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Wauquiez présidera le parti de la carpe et du lapin

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Laurent Wauquiez a dévoilé le premier organigramme des Républicains. Les vice-présidences vont de Virginie Calmels à Guillaume Peltier. En dehors d’un discours axé sur les valeurs, les Républicains n’ont pas de programme, en particulier dans le domaine économique. On voit mal comment cette offre pourrait séduire les libéraux ralliés à Macron.

Laurent Wauquiez est, fondamentalement, un étatiste. Le mouvement qu’il a fondé proclame son attachement à un État fort. Son éloge passéiste de la France s’abstient scrupuleusement de toute promesse sur la baisse des dépenses publiques.

La meilleure façon de qualifier le programme du nouveau président des Républicains est celle de social-démocrate identitaire.

Une victoire à la Pirrhus

D’où un problème majeur. Faute d’une perspective économique libérale, l’étatisme identitaire de Laurent Wauquiez est condamné à rester confidentiel ou, en tout cas, minoritaire.

Cette sensibilité est en effet un irritant. Elle fait partie de ces aspérités qui inquiètent une part substantielle de l’opinion, même si elle gagne du terrain. Limiter son programme à cette dimension, tout en annonçant un bannissement du Front National, relève du suicide politique.

Il existe à droite un mouvement de balancier automatique: tout glissement du noyau idéologique vers la droite entraîne un mouvement inverse de retrait des libéraux vers le centre. Sans une offre de politique économique qui compense la dextrisation du parti, Wauquiez, s’il veut espérer dépasser, voir même atteindre la barre des 20% de suffrages aux élections devra composer avec le Front National.

Ce qui fera définitivement partir les libéraux vers Macron.

La carpe et le lapin

Coexiste désormais à la tête des Républicains, un attelage baroque où se mélangent des identitaires et d’anciens juppéistes. Le parti républicain lui-même est une sorte de hall de foire où se croisent sans vraiment se parler des nostalgiques d’un France oubliée et des praticiens quotidiens de la croissance économique.

La carpe et le lapin, le libéral et l’étatiste, l’identitaire et l’européen, le libre-échangiste et le protectionniste. La clarification de ce magma risque de ne pas être simple, et de coûter pas mal de crises et de ruptures qui éloigneront d’autant la droite de la reconquête dont elle rêve.

Après Fillon, un absurde tabula rasa

La stratégie suivie par les Républicains depuis le mois de janvier 2017 est un enchaînement absurde.

François Fillon avait remporté la primaire haut-la-main avec un programme de choc économique tourné vers une réduction rapide des dépenses publiques. Probablement étonné par son propre succès, le candidat avait rapidement mis de l’eau dans son vin.

Dans la foulée de la débâcle aux présidentielles, le parti et ses « grands élus » se sont ingéniés à déconstruire tous les éléments du choc promis par le candidat. Le travail de refondation mené par Accoyer ressemble en tous points à un travail méticuleux de sape sur ce sujet.

Ce faisant, les républicains montrent une étonnante forme d’obstination à faire fuir chez Emmanuel Macron tous ceux qui voient dans l’excès de réglementation et dans l’excès d’étatisation ou d’administration la principale cause du déclin français. Face à ce mouvement macropète, Wauquiez semble bien décider à apporter non pas sa pierre, mais ses soubassements et ses murs en s’aliénant définitivement tout soutien parmi les acteurs de l’économie privée.

Une pensée libérale à reconstruire

On ne fera pas injure à Laurent Wauquiez en affirmant qu’il n’est ni un connaisseur ni un sympathisant distingué de l’économie de marché. L’absence de référence claire à celle-ci dans son programme, son éloge constant, nostalgique, d’une France disparue, d’un appareil de production qui ne correspond plus à aucune réalité, ne peut que le fâcher définitivement avec les décideurs économiques qui lui préfèreront systématiquement Emmanuel Macron.

Ce faisant, Wauquiez devra se contenter de partager l’électorat du Front National.

Reste, pour les libéraux, l’urgente nécessité, l’opportunité historique, la chance probable offerte par ce champ de ruines idéologiques pour reconstruire une vision de la France. L’ambition affichée en son temps par François Fillon de replacer la France au quatrième rang des puissances économiques mondiales avait montré la voie.

9 commentaires

  1. totor101 dit

    A l’heure actuelle, avoir un programme politique est une contrainte insurmontable !
    Ne pas en avoir est génial ! ! ! !
    LA PREUVE ? Macron qui a été élu sans VRAI programme ……
    Parce que :
    – tu oublie d’appliquer une ligne de programme: SCANDALE !
    – tu rate une ligne de programme: SCANDALE ! SCANDALE !
    – tu ose quelque chose de compliqué: SCANDALE ! SCANDALE ! SCANDALE !

  2. Pierre dit

    Wauquiez ?

    Même pas un gros soupir…

    Ce type est simplement… inexistant.

    Un vent. Une ombre. Une flatulence… Inodore même.

    Il a le charisme d’une crevette pas très fraîche sur l’étal d’un supermarché cheap dans une ville moyenne de province. Et ses yeux reflètent une profonde niaiserie.

    Quand il parle d' »identité » tout sonne faux. Au moins Juppé est sincère au niveau crapulerie ! Juppé est collabo, immigrationniste forcené, une parfaite synthèse de la caste politicienne française.

    Mais Wauquiez… C’est un peu le frangin de l’autre, encore plus arriviste : le mec à Bercy là, qui remue de la queue depuis que le mot « ministre » est écrit sur sa carte de visite. On oublie même son nom.

    Bref. Droite, gauche, tous « pseudos »… Tout ça n’a plus aucun intérêt.

    Et vous avez raison de souligner qu’à ce rythme, à moins que la guerre civile ethnique n’éclate… Jupiton est assuré de se faire réélire !

    Une telle brochette de niais, de politicards « honteux », de pseudo droitistes… il faut vraiment le voir pour le croire !

    Les marques de l’effondrement, mental, culturel, politique… frappent par leur vitesse.

    On passe de Chirac à l’époque du RPR qui tenait son parti, avec des vrais porte flingues comme Pasqua, et des vrais cerveaux comme Séguin… à Wauquiez.

    C’est à se faire pipi dessus, littéralement.

    • Jiff dit

      Après toutes ces vérités, ne manque que la conclusion avec une locution de F.Kafka : « Un idiot est un idiot, deux idiots sont deux idiots, dix mille idiots sont un parti politique« .

  3. Jiff dit

    « Virginie Calmels »

    Ça ne serait pas elle qui est mariée à Eugène Toe ? (bon d’accord, je =>[].)

    « Faute d’une perspective économique libérale, l’étatisme identitaire de Laurent Wauquiez est condamné à rester confidentiel ou, en tout cas, minoritaire. »

    Est-ce si étonnant pour une énième pièce extraite du même vieux moule que les cadences précédentes ? Non, bien sûr, car la seule chose que ces gens soient capables de faire, c’est d’appliquer les recettes toutes faites et passablement surannées qu’on leur a inculqué, tout comme le cancre de la classe se contente de tenter d’ânonner bêtement la leçon qu’il n’a pas appris. Surtout aucune prise de risque et encore moins d’innovation disruptive, des fois que quelqu’un, quelque part dans l’appareil d’état, se mette à fournir de l’excellent travail sans en avoir reçu la permission expresse ; le côté amusant, c’est que tous ces aimables esthètes soient encore tout étonnés de se faire blackbouler par les gens qui vivent une vie réelle.

    « Son éloge passéiste de la France s’abstient scrupuleusement de toute promesse sur la baisse des dépenses publiques. »

    Oui hein, ça se remarque comme le nez au milieu de la figure, mais personne dans la bien-pensance n’a bien évidemment relevé ça publiquement. Pour le reste, c’est, comme d’habitude, d’une vacuité inter-sidérale à s’en tamponner le coquillard sur du verre pilé.

    Il reste que la chose la plus inquiétante dans le fait qu’un individu tel que lui ait décroché la queue du Mickey, c’est cette forte tendance que l’on sent plus que poindre un peu partout en europe, à savoir la montée en puissance d’un autoritarisme de très mauvais aloi, probablement en réponse aux courants « populistes »⁰.

    « Ce qui fera définitivement partir les libéraux vers Macron. »

    Pourquoi cela ? Est-ce que l’on ne pourrait pas imaginer que, comme la masse des libéraux semble avoir enregistrée une certaine croissance, un parti ou au moins un fort mouvement vraiment libéral puisse voir le jour ? Parce que machin-chose se positionne vraiment à des année-lumières du libéralisme, mais a par contre tout à voir avec le capitalisme de connivence et la braderie de la france, tant aux principes fascistes et diviseurs de l’ue qu’au grand frère molesteur (au sens anglo-saxon du terme) américain – comme le dit si bien Ch.Gave, il a été mis en place par les hommes de Davos pour ne servir que leur cause. Sur cet aspect, les 2 sont interchangeables.

    Il semble que le temps soit venu d’avoir des gens qui expliquent abondamment les choses aux gens, principalement ce qu’est le vrai libéralisme par opposition à ce que la presse aux ordres essaye de faire croire ; des gens qui soient structurés, capables, volontaires (mouais, je sais, ici, c’est pas gagné d’avance si on regarde dans le panier de crabes) et qui souhaitent un changement profond de la société dans le bon sens – car, étant donné les échecs retentissants de tout ce qui s’est fait depuis 74, il est fort possible qu’une fois correctement renseignés, les gens décident qu’il vaut mieux tout casser pour reconstruire seulement le nécessaire sur des bases solides – et, soyons fous, pourquoi pas sous la forme d’une démocratie participative de même forme que celle de la Suisse ? Parce que ça ne semble pas leur avoir nuit des masses…

    Est-ce que F.Fillon aurait été jusqu’au bout de ce qu’il annonçait ? Rien n’est moins sûr, car s’il semblait capable de maintenir un certain cap, il n’en était pas moins un acteur de l’ombre, certes besogneux, beaucoup plus qu’un leader, et vraisemblablement pas suffisamment à la hauteur pour bouleverser ce paysage qui est devenu au fil du temps un carcan de fonte pesant sur toutes les épaules citoyennes.

    Mais bon, il vaut mieux ne faut pas rêver, car nous sommes pas dans un pays normal, mais en france ; autant dire que rien ne bougera jusqu’à ce que nous percutions le mur de plein fouet, et que ce jour-là, tout le monde, sauf évidemment les principaux responsables, paiera pour la bêtise crasse d’une petite caste de privilégiés bornés et limités à l’esprit petit-chef (dans toute l’horreur que cette expression renferme.)

    ——
    ⁰ – Je prends populiste au pied de la lettre de sa signification livresque ; ça n’est donc pas un gros mot, puisque ceux qui en sont taxés reflètent bien plus la volonté populaire que tous ces crétins qui s’imaginent qu’ils vont pouvoir diriger les gens à la baguette.

  4. Citoyen dit

    « On voit mal comment cette offre pourrait séduire les libéraux ralliés à Macron. » …. Très drôle !
    Des libéraux ?…. Vraiment ?…. ça alors ! ….. Et moi qui croyait que c’était des socialos de drôâte … J’ai dû me tromper …
    Ils sont tous étatistes, sans exception. Il y va de leur intérêt …

    « Ce faisant, les républicains montrent une étonnante forme d’obstination à faire fuir chez Emmanuel Macron tous ceux qui voient dans l’excès de réglementation et dans l’excès d’étatisation ou d’administration la principale cause du déclin français. »
    Là, c’est à hurler de rire, puisque c’est exactement ce que fait le micron !!

    « La carpe et le lapin » … C’est bien là le problème … C’est que but de la manip, in fine, est d’arriver à faire des voix … pour être élu.
    Et dans un pays où la clientèle attend tout et son contraire, l’offre ne peut qu’être, aussi délirante que les attentes ….

  5. Pierre dit

    Ajoutons pour la bonne bouche : le PS, vous savez le « Parti socialiste », pourrait se donner… à Belkacem !

    Parfaite symétrie, avec la pseudo « droite ».

    Recette assurée pour définitivement faire crever ce groupuscule. Remarquez, cela pourrait se révéler être une bonne prophylaxie.

    La contamination mentale progresse. Inoxérablement.

    Une véritable dégénérescence.

    • Citoyen dit

      « le « Parti socialiste », pourrait se donner… à Belkacem ! » ……. ???……. Whouah !
      Faut-il y voir quelque chose de sexuel, Pierre ? …. Encore, qu’avec eux, faut s’étonner de rien ….

    • Jiff dit

      « le « Parti socialiste », pourrait se donner… à Belkacem ! »

      Nooon !? Avec Sœur sourire au goupillon, ça frise l’enterrement de troisième zone dans la fosse commune.

      « Une véritable dégénérescence. »

      Ah ben nan, comme il vaut mieux toujours voir le verre à moitié plein, ça serait plutôt noël avant l’heure pour nous 😉

  6. gérard dit

    La droite française n’a jamais été libérale:la mesure phare de Fillon candidat était de commencer a augmenter la TVA avant toute chose c.a.d les prélèvements obligatoires.Meme mentalité que Macron,Hollande,Sarko,toutes ces « élites » se ressemblent,elles ne pensent qu’a augmenter la fiscalité.L’exemple de Macron est intéressant:excellente mesure que la suppression de L’ISF mais sans baisse des dépenses publiques,cela revient a augmenter la pression fiscale sur la majorité(ou la dette)

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