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Syrie, Tarnac, Tapie: la comédie des « preuves » comme art de gouverner

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Les frappes américano-anglo-françaises en Syrie bouclent une semaine où la question de la preuve en démocratie s’est à nouveau trouvée au centre du débat public. Désormais, pour agir contre ses ennemis, le pouvoir ne s’embarrasse plus des aveux des accusés. Il veut juste des preuves. Quitte à ne pas les montrer, ou à les fabriquer pour faire correspondre la réalité avec ses désirs… et pouvoir les diffuser à grands renforts de spectacle virtuel.

Attaque chimique de la Ghouta: les preuves françaises de Société Tripalio

C’était encore une semaine ironique pour les grands principes de la démocratie libérale. L’actualité a rapproché de façon mordante deux affaires de forgerie judiciaire qui ont permis de faire correspondre des « preuves » avec les désirs du pouvoir en place. Malgré ces superbes leçons anatomiques sur la façon dont la police est capable d’inventer des coupables pour complaire au gouvernement, Emmanuel Macron a refait le coup des « preuves » pour justifier une action militaire en Syrie, annoncée à grands coups de messages sur les réseaux sociaux. Plus que jamais, la politique est devenue affaire de postures spectaculaires, très éloignées de la sagesse qu’on attendrait des démocraties.

L’affaire de Tarnac, ou l’anatomie des forgeries policières

J’ai eu l’occasion de dire le peu de sympathie que m’inspirait le combat de Julien Coupat et de ses associés. Il n’en reste pas moins que la détention provisoire qu’il a subie il y a dix ans au nom des certitudes intimes que le pouvoir en place avait à propos de ses activités est un scandale absolu, et une illustration symbolique de l’arbitraire auquel mènent les lois anti-terroristes.

À l’époque, la ministre Alliot-Marie avait expliqué que Coupat était l’un parmi d’autres dans un nouveau terrorisme d’extrême-gauche. On connaît bien cette manie du pouvoir exécutif, en France, de se substituer à la justice en expliquant par avance qui est coupable et qui ne l’est pas.

Dans le cas de Tarnac, les preuves ont manqué. Alors, pour aller plus vite, les policiers chargés de l’enquête ont pris quelques libertés avec la réalité pour la faire correspondre avec les désirs de la ministre ou de ses affidés. Un témoin-clé a livré des témoignages contradictoires, l’un sous son nom, l’autre de façon anonyme. Des policiers ont rempli les vides qui manquaient dans une filature par des assertions qui ont fini par lasser la justice. Le Parquet a finalement reconnu avoir forgé cette affaire et les accusés sont relaxés.

L’affaire mérite d’être longuement soupesée. Nous aimons nous rassurer en nous répétant que nous avons atteint le stade ultime de la démocratie et que, chez nous, on est libre. C’est vrai pour la grande majorité des Français, c’est-à-dire pour tous ceux qui acceptent sans broncher le consensus collectif qui s’est mis en place sur tout un tas de sujets, ou qui l’acceptent avec des critiques qui ne remettent pas en cause les grands fondamentaux du régime.

Pour tous ceux, en revanche, dont la critique est systémique et incontrôlable, le traitement est différent. L’affaire Coupat le montre. Soupçonné d’animer le « Comité des Invisibles » et d’avoir notamment rédigé « L’insurrection qui vient« , la police l’a mis hors d’état de nuire pendant dix ans par des méthodes qui sont un affront à la démocratie. Manifestement, la reconnaissance de la forgerie par la justice n’a pas ému le pouvoir en place.

Emmanuel Macron, qui s’est érigé en chevalier blanc du monde entier, ne semble pas embarrassé à l’idée de diriger un pays où la police prend des… libertés avec la réalité pour accabler des innocents.

L’affaire Tapie… ou une autre forgerie policière

Un lieu commun très français veut qu’on accable Bernard Tapie, coupable d’être riche et politiquement incontrôlable. Il attire à lui toute la haine qu’il est de bon ton de nourrir et d’entretenir dans l’opinion publique vis-à-vis de tous ceux qui défient les lois de l’immobilisme social. Partout, il faut condamner la panne de l’ascenseur social, mais c’est pour mieux enfoncer les quelques survivants qui ont pu l’emprunter.

Bernard Tapie est devenu l’incarnation de ces passagers privilégiés qui ont atteint les derniers étages de l’immeuble grâce à cet ascenseur. Rien n’est trop beau pour les avilir. Et le cortège des bienveillants est toujours prêt à se mettre en procession festive pour honorer le bûcher réservé à des personnages aussi odieux que l’homme d’affaires marseillais.

Après un arbitrage rendu en sa faveur en 2008, qui lui attribuait 400 millions au titre des pertes qu’il aurait indument subies en 1994, Bernard Tapie a franchi un cap dans la réprobation générale. C’était déjà un homme à abattre. Il devenait soudain l’ennemi public numéro un à qui il fallait faire rendre gorge, comme Philippe le Bel le fit pour les Templiers. Une fois la gauche arrivée au pouvoir, la « justice » s’est employée à passer à l’acte.

Manifestement, là encore, les désirs de vengeance nourris par les bienveillants peinaient à trouver, dans la réalité, le grain à moudre pour y parvenir. Selon Bernard Tapie, c’est alors que le commandant de police Yves-Marie l’Hélias a pris sa plume d’oie en 2014 pour arranger les choses. L’affaire est rapportée par Le Monde. L’avocate générale de la Cour de Cassation est favorable à ce qu’une enquête soit ouverte pour faux en écriture publique commis par cet officier. Elle accède ainsi à la plainte de Bernard Tapie contre ce qu’il estime être une forgerie. On peut s’étonner qu’il ait fallu trois ans pour rendre cet avis, puisque la plainte a été déposée par Bernard Tapie en 2015.

Une fois de plus, on voit bien comment, lorsque la République se sent menacée dans ses certitudes fondamentales, elle est capable de mobiliser toute une panoplie d’armes pour mettre hors circuit le dissident qu’elle a dans le collimateur. La lenteur de sa justice n’est pas la moins efficace de ces armes.

On notera avec amusement que personne n’a relayé l’information du Monde. Surtout ne pas briser le consensus sur la culpabilité existentielle de Bernard Tapie.

En Syrie, les preuves ne manqueraient pas

La même semaine, Emmanuel Macron a donc proclamé qu’il disposait de preuves selon lesquelles le régime de Bachar el-Assad aurait mené une attaque chimique à Douma, dans la Ghouta Orientale. Donc, il fallait que la France frappe le régime, avec l’aide des États-Unis et de la Grande-Bretagne, ce qu’elle a fait cette nuit dans des conditions sur lesquelles nous reviendrons.

Je publie en ouverture de cet article les « preuves » fournies par le ministère des Affaires Étrangères. Chacun jugera de leur sérieux. On y lit notamment des formulations qui transpirent la rédaction à plusieurs mains et sous une sueur à grosses gouttes dans des bureaux en surchauffe. Une chose est de produire une note blanche pour un Président de la République dans le secret du pouvoir, autre chose est de délivrer des messages lisibles par la planète entière.

Au chapitre des preuves irréfutables qui justifient un dangereux bombardement militaire, on lit ces phrases dont les mots mesurés sonnent tous comme une accusation en légèreté contre le pouvoir en place:

Les éléments réunis par la France et ses alliés constituent un faisceau de preuves suffisant pour mettre en cause la responsabilité du régime syrien dans les attaques chimiques du 7 avril. (…)

En raison notamment de la situation opérationnelle dans la Ghouta orientale autour du 7 avril, nous estimons avec un haut degré de confiance que la responsabilité du régime syrien est engagée. (…)

Les services français ne disposent d’aucune information permettant d’étayer la thèse selon laquelle les groupes armés dans la Ghouta auraient cherché à se procurer ou auraient disposé d’armes chimiques. Ils estiment par ailleurs qu’une manipulation des images diffusées massivement à partir du samedi 7 avril n’est pas crédible, dans la mesure notamment où les groupes présents dans la Ghouta n’ont pas les moyens de mener une manœuvre de communication d’une telle ampleur.

Les preuves dont parlait Emmanuel Macron sont en réalité un « faisceau de preuves suffisant », auquel on peut accorder « un haut degré de confiance », en l’absence d’information étayant la thèse inverse. Peut-être pourrions-nous attendre de nos services un peu plus de certitudes sur l’origine de l’incontestable attaque chimique.

Conscient des faiblesses du dossier, le ministre des Affaires Étrangères insistera d’ailleurs par la suite sur la réalité de l’attaque chimique. Or le problème n’est pas l’existence ou non de l’attaque chimique, mais bien son commanditaire. Sur ce point, le fait que le ministre déplace le débat sur l’existence même de l’attaque qui a justifié l’intervention militaire, et ne prenne même plus le temps d’argumenter sur les preuves de l’implication de Bachar El-Assad dans ce massacre est déjà un terrible aveu de doute dans l’établissement de la vérité.

Si l’on en revenait aux faits en Syrie

Si, donc, nous faisions l’effort de ne pas confondre la diplomatie avec une émission de télé-réalité, nous reviendrions aux faits, tels qu’ils peuvent être approximativement établis par une lecture attentive des dépêches. Et sur ce point, il faut toujours se souvenir qu’on peut difficilement aspirer à mieux qu’à de l’approximation, tant les guerres sont des moments d’implosion du réel.

Selon les organisations non-gouvernementales présentes sur place (qu’on ne soupçonnera donc pas de minorer les faits), le bombardement chimique du 7 avril a causé la mort d’environ 80 personnes. Ce chiffre n’est pas corroboré par les documents des services français. Ces derniers sous-entendent toutefois que le bombardement visait à faire pression sur les rebelles du mouvement salafiste qui occupe la ville de Douma. Un accord de réconciliation a en effet prévu l’évacuation de la ville par les combattants. Mais environ 5.000 irréductibles refusent d’appliquer l’accord signé avec le gouvernement syrien. Celui-ci massacrerait donc la population pour obtenir une évacuation définitive.

On notera que personne, dans ce dossier, n’a rappelé que ce fameux mouvement de guérilla contre le gouvernement appelé Jaych Al-Islam s’est distingué ces dernières années par diverses exactions, dont l’une consistait à mettre des femmes et des enfants en cage sur des lieux possibles de bombardement… Ces boucliers humains avaient vocation à occuper la une des medias en cas d’attaque.

Il est par ailleurs à peu près acquis que ce groupe a utilisé du chlore contre des civils kurdes ces dernières années.

Bien entendu, les preuves apportées par les « services français » évitent soigneusement de soulever ces questions. Elles précisent simplement que les rebelles installés à Douma n’ont pas d’accès à l’armement chimique, ce qui est ponctuellement faux.

L’ensemble de ces éléments ne prouve pas, bien entendu, que les rebelles en question ont mis en scène un bombardement chimique pour orienter les choix américains. Ils soulignent simplement que le « haut degré de confiance » dans les renseignements que la note du quai d’Orsay indique est largement aidé par une vision tronquée de la réalité et par une omission étrange sur les faits et gestes du groupe salafiste qui occupe Douma.

La vieille tradition des preuves frelatées

S’il fallait instiller une nouvelle raison de prendre du recul vis-à-vis des « preuves » officielles qui justifient un bombardement en Syrie, c’est dans l’histoire récente qu’il faut la piocher. En février 2014, par exemple, le Point avait rapporté les conclusions d’un rapport du MIT qui contredisait les affirmations américaines sur une attaque chimique en Syrie. déjà, à l’époque, les services secrets s’étaient montrés très affirmatifs sur les responsabilités de Bachar el-Assad dans un bombardement chimique, et plaidaient pour une intervention militaire en représailles. Or le MIT avait montré que l’attaque provenait plus probablement d’une zone tenue par les rebelles.

Là encore, cela ne signifie nullement qu’aucune attaque chimique ne provienne du régime syrien en place, et cela ne signifie nullement que Bachar el-Assad soit un enfant de coeur.

En revanche, il est un fait acquis que les rebelles ont aussi procédé à des attaques chimiques. Il est un autre fait acquis que les services de renseignement occidentaux incriminent à peu près systématiquement Bachar el-Assad dans ces attaques, même lorsque des analyses sérieuses laissent penser le contraire.

Tous ces éléments parfaitement accessibles à tous et du domaine public devraient donc inciter les officiels et la presse à une véritable prudence à l’égard des déclarations de bonnes intentions, notamment lorsque sont professées par la CIA. Ce ne serait tout de même pas la première fois que l’agence américaine produirait des fake news pour justifier une intervention militaire… Mais on ne dira pas forcément mieux des services français de renseignement.

L’illusion des frappes virtuelles et la mise en scène de la guerre juste

Face à tant de confusion sur le terrain, et spécialement à la Ghouta où l’on a vu que Bachar el-Assad avait négocié une sortie honorable pour les combattants salafistes, la sagesse démocratique exigerait donc un peu de retenue et un temps de réflexion avant d’agir. En faisant (avec beaucoup d’efforts) crédit à l’armée américaine de ne pas être complètement dominée par un cynisme sans limite, et en lui prêtant l’intention sincère de vouloir protéger les populations civiles contre des attaques chimiques menées par Bachar el-Assad, on plaiderait donc pour une enquête internationale impartiale avant de bombarder le sol syrien en représailles.

C’est pourtant tout l’inverse qui est opéré et mis en oeuvre depuis l’annonce de ce bombardement. Moins de deux jours après celui-ci, l’ambassadrice des États-Unis à l’ONU annonçait qu’il fallait « faire justice » et frapper le régime syrien. « C’est une question d’humanité », affirmait de son côté Donald Trump.

Le même Président américain allait même jusqu’à publier un message sur le réseau Twitter proclamant: « Tiens-toi prête, Russie, les missiles arrivent ». On a probablement touché là le fond d’une certaine conception de la diplomatie. Il fut une époque où l’on savait déclarer la guerre et où on la menait vraiment lorsqu’elle était déclarée. Les habitudes du nouveau monde sont complètement différentes.

La guerre se déclare désormais à coup de « tweets », comme si elle était du même ordre que n’importe quel ragot sur les réseaux sociaux. Donald Trump s’est adressé au président russe de la même façon, selon le même formalisme que des vedettes se disputent avec leurs fans à propos de leur dernier concert ou de leur prochaine rupture avec leur petite amie.

Avec le président américain, la diplomatie est plus que jamais devenue un spectacle, une sorte de farce qui se déroule sur des réseaux informels, banalisés, comme si les relations entre États n’étaient pas d’une nature différente des relations entre les individus. Tout à coup, la résolution des conflits dans le monde emprunte les mêmes voies que les relations interpersonnelles et se donne en spectacle comme si la guerre devenait une affaire de tribus qui se défient ouvertement sur le champ de Mars.

D’une certaine façon, Trump transforme peu à peu les relations diplomatiques en une sorte de grande émission de télé-réalité, où chaque candidat s’apostrophe, se toise, se mesure aux autres sur la place publique, sous l’oeil de caméras voyeuses à l’affût de la moindre miette de spectacle. Et ce spectacle offert par la présidence américaine tient plus du match de catch que de l’affirmation de la puissance.

Jamais on avait autant désincarné et vidé de leur substance les relations internationales.

Proclamer la victoire là où la défaite se produit

Avec une spontanéité qui mériterait une analyse un peu approfondie, des figures politiques françaises comme Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon ont crié au scandale en apprenant que la France était associée aux frappes américaines contre la Syrie sans le moindre débat démocratique. Pourtant, cette affaire mérite qu’on y regarde à deux fois.

Au-delà de la posture spectaculaire du roulement des mécaniques, de quoi ces frappes aériennes sont-elles le synonyme, en effet, sinon de l’impuissance occidentale à influer sur le cours des choses en Syrie? Dans la pratique, la Russie a permis à l’armée syrienne officielle d’infliger une sévère défaite militaire aux mouvements de guérilla islamistes soutenus par l’Arabie Saoudite et, au-delà, par les puissances occidentales. Celles-ci, avant de quitter le théâtre d’opérations, se livrent à un baroud d’honneur émotionnel destiné à préserver la bonne conscience de leurs opinions.

Autrement dit, derrière les cris d’orfraie contre le massacre des populations civiles, l’Occident reconnaît aujourd’hui son impuissance à affronter la Russie et son incapacité à imposer son (dés)ordre en Syrie. Au demeurant, les sites bombardés cette nuit avaient été évacués préventivement, et la portée de l’action sera donc militairement nulle, et destinée seulement à occuper les opinions publiques occidentales.

L’objectif est clair: l’enjeu de la politique étrangère occidentale n’est pas de modifier le cours des choses, mais seulement de donner aux électeurs le sentiment qu’une action est menée pour maîtriser le rapport de force mondial.

P

13 commentaires

  1. Balthasar dit

    Dans les dictatures communistes du siècle dernier les gens aussi étaient totalement libre du moment « qu’ils ne la ramenaient pas » ou qu’ils ne deplaisaient pas ou ne marchaient pas sur les plates bandes d un puissant.

  2. Jiff dit

    « Il veut juste des preuves. Quitte à ne pas les montrer, ou à les fabriquer »

    Eh oui, à force de lécher des rondelles américaines (ou plus exactement, celles des sionistes du shadow gouvernement US, mais sans en être vraiment conscient), les français finissent par avoir la langue chargée et une haleine de chacal…

    « Plus que jamais, la politique est devenue affaire de postures spectaculaires, très éloignées de la sagesse qu’on attendrait des démocraties. »

    Ne rêvons, SVP, d’abord, la france n’a jamais été une démocratie (tout au plus de 1789 à 1792), quant aux USA… on se demande des fois si tout ce pays n’est pas une vaste et ancienne escroquerie intellectuelle résultant d’une non-moins énorme manipulation, à commencer par son symbole français, qui dit exactement le contraire de ce que tout le monde pense.

    Rien que le mod’op est une escroquerie en soi ; comment des pays peuvent-ils se coaliser hors onu et sans aucun mandat international pour attaquer unilatéralement un autre pays !?! Parce qu’aux termes du droit international, c’est bel et bien une agression (pas de craintes, vu que Washington contrôle de près la cour internationale de Lahaie, rien de fâcheux n’arrivera jamais aux agresseurs… à moins que les citoyens ne leurs montrent leur opinion sur la question – et ça, c’est pas demain la veille tel que c’est parti.)

    Corollaire de tout cela, ça ne peut se faire que parce qu’une majorité de gens ont eu le cerveau vidé et lessivé depuis l’enfance par une éducation minable et partiale (rappelez-vous, pendant la guerre du golfe, cette _institutrice_ de 32 ans d’Iowa qui croyait que S.Hussein pouvait lui expédier un missile sur le coin du museau ! Et on peut en dire presque autant de la france) – mais là n’est pas vraiment la question, car c’est également le symptôme aiguë d’un virage franc et massif en direction de la dictature (et celle-ci risque bien de n’être pas molle à moyen terme.)

    D’autant qu’il est non-moins évident que, comme lors les fois précédentes, ceux qui ont perpétré l’attaque chimique en question sont des sous-produits des USA.

    « Il n’en reste pas moins que la détention provisoire qu’il a subie il y a dix ans au nom des certitudes intimes que le pouvoir en place avait à propos de ses activités est un scandale absolu, et une illustration symbolique de l’arbitraire auquel mènent les lois anti-terroristes. »

    C’était certainement le but, montrer que la france avait également son Patriot Act, plus sûrement aux opposants poliotiques qu’aux fauteurs de troubles, et qu’elle était à même de nuire gratuitement plus qu’avant à des gens qui n’ont pas une pensée PC.

    « À l’époque, la ministre Alliot-Marie avait expliqué que Coupat était l’un parmi d’autres dans un nouveau terrorisme d’extrême-gauche. »

    Vi, et peu de temps après, c’est aussi elle qui a proposé « l’aide de la france » à son copain Tunisien – d’ailleurs, plus tard et à un autre sujet (mais qui touchait toujours la Tunisie) on a pu voir très clairement ce qu’il en était en réalité de l’ajustice française, puisqu’il ne s’est rien passé, ni pour elle, ni pour son, mari, ni pour ses proches…

    Quant’à Tapie, tous ses détracteurs n’imaginent même pas la quantité (et la qualité) de travail qu’il a fournit pour en arriver là où il était – par ailleurs, le problème financier évoqué touchait à une banque que le con-tribuable a été, une fois de plus, obligé de renflouer de sa poche, la gestion étatique du bouzyn ayant été au minimum inconsciente, et même plus. C’est sans doute l’une des raisons pour laquelle elle a tentée de doubler Tapie en tentant de lui voler son pognon avec la bénédiction des anciens petits copains de sa direction.

    « dans la mesure notamment où les groupes présents dans la Ghouta n’ont pas les moyens de mener une manœuvre de communication d’une telle ampleur. »

    PTDR, transcoder du mpeg4 (ou mieux, sans rien transcoder avec du HEVC, si le smartphone est très récent) filmé par des cellulaires pour le monter correctement sur n’importe quel portable digne de ce nom, puis le transcoder de retour dans le format d’origine prend tout au plus une paire d’heures si l’on a un scénario correct avec un bon découpage sous la main – et d’ailleurs, les images ont été tripotées ET bidouillées, puisque leur définition minable et leur pixelisation pourraient se comprendre si les téléphones dataient, mais certainement pas dans ces pays, où l’écrasante majorité du réseau est hertzienne et où, par conséquent, les gens se baladent la plupart du temps avec le dernier cri de la technologie dans la poche.

    Pour mémoire, c’est en 1966 que le labo central du FBI a officiellement annoncé que les photos (argentiques, à l’époque) n’étaient plus exploitables en cour de justice, parce que trop facilement truquables… (ça ne vous rappelle pas certaines images manquantes (toutes, en fait) d’il-y-a 17 ans ? Et seulement 2 (images, hein, pas vidéos !) présentées à grands renforts de merdias où l’on voulait à toute force nous faire voir un avion de ligne voler à plus de 400 nœuds à moins de 15m du sol, alors que c’est physiquement impossible ? Et peu de temps après, une petite histoire d’armes de destruction massives hypothétiques ayant entraînée une guerre unilatérale ?)

    « Si, donc, nous faisions l’effort de ne pas confondre la diplomatie avec une émission de télé-réalité, »

    C’est pourtant bien ce qui a été fait, et cette fois-ci à une échelle encore plus large que pour 9/11, depuis la genèse de cette « guerre » de Syrie ; des effets de manches et d’annonces qui n’avaient (et n’ont toujours) rien à voir avec la réalité du terrain et ne servent que « certains intérêts ». Et puis bon, la diplomatie française a certes eue de beaux jours, mais ça, c’était il-y-a 2 siècles…

    « Bien entendu, les preuves apportées par les « services français » évitent soigneusement de soulever ces questions. »

    Avant que d’avancer cela, je vérifierais d’abord ce que lesdits services en disent, entre quat’z’yeux, bien à l’abri des oreilles indiscrètes, et pas avec les directions, avec les lampistes, ceux qui bossent et ont un pied sur le terrain – d’autant qu’une attaque au chlore, c’est quand même une l’attaque du pauvre qu’on peut pratiquement préparer à partir de ce qu’il-y-a sous l’évier – rien à voir avec les organo-chlorés, qui sont techniquement beaucoup plus complexes à produire et nécessitent équipements spécifiques et haute technicité (enfin, pas tous, malheureusement.)

    « D’une certaine façon, Trump transforme peu à peu les relations diplomatiques en une sorte de grande émission de télé-réalité, »

    Oui et non, il faut bien voir que son pouvoir réel de nuisance sur son pays est ridicule par rapport à celui d’en même temps sur le nôtre, que ses cons-eillers sont très loin d’être neutres, et que même chez les militaires, il-y-a des conflits d’intérêts entre pentagone et marchands d’armes. Car il a des bons côtés, parce que sans lui, nous serions déjà en guerre…

    « la sagesse démocratique exigerait donc un peu de retenue et un temps de réflexion avant d’agir. »

    Beeen, au vu de ce qui se passe maintenant, on pourrait directement dire : « la démocratie, des idées tellement bonnes qu’il faut les inculquer par le truchement de bombinettes », un peu comme au Viet-Nam (et sans nul doute, avec des mensonges encore plus gros, proférés pour convaincre le bon peuple qu’il _faut_ faire quelque chose.)

    « Autrement dit, derrière les cris d’orfraie contre le massacre des populations civiles, l’Occident reconnaît aujourd’hui son impuissance à affronter la Russie »

    Après s’être mis la rate au court-bouillon pour inventer 99.9% de fake news sur son dos afin de tenter de con-vainvre le Vulgum Pecus que la Russie, c’était le nouvel ennemi, le prochain antéchrist, un fumeur dans un lieu public et la myxomatose et la chtouille réunis, c’est ballot.

    Il est clair qu’avant, c’était avant (aurait dit M. de la Palisse:), et que tout cela pouvait à peu près passer auprès du péquin moyen qui n’avait que la presse et la TV pour s’informer – malheureusement pour tous ces aimables esthètes, le Ternet est passé par-là et la donne a changé de main – reste à voir si la masse critique de gens faisant l’effort de comprendre tout cela sera atteinte, et rien n’est moins sûr à ce jour ; mais si on y arrive, il-y-a fort à parier que les coups de pieds au cul seront supersoniques.

    • simple-touriste dit

      « où l’on voulait à toute force nous faire voir un avion de ligne voler à plus de 400 nœuds à moins de 15m du sol, alors que c’est physiquement impossible »

      Qu’en savez-vous?

      Rien, comme tous les autres.

      • Jiff dit

        « Qu’en savez-vous?

        Rien, comme tous les autres. »

        Eh bien, en tant que personne éduquée, pilote et étant très curieux, j’ai une idée plus que claire du pourquoi – cherchez : aérodynamique, dynamique des fluides, régimes laminaire et turbulent, aéronautique, entropie, traînée (NB: n’est pas synonyme de péripatéticienne) toussa… (autre NB: c’est quelque chose qui est compréhensible en moins de 5′ dans un simulateur de vol, je parle d’un vrai évidemment, pas d’un programme tournant sur PC (quoique).)

        Et comme mon radar primaire personnel voit le petit troll state-department-worshiper arriver dans le 180 de très loin pour démarrer sa polémique stérile de niveau étudiants-qui-bloquent-les-facs-en-faisant-intensément-chier-ceux-qui-veulent-bosser-parce-qu’ils-détiennent-la-vérité-toute-puissante-et-que-dans-ce-cas-là-la-démocratie-n’a-plus-lieu-d’être-pour-personne, une fois que vous aurez fait tout ça et que vous n’y aurez toujours rien compris, prenez donc votre pelle et votre seau et allez jouer à faire des pâtés sur le grand ruban noir avec une ligne blanche qui passe devant la maison.

  3. Pierre dit

    Vous avez oublié…. la ridicule affaire… Skripal.
    😉

    Mais vous le dites vous-mêmes : rien de neuf…

    Août 1964… « l’incident du golfe du Tonkin »… Les USA avaient également les « preuves »….

    Vulgaire coup monté pour accabler les Viets et justifier l’intervention US.

    Ce qui est choquant n’est pas que tous les cinglés qui nous « gouvernent » reproduisent toujours les mêmes cingleries, over and over again… ce qui est profondément désespérant est que le « peuple » tombe dans le piège, à chaque fois.

    Apathie totale, programme « essorage mental », « terrorisme », terreur de perdre son boulot, criminalité, enrichissement migratoire forcé… etc.

    Les gens sont des veaux. Programmés. Manipulés. Contrôlés. Il n’y a rien à faire. Rien à en tirer.

    Et donc rien n’empêchera tous les Macrons du monde à continuer à se faire plaisir, à cultiver leur profonde psychopathie, en clair à se foutre de nous.

  4. Vous avez une analyse beaucoup trop superficielle de Trump. Vous vous laissez prendre à son miroir aux alouettes par Twitter.

    Si vous le regardiez avec un peu de recul vis-à-vis du cirque médiatique, vous vous apercevriez qu’il s’affirme peu à peu comme un des deux ou trois meilleurs présidents amériacains de l’après-guerre.

    Pendant qu’il dresse des écrans de fumée médiatiques pour les gogos, son action est tout à fait raisonnable. En Syrie, il a fait bombarder quelques hangars vides sans aucun mort, peut-on faire plus modéré ? Il a réussi à rendre une négociation avec Kim envisageable, ce à quoi ont échoué tous ces prédécesseurs. Il est en train de rééquilibrer les relations avec la Chine.

    Vous en connaissez beaucoup dans les Obama, Bush, Clinton qui ont un tel bilan en un an ?

    Pitié, ne soyez pas aussi con qu’un journaliste français.

    Prenez cinq minutes pour réfléchir à son usage stratégique « Shock and awe » de Twitter. Pendant que les imbéciles de journalistes regardent le doigt, il pense sans interférences à aller sur la lune.

  5. Robert Marchenoir dit

    Votre amalgame est sidérant, et révélateur du peu de sérieux qui caractérise le débat public aujourd’hui. Vous confondez sciemment une affaire judiciaire, où des magistrats ont besoin de preuves pour condamner selon la loi (et non d’aveux : ils ne sont pas nécessaires pour condamner, et il y a de faux aveux), et une intervention militaire, qui est un acte de souveraineté pour lequel il n’y a évidemment pas besoin de « preuves ».

    Vous répercutez servilement, ce faisant, la désinformation de l’Etat russe, qui nie systématiquement ses exactions en mentant comme un arracheur de dents, et en intimant à chaque fois à ses adversaires : prouvez-nous que nous l’avons fait.

    Bien sûr, à chaque fois que les preuves sont fournies, elles sont écartées d’un revers de main méprisant, selon la bonne vieille tactique gauchiste : ce n’est jamais assez.

    Moscou a-t-il fourni des « preuves » de son coup d’Etat américain inexistant à Kiev, avant d’annexer la Crimée ? Non, bien sûr !

    Quant aux « preuves » de la barbarie quasi-nazie de Bachar el-Assad, et de son utilisation systématique et répétée d’armes chimiques contre les civils, elles sont innombrables. Et publiques, d’ailleurs.

    Mais encore une fois, vous ne vous imaginez tout de même pas que nous allons demander la permission de faire la guerre, et déposer à cette fin un dossier en quatre exemplaires à la Sécu, avec des « preuves » ? Depuis quand les secrets militaires s’étalent-ils sur la place publique ? Depuis que les agents d’influence du régime russe le font croire aux gogos ?

    Enfin, l’attaque française visait la Russie, et non la Syrie. Il s’agissait de mettre un coup dans les roustons à votre ami du Kremlin, pour le convaincre d’arrêter de faire le con. Et croyez-moi, à en juger par l’hystérie des trolls du Kremlin que j’observe un peu partout, et qui sont entrés en mode panique, c’est parfaitement réussi.

    • Jiff dit

      Pour faire bonne mesure, ajoutez-y également le peu de pouvoir personnel qu’il a réellement sur la vie poliotique (par rapport à en même temps™, par exemple), ce qui permet d’affirmer que bien peu de gens pourraient mener leur barque et louvoyer parmi les écueils aussi bien qu’il y arrive.

    • Stephane dit

      Votre commentaire n’ est pas moins sidérant. Permission ou pas, vous appelez ça une guerre vous? Il me semblait que la guerre était une façon de se positionner là où l’ ennemi ne nous attend pas et de lui faire très très mal. Donc vous n’ y êtes pas, vous défendez même si je comprends bien votre prose la bouffonnerie à laquelle nous venons d’ assister. Il faudrait peut-être expliquer pourquoi et autrement que par des arguments primaires anti-russes. Suivre les USA de cette manière ne nous honore pas franchement beaucoup.

  6. Citoyen dit

    Ah,… la fabrication de preuves, pour appuyer, étayer, rendre crédible, une théorie quelque peu brinquebalante, est une tentation très humaine …. que certains ne se refusent pas … pour se faciliter la vie, en mettant un mouchoir sur ses états d’âmes …
    Alors, quand c’est pour compenser un manque d’éléments, qui ne viendraient que confirmer une certitude déjà établie, cela pourrait être vu comme un demi-péché … Sauf si cela sert à fabriquer un coupable … qui là, serait une véritable saloperie …

    Et donc, au sujet de la Syrie, il est vrai que la manière de présenter les choses, n’est pas des plus convaincantes …

    Par contre, « Il fut une époque où l’on savait déclarer la guerre et où on la menait vraiment lorsqu’elle était déclarée. » …. Ah bon ? … Comme les Japonais à Pearl Harbor, par exemple ? … Euh, je crains que la guerre ne soit pas comme un match de foot, où un arbitre décerne des cartons jaunes …. et met les contrevenants sur le banc de touche …

    « Les habitudes du nouveau monde sont complètement différentes. » …. Euh, cela fait déjà un moment que les guerres ne sont plus une partie de plaisir …

    « …comme si la guerre devenait une affaire de tribus qui se défient ouvertement sur le champ de Mars. » ….Il semble que c’est une tendance qui se profile. Je pense qu’au MO, quand ils décident de se foutre sur la gueule, ils ne procèdent plus comme chez nous au moyen âge, en envoyant un courrier pour se donner rendez-vous dans une clairière, à une date précise … ils auraient plutôt tendance à jouer la surprise.

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