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À Davos, Macron persiste sur le modèle étatiste à la française

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Le discours prononcé en anglais et en français à Davos par Emmanuel Macron en dit long sur le fossé qui sépare la France et le reste du monde sur le rôle de l’État. Il en dit aussi très long sur ce qui sépare Emmanuel Macron du libéralisme.

Le discours prononcé par Emmanuel Macron à Davos, mi-anglais mi-français, mérite d’être lu avec attention dans la mesure où il détaille le conception présidentielle de la mondialisation et de la prospérité. En ce sens, il établit bien les distances entre la vision française d’un avenir proche et la conception du même avenir en vigueur dans le reste du monde. Ceux qui imaginent Macron en chantre du libéralisme en seront pour leur grade.

Ne faites pas l’Europe comme je pense le monde

On relèvera d’abord cette phrase emblématique d’Emmanuel Macron sur l’Europe:

« ceux qui ne veulent pas avancer ne doivent pas bloquer ceux qui sont ambitieux »

Voilà une phrase qui pourrait être taxée de libéralisme. Les derniers de cordée ne doivent pas retarder les premiers de cordée. Il n’y a pas de raison pour que les meilleurs perdent du temps à attendre les moins bons.

On connaît l’intention paradoxale et incohérente de cette phrase: l’Europe doit accélérer son intégration pour réduire le différentiel de compétitivité entre la France et l’Allemagne. « Ceux qui veulent avancer », « ceux qui sont ambitieux » doivent pouvoir distancer les plus lents, c’est-à-dire accélérer l’intégration de l’Europe pour réduire le différentiel de compétitivité avec nous. Sur ce point, Macron a l’illusion que Merkel le suivra. Mais on voit mal quelle majorité elle pourrait rassembler pour copier la France.

Ce que ne dit pas clairement Macron ici, c’est que les « ambitieux » français demandent en réalité à leurs voisins d’aller moins vite, de l’attendre. Le baudet français est à la traîne et ce serait tellement mieux que les autres s’arrêtent pour lui.

On voit ici poindre l’équivoque de la novlangue macronienne. On a rebaptisé les personnages de la pièce européenne: la France alourdie par ses charges délirantes devient l’ambitieuse. La Pologne et son taux de croissance de 5% en 2017 est classée parmi ceux qui ne veulent pas avancer. Quand la Pologne ne veut pas attendre la France au bord de la route, quand la Pologne refuse des mécanismes de redistribution de sa prospérité à une France dépensière et incapable de maigrir pour la rattraper, on dit: la Pologne qui ne veut pas avancer et la France qui a de l’ambition.

Ainsi Macron sert-il la soupe populiste à des Français heureux de pouvoir le croire. Il suffit de subvertir la réalité pour avoir soudain raison.

Le mythe macronien du passager clandestin

Dans cette grande entreprise de piratage de la réalité, Emmanuel Macron pratique la logique bien connue de Chirac: plus c’est gros, mieux ça passe.

La France a fait le choix de faire peser sur le travail des prélèvements d’environ 80% pour financer des millions de chômeurs, d’inactifs, de retraités, chapeautés par une épaisse couche de bureaucrates improductifs. Elle est la seule, dans le monde industrialisé, à aller aussi loin dans la « protection ». Dans le langage macronien, elle est donc entourée de « passagers clandestins » qui déploient des « stratégies non-coopératives ».

Tel est le grand renversement macronien. Est coopératif celui qui imite le modèle français, quand bien même ce modèle ne fonctionne pas et condamne toute croissance. Est passager clandestin celui qui demande à ses citoyens de se retrousser les manches et de se mettre au travail.

On se délectera de cette phrase digne des annales de l’histoire:

« Le cœur du nouveau contrat social est qu’il doit impliquer tous les acteurs, lutter contre les stratégies de passagers clandestins et être cohérent, au regard de l’objectif de défense des biens communs. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais au moins, nous devons être transparents sur nos incohérences »

La France, c’est bien connu, est le pays de la cohérence. Elle crée un modèle ubuesque, avec une sécurité sociale coûteuse et inefficace, des tombereaux de fonctionnaires dont la plupart sont affectés à des missions inutiles (en pleine crise terroriste, nous trouvons par exemple utile d’affecter des milliers de policiers au contrôle de la vitesse sur des routes nationales), des hyper-réglementations dans tous les domaines, mais ce sont les autres qui sont incohérents et qui sont des passagers clandestins. S’ils ont plus de croissance que nous, c’est évidemment parce qu’ils trichent et qu’ils sont déloyaux.

La France, c’est aussi très connu, est le pays où le bien commun est le mieux défendu. Ce n’est pas notre genre à nous de compter un fonctionnaire pour cinq actifs, dont on ne mesure pas le temps de travail et à qui on offre une retraite délirante payée à 80% par le contribuable. Ce n’est pas non plus notre genre d’entendre par bien commun une expansion continue de règles incompréhensibles et destructrices de croissance dont l’utilité première est de justifier l’emploi de ces fonctionnaires envers et contre tout.

Macron chante les mérites de l’État à Davos

En chantre de la subversion des mots, Macron a expliqué avec beaucoup d’enthousiasme les vertus du modèle étatiste français. Son rêve est de l’étendre au reste du monde, au nom de la coopération et du bien commun, bien entendu.

Alors que, depuis des années, le système français de formation professionnelle est incapable de former les chômeurs aux nouveaux métiers, le président Macron en a vanté les mérites. Il faudrait, paraît-il, que les start-up financent la formation des chômeurs qu’elles produisent en numérisant les métiers.

Ce faisant, Emmanuel Macron a dénoncé les distorsions fiscales dont les start-up françaises sont victimes de la part de leurs concurrentes américaines. Car, c’est bien connu, ce sont les Américains qui décident de la délirante fiscalité française.

Là encore, le président Macron a prôné plus de fiscalité, plus d’État, plus d’actions publiques. Il appelle ça un « nouveau contrat social ». Celui-ci doit servir, paraît-il, à mieux partager les richesses et à mieux protéger. Tous ces slogans qu’on utilise en France pour justifier une pression fiscale dont on peine à voir les réalisations sociales effectives méritent bien d’être exportés partout dans le monde. Au nom d’une libre concurrence loyale, bien entendu.

15 commentaires

  1. Pierre dit

    Je trouve au contraire son discours parfaitement cohérent.

    Il est bien évident que même dans son esprit profondément malade, Jupiton n’a pas l’ambition de modifier la fiscalité des… Etats-Unis par exemple.

    Son discours s’adresse en fait aux… seuls Européens..

    Macron est l’archétype du Bruxellois. Leur mission ? L’UERSS.

    L’UE à 28 membres c’est le foutoir. Même la zone Euro.

    Ils procèdent par cercles concentriques…. La prochaine « crise financière / économique » leur permettra de mettre devant le fait accompli l’UE, et surtout quelques membres de la zone Euro, pour les fondre dans une seule entité.

    Et ensuite, ils procèderont de la même manière pour élargir l’entité : crise + solution = 1 cran supplémentaire sur le cliquet.

    Voilà pourquoi Macron et mémé Merkel s’entendent si bien. Ils sont exactement sur la même longueur d’onde, sont des suppôts ardents, fanatiques même de l’UERSS : les fameux « Etats-Unis d’Europe ».

    Le boulot spécifique de Jupiton, à l’échelle nationale, est bien entendu d’enfumer le populo français : de lui fournir des quantités industrielles de vaseline pour que l’intromission finale se fasse sans -trop- de peine.

    Voilà pourquoi il continue de gloser autour du « modèle français » et radote au sujet de la Sécu, et autres billevesées.

    Ce sont autant de mot-clés qui permettent d’engourdir les Français.

  2. Jiff dit

    « Le discours prononcé […] »

    La petite phrase : « ceux qui ne veulent pas avancer ne doivent pas bloquer ceux qui sont ambitieux » en parlant des 27 membres du soviet suprême 0.01 de l’ue, indique bien la panique sous-jacente de la brochette de crétins qui tente désespérément de diriger ce pays d’une façon féodale, mais c’est une excellente chose, puisque cela ne peut que hâter la dislocation du bouzyn.
    On remarquera au passage (IMHO) avec intérêt que c’est dorénavant la Pologne qui a endossé le rôle qu’occupait auparavant la france de CDG et de Pompidou – celle qui était capable, entre autres, de répondre un « non » catégorique que personne ne venait remettre en question.

    Par ailleurs, on retrouve sa dichotomie schizophrénique, puisqu’il déclare que : « si on ne convainc pas les populations que la mondialisation ne se fait pas contre eux, dans 5, 10 ou 15 ans, ce sont les nationalistes qui l’emporteront« , alors que son KGB personnel le SDECE les RG la DGSI lui a déjà indiqué que c’est une réalité qu’elle est réellement réelle : https://news.sky.com/story/emmanuel-macron-french-would-probably-vote-to-leave-eu-11216872 .

    Il a également beau jeu de dénoncer le protectionnisme des USA, quand il a lui-même désapprouvé, tout comme les autres membres de l’ue, l’attribution du statut de membre de l’OMC à la Chine.

    Tout cela parait fort beau vu de loin mais ne résiste pas à l’analyse – ça sera donc « croyez-moi sur parole » et trahison à la clef, comme d’hab avec les fous, puisque c’est devant ses maîtres qu’il s’exprimait et surtout, devant les journaleux.

    « Il suffit de subvertir la réalité pour avoir soudain raison. […] truc pratique la logique bien connue de Chirac : plus c’est gros, mieux ça passe. »

    Sauf que ça, ça fonctionnait avant le Ternet, mais maintenant c’est mort, et d’autant plus mort que la précipitation de l’impétrant dévoile souvent l’envers du décor.

    « S’ils ont plus de croissance que nous, c’est évidemment parce qu’ils trichent et qu’ils sont déloyaux. »

    C’est peut-être bien sa déclaration la plus inquiétante, car on peut, dans un premier temps, facilement imaginer que c’est du pur cynisme, mais il-y-a de nombreux faisceaux de présomption qui semblent indiquer qu’il en soit réellement persuadé, ce est très inquiétant (et fort possible, puisque cela rejoint le diagnostic du psy italien…)

    « Ce n’est pas notre genre à nous de compter un fonctionnaire pour cinq actifs, dont on ne mesure pas le temps de travail et à qui on offre une retraite délirante payée à 80 % par le contribuable. »

    Et ça n’est pas non-plus notre genre à nous de ne pas faire apparaître le montant de ces retraites dans le bilan financier du pays ; tout y est absolument transparent, même le montant des traitements les plus élevés de la ripoublik, c’est dire.

    « le système français de formation professionnelle »

    Quiconque a mis le nez, de près ou de loin, dans le système en question, ne peut que hurler de rire (jaune) à l’évocation d’un infâme gloubi-boulga ne servant qu’à alimenter les coquins ; sans parler de l’apprentissage, auparavant efficace et apparemment correctement géré, qui est sorti de route à la seconde où il s’est retrouvé sous la coupe de l’ednat.

    « Ce faisant, truc a dénoncé les distorsions fiscales dont les start-up françaises sont victimes de la part de leurs concurrentes américaines. »

    Ça n’est pas tout, loin de là, car personne, et surtout pas la Pravda ni l’Agence de Foutage de gueule Patenté presse française, n’évoque _jamais_ les administrations américaines, qui sont toutes aussi lourdes (si ce n’est plus) que leurs homologues françaises, mais qui sont à contrario également capables de stupéfiants raccourcis lorsqu’il s’agit de délivrer en un temps record pour le business… (sniff.)

    Truc confirme donc bien, s’il le fallait encore, qu’il n’est qu’un étatiste de plus, et quoi de plus normal, puisque c’est la formation poliotique standard qui ne fait que décérébrer plutôt que de former à réfléchir intelligemment – dommage que les administrations soient coulées dans l’acier haute résistance poncktionnarial, parce que ce pays avait presque tout ce qu’il fallait pour être à même de rebondir, peut-être même brillamment. Tant pis, nous nous contenterons de le regarder crever la gueule (pas trop) ouverte (des fois que les séides de truc viennent lui barboter ses dents en or.)

  3. serge dit

    On peut noter aussi qu’il n’a pas tenu le même discours dans les deux langues… Et Die Welt a titré « Macron kam, sah – und enttäuschte » (Macron est venu, il a vu et il a déçu”). Tout un programme…

  4. Citoyen dit

    Oui, mais la fRance est de retour !!.. Enfin, quoi ? puisqu’on vous le dit !! .. C’est pénible ces mises en doute récurrentes …
    En même temps, on a pas réussi à savoir d’où elle revenait … Peut être de l’au-delà, ou alors d’outre tombe ?.. Ce qui pourrait expliquer sa gueule de zombie. Elle fait peur à voir. Et, elle va avoir du mal à changer de tronche …
    En effet, quand dans un gouverne-ment, on prend un bulot, avec un projet déglingué de modification de l’objet des entreprises, pour les faire fuir, cela équivaut à planter un drapeau pour annoncer la couleur …. et quelle couleur !!
    Si dans le même temps, on fait du racolage pour séduire des pseudo-investisseurs, en leur vendant des vessies pour des lanternes, ça va pas le faire … ça doit être que la fRance zombie a du mal à percuter …

    « « Ceux qui veulent avancer », « ceux qui sont ambitieux » doivent pouvoir distancer les plus lents »
    C’est sûr que ceux qui veulent se précipiter dans le mur, la tête en avant …. vaut mieux les laisser passer devant … par simple mesure de prudence …
    Dans ces conditions, le Groupe de Visegrad a intérêt à se rapprocher des Anglais, pour débattre de la nouvelle UE2 …

    « S’ils ont plus de croissance que nous, c’est évidemment parce qu’ils trichent et qu’ils sont déloyaux. »
    Ben voui, un pays qui refuse de gaver ses ponctionnaires autant que la fRance, est nécessairement déloyal … C’est à cause d’eux que la fRance est un enfer fiscal, alors que s’ils n’existaient pas, elle pourrait paraitre pour un paradis …
    Faut faire preuve d’un peu de logique ! Enfin, quoi !… C’est pourtant pas difficile à comprendre …

  5. « ceux qui ne veulent pas avancer ne doivent pas bloquer ceux qui sont ambitieux »
    Typique de la macronisterie, la phrase est composée d’un négatif d’une chose (« avancer ») opposé à un positif extrême (« ambitieux »).
    Elle a pour objet d’abord de passer du temps ensemble (la communication foireuse a d’abord cela pour objectif), mais aussi de produire un contraste « sidérant ». Comment ? Avancer ne suffit pas ? Il faut ENPLUS être ambitieux. Ca tombe bien on l’est pour vous: voilà l’effet, vous êtes aspiré.
    Evidemment, on peut toujours, et c’est ce que vous faites, chercher une « signification » à cette absurdité, alors qu’elle n’est que pure rhétorique, c’est le deuxième effet recherché. On y est encore…

    Sinon, Macron a bien parlé de « nouveau contrat mondial » (et non pas « social »). Cette horrible et pitoyable absurdité (on sent là la main tremblante et tachée de brigitte sur la manette) utilisant le mot « contrat » de la même manière que Hollande utilisait le mot « pacte », désigne sans doute cette variante sans trump de la lutte conte on ne sait quoi, dont il est maintenant le chef indiscuté.
    On ne peut qu’être honteux de voir de tels spectacles. Ma passion n’est pas que triste, elle est méprisante, vomitive et surtout haineuse. Mort aux cons.

  6. Sémaphore dit

    Toujours expliquer ses mauvais résultats ou ses échecs par des complots de gnomes ou de dragons venus d’ au dedans ou d’ailleurs est une constante du socialisme en action déréliction…

    • Jiff dit

      Oui hein, c’est quand même bizarre que pratiquement personne ne fasse jamais ce raisonnement (tout du moins publiquement), raisonnement qui change sensiblement la donne… (une FAKE NEWS !?! Vite, une dénonciation (anonyme, œuf Corse) au ministère de la vérité !!!)

  7. Citoyen dit

    « Le discours prononcé en anglais et en français à Davos … »
    N’ayant écouté ni l’un, ni l’autre, je ne saurais l’affirmer, mais j’ai lu que les deux discours, s’adressant à des clientèles aux attentes apparemment différentes, était différents dans le contenu … ce qui en dit encore plus long, sur ses motivations masquées …
    D’un coté, en anglais, il est pro-business à fond, et de l’autre, en français, il est pro-état comme jamais … Cherchez l’erreur … Euh, pardon, cherchez l’arnaque ….

      • Citoyen dit

        Bien sûr « en même temps », puisque l’on sait que, quand celui qui marche sur les eaux parle, chacun l’entend dans sa langue maternelle ….
        De plus, son programme était : « Tout et son contraire » … ce qui offre l’avantage de tout traiter « en même temps ».

  8. Citoyen dit

    Et depuis que la fRance est « de retour » (d’on ne sait où ?), elle a ramené dans ses bagages des choses pas très reluisantes …
    En effet, mélangé dans l’importation massive de la faune du sud de la méditerranée, arrive des espèces curieuses …. entre autre des bonobos laissés en liberté, qui posent de sérieux problèmes, comme ici :
    http://www.20minutes.fr/faits_divers/2209523-20180126-sncf-va-porter-plainte-apres-acte-sexuel-train-diffuse-reseaux-sociaux
    Et encore, la vidéo qui trainait sur le net, a été supprimée, pour ne pas choquer les braves gens …
    Mauvais plan pour le business …

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