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2018, l’année où la blockchain a tué le capitalisme de la finance intermédiée

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La blockchain est désormais partout, même si sa notoriété demeure encore confinée à quelques cénacles élitistes. L’engouement pour ce mode de transaction ouvre des brèches létales dans l’édifice de l’intermédiation financière patiemment construit depuis les années 70 dans le capitalisme occidental. 2018 pourrait marquer un basculement définitif dans une ère de désintermédiation financière.

La blockchain est devenue l’obsession du moment. C’est cette technologie « décentralisée » qui permet de développer des crypto-monnaies, comme le Bitcoin, dont les autorités bancaires ne manquent pas une occasion de dire du mal. Il est désormais difficile d’ouvrir un journal sans lire les péripéties de cette étrange invention du XXIè siècle qu’est le bitcoin, première monnaie virtuelle de l’histoire.

Blockchain ou retour du cash

Depuis plusieurs années, les banques proscrivent le cash. Au fil de réglementations complaisantes obtenues auprès de pouvoirs publics complaisants, les banques sont parvenues à capter l’ensemble des flux financiers.

La France et ses banques nourries par des protections étatiques est l’une des pionnières de cette intermédiation bancaire obligée. La généralisation de la carte de crédit, les limites étouffantes posées au retrait d’argent en liquide au nom de la lutte contre la corruption ou le blanchiment d’argent, ont tari les possibilités de faire circuler des billets de banque.

L’expérience montre que les règlementations étatiques peuvent indéfiniment chasser le naturel monétaire, il revient au galop. L’invention de la blockchain en est la preuve: le système de chaîne décentralisée qu’elle propose permet de réaliser des transactions, y compris monétaires, sans intervention d’une banque centrale.

Inévitable désintermédiation bancaire

Avec la blockchain, il est possible de commercer, y compris d’échanger des monnaies, sans intervention d’un tiers. Seuls le vendeur et l’acheteur se connaissent, sous réserve qu’ils soient acceptés dans le bloc de transaction auquel ils se rattachent. Cette mécanique encore mystérieuse pour beaucoup, qui ressemble assez à la logique du chèque cadeau (un titre numéroté est échangé librement auprès de ceux qui l’acceptent) rend inutile l’existence des banques en tant que chambre de compensation des titres.

On voit tout de suite la dangereuse orientation, pour les banques, de cette technologie. Là où celles-ci pouvaient espérer avoir complètement capté et intégré le marché « libre » de l’argent liquide, elles sont confrontées à une concurrence nouvelle, bien plus dangereuse: celle des crypto-monnaies, compensables ou non sous forme de biens, qui s’échangent de façon sécure sans leur intervention.

La campagne de dénigrement commence

D’où une propension avérée des médias pour diaboliser les crypto-monnaies dont la concurrence faite aux banques, annonceurs massifs de la presse subventionnée, devient dangereuse. Il ne se passe pas un jour sans qu’un article de presse ne dénonce le caractère extrêmement spéculatif du bitcoin et autres.

Sur ce point, les banques elles-mêmes ont bien compris le danger et paient de leur personne pour arrêter la fuite des capitaux vers les crypto-monnaies. Même Mario Draghi met du coeur à l’ouvrage en déclarant urbi et orbi:

« Les monnaies virtuelles sont sujettes à une forte volatilité. Leur prix est entièrement spéculatif« 

On voit bien que la fureur réglementaire devrait rapidement s’emparer des États et des banques centrales pour imposer de sérieuses contraintes sur ces marchés désormais concurrents. Aux États-Unis, certaines banques ont d’ores et déjà interdit les achats à découvert de bitcoins, et bloquer les transactions par carte de crédit.

Elles ne pouvaient exprimer plus clairement leur détermination à bloquer au maximum le développement de ce marché concurrent.

La Chine parie sur la blockchain

Pendant que certains veulent encore croire à des effets de mode autour du bitcoin et de la blockchain, des investisseurs plus avisés ont compris à quelle révolution nous devions nous préparer. L’assureur chinois LoCo vient par exemple de conclure un partenariat prometteur sur la blockchain.

Li Pu, le patron de la compagnie chinoise d’assurance, a déclaré, à cette occasion: « la blockchain va devenir un moteur important pour stimuler le développement de l’assurance. L’assurance basée sur la blockchain va bousculer le secteur dans un proche avenir, pour faire fondamentalement partie de l’assurance, voire pour remodeler le secteur pour toujours ».

Et si, nous aussi, les Européens, décidions d’une stratégie offensive dans ce domaine?

15 commentaires

  1. tul dit

    « le système de chaîne décentralisée qu’elle propose permet de réaliser des transactions »

    Vous plaisantez j’espère… car c’est parfaitement faux.

  2. Citoyen dit

    « La campagne de dénigrement commence »
    Ben, c’est compréhensible, tout ceux qui ont organisé leurs petites sauteries, avec, et sur la dette, commencent à faire de l’huile dans leurs sous-vêtements … Et si, au fur et à mesure que les échanges se font sans eux, les billets qu’ils impriment voyaient leur valeur s’effondrer ?… Vu que plus personne n’en aurait besoin …. Y’ a vraiment de quoi faire de l’huile …
    Les banques finiraient par acheter les obligations des état avec du PQ ! … Les heures les plus sombres ….

    • Jiff dit

      Les banques centrales serrent méchamment les fesses ces temps-ci, et notamment aux USA : http://reinformation.tv/alabama-monnaies-or-argent-fed-lenoir-80106-2/ – au passage, vous remarquerez en pied d’article que l’Alabama n’est pas tout seul dans la course, Texas, Arizona, Kansas et Tennessee faisant plus ou moins la même chose. Ça va de plus être très dur de les contrer, puisque le droit de battre monnaie d’or et d’argent pour les états est inscrit en dur dans la constitution.

      Nul doute que, tel le battage médiatique pur fake news qui s’est élevé comme la vague d’un tsunami pour que la gôche pourrie (pléonasme) des Clinton tente de faire virer Trump, nous allons sans doute assister à des tentatives anticonstitutionnelles multiples et pas très propres pour tenter de juguler ça.

  3. serge dit

    La blockchain va être saignée par les banques centrales et les banques privées au motif que ce n’est pas issu de leur réflexion collégiale. Donc toute législation en conséquence va être pondue, y compris la coercition dont sont capables à peu près tous les Etats dont le nerf de la guerre est la finance. Puis le concept technique va être ingurgité, régulé et va revenir sur le marché dans le package de base bancaire du pékin moyen et les taxes enrichissantes qui vont avec…

    • Jiff dit

      Non, vous confondez la monnaie avec son mode de transfert, d’ailleurs les grandes banques sont justement en train de bosser sur le blockchain pour leurs propres besoins de preuves légales d’enregistrement – mais ne rêvez pas, ça n’est pas pour ça que leurs tarifs baisseront, notamment les iniques « frais de tenue de compte » (rien que le libellé sonne le bullshit-tocsin) – pas plus que ça ne servira à enregistrer les 99% du HFT qui échappent aux organismes de surveillance.

  4. M. Le Trouadec saisi par la débauche !!!!
    Désolé mais vous êtes parti aux fraises, grave, autant que Nabila. Les petits coeurs tournoyants vous on fait effet, y aurait il autre chose?
    D’abord le bit coin NESTPAS utilisé pour payer, à part peut être le crystal krokodil canabissé que vous venez de prendre. Il est utilisé pour spéculer, et spécialement depuis cet été. Avec une volatilité comme ça, c’est sur, on a un moyen de paiement idéal, on peut y aller.
    https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0301257294189-le-bitcoin-en-chute-libre-2151121.php
    Il est donc à 6500 dollars, la neige à Paris sans doute…

    La blockchain a plein d’applications et la monnaie n’est que l’une d’entre elles, et pas la meilleure…

  5. Jiff dit

    IMHO, Etherum est beaucoup plus complet, quoique beaucoup moins connu (normal dans les 2 cas, il est arrivé après BTC) – parce qu’en dehors d’une monnaie virtuelle, c’est aussi un moyen d’enregistrement qui touche un nombre incalculable de domaines, et tout particulièrement l’enregistrement de contrats, qu’ils soient de travail, d’assurance ou de gré à gré.

    Au hasard (le plus pur, cela va sans dire), on peut décider de concert avec son voisin qu’on va élaguer sa haie et ses arbres et qu’en retour il donnera des cours de maths au petit dernier, le tout avalisé dans les 2 sens par Etherum – ça n’a l’air de rien, mais l’intérêt pour les utilisateurs finaux (et finauds) est incommensurable, puisque cela permet de formaliser la plus vieille forme de commerce, à savoir le troc…

    On peut aussi faire en sorte de consigner une certaine somme au profit d’une personne physique ou morale et ne la « relâcher » que lorsque le travail sera effectif, tout en limitant le temps de consigne au cas où ; l’exécutant a l’assurance que la somme est bien disponible puisque consignée à son profit, et le donneur d’ordre, que le paiement ne sera effectué que lorsque le travail sera terminé – le déblocage nécessitant une action conjointe des 2 parties, aucun ne peut baiser l’autre – le dernier cas de figure étant le retour de la somme à son propriétaire si personne n’a entrepris d’action à échéance du temps imparti.

    Dans un autre ordre d’idées, ça sert évidemment à pouvoir générer une signature électronique certifiée, en assurant que le signataire est bien le bon puisqu’il lui faut sa clé privée pour signer. Ça n’arrangera pas le housejacking, puisqu’en filigrane on a toujours la dérive classique de celui qui se retrouve avec un couteau sous la gorge pour le forcer à communiquer sa clé à l’assaillant, mais d’un autre côté, notamment dans les entreprises, on peut tout à fait imaginer pouvoir utiliser une astuce de crypto qui n’assure le décodage de ladite clé que lorsqu’un quorum fixé à un certain nombre de fichiers est présent (fichiers en général stockés sur les différentes clés USB de différentes personnes), ce qui limite la casse et permet une solution d’urgence en stockant des clés supplémentaires dans des coffres.

    Gageons que lorsque le poliotique aura compris l’intérêt de la chose (disons, dans au moins 25 ans ici), il finira par l’autoriser, puis il dirigera le flux fourni de sa diarrhée légaliste vers les systèmes permettant de faire tout cela d’une façon totalement anonyme – évidemment, pendant ce temps-là, les bonnes places et les strapontins auront été pris, et il ne restera plus qu’à voyager debout ; tant mieux, ça fera des jobs très intéressants à l’étranger pour les excellents mathématiciens que la france forme…

      • Jiff dit

        Ben pas tant que ça, vu que son blockchain est également transparent ; il existe cependant quelques autres monnaies encore plus discrétionnaires qui elles, sont totalement opaques (et ça, ça leur file grave les copeaux.)

        Il est quand même très amusant de voir qu’en réponse presque instantanée aux rumeurs (fondées) d’abandon du cash qui s’amplifient depuis plusieurs années, l’Homme a réagit en le recréant d’une façon plus moderne et encore moins traçable (rappel : tous les billets libellés en euros (et en us dollars) sont porteurs de puces RFID collées sur le ruban métallique qui les traverse verticalement – heureusement, rien qui ne résiste à un bon choc électro-magnétique;)

  6. gérard dit

    Les monnaies virtuelles ont bien servi les hedge funds a présenter un bilan positif le 31 décembre,puisque la montée s’est effectuée juste avant.Voila un usage intéressant des crypto monnaies:le nettoyage de bilan

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