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Pimkie inaugure le début de la fin pour l’anarcho-syndicalisme

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Pimkie a annoncé hier avoir présenté à son comité central d’entreprise un projet de rupture conventionnelle collective portant sur près de 200 départs volontaires. Cette enseigne commerciale inaugure donc une procédure nouvelle fraîchement adoptée par les ordonnances Macron. D’autres suivront, comme PSA. Est-ce la fin de l’anarcho-syndicalisme ou syndicalisme de contestation? En tout cas, ça sent le sapin.

Il fut un temps où le plan de sauvegarde de l’emploi induisait forcément de fortes montées en température au sein des organisations syndicales. D’où la réputation sulfureuse de ces procédures collectives qui étaient souvent très favorables aux salariés, puisqu’elles leur ménageaient d’excellentes conditions de départ.

Avec la rupture conventionnelle collective, la tendance devrait s’inverser durablement. Peut-être même les ordonnances Macron vont-elles réussir à donner une image positive à ces procédures négociées au sein des entreprises.

Pimkie et les accords majoritaires

Le principe de la rupture conventionnelle collective introduite par les ordonnances Macron repose en effet sur un accord majoritaire au sein de l’entreprise. Autrement dit, que l’entreprise soit ou non en difficulté, elle a la faculté de proposer des départs volontaires pour peu qu’elle obtienne un accord majoritaire avec ses organisations syndicales.

Cette logique ouvre des perspectives nouvelles au syndicalisme réformiste en entreprise. Beaucoup de salariés apprécient en effet des plans de départs volontaires qui leur permettent de se faire un « petit matelas » pour lancer un projet personnel.

La fin de l’anarcho-syndicalisme?

Pour les syndicats révolutionnaires ou anarcho-syndicalistes, cette annonce est de mauvaise augure. Leur fonds de commerce repose sur la contestation d’un capitalisme spoliateur où le prolétariat doit s’unir contre les propriétaires des entreprises pour défendre l’emploi. La brèche ouverte par les organisations syndicales qui acceptent de négocier des conditions de départ favorables dans des entreprises en bonne santé financière accélère le passage à une autre époque.

La difficulté des mouvements collectifs à mobiliser la « base » le prouve.

7 commentaires

  1. totor101 dit

    Les syndicats n’ont rien d’anarchistes !
    – ils ont capturé la parole des salariés ( pour être élu au CE il faut faire partie d’un syndicat)
    – il ne représentent qu’une infime partie des salariés (proche de 0% dans les PME)
    – Ils sont les agents de partis politiques (cela risque de changer, vu l’état des partis)
    – leurs cadres gagnent très bien leur croute !
    Ce sont en fait des arnaqueurs et non pas des anarchistes ………

    • Un représentant du personnel dit

      Bonsoir,

      Ce serait bien d’éviter les propos de café du commerce.

      – ils ont capturé la parole des salariés ( pour être élu au CE il faut faire partie d’un syndicat)

      Faux. Une liste présentée par un syndicat peut très bien comporter des non-syndiqués. Au deuxième tour, les listes se présentant peuvent même être sans affiliation syndicale

      – il ne représentent qu’une infime partie des salariés (proche de 0% dans les PME)

      Faux. Ne pas confondre « taux d’adhésion » et représentativité. Les syndicats tirent leur légitimité de la participation aux élections professionnelles, qui est généralement assez élevée.

      – Ils sont les agents de partis politiques (cela risque de changer, vu l’état des partis)

      Faux. Le seul syndicat proche d’un parti politique, à savoir la CGT, a largement pris son indépendance. Les autres syndicats sont complètement indépendants des partis politiques.

      – leurs cadres gagnent très bien leur croute !

      ?? A étayer.

  2. serge dit

    Suivant dernières infos, pas d’accord chez Pimkie, les 50% n’étant pas atteints. Bon, il va sûrement y avoir une resucée du plan avec d’autres hypothèses, vu qu’il n’est écrit nulle part que vous ne pouvez pas recommencer d’essayer. Mais le RCC qui va être intéressant à voir est PSA puisque, in fine, cela concerne pas loin de 1300 personnes. Une bonne louche…

  3. Citoyen dit

    Pimkie, c’est 5500 salariés … Alors un plan de départ volontaire de 200 salaries, comme dirait Attali, c’est anecdotique …
    Ce qui apparait là, montre que les ordonnances du micron donnent quelques facilités supplémentaires à des grosses boites.
    Mais la réforme du code du travail reste encore à faire ….

    • Jiff dit

      M’enfin, Citoyen ! Ça ne sera jamais fait, car pour cela il aurait fallu y cogiter très fort et très en amont (sans mauvais jeu de maux;), au bas mot une bonne année passée là-dessus sans chômer avec une équipe réduite mais juridiquement irréprochable, novatrice et visionnaire – comment voulez-vous que le parachuté de Davos soit capable d’effectuer ça, alors qu’il ne fait qu’appliquer les consignes de ses maîtres à la lettre en s’en tenant là !?

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