Accueil » Business France: les fonctionnaires sont-ils capables de respecter le droit du travail?

Business France: les fonctionnaires sont-ils capables de respecter le droit du travail?

Cet article a été lu 5131 fois

Business France, opérateur de l’État dédié à l’exportation, vient d’être épinglé par un rapport de l’inspection du travail pour près de 700 infractions commises à l’époque où l’établissement était dirigé par Muriel Pénicaud. Une fois de plus, l’État s’avère incapable de respecter un droit du travail conçu pour moraliser les entreprises privées. L’inspection du Travail rappelle utilement qu’emploi public ne rime pas avec éthique.

Business France donne un nouvel exemple du « fais ce que je dis, mais ne fais pas ce que je fais » caractéristique de l’État employeur.

Les fonctionnaires et l’idéologie anti-entreprise

Tout le monde le sait: l’entreprise, c’est le mal et c’est le lieu de l’exploitation. La coterie des hauts fonctionnaires cédétistes ne cesse de le rappeler, à l’unisson d’un Laurent Berger qui vient d’expliquer que les patrons devaient enfin partager le pouvoir dans leur entreprise. Comme souvent chez les donneurs de leçons démocratiques, la foi est rarement suivie par les actes.

Les mauvaises langues pointeront l’extrême centralisation de la CFDT sous Laurent Berger et son peu d’appétence pour le partage du pouvoir. Les mêmes mauvaises langues ironiseront aussi sur la propension d’un certain nombre de hauts fonctionnaires, souvent proches de la CFDT, à multiplier les lois, les décrets, les circulaires destinés à protéger les salariés contre leur employeur.

D’où l’extrême complexité du droit du travail en France, qui s’explique d’abord par la défiance que la technostructure nourrit vis-à-vis des chefs d’entreprise.

Les graves défaillances des managers publics

Ceux-là même qui grimpent avec morgue sur leur cheval pour améliorer la protection des salariés sont aussi souvent, la pratique le montre, les derniers à mettre en pratique les grands principes qu’ils infligent à des entrepreneurs qui n’en peuvent mais. On ne dira jamais assez la brutalité du management dans le service public, qui vaudrait à n’importe quel employeur un passage rapide en correctionnelle.

L’hôpital public, par exemple, donne de fréquentes illustrations des comportements managériaux inappropriés dans le service public. Les entreprises ne pourraient se permettre de commettre autant de dérives sans appeler à leur encontre des mesures de sanction extrêmement brutales.

Le cas Business France

Dans le cas de Business France, les écarts sont emblématiques. Près de 700 infractions au Code du Travail relevées par un inspecteur sont déjà une forme d’exploit qui illustre l’écart entre l’État légiférant, garant des protections salariales, et l’État employeur, infiniment plus violent et exploiteur que n’importe quelle entreprise privée.

On notera en particulier ce cas de salariés qui ont dépassé à 55 reprises le plafond hebdomadaire de 48 heures travaillées. Un patron qui se permettrait ce genre d’écart serait lourdement sanctionné. On attend de voir quelle mesure sera prise à l’encontre de l’ancienne directrice générale de l’établissement public.

L’État est-il vraiment garant du droit?

Une fois de plus se pose la question de la nature exacte de l’État.

Dans la vulgate sociale-démocrate habituelle, l’État est le meilleur rempart de l’égalité et du droit contre l’arbitraire et l’injustice. D’où l’idée souvent positive attachée aux externalités produites par les instances publiques.

En réalité, les pratiques managériales de l’État montrent que la nature publique d’une institution ne garantit en rien le respect de valeurs humanistes. Bien au contraire, on trouve sans doute chez les entrepreneurs capitalistes bien plus de respect du droit et du bien-être individuel que dans la technostructure.

De ce point de vue, il est incompréhensible que les entrepreneurs perdent à ce point la bataille de l’hégémonie culturelle. Avec les atouts dont ils disposent, plus aucun Français ne devrait plus croire, et depuis très longtemps, qu’être employé par l’État protège mieux qu’être employé dans une entreprise.

Mais, pour gagner cette bataille de l’hégémonie culturelle, il est vrai qu’il faut se mobiliser de façon efficace.

5 commentaires

  1. Ikes dit

    Mr Verhaeghe cessez immédiatement ce populisme fangeux
    L’état, la main sur le timon est seul à pouvoir nous mener vers le pays où coule le lait et le miel tout en nous protégeant des vicissitudes du libéralisme débridé, et exploiteur.
    Que sont ces quelques peccadilles que vous relatez, face à la noble mission de notre protecteur bien aimé ?
    Il se dévoue corps et âme (« au détriment de la santé de ses collaborateurs » entend-on dans les médias) et s’il lui arrive de donner des coups de canifs dans la démocratie, le contrat social…, c’est « pour le plus grand bien de tous »

    • Jiff dit

      « L’état, la main sur le timon est seul à pouvoir nous mener vers le pays où coule le lait et le miel »

      Vous-avez totalement raison, Ikes ; auteur du célèbre petit dossier rouge au titre évocateur : « budget 2018 », le grand timonier Macro-Tsé-Tout nous mène, par le truchement du secret de la sagesse intrinsèque, parallèle et simultanée de sa pensée si complexe qu’elle en est incompréhensible du commun des pauvres mortels que nous sommes, tout droit vers ce pays où coulent les bielles.
      Et nous sommes bénis entre tous les hommes par le Dieu de l’Olympia et du petit zinc réunis, Jupiler, qui fait rempart de son divin toupet aux viles attaques que le turbo-libéralisme international, effréné et tant honni de tous, lance sur nos crânes fragiles, telles des matraques de CRS tenues à bout de bras.

      Comme il faut absolument que les basses attaques de l’impétrant contre le petit père des people cessent, je vous propose de nous associer pour lancer une pétition demandant la rééducation en camp de travail un stage prolongé de citoyenneté pour monsieur Riri ; nous pourrions également lancer le hashtag : #balance-ton-riri, histoire que toutes
      ses malheureuses victimes puissent enfin prendre la parole, ou bien demander à des journaux télévisés universellement connus pour leur sérieux ainsi que leur objectivité, tels ceux de TF1, Canail+ ou CNNews, de nous accorder une interview, de façon à dénoncer devant la multitude les odieux articles réactionnaires, calculateurs et superfétatoires de ce honteux personnage.

      En vérité, en vérité, je vous le dis, le ver est bel et bien dans le fruit de notre bonne pomme !
      Par ailleurs, nous pouvons craindre une ingérence étrangère… avez-vous remarqué la consonance fortement Russe du patronyme de l’auteur de cet article ? Voire peut-être même bien Coréenne, pour peu qu’on le répète rapidement et suffisamment de fois d’affilée – nous ne pouvons laisser faire sans réagir, car la menace mortelle nous guette à chaque coin de rue et il est de notre devoir de protéger la coulpe de notre bien-aimé Jupiler de la chute.

  2. Hilario dit

    Ma femme un diplomate français. Elle devait travailler 24 heures sur 24, sept jours sur sept, si le premier ministre ou le président visitait le pays en question. J’etait persona non-grata en disant à l’ambassadeur ce que j’en pensais.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *