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Profits du CAC 40: les grandes entreprises françaises devraient-elles plutôt perdre de l’argent?

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Les profits du CAC 40 reviennent au-devant de la scène avec des résultats présentés injustement comme records. Les 92 milliards € que les géants français ont gagné en 2017 sont présentés comme une honte et un quasi-affront pour l’opinion publique. Mais les Français préfèreraient-ils que leurs champions économiques perdent de l’argent et licencient à tour de bras?

Les profits du CAC 40 devraient nourrir encore cette année le fantasme selon lequel il existe des cagnottes cachées dans l’économie française. Publiés dans la foulée des annonces sur les milliards de Bernard Arnault, ces chiffre agissent comme des mantras répétés jour après jour. Ils s’infiltrent dans les esprits et influencent en profondeur notre perception de la réalité.

Non, les profits du CAC 40 ne sont pas « records »

Quand on étudie les chiffres, on regrette bien entendu cette nouvelle simplification médiatique qui rappelle, si on en doutait encore, que les medias subventionnés sont bien les champions de la fake news.

En effet, avec 92 milliards € de bénéfices, les entreprises du CAC 40 n’ont pas encore atteint les chiffres… des années 2005 et 2006, où elles avaient flirté avec les 100 milliards €. Une présentation honnête de la réalité devraient donc plutôt regretter que les entreprises du CAC 40 n’aient pas encore retrouvé leurs niveaux de profit de l’avant-crise de 2008.

En réalité, les profits du CAC 40 ne sont pas assez élevés, et il est bien dommage que les médias officiels ne le soulignent pas.

Des profits de plus en plus difficiles à dégager

Ces chiffres ternes surviennent dans un contexte de plus en plus rude. Pour dégager ces « profits records », les entreprises du CAC 40 doivent cumuler plus de 1.200 milliards de chiffre d’affaires, soit l’équivalent de 60% du PIB français. C’est environ 300 milliards de chiffre d’affaires de plus qu’en 2005 et 2006.

Ce petit rappel montre comment le taux de marge et de profitabilité des grandes entreprises s’est effondré en une dizaine d’années. Loin d’être une performance, les profits du CAC 40 témoignent donc de l’étendue des dégâts causés par la crise de 2008 en France.

La France perdue dans les chiffres

Autre facteur d’inquiétude: la France constitue une part de moins en moins importante du chiffre d’affaires des entreprises du CAC 40. On en serait à 25% en 2017 contre plus de 35% il y a dix ans. L’Europe elle-même est en déclin dans les activités de nos groupes. Elle représenterait la moitié seulement du chiffre d’affaires.

Les profits du CAC 40 sont donc une sorte de rapatriement des activités menées ailleurs, notamment en Asie et en Amérique. Si l’on se souvient de l’état pitoyable de notre balance commerciale, il devient urgent de trouver ces profits trop peu élevés.

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