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Jérusalem capitale d’Israël: y a-t-il un risque de désordre mondial?

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Donald Trump vient de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël. Les réactions se multiplient mais, à l’heure où cet article est rédigé, aucun trouble n’est survenu en Palestine.

La question de la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël est une vieille affaire qui empoisonne la vie du Moyen-Orient. Revendication quasi-historique des Israéliens, elle a néanmoins fait l’objet d’une mise en sourdine de la part du gouvernement israélien lui-même dans les années 90, au moment où le processus de paix se nouait entre les deux parties. En annonçant une reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël, Trump jette un historique pavé dans une mare. Risque-t-elle de déborder?

Jérusalem, ville trois fois sainte

La sensibilité du sujet est tout entière résumée dans la formule: Jérusalem, ville trois fois sainte. Dans un mouchoir de poche, la vieille ville de Jérusalem (la fameuse Jérusalem Est) contient à la fois le mur des Lamentations, vestige du temple d’Hérode, l’esplanade des Mosquées et le fameux Dôme du Rocher, lieu d’où le Prophète aurait rejoint le paradis, et le saint-sépulcre où Jésus aurait été enterré.

Reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël à la place de Tel-Aviv, c’est de fait faire basculer une ville sainte musulmane dans le giron juif. On peut considérer cette décision comme un point de non-retour dans la tragédie israélo-palestinienne.

Un pavé trumpien dans la mare

Dans la pratique, ce choix de Donald Trump laisse planer peu d’ambiguïté sur le parti que les États-Unis prennent dans ce conflit. Concrètement, le rôle de médiateur devrait leur échapper définitivement désormais.

C’est ici que se niche la principale difficulté diplomatique. Dans l’affrontement latent (ou non) qui agite le Moyen-Orient, Trump risque de réunifier les sunnites et les chiites dans une stratégie anti-israélienne frontale, là où la diplomatie occidentale avait semé la zizanie. Dès lors, on voit mal quelle instance crédible pourrait encore pacifier les relations entre Musulmans et Juifs au Proche-Orient.

La crainte d’un embrasement

Reste à savoir si les Palestiniens eux-mêmes auront la force de se révolter. Rien n’est moins sûr. Beaucoup d’entre eux sont las d’un conflit qui les laisse sans illusion.

Mais… la reprise de l’Intifada n’est pas impossible, dans un contexte relativement différent des précédentes Intifadas. L’Iran, qui soutient le Hamas est désormais proche de l’arme nucléaire. La Syrie n’a plus grand chose à perdre dans cette région et bénéficie du soutien militaire direct de la Russie.

On le voit, Trump joue aux apprentis sorciers en faisant un pas en avant (attendu de longue date) dans un dossier extrêmement sensible, au moment où, par ailleurs, la Corée du Nord est proche de la guerre.

Les bourses déjà déstabilisées

On notera au passage que les marchés n’ont pas tardé à réagir négativement à cette annonce dont on peine à mesurer les effets à long terme, mais qui a toutes les apparences du kit ou double: ou ça passe, ou ça casse. Mais si ça casse, la rupture risque d’être très douloureuse.

9 commentaires

  1. Pierre dit

    Parfaite continuité de la stratégie de l’état profond US : diviser, briser en petits morceaux, agiter, faire perdre la boule aux populations, exciter les gouvernements locaux…

    En clair : foutre le bordel.

    Ou plus poliment : accélérer l’entropie.

    Obama, l’ami des musulmans (pour la galerie), n’aurait pas pu faire un tel geste (long due, comme vous le soulignez), même si durant ses 8 ans, il a servi l’état profond comme un parfait larbin.

    Trump est le président idéal pour franchir cette étape.

    Le MO est déjà une poudrière depuis des décennies… Un peu plus ou un peu moins… au fond quelle différence ?

    Laissons-les s’entretuer. Et on prendra le pétrole derrière. Ou du moins on empêchera que ce dernier ne devienne une arme aux mains d’états puissants et structurés dans la région…

    L’état US pousse ce raisonnement -de bon sens- plus loin, en aggravant délibérément la situation. De nombreux avantages. Citons dans le désordre :

    -faire monter le prix du pétrole

    -déstabiliser l’Europe (invasion migratoire)

    -permettre à Israël de survivre (au milieu d’une jungle de petits chefs de guerre/tribu, incapables de s’unir)

    -pousser à la faute l’Iran (qui se précipite pour tomber dans le piège, suite à l’annonce)

    -donner un coup de boost aux « terroristes » musulmans (pléonasme)…. ils parviendront bien à monter une opération pour se venger aux USA (ça sera bon pour Trump et bon pour le contrôle social)

    -vendre toujours plus d’armes (bon pour le complexe militaro_industriel)

    -servir de couverture/prétexte pour une éventuelle crise/crash économique à venir (ambiance 1973)

    … Liste non exhaustive.

    Bref :
    -rien de neuf sous le soleil
    -une stratégie ancienne (les British étaient des experts) mais qui a été améliorée, développée
    -et qui fonctionne toujours aux petits oignons !

    • Citoyen dit

      « Laissons-les s’entretuer. Et on prendra le pétrole derrière. »
      C’est exactement ce qu’il fallait faire, dès la première guerre du Golfe …. Le problème est qu’ils sont incapables d’y arriver tout seuls sans impliquer les autres …

  2. D’abord Israël considère Jérusalem comme sa capitale depuis longtemps. Ensuite, la fiction d’un état palestinien commence à nous courir: ils en veulent tellement un qu’ils en ont deux et en plus irréductiblement ennemis.
    Les salamalecs imbéciles devant tout ce qu’il y a d’arabe en pleurant le sort des chtits palestiniens, des abrutis déjà tous en exil à la démographie explosive payée par l’Europe en vain nous lassent: on en a marre. Les juifs ont gagné et les frères musulmans qui règnent sur le hamas des assassins ont perdu partout: en Syrie, au Qatar, en Egypte, ils se font jeter de partout. Bonne occasion pour que le moyen orient comprenne enfin que ses haines recuites contre tout l’univers se sont retournées contre lui même: vous aimez le martyre, la guerre, et votre religion de paix? Vous n’obtenez que des amas de béton défoncé par les bombes. Un idéal à atteindre?

  3. Pierre dit

    Il faut dire que plus bêtes et bornées que les populations locales, difficile à faire…

    Ils n’ont toujours rien compris, aveuglés qu’ils sont par leurs vieilles haines recuites pendant des centaines d’années sous le soleil d’Allah.

    Devant des décennies de preuves, de faits historiques démontrés… ne toujours pas comprendre qu’ils sont de bons gros idiots utiles, manipulés… ça fait froid dans le dos.

    Un bémol toutefois. Vous dites « Israël à gagné »… C’est indéniable (justement)… Mais cela pourrait rapidement changer pour une raison fondamentale… la démographie.

    Israël c’est 8,5 millions d’individus.

    Mais on oublie que l’Arabie Saoudite (d’aimables tribus de gardiens de chèvres il y a 50 ans à peine)… 32 millions !
    Egypte… le gros canari dans la mine…. 95 millions !!!!
    Ajoutons l’Iran… 80 millions…
    Algérie 40 millions.
    Turquie 79 millions.
    etc.
    Tous jeunes, tous gonflés à bloc, tous chauffés à blanc par la corruption, une religion mortifère etc.

    Bref… ça commence à faire « beaucoup ».

    Et à un moment, même la brillante stratégie du diviser pour mieux régner… risque de péter au nez des Israéliens… Et alors… game over.

    Il faudra de plus en plus de doigté et de coup de pouce divin, littéralement, pour tenir une telle île au milieu d’un océan hostile (au mieux….).

  4. serge dit

    D’abord, cette déclaration de Trump est la traduction de ce que les US avaient toujours dit qu’ils feraient sans le faire. Au moins, ils sont passés à la phase active.
    Ensuite, tout un chacun s’interroge depuis l’élection de Trump sur ce qu’il est: un parfait imbécile, un vrai cintré, un « résistant » au Deep state ou un parfait complice. Les « sorties du bois » qui vont suivre ont des chances de donner un peu d’éclaircissement sur les camps et sur qui en fait partie.
    Enfin, on a quand même un vrai boxon dans le coin, ce qui n’est pas peu dire vu que cela l’est déjà par soubresauts depuis un bon 100 ans. On a tous un peu de mal, si on s’y intéresse une lichette, à comprendre les derniers développements, Arabie Saoudite, Liban, Yemen, Syrie, Iran, routes de la soie, etc…
    Pour faire simple, vu la raréfaction du pétrole, les bulles financière énormes en cours et la tentation de prolongation/blocage de l’Eurasie vers l’Afrique, la période est bonne pour un casus belli. Le matériel de guerre a bien été approvisionné, grosso-modo ils savent tous s’en servir, la désinformation générale a bien pris dans les médias et tout le monde fait dans son froc pour cause de terrorisme/migration. Cela devrait bien se passer…
    Reste qu’un pays comme le nôtre, à son niveau de finances, d’état général de ses forces armées, de sa « cote » à l’international et de l’état mental de sa population, devrait se la jouer non aligné, vu le risque écarlate d’y mettre un doigt. Mais les vapeurs de Sarkozy, suivies de celles de Hollande et la vision « mondiale » de Macron ne nous fait en prendre le chemin. RIP…

  5. Citoyen dit

    Il semble que Trump ait fait une fôte de goût impardonnable, inexcusable … En prenant sa décision tout seul, comme un grand, sans prendre avis auprès d’un certain Jupiter, il montrait qu’il avait osé s’émanciper, depuis poignée de main ferme … ce qui est inqualifiable !…. intolérable ….

  6. La relative faiblesse démographique d’Israël est au contraire une force: qui veut envahir Monaco ? Les masses musulmanes n’ont en fait, à part le fanatisme qu’on leur injecte à grand flot de propagande, strictement rien à foutre à terme d’un confetti d’empire occidental qui localise quelque chose qu’elles finissent par oublier.
    Il n’y a qu’en Occident qu’on s’excite à vouloir « la paix »… La démarche de Trump est parfaitement positive, et montre le chemin: nous n’avons aucun intérêt à continuer de subventionner les tarés palestiniens consumés dans leurs fantasmes mortifères. Quand à nos musulmans à nous, qu’ils continuent de taper sur nos juifs: ça va aider leur intégration.
    Pour finir, il faut bien savoir que Trump réalise une promesse solennelle fait par Clinton, Bush et Obama… 24 ans de mensonges et de foutaises pacifistes pour rien. Il tire l’échelle avec courage et lucidité.

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