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Macron et ses injonctions paradoxales sur une Europe fantasmée

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Emmanuel Macron a encore donné un très beau spectacle d’injonctions paradoxales sur l’Europe, qui rappelle combien les élites françaises fantasment sur une construction communautaire qui ne correspond plus à la réalité. Un petit retour sur ces discours contradictoires s’impose pour éclairer l’un des plus puissants mécanismes qui conduisent à l’abandon sans contrepartie de la souveraineté française aujourd’hui.

Lors de son discours de remerciement pour la réception du prix Charlemagne a Aix-la-Chapelle, Emmanuel Macron a prononcé l’un de ses grands textes verbeux sur l’Europe comme il les aime. Il mérite d’être lu, car il illustre parfaitement la rupture entre l’Europe que les élites françaises fantasment et ce qu’elle est vraiment aujourd’hui. Il illustre aussi la posture toute en injonctions paradoxales de la France macronienne. On en reprendra ici quelques éléments structurants pour montrer comment plus le Président Macron parle de l’Europe, moins il semble prêt à la pratiquer.

L’Europe et la question de la paix

Pour ouvrir son discours, Emmanuel Macron a commis, devant un auditoire allemand et la chancelière Merkel, l’un de ces lieux communs que les élites parisiennes aiment à se répéter régulièrement pour se réassurer sur le partage de leurs valeurs. C’est même devenu une sorte de mantra à peu près équivalent au Credo dans le rituel catholique:

Pour définir ce que la construction européenne nous a apporté depuis les lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, nous avons coutume de dire qu’elle nous a permis de vivre 70 ans de paix et c’est vrai. L’Europe a connu ce miracle historique de 70 années de paix entre les ennemis héréditaires d’hier.

La construction européenne comme miracle de l’histoire contemporaine: voilà un tic de langage qui méritait d’être savouré longuement à Aix-la-Chapelle.

Ce discours lénifiant intervenait en effet au lendemain d’une poussée de fièvre entre Israël et l’Iran, et au surlendemain de l’annonce, par Donald Trump, du retrait américain hors de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran. Ces deux événements posent à la fois la question du parapluie américain en Europe et celle de l’émancipation de la politique européenne par rapport aux États-Unis.

Or… quelques minutes avant la prise de parole d’Emmanuel Macron, Angela Merkel était revenue sur son credo régulier, qui finira bien un jour par nous arriver: le réarmement européen, c’est-à-dire la fin de l’Alliance Atlantique.

la politique étrangère européenne « n’en est encore qu’à ses débuts, car les conflits se jouent à nos portes et les Etats-Unis ne vont pas nous protéger, déclarait-elle. L’UE doit prendre son destin en main. Il s’agit d’une question de guerre ou de paix ».

Tel est bien le sujet de l’Europe aujourd’hui. Si une paix relative y règne (on interrogera les Serbes, les Bosniaques, les Ukrainiens, sur le sujet) depuis 70 ans, c’est évidemment grâce au parapluie nucléaire américain, et non grâce à ce monument d’impuissance politique et militaire qu’on appelle l’Union Européenne. Face à l’unilatéralisme grandissant des États-Unis, l’Europe commence à comprendre que le prix de ce parapluie est de moins en moins supportable.

Loin des fadaises et des bonbons au miel pacifistes d’Emmanuel Macron, Angela Merkel a un vrai projet pour l’Europe: celui de son réarmement. On voit bien que le temps de la Pax Americana est passé. Il faut se préparer à autre chose.

Manifestement, cette transition-là, les élites françaises, Emmanuel Macron en tête, ne sont pas prêts à la discuter, et même pas à l’imaginer. Ils en sont encore à la gnagnasserie fantasmée de l’Europe garante de la paix.

L’étrange silence de Macron sur la remilitarisation de l’Europe

Pour preuve, Emmanuel Macron n’a cessé de parler, durant son discours, de la « souveraineté européenne »: « Acceptons-nous la règle de l’autre ou la tyrannie des événements ou faisons-nous le choix de décider pour nous-mêmes de l’autonomie profonde et donc oui d’une souveraineté européenne ? » Cette question rhétorique au lendemain des décisions trumpiennes concernant l’Iran appelait évidemment une seule réponse: l’indépendance militaire de l’Europe, qui reste à construire.

Or, dans une injonction paradoxale dont il a le secret, Emmanuel Macron a appelé à tout, sauf à l’émancipation militaire de l’Union Européenne:

Alors, engageons-nous ensemble dans une Europe qui protège et qui porte cette ambition, une Europe du numérique et de la transformation énergétique et climatique, du renforcement de la zone euro, d’une politique commerciale plus protectrice et cohérente avec nos objectifs sanitaires et environnementaux, une politique migratoire plus unifiée, une convergence sociale, fiscale, démocratique, une politique de l’intelligence, de la recherche, de l’innovation avec cette méthode nouvelle, celle de la volonté et ce qui va sans doute avec celle d’une forme de prise de risque.

On retiendra cette brillante énumération des champs où l’Europe doit, selon Emmanuel Macron, aller de l’avant. Tous les domaines sont présents, sauf celui qu’Angela Merkel a suggéré: l’espace militaire. Cet oubli est pourtant dommageable car la question passionne Angela Merkel. Déjà, au sommet de Taormina en 2017, elle avait tenu des propos similaires. Régulièrement, Angela Merkel répète que l’Allemagne est prête à augmenter ses dépenses militaires.

On ajoutera que le nouvel ambassadeur des États-Unis en Allemagne a produit un tweet particulièrement transparent au lendemain de l’annonce de Trump sur l’accord nucléaire avec l’Iran: « Les entreprises allemandes présentes en Iran doivent cesser immédiatement leurs activités ». Ce genre de déclaration met d’ordinaire l’industrie allemande en émoi. De là à penser qu’il se prépare une guerre économique entre l’Allemagne et les États-Unis…

On aurait en tout cas apprécié qu’Emmanuel Macron saisisse sur ces sujets essentiels les perches qu’Angela Merkel lui tendaient. Manifestement, le Président français a préféré professer sa foi en l’Europe plutôt que de passer à l’acte.

Les injonctions paradoxales sur l’Europe d’Emmanuel Macron

C’est d’ailleurs ce qui est pratique dans les valeurs dominantes des élites françaises: agir concrètement y est peu valorisé (et même volontiers taxé de vulgarité), mais se perdre en d’innombrables déclarations d’intention sur le bien que vous voulez à l’humanité et sur la bienveillance que vous nourrissez pour toutes les bonnes causes à la mode vous vaut d’ordinaire de ronflants brevets de moralité. Les postures macroniennes sur l’Europe participent de cette forgerie politique où l’invocation de la bonne cause à tous les étages permet de se confronter à la triste réalité des choix politiques effectivement posés.

Ainsi, à Aix-la-Chapelle, Emmanuel Macron a lancé quelques pics à Angela Merkel, comme:

en Allemagne, il ne peut pas y avoir un fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux parce qu’ils sont toujours faits aux dépens de certains autres.

Personne ne peut évidemment contester cette réalité selon laquelle la coopération européenne profite majoritairement à l’Allemagne aujourd’hui. Et chacun sait que l’Allemagne maintient l’Europe dans un état qui lui profite. On remarquera seulement que, il y a trois ou quatre ans, lorsque la Grèce enchaînait les crises, dresser ce constat était taxé de populisme et de souverainisme de bas étage (l’auteur de ces lignes en garde des souvenirs encore très frais).

Tiens! tiens! en 2018, ce sont les ennemis du populisme qui tiennent ce discours. Mais supposons…

On peut dire beaucoup de mal de l’ordo-libéralisme allemand, il n’en demeure pas moins qu’il offre quelques avantages dont les tenants de la dépense publique en France feraient bien de s’inspirer. Ainsi découvre-t-on que, toute pingre et paupériste qu’elle soit, l’Allemagne a mis en place une politique sociale plus généreuse qu’en France. Par exemple:

L’Allemagne a mis en place en 2007, un congé parental offrant 67 % du salaire net, plafonné à 1800 euros par mois. Un quart des pères utilise ce droit.

Lorsque la Commission Européenne nous propose à nous, Français, grands mais de l’Europe, de prendre une directive pour améliorer le congé parental partout sur le continent – un congé qui profiterait aux hommes autant qu’aux femmes, que répond notre très europhile Président de la République? Non, cela coûterait trop cher.

Pourtant l’Allemagne dépense en proportion du PIB moins que la France en politiques sociales. Mais… ses dépenses sont manifestement plus rationnelles et plus productives. Alors que nous dépensons des milliards d’euros pour rembourser des placebos, nous n’avons pas les moyens de payer les vraies dépenses utiles.

En attendant, donc, nous qui donnons des leçons morales sur les bienfaits de l’Europe, nous sommes aussi les premiers à bloquer leur application au nom de la réduction des déficits que nous reprochons à l’Allemagne. Et nous qui regrettons qu’Angela Merkel ne s’empare pas de nos propositions sur l’Europe, nous sommes aussi les premiers à faire la sourde oreille sur les siennes.

Mais qu’importe ces injonctions paradoxales? L’essentiel n’est pas de faire le bien de l’Europe, mais de répéter à l’envi qu’on le souhaite ardemment.

11 commentaires

  1. Jiff dit

    « La construction européenne comme miracle de l’histoire contemporaine: voilà un tic de langage qui méritait d’être savouré longuement à Aix-la-Chapelle. »

    Je ne suis pas sûr que le terme « savourer » soit le bon, parce que la construction européenne n’est que la continuité de la Große Europa…

    « Angela Merkel était revenue sur son credo régulier, qui finira bien un jour par nous arriver: le réarmement européen, c’est-à-dire la fin de l’Alliance Atlantique. »

    L’article du monde met en exergue une chose, somme toute hilarante, puisque émanant du crétin kecéluikelchefff prétendant gouverner une présipipeauté infoutue d’avoir une balance commerciale équilibrée ne serait-ce que 2 ans d’affilée depuis +45 ans : « M. Macron s’est permis d’exhorter l’Allemagne et ses dirigeants à « prendre des risques », à ne « pas avoir peur » et à en finir avec ses « fétiches ». Le propos visait bien sûr les questions budgétaires et les excédents commerciaux. » – on va encore passer passer pour ce que nous sommes réellement, des fourmis donnant des conseils à la cigale.

    Pour le gâteux sous la cerise, on peut rajouter le fait que l’impétrant ait décidé d’aller très récemment bombarder la Syrie en notre nom, mais sans nous demander notre avis et surtout en contravention totale avec le droit international, sans présumer des préjudices qui nous retomberont automatiquement sur le museau par réaction – ça n’est plus de la myopie, c’est de l’aveuglement (bon, en même temps™, avec une fesse américaine collée sur chaque œil, on n’y voit pas grand chose…) – une fois de plus, sa dichotomie schizoïde a frappé fort.

    « l’Europe commence à comprendre que le prix de ce parapluie est de moins en moins supportable. »

    Vous la sentez bien, là, la dichotomie ?

    « Angela Merkel a un vrai projet pour l’Europe: celui de son réarmement. »

    Oui, hein, charité bien ordonnée commençant par soi-même, puisque les BE Allemands planchent depuis un bon moment sur les armes de demain, ça serait ballot de ne pas en faire profiter les autres contre espèces sonnantes et trébuchantes (enfin, surtout sonnantes chez eux et trébuchantes chez nous.)

    « Ils en sont encore à la gnagnasserie fantasmée de l’Europe garante de la paix. »

    M’enfin, faut les comprendre ! Ils n’ont pas été upgradés depuis l’initialisation et en sont encore à la version 0.0.0-1b (‘b’ pour bêta, évidemment) – c’est là toute la différence avec les parlementaires 2.0, ceux qui prennent le vélo, le métro et le bus avec leurs administrés et achètent eux-même leur baguette chez le boulanger – ça ne parait rien, dit comme ça, mais c’est toute la différence entre être près du peuple, ou du moins comprendre relativement facilement ses préoccupations, et se trouver sur un piédestal, la tête dans les nuages (c’est peut-être d’ailleurs la raison pour laquelle ils ne légalisent pas le cannabis : l’hypoxie de la hauteur leur suffit.)

    « De là à penser qu’il se prépare une guerre économique entre l’Allemagne et les États-Unis… »

    Ça pourrait devenir rigolo, d’autant plus que question nuisances, il est loin d’être certain que ce soient les usa qui en sortent gagnants – car c’est bien là le revers de la médaille de la mondialisation : tout le monde dépend des autres (au hasard, Boeing de Latécoère ou de Safran, et une bonne part de ses sous-traitants, des machines-outils Allemandes…), ce qui fait qu’en cas de conflit commercial, tout le monde sera perdant sans exception – plutôt pas mal en terme d’égalité ! ;-D

    « Manifestement, le Président français a préféré professer sa foi en l’Europe plutôt que de passer à l’acte. »

    Position de repli habituelle du ponck cultivé hors-sol (pléonasme voulu.)

    « il y a trois ou quatre ans, lorsque la Grèce enchaînait les crises, dresser ce constat était taxé de populisme et de souverainisme de bas étage (l’auteur de ces lignes en garde des souvenirs encore très frais). »

    On dirait que ça vous a touché ? Je ne vois pas pourquoi, le populisme n’a rien de honteux si l’on s’en tient à sa signification première et « souverainisme de bas étage » ne veut strictement rien dire, on est souverainiste oupas – bon, il est vrai que dans un pays où l’on appelle les mobiles cellulaires des portables, les e-mails des… méls (dont il faudra bien un jour qu’on m’explique d’où sort la racine étymologique) et où l’on a échappé de très peu à « tourne-disque » (pour « hard disk ») sans couper au « milieu aquatique profond standardisé », les mots ne veulent plus rien dire¹, mais contrairement à tous les autres, vous-avez la tête sur les épaules et vous-êtes sensiblement plus solide, non !?

    « Tiens! tiens! en 2018, ce sont les ennemis du populisme qui tiennent ce discours. Mais supposons… »

    Des aficionados de M.Audiard, sans con-teste.

    « congé parental »

    À ce sujet, je viens de tomber sur une perle de toute beauté (notez l’écart de… 21 jours entre les 2 articles) qui met l’accent sur la totale sincérité ainsi que la haute probité des institutions franchouillardes (ahemm, kof, kof, theu, theu, theuuuuu !) : http://www.lefigaro.fr/emploi/2016/03/03/09005-20160303ARTFIG00154-les-hommes-toujours-peu-enclins-au-conge-parental.php et 3 semaines plus tard : http://www.lefigaro.fr/emploi/2016/03/25/09005-20160325ARTFIG00095-sept-peres-sur-dix-prennent-leur-conge-paternite.php

    Ahhh, que les mathématiques des statistiques sont douces, souples et malléables pour ainsi permettre de passer de 4% à 70% en 3 semaines chrono ! Comme le disait si bien W.Churchill…
    On devrait confier les stats du chômage à ceux-là, je parie qu’en un trimestre ou deux, les chiffres deviendraient négatifs. ;-p)

    « un congé qui profiterait aux hommes autant qu’aux femmes, que répond notre très europhile Président de la République? Non, cela coûterait trop cher. »

    Est-ce bien là la véritable raison, ou ne serait-ce tout simplement pas parce que l’idée n’a pas germée dans le bocal d’un technocrate du cru ?

    Et pourtant, si l’on met en balance le bien-être que cela procure avec la croissance fulgurante des maladies psycho-somatiques, il apparaît que la chose rapporterait au final, un genre d’investissement à long terme dans la santé en quelque sorte – mais bon, pour voir ça, il faudrait avoir un horizon qui dépasse le terme d’un mandat électoral, pas le genre de la maison.

    « L’essentiel n’est pas de faire le bien de l’Europe, mais de répéter à l’envi qu’on le souhaite ardemment. »

    Les couillons qui nous dirigent font dans le figuratif pointilliste, quand nos voisins sont dans l’hyper-réalisme – et en plus de s’écouter parler, nos boulets sont également experts quand il s’agit de ne surtout pas prendre les vrais problèmes à bras le corps.

    Décidément, il ne suffira pas de partir, mais il faudra également changer de couleur de passeport pour se sauver définitivement du papier tue-mouches français…

    ——
    ¹ – Et quand les mots perdent leur sens, les gens perdent leurs libertés… ce qui se vérifie presque chaque jour ici.

    • Sémaphore dit

      Il me semble que ce sont plutôt les cigales grançaises qui aiment à conseiller les fourmis allemandes sur l’art de faire des prévisions et des provisions… (peut-être dans l’espoir de mieux les piller ensuite en larmoyant sur le manque de coeur de ces (vilaines) fourmis…

    • Jiff dit

      Bon ben je ne me suis pas trop trompé, question réaction, vu ce qui passe actuellement sur bfmwc.

      Maintenant, vu que le 1er sinistre évoque en ce moment même une vitesse de réaction inférieure à 10′ entre appel à police secours et arrivée des flics en place, j’aimerai qu’on m’explique comment il est possible que l’on on ait eu aucune réaction, ni déplacement, ni même blocage du quartier lors de l’assassinat des gens de Charlie Hedbo……… étonnant, non ?!

  2. Citoyen dit

    Ah, les injonctions paradoxales,… qui passées à travers le filtre du programme « tout et son contraire », deviennent paradoxalement lumineuses ….

    « La construction européenne comme miracle de l’histoire contemporaine » …
    Ben, vu qu’ils n’ont pas grand chose d’autre de disponible sous la main, ils essaient de se raccrocher où ils peuvent …. Quitte à utiliser les mauvaises raisons, pour justificatifs, à défaut d’en trouver des bonnes.
    Quant à imaginer une défense Européenne, qui va avec une diplomatie Européenne, quand l’UE n’est même pas foutue de traiter correctement, entre tous ses membres, de menus problèmes comme celui de l’invasion migratoire, n’est pas paradoxal, mais surréaliste !…. il ne faut pas essayer de péter plus haut que son cul … sinon, on peut tomber de haut …
    Mais il faut bien brasser du vent dans les grandes réunions … Sinon, il n’y aurait pas grand chose à dire, pour justifier les dites réunions … et les petits fours qui vont avec …

  3. Pierre dit

    Réglé comme du papier à musique.

    L’exécutif en difficulté ? Jupiton qui tremble ?

    Pouf… « Daesch-pour-vous-servir » passe à l’action !

    Une attaque terroriste… au couteau à Paris.

    Un bilan grotesque : 1 mort et 4 blessés (à Marseille, en banlieue parisienne, c’est chaque soir ce bilan).

    Mais immédiatement les cafards rappliquent (grâce à Twitter et BFM) : « Daesch » qui se fend d’un communiqué, bien sympa, Hollande (le revenant gluant !), Macron, Pécresse, Wauquiez… et même Hidalgo (mais oui). La maîtresse de la Tour Eiffel (on attend toujours le son et lumières) déclare : « Ce soir, notre ville a été meurtrie ».

    Complètement démente la mémère.

    Manque plus que les drapeaux en berne.

    Bref, une bonne hystérie, mise en scène. Et qui sert objectivement le pouvoir, les pouvoirs.

    Rien n’est fortuit.

    Sauf que la dissonance cognitive est difficilement soutenable… Encore une fois un mec qui plante un autre mec, c’est banal, même en criant Allahsnackbar.

    Bref. On attend au minimum un « camion fou » (plusieurs dizaines de morts), ou encore « la voiture piégée », voire le summum, un « attentat suicide ».

    Hollande en a bien profité après 2 ans de descente aux enfers.

    Macron va en avoir bien besoin aussi.

    • Jiff dit

      Vous-avez, comme souvent, une saine vision de la situation, Pierre – et raison en annonçant que c’est loin d’être fini (il faut dire que le terroriste à 2 balles, c’est pas cher \o/)

  4. Philippe Dubois dit

    « Angela Merkel a un vrai projet pour l’Europe : celui de son réarmement »
    Même remarque que Jiff : 12 mai 2018 à 16 h 51 min

    Avec un plus : si mémère peut en bonus faire main basse sur les quelques joyaux qui restent encore de l’industrie de défense française que jupinet lui braderait avec joie au nom d’une prétendue taille critique ou autre foutaise, pourquoi se gêner.
    Rappelez vous les déclaration de Sylvie Goulard, éphémère première ministre des armées de jupinet.

    Donc, pour l’instant, je préfère que jupinet demeure prisonnier de ses chimères et que la France garde Thalès, Safran et Dassault.
    Cela dit, je suis partisan d’une véritable industrie européenne de défense, mais sans pillage des entreprises françaises

    • Jiff dit

      Je vous suis, Philippe, et sans restrictions (pas de trop près, hein ! Des fois que vous vous fassiez des idées, bonnes ou mauvaises;-p), et comme c’est quelque chose qui fonctionne très bien avec Airbus, il serait idiot de ne pas reprendre le même type d’organisation.

      Ce qui ne peut vouloir dire qu’une seule chose : si ça doit se faire, ça virera illico au fiasco grâce à la france, qui voudra bien évidemment « innover » (lire: tenter de recaser en loucedé et avec une malice cousue de fil blanc un gros tas d’abrutis irrécupérables dans des jobs de pointe où ils n’ont rien à faire, mais où il-y-a des salaires > €50k/mois) – ce que Mémerkel et ses sinistres ne manqueront pas de pointer sévèrement du doigt et qui fera reculer le projet d’une quinzaine d’années, si tant est qu’il y survive.

      Et si ça finit par se faire, il-y-a 95% de chances que ça vire comme vous le redoutez, ne serait-ce que parce que l’Allemagne y travaille depuis bien avant la fin de son interdiction d’y toucher (datant de WWII) et est donc beaucoup plus avancée que les gens ne le croient, mais qu’elle manque cruellement de l’un des éléments de réussite essentiels dans le domaine de l’armement, la pratique.

  5. serge dit

    On va bien voir le positionnement que notre monarque va avoir pour le cas de l’Italie qui semble basculer vers le « populisme » et que l’UE (plus prosaïquement l’Allemagne) devrait castagner gravement. A l’instar de la Grèce, avant, dont on a vu et Sarkozy et Hollande, ne pas trop tenter de les aider.

  6. Assez bien vu, mais vous oubliez le fameux « Allons, la France a changé! » parfaitement et évidemment faux (aucune réforme véritable, aucun effet de celles ci, et surtout une dette abyssale, une absence flagrante et remarquée d’économies quelconques, des impôts en hausse et un déficit structurel en augmentation inquiétante). Tout ça, et cela est manifeste, pour demander de l’argent. C’est la raison du fédéralisme de Macron: renoncez au fétichisme de vos déficits zéros, j’ai besoin de votre pognon.
    La réponse évidemment est NEIN (l’ex ministre de Hollande n’a toujours pas changé de disque, et on l’a vu venir). Des sourires navrés et polis, des mains molles et des soupirs: la seconde économie de la zone Euro est toujours aussi lamentable, ridicule, vantarde et honteuse. Cela s’appelle la France, et les fransozen on les connait depuis longtemps: Hitler voulait déjà faire de ça un bronze cul et un bordel et il avait raison.

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