Accueil » La droite est-elle encore capable de penser l’État?

La droite est-elle encore capable de penser l’État?

Cet article a été lu 4457 fois

La droite peut-elle encore penser l’État dans des termes adaptés au monde contemporain? Les événements des derniers jours laissent extrêmement sceptiques sur cette possibilité?

Alain Juppé songerait à une liste commune avec En Marche pour les élections européennes. Le discours de la Sorbonne a marqué favorablement notre ancien Premier Ministre. On ne sera guère étonné de cette connivence entre macroniens et orléanistes sur la question européenne, ce mantra de l’establishment français.

On se souvient aussi d’autres points communs. Juppé est celui qui a le mieux étatisé la sécurité sociale pour la sauver, en créant les lois de financement de la sécurité sociale. Macron poursuit la même oeuvre étatiste en absorbant d’un coup le RSI et l’assurance-chômage. Son prochain quinquennat, s’il a lieu, sera consacré à l’absorption des retraites complémentaires.

Cette croyance naïve dans la nécessaire étatisation de tout ce qui n’est pas une entreprise au sens propre, et cette conviction qu’il faut sans restreindre le champ de l’activité privée dans la société française, sont bien le fil rouge qui traverse l’orléanisme français. Ce n’est pas cette droite-là qui produira le choc d’initiative dont la France a besoin. Elle continuera à entrelacer toute réforme avec l’expansion permanente de la sphère publique.

Wauquiez et l’obsession étatiste

Hormis le « conservatisme », Laurent Wauquiez n’a guère de désaccord de fond avec Alain Juppé. Autrement dit, les deux compères devraient se retrouver sur la question de l’État et de son rôle dans la société française. La droite sociale appelle ouvertement à la force de l’État, contre-balancée, paraît-il, par la justice sociale.

Tout le monde sait avec quoi riment ces mots: pression fiscale, services publics en goguette et usines à gaz incessantes pour étatiser ce que le marché peut faire.

Le Front National prolonge le mouvement

Nul besoin d’épiloguer sur l’aversion du Front National au libéralisme. Disons même que, s’il est un parti en France où le mot « libéral » est vécu comme une attaque ou un dénigrement, c’est dans les troupes de Marine Le Pen. On ne comptera donc pas sur le Front National pour restaurer des marges d’initiative individuelle que la technostructure, qui contrôle les Républicains, conteste à la société civile.

Dans ce grand mouvement orwellien qui parcourt la droite française, le Front National sera un bon élève.

Le libéralisme orphelin de la droite

Ce qu’on appelle la recomposition macronienne s’apparente donc ici, surtout, à une reprise en main du discours politique par une idéologie étatiste. On se souvient du choc prôné par Fillon, avec de fortes baisses de dépenses publiques.

Décidément, ce spectre s’éloigne, et on voit mal qui, à droite, pourrait le faire revenir.

La Droite sociale est une initiative politique lancée en 2010 par Laurent Wauquiez et de nombreux élus issus de toutes les familles de pensée de la droite et du centre. Depuis l’origine, elle est fondée sur une idée : la droite ne peut pas se limiter à un programme régalien ou à un programme de rigueur. Elle doit allier la force de l’État et la justice sociale. Elle doit défendre une vision globale, forte et cohérente pour notre pays.

Site Internet La droite sociale

13 commentaires

  1. Zongo dit

    Vous êtes au courant que depuis la fin du gaullisme, 1969 donc, la drôate REJETTE L’État par idéologie ? Par soumission à la doctrine états-unienne appelée abusivement « néo-libérale » ?

    Et on s’étonne qu’il n’existe plus de gouvernement dans ce pays depuis plus de 40 ans, vu que ce n’est certainement pas la gôche, obsédée par la rééducation politiquement correcte de la société, qui pouvait remonter le niveau.

  2. Citoyen dit

    Ben voila …. Ali Juppé, qui s’est pris une baffe mémorable à la primaire, ne sait plus où il habite … Avec la tournure que prend LR, il ne se sent plus chez lui … du coup, il cherche à se recaser … et faute de mieux, il envisager de se maquer avec le micron (un espoir de se situer sous la coulée des prébendes) … il est Micon-patible …

    Sinon, concernant « l’obsession étatiste », il y a dans chaque polytocard à la française, quelque gènes de cocos refoulés qui ne trainent pas loin … assez régulièrement, on voit des poussées résurgentes de cet atavisme …
    En fait de gène coco, les polytocards ont surtout intégré (et l’appliquent) pour eux-mêmes, la célèbre phrase de Bastiat :
    « L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. » …. Surtout eux !… qui l’appliquent avec un savoir faire longuement éprouvé …

  3. Stephane dit

    Mitterrand était de droite, d’ extrême droite même. Mélenchon en porte le gène aussi. Voilà, si vous cherchez cette chimère allez faire un tour à gauche.

  4. Rick la Trick dit

    bonjour,

    je pense que la droite s’est d’elle même vidée un chargeur dans le pied et qu’elle n’est pas près de se redresser : le libéralisme est la seule voie de salut pour elle. alliée à un patriotisme mesuré et à une forme de conservatisme social. en dehors de cela, pas de salut.

    du coup, elle n’est pas près de resurgir.

  5. Citoyen dit

    Et, au-delà d’Ali Juppé, le nuisible de Picardie fait aussi du racolage avec le Borloo de la dive bouteille, en se proposant de prolonger ses inepties dans les quartiers pourris (où il avait dilapidé 50Mds des contribuables, pour le résultat que l’on sait …).
    En fait, le nuisible de Picardie se propose de faire le renouveau de la politique de ce pays, avec les vieux socialos « de droite » qu’il aura mis dans sa besace …

  6. Citoyen dit

    « Nul besoin d’épiloguer sur l’aversion du Front National au libéralisme »
    Il n’est effectivement pas besoin d’épiloguer sur les visions économiques du FN, parce que ce n’est pas le sujet.
    Sa position n’est pas libérale, beaucoup de monde le sait. Ce qui ne fait pas mystère …
    Pourtant si le FN fait des voies, c’est pour être le seul à avoir une vision qui se tienne, sur l’identité et la civilisation (l’une et l’autre étant liées) … Sujet qui va devenir prioritaire, s’il ne l’est pas déjà …
    Pour qu’un projet libéral puisse voir le jour quelque part, faut-il qu’il reste encore un pays avec une civilisation qui le permette …. Or, avec ce qui se passe depuis un certain temps, la certitude s’amenuise rapidement, puisque ceux qui arrivent aux commandes d’états où cela était concevable, prennent une direction totalement opposée … il y a donc une question de priorité …
    Comme en jardinage, pour que du libéralisme puisse pousser, il faut qu’il y ait du terreau prêt à le nourrir … Sans cela, ne serait-ce que l’envisager, est peine perdue …
    Il suffit de voir ce qui se passe ces temps-ci à Clichy, avec les lécheurs de bitume, pour prendre conscience des priorités …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *