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Hommage à Johnny: quand la France se découvre majoritairement à droite

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La ferveur Johnny qui se déchaîne en France prouve une évidence longtemps cachée: le pays est majoritairement à droite, y compris culturellement. Une leçon qui mériterait d’être longuement méditée.

Longtemps, l’intelligentsia a méprisé Johnny Hallyday. Il était le symbole de la culture populaire, celle des petites gens qui ne se sentent pas aliénés par leur condition, qui n’ont pas honte d’être des prolétaires.

Dans les schémas de la gauche dominante au sein de l’establishment, seule la conscience marxiste a droit de cité. Encore aujourd’hui. À ce titre, tout prolétaire qui n’entre pas en voie de rédomption par une adhésion plus ou moins directe à la lutte des classes est forcément suspect. En tout cas, il est digne de mépris. Il suffit de suivre la réaction mélenchonienne à la mort de Johnny pour le comprendre.

Avec sa syntaxe approximative et ses chansons sans engagement politique, Johnny est longtemps apparu comme le chantre honteux de ce petit peuple occulté par les médias subventionnés.

Les médias face à la culture populaire

Il faut écouter les explications coupées en quatre données sur France Inter pour expliquer le boycott dont le chanteur populaire a fait l’objet pendant sa carrière de la part du service public. On s’aperçoit aujourd’hui qu’un chanteur digne de funérailles nationales n’a tout simplement jamais été programmé sur une chaîne de radio financée par les citoyens.

On réentend ici forcément les propos de Patrick Cohen, alors présentateur de la matinale, justifiant le renvoi en dissidence de tous ceux que la gauche bien-pensante juge indigne de la vie démocratique. C’est bien à une fabrique de l’opinion que nous assistons. Au huilage d’une doxa sans aspérité et prête à consommer pour le Big Brother moderne.

Dans ce corpus de la docilité civile, un Johnny n’avait pas sa place.

Une droite majoritaire mais qui croit le contraire

Et soudain, à l’occasion de la mort de Johnny, on comprend que ce petit peuple de droite, attaché à sa liberté, son identité, son mode de vie, est majoritaire dans le pays. Contrairement au « story-telling » de l’intelligentsia parisienne, les Français sont plus nombreux à ne pas aimer la bien-pensance qu’à l’aimer.

Le problème tient aux élites de droite qui sont convaincues du contraire. Aucun parti de droite, en France, n’est conscient qu’il représente une majorité démographique et que l’hégémonie culturelle reste à sa portée.

D’où des querelles absurdes sur une multitude de sujets qui n’effraient que les élites parisiennes. Par exemple, sur le rôle de l’État, que les Républicains, Wauquiez compris, continuent à défendre alors qu’il existe une majorité de Français prêts à entendre qu’il faut le réduire. Par exemple sur les questions identitaires où beaucoup de Français appellent de leurs voeux à un retour aux valeurs traditionnelles et à des raisonnements simples à comprendre.

Le peuple de droite orphelin de ses partis politiques

Tout le sujet contemporain est là. La majorité du pays veut préserver un mode de vie libre, tolérant, mais qui assume son goût pour la liberté et la tolérance. Le tout État et le tout Vivre Ensemble sont minoritaires.

Pourtant, cette idéologie reste le point de référence des partis politiques (qu’ils soient pour ou contre d’ailleurs). Cette incongruité, ce décalage profond entre les aspirations du pays et la lecture qu’en donne la classe politique sont la clé majeure du malaise qui persiste dans l’opinion. Et l’explication première du naufrage libéral aujourd’hui.

18 commentaires

  1. Citoyen dit

    « Il suffit de suivre la réaction mélenchonienne à la mort de Johnny pour le comprendre. »
    C’est probablement que Jojo a dû faire une fôte de goût impardonnable … une fois dans sa vie, il a dû laisser échapper qu’il n’avait pas d’attirance pour les Trabant ! …. Mine de rien, ça laisse des traces …

    « Pourtant, cette idéologie reste le point de référence des partis politiques (qu’ils soient pour ou contre d’ailleurs). Cette incongruité, ce décalage profond entre les aspirations du pays et la lecture qu’en donne la classe politique sont la clé majeure du malaise qui persiste dans l’opinion. Et l’explication première du naufrage libéral aujourd’hui. »
    Assez d’accord avec cette conclusion.

  2. Leonid B. dit

    A mon humble avis, la majorité des Français, qui a moins de quarante ans, est juste indifférente à Johnny Hallyday.
    Demandez à des gens de 35 ans, de 25 ans, et on ne parlera pas des mineurs, ce que Johnny représente pour eux : rien !
    L’âge médian, aujourd’hui, dans ce pays, c’est 40,4 ans.
    Mais les médias français adorent l’unanimisme de pacotille, l’union nationale à deux balles et les idoles des Trente Glorieuses qui ne reviendront pas.

  3. gérard dit

    « On s’aperçoit aujourd’hui qu’un chanteur digne de funérailles nationales « :Eric,vous confondez esbrouffe médiatique et réalité.Beaucoup de français n’écoutent pas Johnny et sont indifférents a sa disparition.Les médias font juste du chiffre en cette période creuse

  4. tul dit

    « le chanteur populaire a fait l’objet pendant sa carrière de la part du service public. »

    Vous plaisantez, il est passé un nombre incalculable de fois à télé du service public !

    Proche du peuple ? JH a passé des décennies à frauder le fisc pour vivre dans le luxe.

    Sur le plan musical, c’était quand même assez médiocre, il en faisait des tonnes comme Céline Dion ou Lara Fabian, et j’aimerais bien savoir combien de français en sont fan.

    • Stephane dit

      Il faut bien reconnaitre que se faire enterrer à St Barth est aussi un joli bras d’ honneur à ses fans…du peuple, qui repasseront pour le pélerinage.
      ça devrait leur coûter moins cher d’ aller une fois par an à Graceland.

    • Citoyen dit

      Tul, à titre d’info … il a vendu 110 millions de disques et albums, dont les 2/3 en France … Je n’y suis pour rien, mais ça se passe de commentaire … Et sans parler des concerts, et des tournées, qui sont difficilement quantifiables ….

  5. Pierre dit

    Vous vous laissez emporter par vos émotions.

    D »abord : Johnny un marqueur… politique ?

    Soyons sérieux…

    Ensuite : le public de Johnny ? Des vieux. De souche. C’est Catherine et tonton Albert. C’est la génération Michel Drucker (75 ans)…

    Vous croyez qu’on écoute Johnny en Seine St-Denis, et dans toutes les autres « cités » de France ? Réfugiés, étudiants, clandos, immigrés au sens large d’Afrique et d’Afrique du nord, tous jeunes et leurs futurs enfants… Vous croyez qu’ils écouteront Johnny ?

    Et quand Catherine, tonton Albert auront passé l’arme à gauche… c’est à dire dans quelques années, là subitement vous vous rendrez compte que la France n’est plus du tout « de droite ».
    😉

    Il est absurde de vouloir figer les choses. Avant une forme de permanence, entre générations, était possible. Culture, art, langue, références, histoire, politique etc.

    Mais rien ne peut résister au changement, littéral, de population. Trop vaste et trop rapide. Une dynamique irrépressible, et qui en plus continue de croître (les flux ne tarissent pas, au contraire, et viennent renforcer les stocks).

    Bref, Johnny… c’est dérisoire (dans un cadre dynamique historique).

    Tout comme sa mort, et la lecture politique que vous cherchez à en faire.

    Un cancéreux qui meurt. Et des vieux, nostalgiques de leur belle jeunesse. Et dans deux décennies, maximum.. PLUS RIEN.

    • Citoyen dit

      Ah, pourtant Pierre, la réalité montre le contraire … Du haut des champs, jusqu’à la Madeleine, il n’y avait pas que « Catherine, et tonton Albert » … Paraît que leur petit-fils était là aussi … Même qu’à la Madeleine, il y avait 3 présidents, des PMs, ministres, présidents de chambres, de régions, et j’en passe … (faut dire, que quand l’odeur du cadavre « sent bon » pour eux, ils se précipitent …) (Eux-mêmes, n’osent même pas en espérer autant pour leur propre compte) … Même que le micron était aux anges, c’était la première fois qu’il y avait autant de monde pour « écouter » un de ses discours …
      Un hommage, que des rappeurs ne pourront pas espérer dans leurs rêves les plus enfumés, … même dans deux décennies, ou plus …
      Et, effectivement, la Seine St-Denis n’était pas très représentée … un autre monde …

  6. Majoritairement de droite mais assez à gauche pour voter Mitterand en 81 et 88, Jospin en 97 et Hollande en 2012, sans parler bien sur et c’est peut être ce que vous suggérez, Macron en 2017?
    La remarque à la va vite parfois tombe à plat. Johnny Halliday bien que catholique et gaulliste ne se caractérise absolument pas de cette manière. Le peuple, celui qui selon vous s’élève en révérant un chanteur de seconde zone, enrichi par la variétoche mielleuse et qui se voulait rocker, VEUT le tout état et la sécu hors limites. D’ailleurs, il l’a.

    • Pierre dit

      Ah ! L’honneur est sauf !

      La « famille » de Johnny a interdit la présence de… Marine Lepen à la cérémonie.

      Ouf ! La France « de droite » a eu sacrément chaud.

      Quelle mascarade. Quelle petitesse. Quelle hypocrisie.

      Et l’inhumation à Saint-Barth est l’illustration parfaite de ce foutage de gueule obscène. Les milliers de gogos émus aux larmes rejoignent ainsi la myriades d’idiots -déjà- utiles, que vous appelez la « France de droite ».

      Dans deux décennies, je le répète, plus rien… de vagues souvenirs, et des exemplaires de Gala/Paris Match jaunis (à moins que tous ne soient brûlés pour cause de crise énergétique).

      Quant à la présence des « petits-enfants », certes… Mais quand les nouveaux Français (et futurs) en font 3 fois plus, et que chaque jour ils en arrivent des MILLIERS supplémentaires, déjà adultes… alors les jeux sont faits.

      Johnny c’est dérisoire.

      Et permettez-moi même d’enfoncer le clou : quand on fait de Johnny non seulement un marqueur mais en plus une ligne de force dans la guerre culturelle/civilisationnelle que nous subissons… alors c’est un rire rabelaisien qui devrait nous saisir, suivie par cette évidence : tout est foutu.
      😉

      • Citoyen dit

        Oui, cela semble hallucinant ! …
        Il paraît que : « La famille de l’artiste n’a pas souhaité la présence de MLP » !? … Je dis « il paraît », parce que je ne crois pas que la famille soit assez stupide pour se mouiller d’elle-même là-dedans, sachant que dans la foule massée des Champs à la Madeleine, il y en avait très certainement une bonne quantité, qui avait voté MLP … qui devaient être très client du style de Jojo … et qui ont dû apprécier la chose à sa juste mesure …
        Alors, il est bien possible que si communiqué il y a eu, c’est vraisemblablement le résultat d’un deal passé par le micron et sa clique, dans le style : « on veut bien assurer la sécurité de la manifestation, mais en échange, voila les conditions » …
        Je ne l’ai pas vu, mais j’ai lu que le micron, juste avant d’entamer son discours sur le parvis de la Madeleine, a été abondamment sifflé …. serait-ce « Un prêté pour un vomi ? »….

        Pour le « tout est foutu », les probabilités sont fortes, pour que les carottes soient déjà cuites …

  7. totor101 dit

    Il y a une IMMENSE différence entre les opinions politiques de Jojo et la foule qui l’a célébré ! ! ! !
    – Ses opinions ? Tout le monde s’en tape ….. Il n’en a jamais fait un fromage !
    – Par contre, dans toute sa carrière musicale, il n’a JAMAIS affiché une quelconque partialité ! Ses chansons pouvaient plaire à la gauche autant qu’a la droite, il était AU DESSUS de tout cela !
    LE PEUPLE en a assez de la manipulation droite-gauche qu’il subit depuis 68.
    Il en a assez également de n’être la qu’au bénéfice d’une élite politicarde.
    Et, pour une fois il a trouvé un facteur de liaison homogène ……………………………………………………………………………

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