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Climat social en France: méfiez-vous de l’eau qui dort!

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En apparence, le climat social en France est suffisamment détendu pour qu’Emmanuel Macron puisse faire adopter des réformes d’ampleur sans résistance majeure. L’embarras des syndicats contestataires de la SNCF pour décider d’une grève contre la remise en cause de leur statut en est un signe évident. Mais, en grattant un peu, on s’aperçoit qu’il existe des « zones » de mécontentement dont le gouvernement serait bien inspiré de se méfier.

Après le passage par ordonnances pour réformer le Code du Travail sans que les salariés ne descendent dans la rue, Emmanuel Macron a marqué des points et donné le sentiment collectif qu’il parviendrait à réussir ce que beaucoup avaient échoué avant lui. Neuf mois après son accession au pouvoir, l’état des forces sociales est pourtant plus nuancé qu’il n’y paraît…

Des réussites sur la SNCF et sur le droit du travail

Emmanuel Macron peut se targuer d’avoir fait passer ses ordonnances sans résistance majeure. Selon toute vraisemblance, il devrait également parvenir à faire évoluer le statut des cheminots sans susciter de grève majeure au sein de l’entreprise.

À ce stade, les syndicats contestataires de la SNCF n’ont pas encore décidé de déclencher une grève. Voilà qui en dit long sur les doutes qui les accablent avant de lancer la mère de toutes les batailles…

Des fonctionnaires prudents

Parallèlement, le gouvernement apaise autant qu’il le peut les tensions au sein de la fonction publique. Pour arrondir les angles, après les annonces tonitruantes sur la fonction publique et la réforme de l’État, il a décidé de faire bon accueil aux revendications de certains syndicats.

Ainsi, il a avancé le rendez-vous prévu à l’automne sur les revalorisations salariales. La rencontre devrait avoir lieu en juin, c’est-à-dire avant les arbitrages budgétaires de l’été. C’est une manière de laisser planer la possibilité d’un véritable grain à moudre sur le fameux « point » de la fonction publique.

Une réforme des retraites encore nébuleuse

Dans cet environnement attentiste, Macron peut se féliciter d’avoir encore des feux verts sur la réforme systémique des retraites dont Jean-Paul Delevoye a la charge. Pour l’instant, tout indique que le gouvernement peut continuer à travailler, voire imaginer réformer les régimes spéciaux auxquels certains tiennent comme à la prunelle de leurs yeux.

Le gros loupé de la rupture conventionnelle collective

Tout ne va toutefois pas si bien qu’on ne le croirait sur le front social. On en prendra pour preuve les gros loupés sur la rupture conventionnelle collective dans les entreprises, formulé inventée par les ordonnances.

Ainsi, chez Pimkie, enseigne appartenant à la famille Mulliez, le projet a capoté et l’entreprise est revenue à un plan de sauvegarde classique, intégrant des indemnités de départ revues à la baisse. Cet échec contre-balance la réussite du dispositif chez Peugeot.

D’une manière générale, ces dispositifs nouveaux prévus par les ordonnances n’ont pas produit d’effet de souffle sur les rapports sociaux.

Ambiance toujours cataclysmique dans les hôpitaux publics

En outre, le gouvernement n’a guère modifié le climat macabre qui règne dans les hôpitaux publics. Le suicide d’une technicienne de laboratoire dans les locaux de l’Assistance Publique, à Paris, le 2 mars, l’a encore montré. L’intéressée avait enchaîné les CDD dans cinq hôpitaux différents, subissant au passage plusieurs erreurs administratives.

Cet événement dramatique illustre le climat dégradé des hôpitaux publics sur l’ensemble du territoire. Partout, la mauvaise gestion de l’hôpital public sème le trouble, comme en Normandie où une valse permanente de cadres dirigeants s’est mise en place. Il ne se passe pas un jour sans qu’au moins un hôpital public en France ne soit en grève.

Ford, ou la continuité de la désindustrialisation

En Gironde, l’usine Ford de Blanquefort devrait fermer. Potentiellement, 900 emplois sont menacés, dont celui bien connu de Philippe Poutou. L’affaire devrait faire grand bruit et constitue probablement la prochaine bombe emblématique que les médias devraient chercher à faire exploser.

Pour l’instant, aucune solution de remplacement ne se dessine. En réalité, la désindustrialisation continue. Au-delà des postures de communication, rien ne change.

Des révolutions syndicales en vue

Dans ce contexte incertain, des évolutions syndicales pourraient intervenir. Au sein de FO, le départ prévisible de Jean-Claude Mailly (dont tout le monde a noté le ton conciliant avec le gouvernement, qui tranche avec l’époque Hollande) devrait conduire à l’élection de Pascal Pavageau. L’intéressé n’est pas un révolutionnaire, mais il pourrait manquer de l’autorité nécessaire pour tenir une organisation turbulente.

Au MEDEF, huit candidats sont déclarés à la succession de Gattaz. Cette éruption peut au moins être interprétée comme un signe de malaise au sein du mouvement patronal et comme l’expression d’un appel collectif au changement. Rien n’exclut que les plaques tectoniques bougent dans les mois à venir.

Emmanuel Macron devrait toutefois continuer à compter sur Laurent Berger, de la CFDT. Sa numéro 2, Véronique Descacq, a annoncé son départ et il devrait être seul en lice pour se succéder à lui-même. Pas de chance pour Macron, sa relation avec Berger est plus compliqué qu’avec Mailly.

On ne peut pas tout avoir….

3 commentaires

  1. Sylviane dit

    Et les retraités, « génération dorée »,vous les oubliez ?
    Et pendant ce temps, on se fait photographier devant le Taj Mahal, et on annonce des contrats surfaits avec l’Inde
    (une certaine presse)….Et Areva, cad le contribuable doit verser un demi milliard d’euros à son partenaire finlandais pour retard dans l’Epr..

  2. Jiff dit

    « constitue probablement la prochaine bombe emblématique que les médias devraient chercher à faire exploser. »

    Hem, quand il s’agit du gouvernemaman, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ensemble de la presse n’a pas la dent dure… Donc, à moins qu’un outsider, genre le canard ou mediapart, ne s’y investisse vraiment, il-y-a fort peu de chances que la presse aux ordres se répande sur le sujet.

    « En réalité, la désindustrialisation continue. »

    Quoi de plus normal (vu du côté poncktionnaire), puisque plus qu’avant, l’Entreprise est devenue l’Homme à abattre à contraindre à des contorsions grotesques par tous les moyens dits « légaux » (mais certainement pas légitimes !)

    Qui, une fois les environnements sociaux, fiscaux et législatifs finement analysés par des spécialistes, a encore une petite envie de venir s’implanter en france ?
    Parce que si « les infrastructures sont excellentes » (excepté sncf et ratp, cela va sans dire), le reste part à vau l’eau depuis longtemps, et ouvrir ne serait-ce qu’un bureau ici, c’est prendre une bien grosse hypothèque sur un avenir incertain, surtout fiscalement parlant ; tandis qu’opérer à partir d’un pays de l’ue ayant une législation très stable (ex: Amazon, Apple) reste une solution pérenne, de bon sens et de bonne gestion.

    « Rien n’exclut que les plaques tectoniques bougent dans les mois à venir. »

    Voyons, M. Riri, c’est de la france qu’il s’agit, pas d’un pays normal ! Ça fera tout au plus un trémor d’une magnitude de 1.9.

    Comme dans le précédent plan quinquennal, le changement (les vraies réformes), ça sera pour plus tard.

  3. serge dit

    Pour la SNCF, Macron ne s’est pas trop mis le monde à dos, puisque le statut des cheminots ne concernera que les nouveaux, donc attendre 2040 pour constater le résultat (sic). Et en plus il leur laisse les billets gratuits, c’est dire…
    Pour le reste, j’attends avec intérêt la privatisation d’ADP (qui « en même temps » lance sont terminal 4 à CDG, sûrement pour gratter les derniers sous de l’Etat avant de récupérer une surprime à la vente) qui a l’air de se voir comme la privatisation des autoroutes, la FDJ bien grasse à souhait, probablement pour abonder les mesures du rapport Taché, Engie… Et notre Darmanin national, ministre de l’Action et des Comptes publics, qui envisage de faire varier selon les revenus le montant de la taxe foncière payée par les propriétaires. Ne pas oublier début juillet avec la limite à 80 km/h, juste pour les migrations saisonnières (pas celles de Méditerranée) et les effets légèrement décalés des augmentations de tarif de stationnement, excellent pour le commerce.
    Peut-être même que dans cette grande frénésie et sur la lancée jupitérienne de son voyage en Inde (quasi Krishna suivant la MSM), il se dira que le moment est bon pour tenter autre chose.
    Ma foi, je me méfierais parce que tout cela sent mauvais…

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