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Buzyn et le reste à charge zéro, réforme des retraites, cotisation PUMA, et autres petites informations

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La ministre Buzyn donnait une interview ce matin sur Europe 1. Elle a fait le point des dossiers qu’elle suit. On retiendra en particulier ses promesses sur la question du reste à charge. Il semblerait que la question soit, à coup sûr, réglée dans les trois ans. « La réforme sera effective avant la fin du quinquennat », soutient-elle.

Évidemment, le problème du financement est au coeur du débat. « La réforme sera financée en grande partie par l’Assurance maladie, en partie par les complémentaires et en partie par des redistributions de la valeur dans le cadre de la filière ». Autrement dit, l’essentiel de l’effort sera porté par les assurés eux-mêmes. L’intérêt du financement horriblement complexe de la santé est de dissimuler sans peine des évidences cruelles. La santé ne coûtera plus rien aux malades (ou aux consommateurs de lunettes) parce que tous les autres paieront pour eux.

Au passage, on a appris que les contrats responsables maintiendraient la limitation des renouvellements de lunettes à 2 ans et non à 3.

Réforme des retraites: les députés s’organisent

La président de la commission des affaires sociales à l’Assemblée, Brigitte Bourguignon, constitue un groupe transpartisan pour mutualiser l’information technique sur la réforme des retraites. L’objectif est de mettre de l’huile dans les rouages pendant les futurs débats.

On mesure l’intention: dépasser le simple groupe En Marche pour faire voter la loi avec le moins de brutalité possible…

La cotisation PUMA fait des ravages

On retrouvera sous la plume d’Olivier Rozenfeld une excellente tribune sur les ravages que la cotisation PUMA causera dans les revenus du capital. Tous les dirigeants d’entreprise qui se rémunèrent au dividende sont concernés. En cas de perception d’un revenu professionnel ou assimilé inférieur à 10% du plafond annuel de sécurité sociale, une cotisation subsidiaire maladie de 8% est appliquée sur les revenus du capital. Cette façon d’annuler les effets du prélèvement forfaitaire annuel est calculée à titre personnel. Autrement dit, elle doit être payée par un conjoint qui se trouve seul dans cette situation…

Nous avions, au moment de son invention, été les premiers à signaler cette mesure qui constitue bel et bien la création d’un nouvel impôt.

La déroute du système anglais solidaire de santé

France 2 consacre un reportage à l’hôpital de Calais, qui perçoit un million de revenus annuels grâce aux patients britanniques qui viennent s’y faire soigner. Alors que les hôpitaux anglais font salle comble, l’hôpital de Calais n’est rempli qu’à 70%. Cette mauvaise gestion de nos hôpitaux semble réjouir la chaîne publique française, qui ne prend évidemment pas le temps de signaler que la faillite du NHS britannique est d’abord celle d’un système dont le financement semble le modèle des ministres français de la Santé qui se susccèdent.

La France devrait en tout cas être bien classée au palmarès des destinations du tourisme médical. C’est probablement le signe que nos hôpitaux ne sont pas encore à l’os, contrairement à ce que les aficionados de la sécurité sociale soutiennent.

La retraite misérable des agriculteurs rappelée à nos bons souvenirs

On remerciera Capital pour le dossier qu’il consacre à la retraite des agriculteurs. Le magazine rappelle utilement que les anciens chef d’exploitation perçoivent en moyenne une retraite inférieure à 900 euros mensuels. C’est évidemment très loin du seuil de pauvreté. Cette situation ne semble cependant émouvoir personne en particulier. Au moment où les discours les plus insensés sont tenus sur les bienfaits de l’agriculture saine et durable, et sur la solidarité, il n’est pourtant pas anodin de savoir que ceux qui ont consacré leur vie professionnelle à nourrir les autres sont condamnés à une vieillesse misérable.

Libé publie une tribune hallucinée sur la solidarité

Les rédacteurs de la tribune publiée par Libération et intitulée « Ensemble avec les Cheminots » seraient bien inspirés de se renseigner sur ce qu’est effectivement la protection sociale en action, par exemple chez les agriculteurs. Les intéressés affirment par exemple: « Les temps ont changé. Ceux d’une République mythique, fière de son Etat social protecteur, ne sont plus. » On aimerait bien savoir qui a inventé cette « République mythique », fière de son « État social protecteur ». En dehors des salons bobos parisiens, tout le monde sait en effet que l’idée d’un « État social protecteur » est si récente qu’elle n’a jamais existé dans aucune République, pas même mythique. Et que, jusqu’à preuve du contraire, la République ne s’est jamais confondue avec l’État, sauf dans les systèmes totalitaires.

Mais c’est peut-être le projet qui nous est proposé discrètement ici.

2 commentaires

  1. Jiff dit

    « On retrouvera sous la plume d’Olivier Rozenfeld une excellente tribune  »

    Dans laquelle on voit bien que le racket est double, puisque aucune déduction n’est prévue – on pensait qu’avec la TVA sur les taxes, ils ne pourraient pas faire pire, mais on se trompait, lourdement.

    Une fois de plus, ça sera tout bénef pour les différents pays qui pratiquent des politiques fiscales normales, voire attrayantes, qui ne représentent finalement que 90% du genre ; franchement pas de quoi fouetter un chat pour nos poliotiques qui _savent_ que la france est le plus beau pays du monde, mais ignorent juste que c’est seulement quand on la regarde de très loin.

    Portugal et Maroc sont donc totalement assurés de faire le plein de retraités à l’aise, en attendant les un ou deux pays qui ne vont pas tarder à leur emboîter le pas.

    La voiture accélère toujours alors qu’on voit le mur dans le virage en épingle à cheveux, mais heureusement, elle a, et aura, de moins en moins de passagers avant le choc…

  2. Vampirella dit

    Sur la retraite misérable des agriculteurs, la boîte de Pandore est ouverte ! Il y a plusieurs sujets à débattre : quels sont les besoins réels de retraite pour des indépendants qui ont cédé leur exploitation ? Quels financements pour un régime qui a un ratio cotisants/retraités intenable ? Et pourtant la MSA est une caisse affinitaire à sa création, d’inspiration libérale (libre concurrence), parce que les agriculteurs ne voulaient pas cotiser avec les ouvriers … Mais en répartition, avec un mode de calcul des cotisations proportionnel aux résultats, ce qui engendre des effets pervers en biaisant les calculs de rentabilité : les agriculteurs s’endettent sur des investissements faussement rentables pour échapper à la MSA, avec la complicité du crédit agricole et des centres de gestion. Une bonne année ? On vous calcule l’enveloppe à dépenser, pardon : « investir ». Compte tenu des cycles de production supérieurs à 3 ans, il serait plus judicieux de constituer des réserves pour les mauvaises années, mais comme il est impossible de faire des réserves nettes de charges, les agriculteurs se retrouvent endettés et leurs bilans fragilisés. Alors que faut-il faire ? Augmenter les cotisations MSA ? Suicidaire. Financer les déficits par les autres caisses ? Pas d’autre choix dans l’immédiat. Cette faillite de la MSA est certainement la pire de tous les régimes par répartition : entrave à la production, fragilisation des bilans, et retraites misérables et injustes.

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