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Réforme professionnelle: on ne touchera pas à l’usine à gaz

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La ministre du Travail a expliqué sa réforme de la formation professionnelle au Journal du Dimanche. Elle y annonce qu’elle ne fera pas une réformette… mais qu’elle ne touchera pas à la distinction entre apprentissage et professionnalisation. L’usine à gaz continuera donc à tourner.

Il y a quelques semaines, nous nous étions interrogé sur l’intention du gouvernement de s’attaquer ou non au seul sujet qui vaille en matière de formation professionnelle: la distinction obscure, obsolète, incompréhensible pour les employeurs, entre professionnalisation et apprentissage. Ces deux visages de l’alternance entravent en effet son développement parmi les employeurs qui n’y comprennent goutte.

La formation professionnelle sans réforme de l’usine à gaz

Sur ce point, la ministre a douché tous les espoirs permis. La distinction entre l’alternance, financée par l’État (et la fameuse mais incompréhensible taxe d’apprentissage), et la professionnalisation, financée par des contributions des employeurs, subsistera intacte.

La ministre reconnaît que cette dualité est d’autant plus gênante que le statut d’apprenti et de « professionnalisé » n’est pas le même. Néanmoins, le dossier est suffisamment sensible pour qu’elle renonce à y toucher sur le fond. Elle n’a toutefois pas exclu un rapprochement des deux statuts, voire un alignement.

Cette réforme de la formation professionnelle restera donc, comme la précédente cosmétique et donnera sans doute un nouveau prétexte pour prendre la seule mesure qui intéresse l’État: la captation des fonds au profit de la formation des chômeurs, qui devrait pourtant relever de la solidarité.

« Une fusion simplifierait la lecture du système, mais le contrat d’apprentissage est assez rigide alors que le contrat de professionnalisation est une cavalerie légère. Il ne faudrait pas que l’un contamine l’autre, donc ce sujet n’est pas le plus urgent. En ­revanche, on peut regarder avec les ­partenaires sociaux et les Régions comment injecter dans le contrat d’apprentissage les souplesses du contrat de professionnalisation, et travailler sur les différences de rémunération qui ne se justifient pas forcément. »

Muriel Pénicaud, JDD

7 commentaires

  1. totor101 dit

    De toute façon l’apprentissage est la poubelle de l’éducation nationale qui n’a toujours pas compris la nuance entre savoir et savoir-faire et qui zappe impitoyablement le savoir-faire !
    FAIRE, C’est vulgaire (de plus la rime est excellente)

    • Jiff dit

      Exact ! Et la plus grosse erreur du patronat (quoique je ne connaisse pas farpaitement les tenants et aboutissants de cette transformation) a été de laisser filer cet apprentissage qui, auparavant, fonctionnait plutôt pas mal, dans les griffes voraces de l’ednat, où, bien entendu, ces gens se sont précipités en masse pour transformer l’or en merde intégrale – disons que c’est l’anti-thèse du processus alchimique qui a été mise en œuvre.

    • Deres dit

      L’éducation nationale se base uniquement sur la théorie. Elle est la fille de l’Université où tout se base sur un savoir théorique et rarement pratique. Le résultat est d’ailleurs qu’il est considéré en France que tous els bacheliers doivent tenté leur chance à l’université. La bac n’est donc censé ne préparé à rien d’un point de vue professionnel !!!

    • Jiff dit

      Il n’y a pas que ça, il-y-a que c’était une chose qui échappait aux ayatollahs de la pensée unique déguisée en « libération », tels Bourdieu ou Dolto (mais pas que), qui ont fait si mal à la france et ont fort malheureusement laissé une empreinte dont nous voyons les pitoyables résultats depuis déjà plusieurs décennies.

      Le pognon y a sans doute été pour quelque chose, mais l’idéologie unique, crasse et débile bercée par l’ednat (tous ingénieurs, plus d’ouvriers !) a pris la part du lion, avec des résultats prévisibles dont nous retrouvons la résurgence dans le troisième cycle où, par exemple, on laissera des milliers d’étudiants s’engouffrer dans la filière psychologique, sous prétexte de « liberté », cela va sans dire, et qu’importe le fait (quand même un poil majeur) qu’à la sortie il n’y ait que 80 places disponibles – ce faisant, on noie ceux qui sont réellement motivés et capables dans un océan d’autres qui, pour beaucoup, ont choisit cette voie sans même la connaître, un peu comme on choisirait un pain au chocolat plutôt qu’un autre dans la vitrine du marchand.

      Une fois de plus, le problème c’est l’état, et rien d’autre.

  2. Deres dit

    Il ne faut plus s’attendre à grand chose de toute façon. Les 100 jours d’état de grâce sont passés. Les forces conservatrices commencent donc déjà à se déchaîner. Le gouvernement a cédé face aux routiers qui ne subiront pas les ordonnances (vice l’égalité !). Il vient aussi de céder face aux HLM en repoussant ses mesures sur 3 ans ce qui veut dire que les mesures compensatoires réduiront à néant les économies associées. Et on voit bien avec les forains bloquant Paris que le discours de fermeté s’est évanoui en fumée. Cela n’est bien entendu pas tombé dans l’oreille d’un sourd pour le personnel SNCF et de la fonction publique. Il savent maintenant que la menace de grève violente et de blocage du pays suffisent à faire plier Macron en vitesse avant même le conflit. Il ne faut s’attendre donc à aucune réforme de fond de la SNCF ou de la fonction publique. Circuler, il n’y aura plus rien à voir.

  3. Tout à fait ! Avec en plus, et là c’est champion, le retrait de la formation professionnelle aux régions… L’absolue nullité de la politique stupide absurde et dispendieuse (augmentation de la dépense publique ET des impôts) de la gouape. Conchions davantage tous les abrutis dégénérés qui ont soutenu et soutiennent encore cette horreur.

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