreprises le couvrent, c’est à partir d’une certaine taille. En dessous d’un certain seuil, c’est le salarié qui prend en charge.
    Ceux qui font des grèves soi-disant de solidarité se contrefoutent des millions de salariés qui bossent dans des TPE et qui n’ont pas le début du commencement des avantages dont ils bénéficient.

  5. Cyril dit

    Cher Eric
    Effectivement, je connaissais tous ces arguments, mais vous êtes un rares à les rapeller. Même ceux qui militent pour une remise à plat de la fonction publique et de ses avantages ne le font que partiellement.
    A ces arguments, on, peut également rajouter :
    – a salaire brut égal leurs cotisations sont plus faibles
    – la pension de réversion au conjoint survivant est intégrale, ou beaucoup plus forte que dans le privé
    Je dirige une entreprise dans le bâtiment, mes employés prennent de plein fouet les 3 jours de carence.
    Et on ne parle pas des exemples innombrables de fonctionnaires dont les journées ne sont pas trop chargées, des 6 semaines de vacances, des jours du maire, du président du conseil, etc.. (ça, c’est pour la territoriale).
    Continuez !

    • Jiff dit

      Ça, c’est la théorie (25j/an si travail 5j/semaine + 2j de bonus + … des RTT), http://www.observatoiredesgaspillages.com/2013/07/les-fonctionnaires-sont-les-champions-des-vacances/ démontre que la réalité est encore pire, et pire que pire si l’on réintègre les profs dans les stats – et le pire du pire de ce pire, comme indiqué dans cet article, c’est qu’ils bénéficient « de chèques vacances abondés avec l’argent des contribuables« .

      Après, on arrive sur le pire du… etc : « Le montant de ces chèques est établi en fonction des sommes épargnées par l’agent en vue de ses congés, puis bonifiées par l’Etat dans une fourchette de 10 à 30 %.« …

      Mais l’honneur reste sauf, car : « L’éligibilité des agents à cette contribution de l’Etat est appréciée en fonction de leurs ressources et de leur situation familiale. » (au passage, où sont quantifiés ces critères ? Et surtout, quelle est leur largeur d’appréciation ?)

  6. Jiff dit

    « On regrette que personne au gouvernement ne l’explique clairement. »

    Étant donné que même avec le « renouvellement »[1] récent venant du privé et n’y connaissant pas grand chose, les chambres sont majoritairement cornaquées par des fonctionnaires – et comme ils ne deviennent pas inéligibles quand ils se présentent à un quelconque mandat, ils ne vont certainement pas cracher dans la soupe tout en influençant fortement les autres ; qui plus est, ils ont la trouille de voir leurs collègues descendre dans la rue, voire bloquer le pays.
    Il est donc illusoire de penser qu’une quelconque réforme de la fonction publique ait lieu, autre que de surface, et encore plus si l’on parle d’une réforme profonde.

    « les fonctionnaires entendent bien continuer à prélever cet impôt déguisé. »

    Et Dieu sait s’il rapporte cet impôt, car les chiffres issus de la première suppression sont éloquents (≥ -40% pour les arrêts d’un seul jour !) : https://www.challenges.fr/economie/arrets-maladie-la-preuve-que-le-jour-de-carence-pour-les-fonctionnaires-etait-efficace_132465 , suppression d’ailleurs uniquement teintée de poliotique et de calculs électoraux au détriment de chiffres évidents.
    Dans ce papier, on relèvera également l’extrême qualité de la gestion millimétrique de l’état du personnel dans l’Hôpital, puisqu’il n’a pas enregistré moins de 29% d’augmentation des accidents de travail & maladies professionnelles en… 6 années, avec +42% pour les agents territoriaux – un (triste) record.

    « Encore n’évoque-t-on pas ici les fréquentes augmentations de prime qui coûtent très cher aux contribuables et qui se déroulent dans une opacité totale. »

    Nous devions soit-disant ne pas tarder à avoir une transparence open-data, entres autres, sur le bilan de l’état, cependant nous restons, tout comme la sœur Anne, à observer sans rien voir venir – mais est-ce si étonnant dans un pays où, la dernière fois qu’un ministre a demandé la liste des plus hautes rémunérations (de Bercy), il a du très fortement insister pour finir par la recevoir manuscrite et sur papier non-photocopiable…

    « la tradition veut qu’on récompense les partants par une promotion de dernière minute que le contribuable finance. »

    C’est « retraite canapé » le terme consacré si je ne m’abuse.
    Si c’est quelque chose que l’on pourrait comprendre pour ce qui est des gendarmes – qui assurent la sécurité de plus de 50% du territoire avec des effectifs inférieurs aux forces de police et dans des conditions déplorables – et surtout des pompiers – qui risquent leur vie à pratiquement chaque sortie – pour le reste, ça commence à poser problème à pas mal de gens.

    « la CSG mal compensée »

    La proposition que vous faisiez dans un précédent article prend toute sa valeur, on peut effectivement leur compenser la CSG, mais dans ce cas, il rejoignent le régime général de la ss – il serait temps que ces gens cesse de se comporter comme des sangsues.

    « On est très loin des suppressions d’emplois connues sous Sarkozy. »

    La rumeur parle de -1,600 emplois en 2018, cétropporibb vittunegrève !
    En étant moins gentil, on pourrait aussi revenir sur le fait qu’en dehors d’exploiter Stricto Sensu les emplois aidés, ils ne sont même pas foutus de respecter les lois basiques du droit du travail qu’il imposent pourtant à grand renfort d’amendes et de peines de prison au privé…

    Une chose en sûre vis-à-vis de la fonction publique, c’est que rien ne changera en républik populaire démokratik de france – privé, public, deux vitesses qui ne cessent de se désaccorder et toujours dans le même sens, forcément, ça va bien se passer.

    ——
    [1] – Renouvellement très relatif, puisque très pudiquement le site de l’an intègre cadres de la fonction publique ainsi que professions intellectuelles et artistiques (176 quand même) dans une seule et même catégorie (pour mémoire: 1 seul ouvrier (agricole): Jean Lassale.)

    • Citoyen dit

      « +42% pour les agents territoriaux – un (triste) record. »
      Pour la territoriale, c’est les Chevaliers du Fiel, qui ont le mieux cerné la question, …. avec les employés municipaux, et la brigade des feuilles ….

      • Jiff dit

        Les Chevaliers du Fiel sont marrants, eux, mais personnellement, ces résultats me font beaucoup moins rigoler, car derrière les pourcentages, il-y-a d’abord des êtres humains ; or, les accidents de travail dans le milieu médical sont souvent disproportionnés par rapport à ceux du reste des gens – par exemple, une infirmière qui se pique avec une aiguille parce que le geste est machinal mais qu’elle est crevée, ça peut avoir des conséquences de santé désastreuses[1], mais ça a avant tout des conséquences psychologiques qui sont difficilement réversibles.

        On peut aussi ajouter la résurgence des maladies dites éteintes, en plus des tropicales, grâce aux « réfugiés » qui les importent illégalement.

        Ne parlons pas des dézingués de la calebasse qui passent leurs nerfs sur le personnel hospitalier ou de l’engorgement des services d’urgences, totalement hors de propos,.

        Etc, etc, etc ; donc, non, ça ne me fait pas vraiment rire, d’autant que c’est à nous que la note salée est présentée par cette même administration plus que cala-miteuse – d’ailleurs, si vous y regardez de plus près, la seule chose correcte que les administrations (les décentralisées) soient capables de bien faire, c’est de reprendre la gestion de l’eau en allant pêcher de vrais professionnels dans le privé pour gérer le tout.

        ——
        [1] – Je ne pense pas qu’au HIV, il-y-a recrudescence de syphilis et de la plupart des STD depuis une quinzaine d’années, les gonocoques sont devenus résistants aux antibiotiques à 95%, la plupart des bactéries dangereuses le sont à 60-75%, etc – mais l’industrie continue à « soigner » poulets de batterie et bétail à grandes administrations d’antibios à large spectre avec la bénédiction de l’état, comme si de rien n’était et comme si ça ne passait pas la barrière animale – mieux, ou plutôt bien pire, il existe des méthodes naturelles de soins contre les infections qui ont des résultats fort intéressants, mais les agriculteurs qui les pratiquent se voient punis et brimés au-delà de toute raison, et de plus, aucun chercheur ne trouve de financement à ce sujet, puisque les produits naturels ne sont pas brevetables…

  7. serge dit

    Quand ce genre de sujet revient sur la table je cite toujours mon vécu de contractuel des administrations confronté aux fonctionnaires:
    – 50 jours de vacances
    – 12 jours pour enfant malade (avec le classique « combien il m’en reste madame la RH »)
    – RTT empilés (ben oui, 37h heures payées 35 donne 2 heures de RTT automatique) et cumulables pour partir plus tôt en retraite
    – Possibilité d’avancement accéléré dans le grade (3 cases : rien, 3 mois, 6 mois; si vous cochez « rien », convoc RH…)
    – Primes diverses liées à de très anciens dédommagements pour « transition technologique » (informatique, de recherche, de chauffage, d’indemnité de résidence) et le fameux SFT qui s’ajoute aux allocs
    – Primes complémentaires par redistribution des postes d’ETP non pourvus et non restitués au budget (on dépense les crédits…)
    J’en ai d’autres mais réponse à la demande.
    Mais comme dit Pierre, pas réformable. Il convient donc de pousser au toujours plus pour que le système fasse un arrêt cardiaque pour cause d’embonpoint.

    • Joseph dit

      Les primes chez les fonctionnaires sont la partie cachées de l’iceberg.
      Fillon, avait dans son programme, proposé de calculer la retraite des Fonx sur 10 (15 ?) années (et pourquoi pas comme dans le privé du reste, on se demande…) en leur faisant un cadeau royal : inclure les primes dans le calcul retraite ! Heureusement personne n’a réellement lu son programme car la mesure aurait coûté très cher aux contribuables et elle aurait surtout ouvert une boîte de Pandore. En effet, avec une telle mesure, nous aurions alors constaté un glissement des primes aux Fonx, et ça tombe bien, ce genre de chiffres n’est jamais apparent et permet ainsi de faire passer une politique pour vertueuse. La politique, surtout en France, c’est le syndrome de la patate chaude.
      Mes sociétés de services, cédées il y a 10 ans, avaient pour clientèle des administrations locales et régionales, je ne crache pas dans la soupe car ces sociétés m’ont fait vivre pendant des décennies, mais ce que j’ai pu voir de mes clients et amis Fonx… dépasse l’entendement, la plupart sont conscients d’êtres des privilégiés.

      Anecdote (très très gentille, j’insiste sur le « très » n’est ce pas), une journée de ski avec mes clients (et amis) lesquels étaient tous des Fonx d’un Conseil Général. Arrivé en station dans le même véhicule (le mien pardi), les voila partis au magasin de location d’équipements : chaussures, skis, bâtons… sans ne rien payer car le CG avait un accord avec le loueur, prise en charge totale donc. Puis l’achat du forfait journalier, le seul à casquer fut bibi, mes potes Fonx bénéficiaient la aussi d’un accord mystérieux entre le CG et la station qui leur assuraient la gratuité des forfaits ski.
      Comme tout bon fournisseur qui se respecte, j’ai payé les repas du midi, ce fut donc une journée blanche pour mes potes qui, presque anecdotiquement, n’avaient posé aucun jour de congé, nous étions montés en semaine ! leur boulot du jour fut donc de skier.
      Il faut le souligner, mes potes m’ont tout de même payé un vin chaud.

      On pourrait aussi, si nous n’étions pas gentils, aborder le travail au noir effectué par les fonctionnaires, qui sont les premiers et plus redoutables concurrents des artisans, qui sur leurs congés, qui souvent pendant leur journées de travail, effectuent des travaux au black : électricité, peinture, maçonnerie, carrelage, etc… Pas belle la vie ?

      Ces dérives tout le monde en est conscient et informé mais, comme dit Pierre, rien ne changera jamais. Macron est celui qui confirme la règle, comme elle sera confirmée par ses successeurs, la France est un pays réellement riche, mais plus pour très longtemps. Pour la Grèce, le Portugal (où parait-il tout va mieux !), l’Espagne, bientôt l’Italie, tout a été plus vite, la France y vient lentement mais surement, et l’effet sera dévastateur.

      Lorsque certains repeignent le monde à leur couleur, ils ne veulent pas admettre qu’ils repeignent seulement leurs lunettes, le monde lui reste ce qu’il est, ce qui par ailleurs se nomme « réel », d’où peut être la « réalité virtuelle » qui gagne du terrain chaque jour afin d’épargner toutes ces âmes molles le jour où ils s’écraseront sur le mur de la réalité, ils seront alors probablement équipés de leurs casques de RV sur les yeux qui fera illusion quelques minutes, comme la supplique au bourreau de Madame Dubarry…

  8. gérard dit

    Soyons honnetes,Sarko a probablement supprimé des emplois de fonctionnaires,mais pour réembaucher autant dans les fameuses agences d’état.Evidemment ce n’était pas les memes personnes.Les 9000 postes de flics ou gendarmes supprimés,ont été compensés par la création de nombreuses agences au nom ésotérique ou l’on pouvait placer les affidés au système

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