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Apprentissage: le PS confirme qu’il déteste toujours autant les entrepreneurs

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Il faut lire le communiqué de presse lunaire du Parti Socialiste sur la réforme de l’apprentissage pour comprendre combien ses adhérents restent animés par une profonde haine de l’entreprise. On se pincerait presque pour vérifier qu’on ne cauchemarde pas.

Apprentissage : le MEDEF a beaucoup obtenu, il devra beaucoup prouver

11 février 2018

Marion CANALES

Marion CANALES

Secrétaire nationale à l’apprentissage

Enjeu majeur de l’accès à l’emploi et à la formation des jeunes, le Parti socialiste a pris connaissance des mesures annoncées par le Gouvernement concernant la réforme de l’apprentissage.

Il accueille favorablement les mesures destinées à améliorer la condition de l’apprenti, telles que la revalorisation de la grille de rémunération, la prime au permis de conduire et le renforcement de l’accompagnement. Il souhaite toutefois que ces mesures soient complétées par des dispositifs d’aides au logement ou à la mobilité, notamment dans les transports collectifs. Il restera vigilant sur les conditions de rupture des contrats d’apprentis dont les conditions sont assouplies et demande au gouvernement la mise en place d’un suivi des CFA au regard des nouvelles libertés qui leur sont accordées.

Si l’apprentissage est une voie d’entrée prisée sur le marché du travail, elle ne doit pas être réservée aux élèves les plus diplômés. Le Parti socialiste demande que les efforts engagés lors du précédent quinquennat pour démocratiser l’accès de tous les jeunes à l’apprentissage soient poursuivis et amplifiés.

Les mesures annoncées appellent néanmoins de la part du gouvernement des clarifications sur plusieurs points. La première concerne l’articulation entre l’apprentissage et les lycées professionnels, la réforme ne devant pas conduire à une disqualification du lycée professionnel, déjà perceptible avec le plan étudiant. La seconde concerne le risque, légitimement pointé par Régions de France, d’une fracture territoriale consécutive à l’inorganisation des branches professionnelles à l’échelle locale.

Enfin, le Parti socialiste rappelle que cet effort en faveur de l’apprentissage, pour réussir, devra pouvoir compter sur la mobilisation des organisations patronales. Celles-ci, le Medef au premier chef, voient toutes leurs revendications reprises : responsabilité des branches professionnelles,  temps de travail des apprentis mineurs porté à 40 heures dans certains secteurs comme le BTP, élargissement des horaires de travail de nuit dans la boulangerie et la pâtisserie,…

Le Medef a beaucoup obtenu, il doit à présent beaucoup agir pour encourager et développer l’apprentissage. Le Parti socialiste y veillera.

On se souvient ici du désastre qu’a représenté le passage de François Hollande à l’Élysée pour l’alternance, et singulièrement pour l’apprentissage en France. Comme nous le rappelions récemment, la France de 2018 ne compte pas plus d’apprentis qu’il y a dix ans. Après un essor sous Nicolas Sarkozy, cette filière de formation a vécu un véritable sinistre sous la gauche.

Le fait ne surprend si l’on se souvient de l’aversion de ladite gauche pour l’égalité réelle des chances et sa préférence systémique pour l’assistanat.

Manifestement, le PS, qui a réalisé un score groupusculaire aux présidentielles, n’a tiré aucune leçon de sa rupture profonde avec les couches populaires. Ainsi, la lunaire secrétaire nationale à l’apprentissage, Marion Canales, revendique-t-elle fièrement le sinistre socialiste dans la filière sur laquelle elle rapporte, et continue-t-elle à défendre un bilan indéfendable. On y lit notamment cette phrase hallucinée:

Le Parti socialiste demande que les efforts engagés lors du précédent quinquennat pour démocratiser l’accès de tous les jeunes à l’apprentissage soient poursuivis et amplifiés.

L’idée selon laquelle le MEDEF (expression qui semble cavalièrement désigner, sous la plume de cette conseillère municipale de Chamallières, manifestement ignorante des réalités de l’entreprise) devrait désormais faire ses preuves est au demeurant amusante. Si les effectifs d’apprentis ont chuté, c’est évidemment à cause de l’excès de réglementations inventées par les histrions du Parti Socialiste. Les seuls à pouvoir relancer cette filière sont les entrepreneurs, pour peu qu’on les laisse agir.

Mais cette réalité simple ne semble pas avoir convaincu les tenants de l’ancienne majorité.

12 commentaires

  1. VQE dit

    La biographie de cette Marion Canalès est juste affligeante.
    Études de droit public, IEP de province.
    A 25, chargé de missions dans un conseil général tenu par les socialistes. Elu local 3 plus tard.
    Nomenklaturiste du PS depuis lors.

    Tout dans cette expérience la qualifie pour parler d’apprentissage, c’est évident.

    • Jiff dit

      Si vous allez par là, n’importe quel pion du ps serait tout aussi qualifié qu’elle – en fait, comme disait Coluche, ce sont des gens qui gagnent à ne pas être connus…

  2. Merci au parti socialiste lors de son émérite gouvernance 2012/2017 d’avoir fait baisser le nombre d’apprentis.
    Qu’une greluche tarée encore dans le parti infâme des salauds et des cons qui ont ruiné la France nous en rajoute une couche quand à l’incroyable prétention des ses copains à faire quoique ce soit d’utile à part mourir me fait venir la bave aux lèvres…

  3. Jiff dit

    « le PS, qui a réalisé un score groupusculaire aux présidentielles, »

    Le terme idoine ne serait-il pas plutôt « crépusculaire » ? Mettant par là un point final aux quelques pauvres lignes d’un groupuscule, heureusement pour tout le monde, mort et enterré.

  4. semaphore dit

    Entrepreneur dans le secteur du second oeuvre dans le bâtiment, il y a déjà dix ans que j’ai renoncé à former des apprentis.
    Aux termes de toutes les injonctions du « cahier des charges » censé « protéger » le pov’ tcho d’apprenti de la rapacité et de l’inhumanité patente du Patron (à prononcer avec une charge de mépris incommensurable dans le ton de la voix) et en principe à respecter recta, cela revient à payer un gaillard pour qu’il vienne (dans l’hypothèse où il arrive à se lever et à se mettre en route le matin pour arriver à l’heure) vous regarder travailler…
    Conçu visiblement avec en visée (dans la tête des rédacteurs de tout ce fatras réglementaire) la protection des gamins de quatorze ans, vous vous retrouvez dans la réalité et par la magie de l’âge minimal du travail avec des gars de 18/19 ans qui viennent plutôt pour prolonger les allocs que pour apprendre à bosser.

    • Lorelei dit

      Pareil. Avec en plus, l’obligation de payer à plein temps une personne qui ne vient que la moitié du temps et n’est pas opérationnel avant plusieurs mois. Des personnes qui quoi qu’elles fassent ne peuvent pas être licenciées.

    • Jiff dit

      Vous retardez méchament ; entre contraintes légales et « apprentis » qui ont peur de la pluie, de l’altitude ou du froid (chez un ami… enseigniste), ça fait +20 ans que les apprentis ont pris le chemin inverse de l’entrée, et souvent à coups de pompes dans le cul – ce qui, bien évidemment, a causé pômal de problèmes avec l’administration Kafka-hyène française (pléonasme.)

  5. Citoyen dit

    « Le Parti socialiste y veillera. « … !!!……. NooooN Mais !!
    On mesure là, les effets dévastateurs de la fumée de la moquette de Solférino ….

    L’état a fait beaucoup pour les entreprises …. (?)…. si, si, … à ce qu’il paraît …
    Maintenant, les entreprises ont des devoirs !… Il faut renvoyer l’ascenseur ! …
    Puisque c’est le cimetière des éléphants qui le dit …
    Passé une certaine dose de moquette, on ne sait plus qui est qui … ni qui fait quoi …. tout se mélange ….
    Mais que cela soit dit, une fois pour toutes : « Il restera vigilant » ! ……. numérotez vos abatis ….

    • gérard dit

      Oui,l’état a fait beaucoup pour les (grosses) entreprises:subventions publiques,CICE,CIR,augmentations rétroactives(EDF),vaccins,mutuelles santé obligatoires,optimisation fiscale etc…Les politiques ne travaillent plus que pour les grosses entreprises(a plein temps),c’est ce qu’elle a voulu dire,elle s’est mal exprimée

      • Citoyen dit

        C’est très drôle ! … Ce sont les entreprises, petites et grosses (avec leur personnel), qui font vivre l’état …
        Et donc, si l’état leur rétrocède une petite partie de ce qu’elles ont déjà donné, cela reviendrait à les subventionner ?… C’est curieux comme vision … Il ne faudrait pas inverser les rôles ….
        Prenons le problème à l’envers. Supposons que les entreprises ne nourrissent plus l’état … L’état serait bien embêté, il ne pourrait plus les subventionner !…. Pire, on pourrait croire qu’il ne sert plus à rien …
        Ceci dit, que les grosses entreprises s’en tirent mieux que les petites dans cette rétrocession, est bien une réalité. C’est tout simplement que les grosses ont des moyens de pression plus important …

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