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Notre-Dame-des-Landes: victoire des zadistes ou défaite de l’étatisme dépensier?

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L’abandon salutaire du projet de Notre-Dame-des-Landes suscite des commentaires désobligeants chez les Bretons. Certains présentent la décision du gouvernement comme un déni de démocratie. Il faut pourtant rappeler que la Bretagne fait l’objet de nombreux investissements publics d’ores et déjà délirants. Ce n’est pas la victoire des zadistes qu’Emmanuel Macron a consacrée, mais la défaite de l’étatisme dépensier qu’il vient de consacrer.

On s’amusera des réactions bretonnes, outrées, à l’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes. À les écouter, on a presque l’impression d’imposer une dictature pinochiste dans une région déjà largement ravagée par une agriculture intensive de mauvaise qualité et rétive à respecter des règles durables du jeu. Il faut quand même renvoyer ici les défenseurs de l’aéroport à leurs contradictions profondes.

Avec la Corse, la Bretagne est la région de France la mieux équipée en aéroport

La petite carte ci-dessus dresse la liste des aéroports bretons. Comme on le voit, la région en compte 9. Certains sont gravement déficitaires. Malgré cet excès manifeste, on trouve des ayatollahs pour expliquer qu’il en faut un dixième.

3 milliards pour la LGV Paris-Nantes

Parallèlement, le prolongement de la ligne à grande vitesse vers Nantes et Rennes a coûté 3 milliards €. Peu de régions françaises peuvent prétendre avoir bénéficié d’un tel investissement public pour gagner une telle proximité avec Paris.

Dès lors, on voit mal pourquoi il faudrait réinvestir des sommes colossales pour améliorer la desserte de la Bretagne.

Lutter contre l’effet de serre, oui, mais pas trop

Alors que la France veut apparaître comme la championne de la lutte internationale contre le réchauffement climatique, il y aurait un vrai paradoxe à promouvoir un nouvel aéroport en pleine zone protégée. Le paradoxe est d’autant plus fort que la Bretagne paraît déjà très bien équipée en source de gaz à effets de serre.

C’est probablement la limite idéologique des partisans de Notre-Dame-des-Landes, dont la maire de Nantes Johanna Rolland: ils sont contre Trump et la politique écologique des États-Unis. Mais ils sont tout disposés à faire la même chose…

La maire de Nantes défend la biodiversité… à sa façon

Alors que l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes devait être construit en pleine zone humide, précieuse en termes de biodiversité, la maire de Nantes a quand même, lors de sa campagne électorale, trouvé utile de prodiguer quelques phrases écologiques (cf. ci-contre). Le temps d’une campagne bien entendu.

Car l’actualité n’a pas tardé à reprendre ses droits. Et si on dépensait un milliard d’argent public pour supprimer quelques espèces sur le sol de notre vieille planète? Pour l’avenir de nos enfants, bien sûr.

La mort d’une certaine idéologie constructiviste

Notre-Dame-Des-Landes sent bon l’idéologie des années soixante, où il fallait toujours plus d’investissements publics, pour toujours plus d’équipements à l’impact mal évalué, et toujours plus de croissance (en chiffre) pour assurer l’avenir. En dehors du bétonnage, point de salut.

La décision d’Emmanuel Macron de ne pas construire l’aéroport est courageuse. Surtout, il consacre la mort d’une certaine époque et de son idéal consumériste.

Préserver les ressources de notre planète, sa biodiversité et lutter contre le réchauffement climatique sont autant de défis à relever pour l’avenir de nos enfants.

Johanna Rolland, maire de Nantes, partisane de l’aéroport

21 commentaires

  1. Citoyen dit

     » … ou défaite de l’étatisme dépensier » … Ce n’est pas sûr, car chaque fois qu’il manque des sous, ils n’ont aucun scrupules à en trouver dans la dette ….

  2. stephane dit

    Pour ma part, je l’ estimerai courageux quand il remettra du droit dans les esprits tordus de certains zadistes.
    En attendant, il est revenu sur sa parole, pour la énième fois.

  3. Liber78 dit

    Pour que cela ne fut pas la victoire des zadistes, il aurait fallu procéder autrement.
    D’abord virer les pouilleux, puis annoncer la fin du projet. La, la méthode Macron c’est clairement « baisser culotte » devant Hulotte et ses petits copains altermondialistes

  4. Stephane dit

    C’ est clair qu’ il ne fait pas plaisir à un tas de types qui espéraient se bâfrer au passage.
    Maintenant, s’ il est vraiment courageux il évacuera la zone Manu….militari.

  5. Henri Pirron dit

    Bigre c est vrai que 9 aéroports c ‘est un vrai délire !
    Par contre je souscris au fait que l ‘aéroport actuel est trop près de Nantes et occasionne pour le coup une vrai nuisance pour les riverains
    au niveau du bruit .
    H Pirron

    • Jiff dit

      N’exagérons rien, d’autant que +90% des décollages se font vers le sud-sud-ouest, épargnant Nantes (mais pas Saint-Aignan Grandlieu, qui est à ~2,000 m de la fin de piste), puisque l’atterrissage se fait, certes avec survol du centre-ville, mais à moteurs réduits. Il est d’ailleurs notable qu’une polémique musclée a opposé la dgac locale à plusieurs pilotes aguerris quand pas mal de décollages se sont fait dans l’autre sens sans raisons objectives et avec des explications plutôt absconses de la part de l’administration (juste au « bon » moment, celui du tocard de matignon prof de Schleu, comme c’est curieux…)

  6. Jean-Pierre dit

    Je ne vais pas discuter sur le fond de cette affaire, savoir si le nouvelle aéroport est nécessaire ou pas, mais sur la forme. Plus de cent soixante dix décisions de justice, une capitulation devant l’occupation des zadistes, pour montrer sa fermeté l’état aurait du évacuer les zadistes et après annoncer sa décision, alors que là on peut penser que l’état s’est couché lamentablement comme il a fait pour l’affaire ecomouv. Je ne parlerai pas du coup financier en étude et indemnisation, alors que nous indépendant dès que l’on a du retard dans le paiement de nos échéances, on nous le rappelle aussitôt.

  7. Pierre dit

    Il n’y a plus d’argent. En tout cas, pas assez.

    Jeux olympiques prestige, « Grand Paris » en sucette, EDF et ses centrales pourries, la SNCF en mode tiers-monde… Bref, face à ce trop-plein, face à l’équation besoins (prioritaires) en hausse et pognon en baisse…. ce dossier totalement à la con, l’aéroport du petit prof d’allemand et de nombreux demeurés (et voleurs) « élus locaux »… la seule décision rationnelle à prendre était : « ciao Pantin ».

    Et en cadeau bonus, Jupiton évite ainsi un « Malik Oussékine / Rémi Fraisse » puissance X ! Car il y aurait eu des morts, des femmes violées, des enfants torturés (pardon je m’enflamme). 😉

    Bref, un raisonnement cynique, mais parfait.

    Et dans 6 mois, tout le monde aura oublié. 50 ans de sida mental, hop, oublié collectivement !

    En attendant, goûtons ce petit plaisir : imaginer la gueule du pauvre Jean-Marc Ayrault.

    Rien que pour cela, ça valait la peine d’attendre.

  8. serge dit

    NDDL est enterré et c’est très bien. Ils ont tous oublié que Genève, avec une seule piste, voit passer 13 millions de voyageurs et quelque 200.000 mouvements d’avion. Ou San Diego, une seule piste et 1/3 d’emprise en moins, 18 millions de passagers sont comptabilisés. Ou savoir qu’en France on a un aéroport pour 350 000 habitants alors qu’en moyenne des autres pays développés c’est plutôt pour 2 à 4 millions d’habitants. Reste que, comme d’hab, les énarques qui traitent les marchés publics en même temps qu’ils pensent à leur reconversion dans le civil laissent les géants du BTP cloquer des clauses de dédit (financier en général) faramineuses, si ce n’est illégales. Alors des plans écotaxe, on va ‘en bouffer à nos frais. Mais bon, c’est pas cher, c’est l’Etat qui paie…

  9. Pierre-Marie dit

    Genève : 16.5 millions de passager, une emprise de 186 ha, une seule piste. Nantes-Atlantique (le 10ème de la liste oublié par Eric Verhaeghe), 6.5 millions de passagers, une emprise de 184 hectares, une piste. Nantes n’atteindra jamais le niveau du trafic genevois. Il y a aussi, pas loin Saint-Nazaire-Montoire. Alors franchement pourquoi un autre aéroport de grande capacité (pour quel trafic?) à Notre-Dame des Landes? Il y a 20 ans que le projet aurait du être enterré! Mais l’état ne voulait pas froisser les égos sur-dimensionnés des élus locaux qui voulaient voir leur ville comme une capitale européenne! Leur avoir dit à l’époque : « Soyez réalistes, Nantes n’a pas besoin de cet aéroport, parce que jamais elle aura un trafic aussi important que Genève par exemple » aurait évité d’avoir les Zadistes. Même aujourd’hui, il faudrait leur dire que ce n’est même pas la peine de foutre de l’argent public dans l’agrandissement de Nantes Atlantique! Pour quel trafic? Les Suisses avec le même équipement font trois fois mieux et Nantes n’est pas Genève, elle n’attirera pas autant de monde!

    • Jiff dit

      Ben nan, pas oublié Nantes, puisqu’il s’adresse aux aéroports de _Bretagne_ et non de Bretagne ET des pays de Loire…

      « Les Suisses avec le même équipement font trois fois mieux »

      C’est qu’ils ne sont pas trop mauvais en organisation et parce qu’ils bossent 😉 Quant à faire la grève durant une période de congés en prenant les vacanciers en otages, ça a du arriver une paire de fois en 60 ans chez eux, question d’éducation de base correcte et de très forte culture de la négociation.

  10. amike dit

    Heu, il s’agirait de savoir ce que sont vraiment ces 8+1 aéroports. Hormis celui de Nantes, ne s’agirait-il pas plutôt d’aérodromes, qui se sont développés dans les années 40 ? (indices : la guerre, les Allemands, …).
    Il est évident que la somme de ces petits sites ne peuvent pas remplacer un « vrai » aéroport international. Tout au plus pourrait-il s’agir d’un troc « retour à la nature » pour rattraper la perte de la surface occupée par le nouveau site.

    Autre constat : L’emplacement de ces aérodromes montre que la développement de la Bretagne s’est plutôt fait par les côtes. Lors d’une émission débat qui réunissaient des élus des 2 opinions (pour ou contre), la question de l’équilibre économique du centre breton est le point que m’a fait pencher pour NDDL.

    Quant à l’accusation de délire technocratique, j’ai plus confiance en un vieux délire de 50ans plutôt qu’en celui des actuels constructeurs d’éoliennes inutiles, de technologie couteuses, et mettant en danger le réseau national d’électricité. D’ailleurs, l’étatisme dépensier n’est absolument pas remis en question et tout cela ce fait sur un fond parfaitement anti démocratique.

    • Jiff dit

      « ne s’agirait-il pas plutôt d’aérodromes, qui se sont développés dans les années 40 ? »

      Non, c’est le résultat d’un développement d’état, parce vers 25-26, les poliotiques, qui à cette époque avaient autre chose que de la vase dans le caberlot, ont compris qu’un maillage aérien du territoire était nécessaire pour sa sécurité ; de plus, la france a jouée un rôle non-négligeable dans le développement primaire de l’aviation, ce qui explique une part de la multiplication des aéro-drômes/ports – au passage, si vous ne les avez jamais vu, tâchez de trouver la tétralogie de séries TV commençant par « les faucheurs de marguerites » sur le sujet (des 4 séries, cette première est largement la meilleure), c’est romancé, mais assez fidèle et ça commence par le commencement.

      « L’emplacement de ces aérodromes montre que la développement de la Bretagne s’est plutôt fait par les côtes. »

      Et pour cause, il suffit de regarder une carte plus précise que celle de l’article pour voir que la concentration urbaine se trouvent à proximité de l’eau.

      « la question de l’équilibre économique du centre breton est le point que m’a fait pencher pour NDDL. »

      ? alors que les villes de Brest, Rennes et, en Loire-Atlantique, Nantes, ont déjà chacune un aéroport avec des créneaux internationaux, vraiment ?
      Rien que par l’éloignement, c’était voué à l’échec, car _personne_ ne veut aujourd’hui laisser sa voiture en plein centre de la brousse, même sur un parking gardé ; autant laisser la voiture à la maison, prendre le train et aller à Paris où l’on est sûr de trouver toutes les destinations voulues.

  11. D’abord, Macron ne pouvait pas se permettre d’évacuer la zad (risque d’accident), ou de perdre Hulot. Les autres raisons sont bien sur totalement accessoires, et les évoquer c’est se moquer de nous.

    Nantes, contrairement aux petites villes complaisamment dotées d’aéroclubs sur cette carte ridicule, est la 6 ème ville Française, capitale d’une région qui effectivement se développe industriellement, avec un trafic aérien international en croissance. L’Etat avait décidé de la doter d’un aéroport et se dédit après avoir tortillé du cul pour les raisons cités plus haut. Promesse de Macron pendant la campagne, il fallait bien se gagner les socialistes dont on avait besoin, on se couche après, dans la grande tradition des promesses faites aux cons, y a qu’eux qui y croient et y a pas que là qu’on va le voir.

    Au sujet des chtis noiseaux, la pollution dont va souffrir le lac de grand-lieu dont on va agrandir massivement les survols n’a évidemment rien à voir avec le « génocide » évité à NDDL. On a là la deuxième réserve de France à niquer complètement, je vous raconte pas comme ça sera fait rapidement, sans parler du bruit dans une zone urbanisée, déjà atrocement embouteillée, franchement, moi je préfère la région parisienne…
    La dernière fable, et là on se tape sur les cuisses, c’est que bien sur la ZAD ne sera JAMAIS évacuée, c’est pour l’éviter qu’on se met à quatre pattes.
    Pour finir, on note le courage physique de l’autoritaire Macron qui assume tel le rat: il envoit dédé le barbu annoncer « sa » décision pendant qu’il va récupérer 50ME chez les anglais en changeant le nom (c’est tout) du traité de Sarkozy qu’il a ainsi « renégocié » « à la Hollande ».

    Le mépris que mérite ces misérables a quelque chose de réconfortant: il est constant, prévisible et surtout indéfiniment justifié.

  12. Jiff dit

    « une région déjà largement ravagée par une agriculture intensive de mauvaise qualité et rétive à respecter des règles durables du jeu. »

    Je confirme en tout point – dans le Morbihan, par exemple, le nombre de communes qui explosent le taux maximal de nitrates est, pour le moins,… impressionnant (non-moins impressionnant, d’ailleurs, que la constance des autorités, en l’occurrence, le préfet, à déclarer l’eau potable « par arrêté préfectoral » – ce qui fort malheureusement permis par la loi, tant que le dépassement reste inclus entre taux maximal et taux poliotiquement correct (mais fixé par la loi quand même. Résultat, les sociétés qui commercialisent de l’eau en bouteille se font une véritable fortune sur les incuries paysanne et étatique.

    « C’est probablement la limite idéologique »

    Oui, c’est vrai qu’ils sont limités…

    « Comme on le voit, la région en compte 9. Certains sont gravement déficitaires. »

    Tout comme les piscines municipales, les zélus n’apprennent jamais des erreurs des autres, à part quand il prenne la porte dans la tronche (ou un bon coup de pied au cul.)

    « La décision d’Emmanuel Macron de ne pas construire l’aéroport est courageuse. »

    Là-dessus, je rejoindrais Jean-Pierre sur le fait que le nettoyage de la ZAD aurait du intervenir avant l’annonce de l’abandon d’un projet fossile.

      • Jiff dit

        Même quand celles justement du 56 perdaient FRF1M/an (au minimum, et c’était celle d’Auray) il-y-a déjà 40 ans ? (et je suis sûr du chiffre, puisque c’est un ami proche qui a effectué cette étude à l’époque, afin de repousser ce qu’il savait être un gouffre financier pour une autre commune.) Alors qu’une mutualisation bien calculée géographiquement parlant et assortie d’un relativement bref trajet en car aurait évité toute gabegie en étalant au minimum les comptes, voire en faisant un poil de gras.

        Une fois encore, lorsqu’une commune décrétait (sans jamais la moindre étude préalable, cela va sans dire) qu’elle allait « avoir sa piscine », celle d’à côté, pour peu qu’elle soit de même taille ou mieux, plus grosse, décidait derechef qu’elle aussi aurait son bassin. Vous voyez xc, on en revient toujours aux mêmes irresponsables, quelque soit l’échelon…

  13. Jiff dit

    Au fait, il manque la BAN de Landivisiau (militaire), l’aéroport de Lannion (civil) et la BAN de Lanvéoc-Poulmic (militaire), Lann-Bihoué (Lorient) étant mixte et rentrant, au même titre que les autres Basses Aéro-Navales, dans le dispositif de sûreté du territoire, ainsi que dans sécurité et surveillance en mer. Ça nous fait donc 10 aéroports civils au total.

  14. Jiff dit

    Oops, j’oubliais l’essentiel : ça n’est pas l’aéroport qui est trop proche de la ville, mais bien la ville qui s’est rapprochée trop près de la piste « grâce » à des autorisations de construire accordées en dépit du bon sens au fil des années – et, automatiquement en amont, un PLU débile décrété plus ou moins au doigt mouillé par des poliotiques totalement inconséquents (voire intéressés ???) – un peu beaucoup comme les nombreuses autorisations de construire en zone inondable délivrées en toute connaissance de cause…

    Ça continuera de toutes façons tant que les élus ne seront pas considérés responsables de leurs actes (rappelez-vous je ne sais plus quelle petite commune de montagne, plombée à hauteur de 150M pour la lubie des remontées mécanique voulues par son maire.)

    Et c’est d’ailleurs le Leit-Motiv de la ripoublik bananière démokratik populaire de france, car selon la formule, tout le monde et n’importe qui sont soi-disant responsables, mais il n’y a jamais aucun coupable – parce qu’un changement de paradigme aurait pour résultat un gain non-négligeable de liberté pour les citoyens et ça, c’est proprement insupportable pour le politocard moyen (figure de style, puisqu’ils sont tous moins que moyens.)

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