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Le dévoilement européo-jacobiniste d’Emmanuel Macron

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Emmanuel Macron sort d’un voyage fort instructif en Corse, où il a fermé à peu près toutes les portes dont les nationalistes revendiquaient l’ouverture. Parallèlement, l’accord de gouvernement signé en Allemagne devrait consacré un véritable tournant européen à son mandat.

Lors de sa verbeuse déclaration du 3 juillet à Versailles, Emmanuel Macron avait parlé d’un « pacte girondin » dont le sens semblait bien mystérieux. Depuis son passage en Corse, Emmanuel Macron a jeté le masque et montré la nature très jacobine de son « pacte girondin ».

Pour ceux qui ne l’avaient pas compris, donc, la déclaration du 3 juillet était une posture médiatique qui ne préjugeait en rien de la suite du quinquennat. Pour preuve: si Emmanuel Macron consent à intégrer constitutionnellement la Corse à nos possessions ultra-marines (les Corses n’ayant probablement pas compris combien ce choix est méprisant), ils ne bénéficieront d’aucune autre avancée.

Fermez le ban.

La République jacobine rappelle ses lois

Au demeurant, Emmanuel Macron a bien fait de rappeler quelques évidences occultées par les enfants gâtes du nationalisme corse. Non seulement les Corses ont, en 2003, refusé par referendum un statut spécifique, mais ils restent indécrottablement sous addiction métropolitaine. Il est toujours plus facile d’aller de Bastia à Marseille qu’à Ajaccio. Et la présence de 4 aéroports ouverts sur l’extérieur (Bastia, Ajaccio, Figari, Calvi) pour moins de 200.000 habitants les place, avec les Bretons, en tête des territoires les moins tournés vers eux-mêmes.

Dans ces conditions, la revendication autonomiste, avec un inepte statut de résident corse, mérite d’être ramenée à son absurdité. Pour les nationalistes, la Corse doit bénéficier de davantage de libertés vis-à-vis de la métropole, mais aussi de davantage de solidarité de sa part.

On mesure bien, et Macron l’a justement rappelé, l’imposture des nationalistes.

Le tournant européen

Pendant que Macron faisait son coming-out jacobin, Angela Merkel signait un accord de gouvernement avec les sociaux-démocrates, qui préfigure d’importantes évolutions en Europe. Paradoxalement, d’ailleurs, les sociaux-démocrates sont les grands perdants de la dernière législative, mais les grands gagnants du nouveau gouvernement. Ils devraient récupérer le portefeuille des finances, tout en conservant celui des affaires étrangères.

L’accord de la « Groko » signé hier devrait modifier la donne européenne.

L’accord allemand sur l’Europe

On trouvera ci-dessous la liste des mesures européennes que l’Allemagne soutient:

* Augmenter les investissements en Europe.

* Soutenir une taxation équitable des grands groupes , en particulier les géants de l‘internet comme Google, Facebook, Apple ou Amazon. Ces sociétés ne doivent plus pouvoir jouer des différences de fiscalité entre Etats membres et le dumping fiscal doit être interdit.

* Instaurer une taxe substantielle sur les transactions financières.

* Renforcer le rôle du Parlement européen et renforcer les finances de l‘UE. L‘Allemagne serait prête à augmenter sa contribution au budget européen.

* Soutenir des fonds spécifiques consacrés à la stabilisation économique, la convergence sociale et la réforme structurelle de la zone euro. Ces fonds pourraient constituer la base d‘un futur “budget d‘investissement” de la zone euro.

* Renforcer et réformer la zone euro en étroit partenariat avec la France, afin que l‘euro résiste mieux aux crises mondiales.

* Transformer le Mécanisme européen de stabilité en Fonds monétaire européen sous contrôle parlementaire.

* Renforcer la coopération franco-allemande via des projets comme un centre sur l‘intelligence artificielle.

* Chercher à promouvoir une plus grande coopération avec la Pologne et intensifier le dialogue entre les sociétés allemande et polonaise, en soutenant par exemple des réunions entre jeunes des deux pays.

On voit que Merkel accepte de mettre le doigt dans un mécanisme européen de solidarité en cas de crise, et dans une mutualisation des dépenses européennes. La notion de budget de la zone euro fait son apparition.

Ces dispositions devraient ravir notre président de la République, qui va pouvoir, enfin! revendiquer et mettre en oeuvre l’approfondissement tant attendu de l’Union Européenne.

Qu’appelle-t-on l’européo-jacobinisme?

D’où ce tournant qui devrait s’ouvrir, désormais, dans le quinquennat d’Emmanuel Macron. Foin des postures à gogo où l’on contrefait le décentralisateur pour amadouer les élus locaux dans la reprise en main des finances publiques.

Désormais, la politique macronienne reposera sur trois axes fondamentaux.

Le premier consistera, avec l’Allemagne, à approfondir l’Union Européenne autour d’un cercle resserré de membres décidés à dissoudre encore un peu plus leur souveraineté. La contrepartie pour la France tient au prix que l’Allemagne devra payer pour que la zone euro subsiste.

Le deuxième axe consistera à faire payer les collectivités locales pour la réduction des déficits. Ce sont les collectivités qui absorberont l’essentiel du choc des 120.000 emplois à supprimer. Et la suppression de la taxe d’habitation préfigure une reprise en main par l’État de leurs recettes.

Le troisième axe reposera sur un regain d’étatisme central. Entre le budget des armées et la modération d’ores et déjà affichée dans la réforme de l’État, le centralisme a de beaux jours devant lui.

4 commentaires

  1. Jiff dit

    « Pour ceux qui ne l’avaient pas compris, donc, la déclaration du 3 juillet était une posture médiatique qui ne préjugeait en rien de la suite du quinquennat. »

    « En même temps » (héhé), il ne fallait pas être grand clerc pour en douter.

    « si Emmanuel Macron consent à intégrer constitutionnellement la Corse à nos possessions ultra-marines (les Corses n’ayant probablement pas compris combien ce choix est méprisant), ils ne bénéficieront d’aucune autre avancée. »

    Pas d’accord, il semble au contraire qu’ils aient parfaitement lu entre les lignes, vu certaines de leurs déclarations publiques – et d’ailleurs, attendaient-ils vraiment autre chose de Juppe-Iter ? – c’était sans doute plus un coup de sonde qu’autre chose.

    Reste que pour pouvoir sortir définitivement de leurs contradictions, il leur faudrait mettre le turbo afin de démontrer qu’ils sont à même de devenir non-dépendants des perfusions financières de la métropole ; c’est loin d’être gagné d’avance, mais vu la cohésion locale, ça reste du domaine du possible – qui vivra verra…

    « La contrepartie pour la France tient au prix que l’Allemagne devra payer pour que la zone euro subsiste. »

    Sauf que les Teutons ne se laisseront certainement pas mener par le bout du nez par une province européenne qui a fort bien démontrée, et ceci depuis très longtemps, sa totale incapacité à décider et exécuter de vraies réformes de fond – ça m’étonnerait que même la partie socialaud de la coalition s’asseye mollement là-dessus…

    Dans la dépêche de Reuters référencée, on note par ailleurs que rien n’a été prévu en ce qui concerne l’état déplorable de leurs infrastructures, qui posent déjà pas mal de problèmes – ce qui veut dire que tout ce bla-bla merdiatique a fort peu de chances de résister à la récession (au minimum) qui s’annonce d’ici à 2021. De plus, nous-avons déjà eu droit à des déclarations ronflantes de leur part, mais In Fine plus truantes que toni, concernant le pognon qu’ils allaient lâcher pour l’ue ; là encore, un fait vaut mieux que mille mots (surtout avec les socialauds dans la coalition – coalition qui risque de vite devenir au minimum instable, ne serait-ce que lorsqu’il va s’agir de rentrer dans le vif de l’immigration sauvage)…

    Espérons que le bloc de l’Est de l’ue tienne bon en ne déviant pas d’un iota du cap actuel, car c’est pour l’instant, notre seul rempart contre les aficionados des monstruosités à la J.Monet…

  2. serge dit

    Bon, L’Allemagne c’est 253 milliards d’excédent commercial, dépassant largement le chiffre censé être autorisé par la commission européenne. Quasi tous les autres sont en déficit et se font remonter les bretelles. Donc l’Allemagne va continuer à purger à son compte les reliquats éco du reste de l’UE et va gérer un départ de l’UE pour elle-même. Ou un éclatement de la zone euro avec une jolie parité de 10 FF pour 1 DM (pas mal d’articles en ce moment sur le sujet, cela sent mauvais). Alors, la Grossko allemande ou ses atermoiements, tout un chacun s’en fout. L’histoire du sage, du doigt et de la lune…

    • Jiff dit

      Il-y-a des chances que ça _finisse_ comme ça, mais pour l’instant, non.

      Parce que sortir de l’euro voudrait instantanément dire une appréciation énorme du DM (en plus, à un moment où l’USD est en chute libre), et donc une énorme perte de compétitivité – alors que dans le système actuel, ce sont tous les autres qui paient pour asseoir la compétitivité accrue de l’Allemagne.

      En bref, l’ue est, dans l’état actuel des choses, un costume sur mesure pour les Teutons (quoi de plus normal, puisqu’il suffit de se pencher sur ses fonds baptismaux pour voir que ce sont eux qui en sont à l’origine.)

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