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Denis Gautier-Sauvagnac: “Au MEDEF, nous recherchions toujours l’intérêt général”

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Comment sont élaborées les positions patronales dans les négociations collectives? Denis Gautier-Sauvagnac revient sur le dialogue social en France entre 1994 et 2007 et dit tout sur le sujet.

L’élaboration des positions patronales est souvent un mystère pour le grand public. Denis Gautier-Sauvagnac a bien voulu lever le voile sur la façon dont il procédait pour obtenir un « mandat » de négociation, quitte parfois à en sortir pour obtenir un accord. On notera que la notion d’intérêt général est ici mise en avant comme guide de la synthèse entre les revendications de branche.

Pour un capitalisme social de marché

Au fil de la discussion, c’est bien le portrait d’un capitalisme social de marché qui se dessine. L’UIMM, que Denis Gautier-Sauvagnac a présidée, a globalement marqué, décennie après décennie, son attachement à un modèle de dialogue social combinant libre-concurrence et normes sociales élevées. De ce point de vue, l’industrie française ne peut complètement s’exonérer de sa responsabilité dans la perte de compétitivité qui explique les délocalisations.

Les anecdotes de Gautier-Sauvagnac permettent d’entrer dans la fabrique du dialogue social français. La recherche de l’accord avec les organisations syndicales a régulièrement conduit à une collaboration de fait entre organisations syndicales (particulièrement les « réformistes ») de salariés et organisations patronales pour relever les normes sociales en vigueur. Ce relèvement s’opère généralement à travers un rapport de force patiemment négocié.

On est très loin, en tout cas, de la lutte des classes frontale décrite par la France Insoumise.

Le remords de DGS

En visionnant ses interviews, Denis Gautier-Sauvagnac nous exprime un regret: il voulait parler de « capitalisme régulé » et non de « capitalisme réglementé ». On lui accordera volontiers ce remords.

3 commentaires

  1. Pierre dit

    Je ne souhaite pas critiquer votre travail. Cet entretien a pris du temps j’imagine… Mais je tente de comprendre : quel intérêt ?

    En rien que le titre, on a envie de rire : « Au Medef, nous recherchions toujours l’intérêt général »… !

    C’est de l’ironie, de votre part, d’ajuster ainsi votre titraille comme de la mitraille ?

    Franchement ? Les petites magouilles de ces pseudo « syndicacas », le pseudo « intérêt général », et les petites anecdotes d’un… vieil énarque, haut fonctionnaire, qui tente (?) de se justifier ?

    Quel intérêt ? Rien qu’à l’énoncé du nom « Medef », l’honnête homme doit se carapater.

    Rien qu’en lisant « Union des industries et métiers de la métallurgie »… le fou rire -et l’horreur- vous étreint…

    Sans oublier toutes les billevesées conçues pour les gogos, les nonos et les vovos : « paritaire », « syndicats », « capitalisme social », « dialogue social », blablabla.

    Courage Monsieur Gautier-Sauvagnac… Avec tout ce que vous représentez, avec votre « essence », il n’y aura bientôt plus AUCUNE industrie, sérieuse, véritable, en France.

    Mission accomplie ! A titre posthume sans doute.

    Alors un peu de décence.

    Jouissez de votre auguste retraite (payée par les gogos).

    Mais en silence.

  2. Citoyen dit

    « un modèle de dialogue social combinant libre-concurrence et normes sociales élevées »
    L’association des deux termes, « libre-concurrence » et « normes sociales élevées » accolés ensembles, pourraient prêter à sourire … Mais il faut bien reconnaitre, qu’à une époque pas très éloignée, bien des entreprises de secteurs industriels avancés se réclamaient de la convention collective de la métallurgie, comme étant la plus avancée (de part son ancienneté) pour les salariés … Cela avait pour mérite d’attirer les compétences.
    La contre-partie des normes sociales élevées, était que cela ne pouvait se produire que dans les secteurs à la « libre-concurrence » restreinte, qui vivaient essentiellement de commandes d’état (des secteurs à la concurrence faussée, alimentés par le contribuable) … Ceci pouvant expliquer cela …
    Dans le même temps, bien de ces entreprises n’ont pas fait le poids dans la mondialisation. Les zavantages zacquis peuvent parfois être un poids, qui se retourne contre ses bénéficiaires ….

  3. Pierre dit

    Petite pirouette liée à l’actualité…

    Pendant ce temps, les 3 industriels du « lino »… s’entendaient comme larrons en foire…. Et fondèrent un cartel surréaliste… avec des méthodes James Bond qui a duré 20 ans (article ahurissant du Monde hier, pour une fois que ce torchon publie quelque chose de notable).

    Il est probable que ces 3 industriels appartenaient… au Medef ;-).

    300 millions d’amende… Ca vous pose un homme.

    Hélas, personne n’ira en taule et tout sera vite oublié. Et les gogos continueront d’écouter les gens (et les retraités) du « Medef ».

    Elle est lointaine l’époque lorsque des vrais libéraux américains étaient capables de découper en rondelle un trust comme la Standard Oil Company, ou encore (des décennies plus tard) les Telcos.

    Ces gens en avaient dans le ciboulot, dans le slip, ils étaient purs et durs. Des dignes descendants des Pères Fondateurs.

    Fast forward… Aujourd’hui, nous avons… le « Medef » !

    Il y a vraiment quoi se foutre en l’air, devant une telle déchéance morale et intellectuelle.

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