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Chutes de neige et panique à bord: l’action publique devient obsolète en France

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Les chutes de neige apportent toujours leur lot de marronniers: transports bloqués, routes impraticables, pagailles en série, même avec quelques centimètres de neige. Pourtant, cet événement climatique avait été parfaitement prévu… Les 700 kilomètres de bouchon en Ile-de-France illustrent l’incapacité systémique de nos services publics obsolètes à couvrir les risques élémentaires de la vie collective.

5cm de neige, BORDEAUX-PARIS 4h. Bravo à la SNCF😡

— Alain Juppé (@alainjuppe) 6 février 2018

Même Alain Juppé s’est plaint du service ferroviaire délivré par la SNCF sous la neige. Pour que l’ancien Premier Ministre ose une critique aussi frontale contre une quasi-institution républicaine, il faut vraiment que nous nous apprêtions à toucher le fond. De fait, chaque chute de neige, même minime, même parfaitement prévisible, produit sa traditionnelle pagaille qui rappelle l’incapacité de nos services publics à améliorer leur efficience…

Les chutes de neige et leurs bouchons si prévisibles…

On pourrait pourtant imaginer qu’à la suite de chaque épisode neigeux qui paralyse le pays, nos services publics, dans une démarche qualité que n’importe quelle entreprise privée serait sommée de mettre en place, fassent la liste de ce qui n’a pas fonctionné et prennent des mesures efficaces pour éviter que cela ne se reproduise. Eh bien! si (on veut bien l’imaginer) d’interminables réunions doivent avoir lieu chaque année pour papoter sur les difficultés à venir, aucune décision efficace n’y est prise et la France paraît toujours aussi désemparée et fragile lorsque l’hiver arrive.

D’où la sempiternelle redite, et le sempiternel recommencement du même désordre à chaque chute de quelques flocons. D’où le blocage rituel de la plus grande zone de conurbation d’Europe – l’Ile-de-France, comme si la neige y était exceptionnelle…

On se demande comment font les villes canadiennes ou scandinaves, de taille bien plus modeste, pour ne pas être paralysée lorsque plusieurs dizaines de centimètres de neige tombent en une seule fois.

L’inefficience patente de nos services publics

Chacun pourrait imaginer qu’exceptionnellement, nos services publics soient pris au dépourvu dès que la neige se met à tomber. Mais la chute de neige est habituelle au nord de la Loire, et celle qui sévit cette semaine était connue depuis au moins dimanche. Malgré cette parfaite prévisibilité, la N118, artère vitale pour l’Ile-de-France, se retrouve bloquée pour quelques centimètres de neige.

Officiellement, la ministre en attribue de 15 à 17 sur cet axe sensible. La même ministre explique qu’il a fallu fermer cette route « par précaution ». Elle ajoute que 70 déneigeuses sont mobilisées dans la nuit.

Mais alors, si la ministre savait que les services ne pouvaient intervenir par anticipation, pourquoi ne pas avoir appelé les franciliens à rester chez eux aujourd’hui par précaution, ou pourquoi ne pas leur avoir déconseillé la voiture? Le sens de la précaution est décidément une notion fluctuante au gré des événements.

En outre, les mauvais esprits souligneront que la bonne méthode pour traiter une couche importante de neige suppose non pas de saler la route, mais de racler la neige avec des chasse-neiges. Pourquoi ceux-ci ne sont-ils pas intervenus sur les axes vitaux dans la soirée? On aimerait le savoir.

Il reste au total une évidence: les services publics n’ont pas mis en place des mesures efficaces pour garantir la libre circulation sur les grands axes de la ville la plus peuplée d’Europe continentale en cas de chute d’une dizaine de centimètres de neige. On croit rêver, mais c’est pourtant vrai.

L’inefficacité du service public, une plaie française

On n’en finirait pas ici d’égrener l’impressionnante liste des naufrages qui montrent l’incapacité des services publics à faire un usage efficient des 57% de PIB qu’ils consomment chaque année.

On parle ici des routes qui se bloquent dès qu’une pellicule de neige les recouvre. On pourrait aussi parler des services de renseignement qui n’ont pas empêché l’attentat de Saint-Étienne du Rouvray, ou qui ont eu des réactions désastreuses lors de la tragique tuerie du Bataclan. On pourrait aussi parler du cataclysme éducatif, avec des établissements fermés pendant plusieurs mois sans stratégie alternative, des classes privées d’enseignants pendant de longues périodes, et un niveau éducatif général qui s’effondre.

On pourrait aussi parler des hôpitaux publics où la souffrance des personnels trahit un malaise généralisé, malgré un endettement permanent du système sanitaire. On pourrait parler de ces médicaments vitaux qui coûtent trop cher pour être remboursés par la sécurité sociale. On pourrait parler de ces fraudes aux aides sociales devant lesquelles la sécurité sociale se croise les bras au nom d’une sensiblerie tout à fait coupable.

En réalité, le service public français, protéiforme, lourd, complexe, n’est plus en mesure d’assumer ses missions fondamentales. On a beau nous répéter que l’État, c’est plus moral que le marché, que l’État, c’est l’intérêt général quand l’entreprise c’est le méchant intérêt particulier, une évidence s’impose en France: l’État ne fonctionne plus.

Problème de moyens ou problème de management?

On connaît la pleurnicherie traditionnelle selon laquelle l’État manquerait de moyens pour assumer ses missions. C’est évidemment une imposture qu’il est facile de démonter ligne après ligne pour peu qu’on ouvre les yeux en dépassant les cécités idéologiques.

L’action publique française est la plus coûteuse de l’OCDE. Avec 57% du PIB recyclé en action publique, les pouvoirs publics français sont les mieux dotés du monde industrialisé. En grattant bien, on remarquerait d’ailleurs que cette dépense n’a jamais aussi peu servi à investir et n’a jamais autant servi à des charges de fonctionnement.

Certaines sont scandaleuses, comme les salaires des hauts fonctionnaires de Bercy, épinglés par la Cour des Comptes sans que Bruno Le Maire, toujours prompt à donner des leçons de morale aux entreprises, ne prenne la moindre mesure pour rétablir la légalité dans ses services. Il serait intéressant que les hauts fonctionnaires en question publient leur fiche de paye. Le buzz qui s’ensuivrait remettrait quelques pendules à l’heure sur le prétendu manque de moyens de l’État.

Le même mot d’ordre pourrait s’appliquer à l’Éducation Nationale, où des sommes colossales qui devraient servir aux élèves servent en réalité à nourrir une caste bureaucratique dans les rectorats et les administrations centrales. Le même prisme pourrait servir à comprendre le budget des universités, où le nombre d’administratifs rapportés au nombre d’étudiants est colossal.

Dans tous ces exemples, une certitude apparaît: le gras, l’obèse service public français, est devenu si lourd et si peu agile qu’il n’est plus capable d’assumer ses missions fondamentales. Avec 57% de PIB, il ne parvient pas à délivrer les services pour lequel il existe.

Non parce qu’il manque le moyen, mais parce qu’il n’est pas managé.

30 commentaires

  1. Pierre dit

    A 10 000 km de là, au chaud, ce grand bordello neigeux provoque chez le spectateur avisé… une franche poilade glacée.

    Et votre billet -parfait- boucle avec la bonne chute (pas de neige) que d’autres commentateurs on su populariser : « ce pays est foutu ».
    😉

    Une lente descente de flocons aux enfers. Une entropie morbide, derrière laquelle le principe de vie ne repousse pas. Un épandage national de Roundup sur les cerveaux. Un asile d’aliénés qui s’effondre, et dont les habitants vont bientôt s’entretuer, façon Mayas.

    Bref : chaque jour qui passe, je bénis le Bouddha (et une palanquée d’autres Saints) : j’ai bien fait de me barrer !

  2. Franck dit

    Excellente analyse à laquelle vous pourriez ajouter que cette inefficacité généralisée trouve sa source dans un manque tout aussi chronique de travail. Exemple : le service intendance d’un grand lycée où 75 agents sur 100 sont absents pour une raison ou une autre est devenu un configuration banale. Le rattachement de ces personnels aux régions il y a une dizaine d’années a engendré une explosion culturelle de l’absentéisme depuis. Dans ces milieux, il est très mal vu de ne pas être absent au moins 20 jours par an.

  3. Cyril dit

    Si, au contraire, le système est très bien managé pour lui même, pour s’assurer un confortable niveau de vie et que surtout rien ne change :
    Hauts fonctionnaires très bien payés, mais sans la responsabilité et sanctions qui vont avec, syndicats bouffis d’argent public, et ne vivant pas des cotisations de leurs adhérents, agents de sécurité sociale payés par les cotisations des salariés du privé, mais avec des statuts, avantages et et congés des fonctionnaires, recasage permanent des copains ayant perdu une élection, ou débarqués pour mauvaise gestion, etc.

    Ce système ne peut plus marcher tel quel

  4. Deres dit

    Les services publiques pourraient probablement s’améliorer mais il ne faut pas tout leur mettre sur le dos non plus.
    Le gros des problèmes vient aussi du fait que malgré les chutes de neige clairement annoncés par tous les canaux, les gens ont pris leur voiture comme si de rien n’était le mardi matin. Le réseau est déjà saturé quand il fait beau. Déjà que de simples incidents ou une petite pluie mènent à des bouchons importants, la neige ne peut que mener à une catastrophe de ce point de vue là. D’ailleurs mercredi matin, avec moins de monde, il n’y a pas de problème … Dans els pays où ils ont l’habitude, c’est surtout que ce sont les gens qui s’adaptent pour moins prendre leur voiture dans ces cas là …

    Après, la N118 est bloqué car la pente est très forte dans la descente de Saint-Cloud, le tout avec des virages et des voies pas très large. On ne peut pas changer la géographie ou raser la ville … Par contre il semblerait que l’A12 pose aussi problème et là j’aimerais savopir pourquoi vu que le relief n’y est pas particulièrement cruel …

  5. Jiff dit

    Le truc, que vous pointez d’ailleurs, c’est que les modèles météo se sont grandement améliorés au fil des ans – s’il-y-a 50 ans, ça n’était vraiment pas terrible, on est rapidement passé à des prévisions fiables à 24h, et aujourd’hui, nous en sommes quasiment à 48h ; alors, oui, les services publics sont au-dessous de tout et c’est, IMHO, souvent dû à l’excessive centralisation.

    Car il semble bien qu’au XXIème siècle, il faille toujours attendre les « ordres venus d’en-haut » avant de pouvoir bouger le petit doigt – quant au nombre de dépôts de sel ou de remisage des chasse-neiges (qui souvent ne sont pas les mêmes !), ça m’étonnerait fort qu’il ait évolué dans le bon sens – alors, quand il faut faire 15-20 km pour prendre sa machine en empruntant une route… bloquée par la neige, ben ça marche pô, c’est ballot.

    Il est remarquable que l’obésité morbide touche toute la poncktion publique, comme par exemple, les quelques 6,000 policiers recrutés lors du règne du nain de jardin qui sont directement venus faire du gras dans les bureaux, à tel point qu’il leur en a fallu de nouveaux (en panne de chauffage comme on l’a récemment vu, ce qui n’est qu’un juste retour des choses, les marchés publics étant « gérés » par les mêmes bras cassés – le haut-ponck étant un loup pour le ponck de base.)

    En bref, le con-tribuable français se fait littéralement dépouiller par une caste de rois fainéants à leur seul et unique profit – et c’est même bien pire que ça, rappelons ici une vérité bien sentie : les ~€3,500Mds que représentent les retraites du public, évidement non-provisionnées, venant s’ajouter aux +€2,000Mds de dette cumulée, mais planqués dans le « hors-bilan »…)

    Tant que le Vulgum Pecus dira amen à cela, pourquoi les choses changeraient-elles !?
    Alors qu’il serait si simple de tout remettre en ordre très, très, très rapidement en consignant simplement ses impôts au lieu de les payer, que l’on soit personne privée ou morale, jusqu’à avoir la certitude que les choses changent radicalement – peut-être est-ce d’ailleurs l’une des raisons cachées derrière le prélèvement à la source des rackets fiscauximpôts (?)

  6. Rick la Trick dit

    bonjour,

    je suis bien sûr d’accord avec vos constats, hélas si fréquents.

    qui demandera des comptes à la ministre des transports ?

    quel journal ?
    quelle émission de tv ? (Elise Lucet anyone ?)
    quel député ?

    non, personne ?

    bon ben c’est que ça va alors. allez, on continue.

  7. Popeye dit

    A propos des EHPAD, cet article est croquignolet.

    http://www.letelegramme.fr/cotesarmor/quevert-l-ehpad-neuf-qui-reste-vide-27-01-2018-11828787.php

    Quant à la pagaille sur les routes francilliennes…
    Est-ce que les poids lourds ont été interdits de circulation, disons à partir de 15H00?
    Il suffit d’un camion qui patine pour créer une sacrée congestion
    Combien existe-t-il de lames déneigeuses en IDF? Combien tournaient sur les routes entre 15H00 et 20H00? Combien étaient prévues pour la N118 dans les traversées des vallées de la Bièvre et de l’Yvette?
    Où étaient les cadres et les décideurs de la ci-devant DDE (on parle de DIR de nos jours, non?)
    Combien de conducteurs franciliens ont décidé d’aller en transport en commun mardi 6 au matin en entendant la radio, qui quelle que soit la station n’a pas ménagé ses avertissements?
    Combien d’entre eux se sont préoccupés de l’état de leurs pneumatiques? Voire auraient pensé à prendre des chaînes?
    Combien se sont rués dans leur voiture à 17H30, comme tous les jours pas plus tôt ni surtout plus tard?

    En plus de la déliquescence de l’état, je vois dans ces comportements irréfléchis une manifestation de l’ensauvagement, de l’abrutissement de nombre de nos concitoyens

    • Citoyen dit

      « Combien d’entre eux se sont préoccupés de l’état de leurs pneumatiques? »
      Certes Popeye, mais il n’y a pas que ça … Perso, cela fait quelques décennies que je conduis, avec quelques passages sur la neige à chaque hiver, avec de simples pneus standard, sans avoir eu besoin d’équipements spéciaux … Et je ne m’en porte pas plus mal. Ce qui n’empêche pas d’être prévoyant en ayant des chaines dispos …
      Il y a surtout, qu’un bon nombre, n’ont de la conduite qu’une idée très approximative …

      • Jiff dit

        Ditto, d’autant plus qu’une paire de chaînes « normales » (sans cerceau), ça tient dans une boîboîte d’environ 25×12×12, pas vraiment de quoi bloquer le coffre.

        Reste que l’on aimerait beaucoup pouvoir les trouver en vrai INOX (comme les professionnelles), vu que dès la fin de la première saison, et si l’on veut qu’elles tiennent longtemps, ça pue l’huile, la graisse et on s’en met partout en les installant. 😉

          • Jiff dit

            Ben, le cuir est trop épais et le vinyl trop fragile (et les moufles, ça craint;-p) – alors j’ai 2 bouteilles d’eau et les même palets de « savon » (ça ressemble à de la sciure compressée) qu’on utilise dans la mécanique, très efficace.

          • Citoyen dit

            Il existe dans tous les magasins de bricolage, une multitude de gants pour tous les usages …
            Et sans aller jusque-là, dans tous les supermarchés, il y a des gants (à pas cher) spécialisés pour la vaisselle, sans vouloir faire de pub à une marque particulière, qui peuvent servir à bien des usages, y compris celui-là.

    • Deres dit

      En fait tout le monde s’est rué sur sa voiture entre 16h30 et 17h quand la neige a commencé à tomber fortement. Rien que cela est suffisant pour bloquer tout le réseau. En effet, toutes ces voitures quittent généralement les lieux de travail entre 17h et 20h, donc réparties sur 3 heures, ce qui entraine usuellement des bouchons. Croire que l’on pourra évoluer 3 heures de circulations denses en une demi-heure est illusoire. Même par beau temps, un tel comportement moutonnier mènerait à un record de congestion … Dans de nombreux endroits, ce ne sont pas les autoroutes qui posaient problèmes mais leurs voies d’accès. Sur certaines zones artisanales, dès 17 h, il fallait un ou deux heures pour faire les quelques kilomètres les séparant de leurs sorties …

  8. montils dit

    comment font les villes canadiennes ou scandinaves, de taille bien plus modeste, : votre question contient sa réponse. C’est parce que elles sont de taille plus modeste qu’elles n’ont pas de problemes. Dans mon village du centre de 450 habitants, meme si la route de sortie est bloquée, il n’y aura pas 2OOO personnes qui passeront la nuit dans leur voiture. C’est aussi simple que cela.
    Pour le train, quand la visibilité est mauvaise, il ralentit. J’espère pour vous que vous faites de même quand vous conduisez votre voiture.
    La mauvaise foi a des limites

    • ati dit

      Faut voir ce qui arrive aux Anglais. Ils ont remplacé la plupart des services publics par des sociétés privées… presque toutes grandement déficitaires. Et c’est l’Etat qui vient les renfloue. Le Canada a eu aussi de gros problèmes avec ce type de fable anti-services publics. Ils avaient supprimés plein de postes… et ont été obligés, vu la cata, de réembaucher.

    • Jiff dit

      @montils

      Même pas, par exemple dans les campagnes allemandes, ce sont les pégreleux du coin qui ont une lame adaptable sur tracteur – par contre, je ne sais pas si c’est personnel ou bien subventionné par l’état/le lander – ce qui fait que toutes les routes principales, même des villages, sont en général rapidement navigables dès le matin (et eux sont beaucoup moins cons, s’il y a une bretelle d’accès, même située sur une autre commune, il vont jusque-là…)

  9. serge dit

    Ainsi que je l’ai déjà dit, j’ai été contractuel de diverses administrations durant de nombreuses années. Grosso-modo pour permettre à ces sus-dites de se remettre à un niveau technique acceptable, le retard dans ces années là étant de l’ordre de 5-10 ans. Cependant, c’est bien plus qu’un problème de management. S’il est à peu près sûr qu’un directeur adjoint, un Directeur des services ou autre n’est arrivé là que par ancienneté ou bonne relation d’avec celui du dessus et donc n’a pas trop une bonne approche de gestion de moyens financiers et humains, il est à remarquer qu’il a aussi quelques « excuses ». Il est quasi impossible de sanctionner les agents, tout grade confondu. Les mécanismes d’avancement automatique dans le grade, de primes attachées à l’emploi, de possibilité de recours ou autres pressions syndicales font que chacun, en grande majorité, fait ce qui lui convient. Et donc, si les circonstances s’apparentent à du HNO, de l’astreinte, de la mise en application de plan blanc/rouge/urgence, il y a quand même pas mal d’évaporation au sens « part des anges »… Et quand cela arrive à matcher avec la réalité, le coût du « dédommagement » est complètement prohibitif. Donc, vu l’état d’avancement de la déliquescence de notre économie, il y a peu de chances que cela se règle, définitivement… L’histoire de la N118 qui est chaque année citée dans les faits divers d’intempérie va donc continuer à alimenter nos médias.

  10. Citoyen dit

    « l’action publique devient obsolète en France  » …. devient ? …. devient ? …. ça fait tout de même un bout de temps qu’elle est dans cet état ….

    « L’inefficacité du service public, une plaie française »
    Eh oui, « c’est pas facile » (dixit un disparu…) …. Les parasites qui vivent sur le dos des contribuables, ne peuvent pas passer leur temps à s’occuper de gérer leur carrière, et « en même temps » (comme dirait l’autre) faire le travail pour lequel ils sont payés … il faut choisir ! … Faut être raisonnable, ils sont monotâches, et multi-taches, « en même temps » …

    « Les 700 kilomètres de bouchon en Ile-de-France illustrent »…. aussi très bien, s’il en était besoin, qu’une bonne partie de ceux qui prennent la route, ne savent pas conduire … et dès que les conditions deviennent un peu difficiles, l’évidence apparait criante …
    Mais il faut éviter d’aborder le sujet, sinon cela mettrait trop en évidence l’imposture du 80 sur les routes … voir même, et encore pire , celle du racket sur ces mêmes routes … où là, l’outrecuidance frise la correctionnelle du vivrensemble …
    La véritable question existentielle se pose … Aura-t-on le temps de prendre un polaroid, juste avant de toucher le fond ?

  11. Ikes dit

    Ce genre d’article va encore déclencher un tir de barrage médiatique
    Ou l’on va nous expliquer les tremolos dans la voix que le service public c’est moins d’infirmières ou de policiers ou de pompiers (au choix) – vous vous rendez compte mon brave monsieur ….mettre la population française en danger de ne plus être soignée ni protégée… Aaargh Gassp cet enfer qui va s’ouvrir sous nos pas.
    Notre Etat est un demiurge
    Regardez notre premier ministre qui fait la tournée avec le SAMU social pour guérir les écrouelles

  12. Stephane dit

    Pour ma part, j’ en suis plutôt à désespérer que ce monde ne profite pas de l’ instant, Paris doit être magnifique sous la neige.
    Suffit juste d’ aller se promener à pied et d’ attendre que ça passe, pas la peine de râler.

  13. Deres dit

    Ce qui est certain est que dans ce genre de situation, on paye au prix fort notre mille feuille administratif. En effet, pour justifier l’existance de toutes ces strates administratives, elles se répartissent le travail en ayant toutes les mêmes compétences. Donc suivant les routes, elles dépendront de la communes, de l’intercommunalités, du département, de la région ou de l’Etat … Il faut donc multiplier les machiones te le personnel pour la même activité. Pire, certaines routes sont dégagés par les communes, mais leur saleuse fait demi-tour aux limites de la commune, laissant la bretelle d’accès derrière enneigée … Dans mon cas, les communes limitrophes sont déneigés aux petits oignons, mais rien pour la ZAC multi-commune car elle ne contient pas d’électeurs directs, juste des idiots de payeurs d’impôts …

  14. Juste un point: la N118 est fragile et très fréquentée. Imaginer cinq minutes que PARCEQUE une averse de neige est prévue à l’avance, rien ne s’y passera, contrairement à chaque fois (blocage de la voie en question toute la nuit, et des 3000 voitures qui l’empruntent) est de la connerie pure. Cette connerie là je l’ai vue et entendue: les adeptes du nouveau monde sont allé se blottir dans le verglas avec un enthousiasme rafraichissant: de retour du ski, rien ne pouvait leur arriver.
    Les responsables sont ainsi clairement les victimes, majoritairement formés d’électeurs de Macron, c’est à ça qu’on les reconnait. Bien fait pour eux.

  15. xc dit

    Il n’est pas extraordinaire qu’il y ait de la neige en hiver. Si les automobilistes avaient équipé leurs véhicules en conséquence, ils auraient pu continuer à rouler et n’auraient pas bloqué les engins de déneigement ou de salage. Mais bon, on attend tout de L’État.

    • Jiff dit

      Yapaxa, il suffit de les voir rouler dans ces conditions pour comprendre que 99% d’entre eux n’ont absolument aucune idée de ce qu’ils font, puisqu’ils ne changent pas leur comportement, comme s’il étaient encore sur du sec : 90 sans pneus-neiges ni autres équipements, vous collent au cul, saccagent votre distance de sécurité avec allégresse en vous mettant en danger, ne savent pas qu’on débraye l’ABS sur la neige, etc ; en bref, de bonnes grosses brelles bien abruties dont on se demande comment elles ont bien pu faire pour décrocher le papelard rose. Alors, leur parler de chaînes, ça leur passe très haut au-dessus de la tête, d’autant que même si certains en sont équipés, il ne leur vient pas à l’idée de s’entraîner à les installer, juste pour savoir comment faire le moment venu…

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