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AG2R en pleine dérive sectaire chez les boulangers

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L’assureur paritaire AG2R a décidé de traiter les boulangers comme les membres d’une secte, en leur interdisant de manière totalement illégale de résilier les contrats d’assurance que ceux-ci ont été contraints de souscrire en 2007. Pour AG2R, les boulangers sont contraints de s’assurer à vie auprès du groupe… avec la complicité de la chambre patronale de la boulangerie, qui y trouve son compte.

En 2007, AG2R avait fait scandale et polémique (voir la vidéo ci-contre) en devenant l’assureur unique et obligatoire des 30.000 boulangers français et de leurs salariés dans le domaine de la santé. À l’époque, ce marché de près de 100 millions € annuels avait été attribué sans aucun appel d’offres. Pire: le vice-président d’AG2R était alors… le président de la Confédération de la Boulangerie-Pâtisserie, Jean-Pierre Crouzet, adjudicataire du marché, devenu par la suite président de l’UPA et membre du Conseil Économique, Social et Environnemental, où il fréquente notamment le Cercle Iéna, fraternelle maçonnique du CESE.

Ce cas flagrant de conflit d’intérêt, légitimé par un certain nombre d’huiles de l’élite parisienne comme l’avocat Jacques Barthélémy (apôtre autoproclamé de la solidarité), a depuis fait l’objet de nombreuses censures de la justice.

Le 13 juin 2013, le Conseil Constitutionnel a proscrit la désignation d’un assureur unique obligatoire dans une branche professionnelle. Le 17 décembre 2015, la Cour de Justice de Luxembourg a considéré que cette désignation sans appel d’offres était contraire aux traités européens. Le 8 juillet 2016, le Conseil d’État a invalidé la désignation en cours d’AG2R. Le 7 mars 2017, la Cour de Cassation a annulé la désignation prononcée en… 2007.

Pour aucun esprit raisonnable, l’obligation faite aux boulangers de s’assurer auprès d’AG2R ne tient plus. Mais pour les esprits éclairés d’AG2R et du patronat de la boulangerie, cette certitude semble moins couler de source.

Comment AG2R développe des pratiques sectaires

Comme AG2R l’écrit avec une époustouflante arrogance vis-à-vis de l’autorité de la chose jugée, ces décisions évidentes ne sont pas d’application auprès des boulangers. En accord avec la chambre patronale qui a inondé les boulangers de courriers mensongers sur ce sujet, AG2R refuse en effet aux boulangers le droit de résilier leur contrat. Cet emprisonnement dans le régime santé de 2007 est évidemment illégal, mais revendiqué au nom de la logique sectaire pure:

« ce régime fait partie de la Convention collective nationale et sa durée de vie est celle de la Convention collective. »

Être assuré chez AG2R, pour un boulanger, c’est comme rentrer dans une secte: on y est facilement admis, et on n’a plus jamais le droit d’en sortir. Au passage, les juristes apprécieront cette innovation d’un assureur paritaire et solidaire dans le domaine du droit des contrats: ceux-ci sont à durée indéterminée chez AG2R.

Le financement patronal encore et toujours

Pourquoi la confédération des boulangers défend-elle l’indéfendable, au mépris de l’intérêt de ses adhérents? Parce qu’elle y a intérêt, pardi! AG2R a en effet la bonne idée de rétro-céder de grasses commissions à une confédération qui a perdu les 2/3 de ses adhérents depuis 2007. Il faut dire que la Confédération a encouragé AG2R à assigner en justice tous ses adhérents qui refusaient de se laisser plumer par les petits arrangements parisiens. Cette guerre économique n’a pas soigné la popularité d’une confédération toujours reconnue comme représentative par les pouvoirs publics.

Cette mansuétude du « système » vis-à-vis d’un mouton noir patronal ne manque pas d’étonner. Au mépris de la loi de 2008, la Confédération ne publie jamais ses comptes. Ils ne manqueraient pourtant pas de nous intéresser!

Les difficultés financières d’AG2R deviennent critiques

Il faut dire qu’AG2R, dont la direction n’a pas souhaité réagir à nos sollicitations, a largement vécu, ces dernières années, grâce aux désignations des branches professionnelles. Depuis que celles-ci sont interdites par le Conseil Constitutionnel, le management d’AG2R ne parvient pas à réinventer un monopole économique adapté à la libre concurrence.

Du coup, les difficultés se multiplient, au point que les organisations syndicales du groupe ne cachent plus leurs inquiétudes pour l’avenir. Des circonstances qui expliquent qu’AG2R interdisent à ses clients de partir.

Mais, bien entendu, on trouvera sans doute des âmes charitables pour expliquer que ce modèle vaut beaucoup mieux que l’horrible capitalisme.

3 commentaires

  1. Jiff dit

    Eh bien, la première chose à faire, c’est de se renseigner auprès d’un avocat afin de savoir si un tel comportement rentre dans le cadre légal qui régit les class actions (enfin, class actions à la française, parce que ça a peu à voir avec l’original…) – si c’est le cas, contacter les collègues qu’il connaît, qui à leur tour contacteront ceux qu’ils connaissent, etc, jusqu’à ce que ça fasse boule de… pain 😉

    Une fois la masse critique atteinte, ester en justice contre AG2R, et éventuellement conjointement contre la fédération de cons confédération, à condition qu’elle ait mis par écrit ce qu’on lui reproche ou qu’il-y-ait des témoignages irréfutables (anciens ou actuels employés, contractant très impliqué, etc.)

    Le tout devrait calmer la joie de l’assureur, qui vu ses ratios, n’en a de toutes façons pas pour bien longtemps.

    Sinon, récupérer les attendus des procédures citées dans l’article, les imprimer, puis les joindre sous plis recommandé avec accusé de réception accompagnés d’une gentille lettre leur disant non-seulement d’aller se faire foutre, mais que si cela devait se reproduire, ça serait directement le tribunal avec demande de dommages et intérêts pour harcèlement moral au titre de l’article 700, etc (NB: ça vaut le coup de payer €150-200 (à moins que ça n’ait encore augmenté ?) pour que la lettre soit corrigée et/ou rédigée par un avocat et surtout imprimée sur son papier à en-tête ; l’impact est généralement dissuasif à ouverture courrier.)

  2. gérard dit

    Eric,vous pensez un peu trop naivement qu’une équipe cycliste dans le tour de France ,ou une transat a la voile sont a la portée de n’importe quel sponsor,et vous vous trompez evidemment!.C’est de la communication haut de gamme qui coute cher,il est donc normal que AG2R cherche a fidéliser ses clients.Les français sont très attachés a ces compétitions sportives.Comme pour les JO 2024 il ne faut pas hésiter a se donner les moyens!

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