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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Mauvaise saison fiscale en perspective pour les entrepreneurs

En apparence, les annonces du gouvernement en faveur des entrepreneurs, qui inaugurent la saison fiscale ce vendredi, sont une bonne nouvelle. Il faut toutefois les replacer dans leur contexte global et mesurer ce que les entreprises vont perdre dans les prochains mois.

Une saison fiscale décevante pour l’IS, moins pour le CICE

Ce vendredi, Michel Sapin a annoncé une baisse de l’impôt sur les sociétés et une augmentation du crédit d’impôt compétitivité entreprise (CICE).

Dans la pratique, l’IS devrait baisser à 28% pour les PME jusqu’à 75.000€ de bénéfices. Cette mesure semblera très modeste pour 2017. Le gouvernement prévoit une extension progressive de la mesure à l’ensemble des entreprises et des bénéfices… en 2020. Le délai laisse songeur car, en l’état, rien ne prouve que la majorité actuelle sera confirmée en 2017. Bien au contraire.

Le CICE passera à 7% en 2017, soit un surcoût de 3,3 milliards €.

Les mesures qui disparaissent dans la saison fiscale

Parallèlement à ces encouragements fiscaux, les entrepreneurs n’oublieront pas les mesures qui sont conséquemment passées à la trappe. En particulier, l’augmentation du CICE se substitue aux autres mesures annoncées dans le cadre du pacte de responsabilité, comme la suppression de la C3S.

En soi, rappelons-le, la suppression de la C3S n’était pas une bonne nouvelle. Cette contribution est supposée équilibrer le RSI. Sa suppression entraînerait automatiquement la fusion du RSI avec le régime général, là où la fin du monopole du RSI sur la protection sociale des chefs d’entreprise est préférable. Il n’en reste pas moins que ces annonces apportent un bien-être à relativiser par rapport aux annonces initiales.

Le débat sur le prélèvement à la source fait rage

Les entreprises gagneraient aussi à se préoccuper de façon encore plus tenace du prélèvement à la source. Dans la pratique, elles vont, sans compensation, se substituer à l’Etat pour collecter un impôt difficile à comprendre. Le prélèvement à la source ne dispensera pas le salarié d’une déclaration annuelle de revenus, et l’élasticité à la baisse des montants est loin d’être acquise.

Dans la pratique, l’Etat prépare donc l’externalisation partielle de l’une de ses missions auprès des entreprises, avec quelques objectifs simples. En particulier, c’est le chef d’entreprise qui sera désormais le premier à expliquer les baisses de rémunération dues à des variations fiscales, comme ils avaient dû expliquer les baisses de rémunération lors de la refiscalisation des heures supplémentaires.

On notera que la CGPME s’investit dans ce dossier.

Les patrons en ont ras-le-bol de la fiscalité…

Toutes ces annonces interviennent dans un cadre où l’impôt est fortement remis en cause par les entrepreneurs. Un baromètre Fiducial a permis de la vérifier. 81% des petits patrons français jugent la fiscalité inéquitable, et 68% la jugent confiscatoire. 83% d’entre eux sont convaincus qu’aucune baisse véritable d’impôt n’interviendra en 2017. Ces quelques chiffres prouvent bien toute la désillusion qui frappe les entrepreneurs et toute la rupture qui sépare de plus en plus les entreprises et la société française.

… que plus personne ne comprend

Au passage, les questions fiscales sont loin d’avoir livré tous leurs secrets. Un rapport de la commission européenne révèle cette semaine que les Etats membres n’ont pas collecté 14% de la TVA qui leur revenait (160 milliards d’euros en tout). Cette différence ne tient pas seulement à la fraude. Elle est aussi due aux faillites, à l’évasion fiscale et aux erreurs de calcul. La France se situe dans la moyenne européenne.

Bref, la perte de TVA illustre le vieillissement de notre fiscalité et son inadaptation à la réalité de l’appareil économique.

Le deux poids deux mesures fiscal

Accessoirement, la polémique a continué sur la fiscalité des entreprises transnationales dont Apple constitue désormais la caricature. L’Irlande a interjeté un appel contre le redressement de 13 milliards d’euros décidé par la Commission Européenne. Cet étrange conflit nourrit l’idée que la fiscalité applicable aux petites entreprises ne peut être aussi clémente que la fiscalité applicable aux mastodontes américains. Ces circonstances ne favorisent pas le consentement à l’impôt.

La production industrielle en baisse

Dans ce grand désordre fiscal, l’activité économique continue à être chaotique. Au mois de juillet, la production manufacturière a diminué de 0,3%, après un mauvais mois de juin où elle avait baissé de 1,1%. Ces indicateurs confirment la mauvaise santé du pays et laissent planer un doute sur la capacité de l’économie française à retrouver le chemin de la croissance.

Pourquoi une vraie réforme fiscale est urgente

L’absence d’une vraie réforme fiscale sous François Hollande constitue l’une des taches majeures qui souille le quinquennat, même si certains se réjouiront de n’avoir pas vu la gauche s’occuper de ce sujet hautement sensible.

La réforme fiscale préemptée par Piketty

Il y avait en effet fort à craindre de la réforme fiscale que Thomas Piketty avait entendu inspirer ou influencer au moment où la gauche a préparé son programme, en 2011. Rappelons en effet que, dans l’esprit d’un Piketty, l’impôt est le seul moyen de lutte contre les inégalités et que la doctrine fiscale doit être dominée par une préoccupation de redistribution.

Les économistes ne soulignent pas assez que la première utilité de l’impôt n’est certainement pas de redistribuer les richesses, mais bien de financer les dépenses publiques. Dans cette visée, l’impôt doit être simple, juste et efficace. Et c’est bien aujourd’hui le principal vice de notre système fiscal que de ne pas parvenir à financer de façon satisfaisante et acceptable les dépenses du secteur public. Le déficit public le prouve.

Pour un impôt efficace

Là encore, rappelons des évidences et enfonçons des portes ouvertes. L’impôt, en France, est un mille-feuilles absolument inefficace, dont le coût de collecte est élevé (le budget de la DGFIP approche les 10 milliards€), avec des bizarreries qui en montrent l’absurdité. L’impôt sur le revenu n’est acquitté que par 45% des foyers fiscaux. Quant aux entreprises, elles sont assujetties à 233 impôts différents!

Mais l’affaire Apple a montré que, malgré cette variété d’impôts, les trous dans la raquette sont nombreux, et certaines activités très lucratives ne sont tout simplement pas taxées…

14% des recettes de TVA ne sont pas collectées

Ajoutons enfin qu’un rapport de la Commission européenne permet de savoir que, chaque année, en Europe, ce sont 160 milliards € de TVA qui ne sont pas collectés, dont plusieurs milliards en France. Autrement dit, la fraude fiscale, même dans le domaine de la TVA, est un élément important, chiffré, pour cette taxe en France, à 14% du potentiel fiscal (ce qui est dans la moyenne européenne). Preuve est donc faite que même la TVA n’atteint pas pleinement son objectif ni sa capacité à financer les dépenses publiques.

Pour un impôt simple

L’exemple de l’impôt sur les sociétés (qui est un impôt sur les bénéfices) rappelle la grande caractéristique de la débile fiscalité française: des taux élevés mais des assiettes restreintes. Manuel Valls a annoncé cet été une baisse de l’IS pour les PME qui devrait se traduire par la création d’un troisième taux d’imposition (en plus des 30% pour les grandes entreprises et des 15% pour les petites). Voici comment une réforme positive dans son esprit se transforme en un cauchemar pour les entreprises, dans la mesure où le patron craint autant la complexité que la taxation.

La simplicité fiscale est un objectif en soi, qui mériterait d’être foncièrement mis en exergue.

La mort du consentement à l’impôt

Faute d’une fiscalité simple qui finance efficacement les dépenses publiques, le consentement à l’impôt est désormais fortement vicié. Le baromètre Fiducial l’a montré, en soulignant la perception extrêmement négative que les patrons peuvent avoir de la fiscalité en France aujourd’hui. 68% des patrons jugent la fiscalité totalement confiscatoire.

Pour la démocratie, la mort du consentement à l’impôt constitue un véritable danger.

Pour une réforme urgente

Tout ceci plaide donc pour qu’une réforme vertueuse voit le jour rapidement. Cette réforme ne doit pas être obsédée par la question de la redistribution des richesses, mais plutôt par la question du financement des dépenses publiques. Son objectif doit être l’efficacité et la simplicité. Il faut donner à l’administration les moyens d’agir à travers un système de taxation que tous les Français comprennent et acceptent.

Les règles de cette réforme sont connues d’avance: il faut un moins grand nombre d’impôts mais qu’ils soient plus généraux. Il faut des taux moins élevés mais des assiettes plus larges.

Malheureusement, ce débat salutaire et cette vision d’avenir, nous savons tous qu’ils ne seront pas le fait de 2017.

Hollande entame la distribution de champignons hallucinogènes

François Hollande a prononcé son premier discours de campagne aujourd’hui depuis la salle Wagram, qui fut en son temps un lieu de bals mondains. Il faut avoir entendu François Hollande expliquer que la France était sur la voie du redressement économique pour comprendre la maldonne de ce discours: bien entendu, il ne s’agit pas (une fois de plus!) de parler de la France et de son destin réel, mais de prononcer quelques formules magiques supposées maintenir les Français dans un état de transe extatique…

Hollande et le redressement économique

Il paraît (selon François Hollande) que la France est sur la voie du redressement économique et qu’elle fait briller dans les yeux du monde entier de petites lueurs d’envie. Nous avons même eu droit à un délire impressionnant sur la notion d’identité, qui n’existerait pas vraiment, et sur l’amour universel que nous inspirerions, avec toutes nos grandes réussites mondiales, notamment notre démographie galopante qui nous permet de figurer parmi les puissances d’avenir et les vertus de la construction européenne.

On avait l’impression de dîner dans les beaux quartiers parisiens, et d’entendre les considérations mondaines les plus plates sur ce qui se passe au-delà du périphérique. Et une fois de plus les Français ont compris que François Hollande ne savait pas vraiment ce qui s’y passait.

Le mythe tenace du redressement économique

Bien évidemment que non! il n’y a pas de redressement économique en France. Il suffit, là encore, de lire les résultats du baromètre Fiducial et Ifop pour comprendre que, non seulement la grogne chez les chefs d’entreprise est ancrée, mais qu’elle comporte une forte dose de totale désillusion. 83% des chefs d’entreprise ne croient pas un seul instant que le prochain gouvernement baissera les impôts, et une écrasante majorité d’entre eux considère que la fiscalité est confiscatoire.

Dans un paysage aussi dévasté, où la rupture est consommée entre les chefs d’entreprise et le pouvoir, comment François Hollande peut-il vanter le « redressement économique »?

La catastrophe familiale française

S’agissant de la démographie, on ne rappellera pas ici le leurre que les chiffres officiels constituent. Si beaucoup d’enfants naissent en France, ce sont majoritairement des enfants d’étrangers reconnus Français par le droit du sol. La situation de la France n’est donc pas meilleure que celle de l’Allemagne.

Qui plus est, dès son accession au pouvoir, François Hollande a abondamment tapé sur les familles moyennes, jusqu’à y réduire la natalité. Les avantages fiscaux que les classes moyennes pouvaient avoir en faisant des enfants ont disparu les uns après les autres. Vanter les mérites de notre démographie après les avoir combattus aussi vaillamment relève donc de la parfaite imposture.

Encore un couplet sur l’Europe

Le discours de Hollande a permis par ailleurs d’en remettre une couche sur le catéchisme eurolatre qui semble une fois de plus déconnecté de la réalité. Faut-il rappeler que nous sortons d’un Brexit et que nous découvrons que le premier bienfait de l’Union consiste à organiser la défiscalisation en bonne et due forme des entreprises les plus riches du monde?

C’est pourtant le moment que François Hollande choisit pour réciter ses antiennes à rebours de la réalité. Et pour tordre le cou aux rumeurs, ce n’est pas l’Union Européenne qui a garanti la paix en Europe depuis 1945, mais la confrontation entre le bloc soviétique et le bloc capitaliste, sous les auspices d’une bombe atomique qui a calmé les ardeurs de tout le monde.

Les élites coupées des réalités

Plus que jamais, le discours de François Hollande est donc tombé à plat pour tous ceux qui l’ont écouté avec une oreille critique. Il parlait d’une France qui n’existe plus et qui se résume à un empilement de clichés dépassés depuis une dizaine d’années. C’est à peu près le rythme auquel ceux qui lui ont écrit son discours franchissent le périphérique.

L’abus de champignons hallucinogènes est mauvais pour la santé.

Terrorisme: au nom de ceux qui ne sont pas morts hier

On apprend ce matin que le terrorisme aurait probablement pu frapper cette semaine dans Paris. Selon le Figaro, largement repris, une 607 rempli de bonbonnes de gaz est restée stationnée, dimanche, pendant deux heures dans le quartier très touristique de la Huchette, face à la Préfecture de Police. La police a procédé à son enlèvement et à une série d’interpellations.

Il ne me paraît pas inutile d’assortir cette informations de quelques commentaires au nom de tous ceux qui ne sont pas morts dans l’explosion probable de cette voiture.

L’autre sensation quand on y était

Il se trouve que, dimanche après-midi, je me suis promené dans ce quartier avec ma fille de 3 ans. C’est bête à dire, mais le terrorisme, tant qu’il est loin de notre vie, ne nous concerne pas. Ceux qui fréquentent le quartier de la République les soirs de week-end (ce qui est mon cas) l’ont compris le soir du 13 novembre: chacun s’est dit, ce jour-là, le bonheur ou la chance qu’il a eue de ne pas s’être trouvé au Petit Cambodge au mauvais moment.

Je me dis, comme beaucoup, la même chose à propos de la 607 de la Huchette. J’y étais et, si des terroristes avaient branché des détonateurs, j’aurais pu y mourir avec ma fille. Et j’ai eu la chance que cela ne se produise pas.

Quelques mots sur la question du voile et de la burkini face au terrorisme

Tant qu’on ne contemple pas son enfant en se disant: « Ouf! elle y a échappé! », on ne peut rien comprendre à la question du voile telle qu’elle se pose aujourd’hui en France. Ou à celle de la burkini. Pour une raison simple: dans mon quartier populaire de Belleville, des filles qui ne portaient pas le voile avant les attentats le portent désormais. Je comprends bien leur message: elles ont choisi leur camp, et leur camp est celui qui aurait tout à fait pu tuer ma fille.

Quand j’étais enfant, ma grand-mère me parlait parfois du mouvement Rex, en Belgique. Dans les années 30, on pouvait être d’extrême droite pour tout un tas de raisons. Mais même les petites gens comme ma grand-mère savaient, après la nuit de Cristal, que porter en Belgique des insignes qui rappelaient ceux qui avaient commis ce crime en Allemagne n’était pas anodin. C’était un signe de ralliement. Comme décider de porter le voile après Charlie Hebdo et le 13 novembre est un signe de ralliement.

Et, dans l’Histoire, qui est toujours tragique, il faut savoir choisir son camp et l’assumer.

Reparlons de la loi sur le renseignement

Dans la foulée de Charlie Hebdo, les services secrets ont obtenu du gouvernement une loi scélérate et liberticide que j’ai beaucoup critiquée. Je reste opposé à cette loi, et l’événement de la 607 me conforte dans ce jugement. Une fois de plus, la police n’a rien vu, rien empêché, rien arrêté. Chaque jour, des centaines d’espions violent nos libertés, fouillent notre vie privée sur Internet, sans aucun contrôle ou presque, et malgré cette débauche de moyens, une voiture bourrée d’explosifs peut rester stationnée pendant deux heures à 100 mètres de la Préfecture de Police sans que rien ne se passe.

Dans le cas de la 607, il a fallu plusieurs coups de téléphone d’un commerçant pour que la police intervienne. Sans l’obstination des citoyens, le terrorisme ferait des ravages, malgré les centaines de millions supplémentaires donnés à nos services d’espionnage pour lutter contre lui.

Une fois de plus, je plaide en faveur l’abrogation de cette loi scélérate et inutile pour lutter contre le terrorisme.

Il faut un vrai ministre capable de mettre les policiers au travail

Une fois de plus, un commerçant s’est obstiné à appeler la police pour intervenir dans une rue située, je le répète, à cent mètres de la préfecture de police et à trois cents mètres du commissariat du Vè arrondissement, dont les sureffectifs sont bien connus. Mais la police, même dans les quartiers chics, est debout sur le frein et considère que les citoyens ne représentent même pas la portion congrue dont il faut tenir compte.

La surdité de la police face à la société française devient insupportable. Il est incompréhensible que ces fonctionnaires chaleureusement applaudis le 11 janvier 2015 n’aient pas saisi la balle au bond pour redorer leur blason. Même les mieux intentionnés ne trouvent plus de mots pour qualifier le jemenfoutisme intégral des agents en tenue lorsque les citoyens les sollicitent.

Je m’en suis amusé récemment: l’une de mes voisines, pourtant très disciplinée et très respectueuse des institutions, a voulu porter plainte dans le 19è arrondissement pour s’être fait pirater tous ses comptes sur Internet. Arrivée à 15 heures au commissariat, elle a dû insister pour pouvoir porter plainte. Elle a été reçue… à 23 heures, après avoir été menacée de poursuite pour outrage à agent parce qu’elle protestait contre ces délais d’attente.

Telle est la police à Paris: elle fait la guerre aux citoyens honnêtes et se fait détester d’eux. Ce laxisme du service public est insupportable.

Citoyens, formez vos bataillons

L’affaire de la 607 nous redit ce que mes lecteurs lisent souvent sous ma plume: la plus grand force de la France, dans sa guerre contre le terrorisme, ce sont les Français eux-mêmes, ce peuple magnifique qui peut tout lorsqu’il le veut. Face au laxisme d’Etat, face aux délires d’un « vivre ensemble » qui se résume à un immense aveu de faiblesse dans la lutte contre l’ennemi, le moment approche où les citoyens n’auront plus qu’une solution: former leurs bataillons et forcer la main à leurs institutions pour qu’elles accomplissent leur mission.

Le MEDEF est-il pour ou contre la liberté syndicale des patrons?

Au chapitre des contradictions inhérentes au corporatisme français, la question de la liberté syndicale des patrons français mérite une mention particulière. L’interview (ci-dessous) de Jean-Claude Volot, vice-président du MEDEF, qui nous a fait l’amitié de témoigner en toute liberté sur le sujet, le montre de façon limpide.

La liberté syndicale des patrons en question

Officiellement, la liberté syndicale existe, même pour les patrons. Elle autorise donc chaque dirigeant d’entreprise, qu’il soit employeur ou non, à rejoindre l’organisation syndicale de son choix, et à la financer. Tel est le côté face de la pièce de monnaie patronale.

Mais… il y a un côté pile: la loi du 6 mars 2014 a instauré une cotisation patronale pour le financement du paritarisme qui oblige tous les employeurs de France à financer le MEDEF et la CGPME et l’UPA, même s’ils n’y sont pas adhérents. Accessoirement, cette cotisation profite aussi à la CGT, à la CFDT, à la CFTC, à la CGC et à FO. En tout, ce sont 113 millions d’euros qui profitent à tout ce petit monde.

Ce système pose évidemment un problème politique simple et concret: pourquoi chaque employeur est-il obligé de financer une organisation patronale qu’il n’a pas choisie?

Le sujet de la GFPN

Pour gérer cette cotisation patronale, le gouvernement a encouragé la création de la GFPN, présidée par Jean-Claude Volot, patron libéral et sans langue de bois dont l’interview ci-dessous est éloquente. La GFPN est l’un des rouages immenses de cette constellation paritaire à laquelle ce blog va consacrer une série sur plusieurs jours.

Peu de Français, et singulièrement peu de salariés et d’employeurs mesurent le volume exacte de cette constellation qui prétend représenter leurs intérêts et assurer leur bien-être malgré eux. La visite vaut pourtant le détour: le paritarisme est un univers en expansion permanente, et les partenaires sociaux sont d’une imagination insatiable dès qu’il s’agit de monter des usines à gaz qui permettent de détenir des mandats, des présidences, des vice-présidences, tout accompagnées d’une carte de visite ronflante.

L’économie française se meurt, mais les généraux de l’armée mexicaine trouvent chaque jour une nouvelle épaulette ou une nouvelle médaille à s’accrocher sur le torse!

 

 

Baisse d’impôts ou sale temps pour la démocratie?

Article écrit pour le Figaro.fr

Jeudi, Michel Sapin devrait annoncer une baisse d’impôts pour les classes moyennes et autres électeurs potentiels que François Hollande aimerait reconquérir. L’information est tout sauf une surprise, puisque François Hollande avait expliqué depuis plusieurs mois qu’après l’effort viendrait le temps du partage. C’était signé: après avoir fortement augmenté les impôts, des baisses entoureraient les élections et les nouvelles promesses qu’elles suscitent.

Le populisme imbécile de Michel Sapin

Il fut un temps où faire de la politique pouvait rimer avec dignité. L’élu qui aurait alors osé expliquer clairement que le « tempo » de son mandat serait organisé autour de cette grotesque promesse électorale appelée « baisse d’impôts » aurait perdu toute crédibilité. Il faut que la France ait fait un grand bond en arrière pour n’avoir plus honte de porter aux magistratures suprêmes des édiles qui ne cachent plus leur populisme: pendant le mandat, on fait ce qu’on veut, à l’approche des élections, on baisse les impôts pour plaire au peuple. Et on repart pour un tour.

Nous avions l’habitude de voir les élus locaux pratiquer de la sorte, en particulier les maires qui organisent la dépense publique autour de leur réélection. Mais un président de la République! c’est le côté corrézien de François Hollande… on préside l’une des premières puissances du monde, mais on la pense comme une commune rurale.

Reste que tous ces populistes qui croient qu’on achète son élection à coups de chèques cadeaux envoyés par le fisc ne manquent pas d’utiliser ce mot de « populiste » pour discréditer tous ceux qui ont le malheur de parler des vrais problèmes de notre temps.

Michel Sapin quittera, quoiqu’il arrive, un jour, la vie politique nimbé de cette désastreuse image d’un populisme imbécile qui lui colle si bien à la peau.

Hollande fâché avec les valeurs de la gauche

On se souviendra aussi qu’à une époque pas si lointaine, on reconnaissait un militant de gauche à sa fierté de payer des impôts. Et vas-y que je place dans toutes les conversations: l’impôt est vertueux! l’impôt finance le service public! et vas-y encore que je dénonce l’anarchisme de droite allergique à toute forme de contribution à l’effort collectif par l’impôt.

Jean-Marc Ayrault, en son temps, avait déjà monté une opération complexe pour diminuer au maximum le nombre d’assujettis à l’impôt sur le revenu. Comme si l’imposition directe était une tare, ou le signe d’appartenance à une caste de maudits. Michel Sapin prend sa suite: payer l’impôt doit être réservé à une minorité.

Et telle est, probablement, la meilleure manifestation du populisme hollandiste. En rupture avec toutes les valeurs de la gauche, l’équipe au pouvoir poursuit sa lancinante suggestion selon laquelle l’impôt est mauvais et doit être contourné, ou évité.

Un effondrement global de la classe politique?

Quelques jours auparavant, Hollande aura demandé au Parquet de lancer sa boule puante sur l’affaire Bygmalion. Et brutalement se dessine une campagne présidentielle sordide, faite de discours « lourds » dans tous les sens du terme. Peu à peu, la vie politique française se déplace dans les basses couches de la conscience.

Des plans pour le pays? une vision d’avenir? des ambitions? par exemple, quelle méthode pour remettre la performance éducative au coeur de l’Education Nationale? quelle méthode pour améliorer le classement de nos universités? comment redonner le goût d’exporter à nos entreprises? comment réformer l’Etat pour activer la dépense publique? comment réformer la protection sociale?

Bien sûr, sur tous ces sujets, il y a, de gauche comme de droite, des postures et des slogans, des paragraphes insipides dans des programmes que personne ne lit. Mais ils ne pèsent guère par rapport aux bonnes grosses ficelles de la politique à l’ancienne. Et ce sont celles-là qu’on actionne: les attaques sous la ceinture sur les affaires judiciaires, les promesses intenables de raser gratis, les emporte-pièces d’autant plus simplistes que le vide idéologique (au sens noble) qu’ils dissimulent est grand.

Et tous ces gens, répétons-le, distribuent à tire-larigot du « populiste » et du « démagogique » au monde qui les entoure.

La République est-elle roulée dans la fange?

Ironie du sort: au moment où ce désolant spectacle est offert aux citoyens français, des affaires glauques défrayent l’actualité. Ici, c’est un député européen interpellé dans un grand magasin populaire en pleine masturbation face à des enfants. Ailleurs, c’est un élu local découvert mort chez lui probablement à l’occasion d’une session sado-masochiste.

Je relis ici les thuriféraires d’un système à bout de souffle expliquer qu’il faut tuer les messagers. Par exemple, Laurent Berger, leader de la CFDT, explique à qui veut l’entendre que la montée du Front National est due à un tel ou à un tel. Ce bla-bla est bien connu: pour régler les problèmes, il suffit de ne pas en parler et de ne jamais les voir. Simplement, un nombre grandissant de Français vit au milieu de ces problèmes et les supporte de moins en moins. Et ne tolère tout simplement plus cette espèce de tabou moralisateur qui leur interdit de le dire.

Et ça, pour la démocratie, c’est mortel.

Santé: la gauche va-t-elle punir ceux qui font vivre le système?

La DREES a publié aujourd’hui les comptes de la santé pour 2015. Elle s’est fendue d’une note supplémentaire sur la complémentaire santé intitulée: « déclin des solidarités dans les contrats individuels ». Le ton est donné: la santé serait de moins en moins solidaire. Voilà qui sent la levée de « l’impôt révolutionnaire » sur les « non-solidaires » en loi de financement de la sécurité sociale. En prévision de ce nouvel enfumage, un décryptage s’impose.

Comment la gauche tue la solidarité en santé

Rappelons d’abord ce qu’on appelle couramment la solidarité en santé: elle consiste à demander à n’importe qui de cotiser pour n’importe qui d’autre. Certains noteront que cette définition de la solidarité est contestable, et qu’il s’agit plus de mutualisation que de solidarité. Mais qu’importe… reprenons les termes courants et notons deux points.

Premièrement, c’est la gauche qui, à contrecourant de l’universalisme imposé par la solidarité, a commencé à « segmenter » les marchés. La gauche a maintenu le régime étudiant, elle a rendu obligatoire la complémentaire santé collective pour les salariés, et elle a imposé des tarifs par âge pour les retraités (ou est en passe de le faire au nom de la généralisation de la complémentaire santé aux retraités). Bref, la gauche, depuis 2012, impose une démutualisation des contrats, en « pompant » notamment les contrats individuels des actifs vers des contrats collectifs obligatoires.

Deuxièmement, c’est la gauche qui a imposé des restes à charge par sa funeste réforme des contrats solidaires en novembre 2014. Là encore, rappelons la terrible réalité: à ce moment, l’équipe au pouvoir a plafonné les remboursements des actes de spécialité et les remboursements optiques…

Pourquoi se plaindre aujourd’hui d’une réalité qu’on a constituée de toute pièce?

La généralisation commence à faire sentir ses effets

Ceux qui, à l’époque, imaginaient que la généralisation de la complémentaire santé en entreprise allait leur profiter en sont aujourd’hui pour leur grade. On se souvient de l’intense lobbying mené par les groupes paritaires pour obtenir une généralisation par la mécanique de la désignation, qui s’est transformée en machine infernale. Les chiffres de la DREES le montrent.

Premièrement, les « assureurs privés », c’est-à-dire les compagnies continuent leur percée sur le marché de la santé, avec 28% de part de marché en 2015 contre 22% en 2006. Les institutions de prévoyance sont, pour leur part, passées de 18 à 19%. Les chouchoutes de la gauche, les mutuelles, ont vu leur part de marché s’effondrer de 60 à 53%. On imagine la rage de ceux qui, à la FNMF, comptent sur leur proximité avec le pouvoir pour obtenir des normes favorables qui les protègent de la concurrence.

Deuxièmement, les remboursements des complémentaires ont légèrement diminué en part de marché, passant à 13,3% de la consommation globale de soins contre 13,7% en 2013. Pourtant, les remboursements augmentent en volume de 1,4% en un an. Mais cette augmentation est mieux maîtrisée que l’augmentation globale de la dépense de santé. Il faut évidemment y voir le signe de l’efficacité des acteurs privés qui se donnent les moyens de gérer le risque et de le réduire, quand la sécurité sociale, par sa technique de transfert de risque, joue à guichets ouverts et recourent aux vieilles méthodes soviétiques pour gérer son système.

L’efficacité, une menace pour la gauche et ses amis

Au total, l’évolution des dépenses de santé montre l’efficacité sociale et économique du marché par rapport au projet de santé administrée que nous propose le gouvernement. Le marché permet de mieux gérer le risque, de mieux allouer les dépenses et de garantir un meilleur accès aux soins. En revanche, il suppose une technicité et un modèle économique que n’ont pas développé les institutions de prévoyance, ni l’immense majorité des mutuelles.

Voilà qui pose un problème majeur pour le pouvoir en année électorale: soit jouer la carte de l’intérêt général en préservant un système qui marche, soit jouer la carte de l’amitié politique en protégeant les rentes des amis contre la montée d’une concurrence socialement productrice d’un plus grand nombre d’externalités positives.

Il suffit de poser la question pour connaître la réponse: l’amitié politique a ses lois que l’efficacité économique et sociale ne comprend pas. La tentation est grande, aujourd’hui, pour la gauche, de sacrifier l’intérêt des salariés sur l’autel de l’amitié politique, surtout au moment où il s’agit de se faire réélire.

Un risque maximal de retour aux désignations

Politiquement, tout plaide donc aujourd’hui pour que la gauche tente le coup de force en loi de financement de la sécurité sociale, c’est-à-dire un retour aux désignations malgré la décision du Conseil Constitutionnel. Cette folie, qui se heurtera sans doute aux Sages en décembre, a une justification toute trouvée: il faut sauver les soldats rocardiens comme André Renaudin, à la tête d’AG2R, dont la suffisance a plongé la solvabilité du groupe dans des abimes suffisamment dangereuses pour que, tôt ou tard, le régulateur, malgré toute l’amitié qu’il lui porte et toute la connivence qui le lie à lui, finisse par mettre son nez dans ses affaires.

Le procès Cahuzac le montre: entre rocardiens, on s’aime et on ne compte pas!

On notera d’ailleurs que toute la galaxie paritaire frétille en ce moment de la queue pour plaider sa cause. AG2R multiplie les provocations façon FLNC canal historique, en imposant des désignations illégales. Schmidt de la Brélie fait le beau avec Libération pour expliquer que le monopole et la combinazione, c’est quand même mieux que la rationalité économique.

Tout ceci respire la reprise des hostilités. Mais cette fois en automne, sous la pluie… Mais on imagine bien que le gouvernement, dans son crépuscule tragique, s’offrirait bien une dernière punition pour ceux qui font tourner le système, et une ultime récompense pour ceux qui en vivent.

Bygmalion: la subjective mais apparente partialité du Parquet

Dans l’affaire Bygmalion, il fallait oser demander le renvoi en correctionnelle de Nicolas Sarkozy le jour où s’ouvrait le procès Cahuzac et le lendemain du discours de candidature de l’impétrant à l’université d’été de son parti. Sans examiner le bien-fondé de la position du Parquet, il faut ici rappeler aux eurolatres du Parti Socialiste les quelques principes en vigueur dans le droit européen en matière d’impartialité de la justice.

La partialité subjective de la justice

Beaucoup, en France, pensent que le principe d’impartialité de la justice est objectif. On met en place quelques procédures (ce qui n’est pas prouvé concernant le Parquet français) pour garantir l’indépendance des magistrats par rapport au pouvoir exécutif, et le tour est joué. Malheureusement, c’est un peu plus compliqué que cela.

La Cour Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme a en effet développé une théorie de l’impartialité subjective qui précise que, pour être conformes aux Droits de l’Homme, la justice doit être impartiale objectivement, mais aussi subjectivement. Autrement dit, un justiciable qui peut étayer l’idée que ses juges ont l’apparence subjective de la partialité peut obtenir l’annulation de sa condamnation.

Le cas de la Russie

Par exemple, en février 2016, c’est sur ce fondement que la Cour Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme a reconnu comme arbitraires deux condamnations d’opposants politiques à Vladimir Poutine. Dans l’affaire, les deux opposants reprochaient à la justice russe d’avoir instruit un procès à charge pour justifier leur mise à l’écart de la vie politique russe à un moment où ils gênaient le pouvoir en place.

Toute ressemblance avec des faits se déroulant en France serait évidemment fortuite.

Pour la Cour, la justice doit, aux yeux des justiciables, apparaître subjectivement impartiale et, dans le cas d’espèce, la Cour a considéré que les conditions d’une apparence subjective d’impartialité n’avaient pas été respectées.

Le cas Sarkozy et ses précédents

Dans le cas de Nicolas Sarkozy, les soupçons sur l’apparence subjective de partialité sot incontestables.

Rappelons qu’en mars 2014, déjà, Christiane Taubira avait commis un suicide politique en brandissant devant la presse des documents qui prouvaient qu’elle intervenait dans l’enquête concernant l’ancien Président de la République.

Sur les photos de ces documents, le contenu des lettres est facilement lisible, même si certains passages sont cachés par la main de MmeTaubira.

Il en ressort que la ministre de la justice était tenue « régulièrement » au courant des détails des évolutions de l’enquête liée au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

L’intervention de l’exécutif dans le dossier Sarkozy est donc prouvée et ne fait aucun doute.

Le choix de la date laisse pantois

Face au caractère très politique du dossier, il est impressionnant de voir que le Parquet a choisi la date d’entrée quasi-officielle en campagne de Nicolas Sarkozy pour lui savonner la planche. Compte tenu des précédents évoqués ci-dessus, on imagine mal que le Parquet puisse paraître crédible un seul instant. Aucun magistrat censé ne pouvait ignorer que cette décision paraîtrait, à tort ou à raison, comme une manoeuvre politique.

Elle rappelle au passage un autre antécédent du dossier.

En 2014, Jean-Pierre Jouyet avait confié à deux journalistes que François Fillon avait demandé à l’Elysée d’intervenir pour faire tomber Sarkozy dans des affaires judiciaires. L’anecdote avait fait scandale… néanmoins, François Fillon a bien dénoncé les problèmes judiciaires de Nicolas Sarkozy la semaine dernière… et la réquisition du Parquet est tombée à point nommé.

Pour cette seule circonstance troublante, Nicolas Sarkozy pourra invoquer l’apparente partialité de la justice.

Une campagne faite de boules puantes

Au rythme où nous allons, nous mesurons déjà la toxicité de cette campagne électorale pour le destin français. François Hollande veut être réélu, et il fera tout pour rouler Nicolas Sarkozy dans la fange, en pensant qu’il est son seul adversaire dangereux. Jusqu’où ira cette curée?

Elle a en tout cas mis à mal, en une seule journée, l’indépendance du Parquet, déjà bien atteinte par la sortie de François Molins contre les candidats d’opposition.

La dangereuse montée des tensions ethniques à Paris

La vérité est que les tensions ethniques montent à Paris dans le plus parfait silence de la presse subventionnée. L’exemple de la manifestation, place de la République, de la communauté chinoise, l’a superbement démontré.

Les Chinois de Paris protestent-ils contre le racisme?

Officiellement, la manifestation de la place de République ce dimanche visait à dénoncer le racisme anti-chinois! Que noble but! Des Chinois descendent dans la rue pour dire qu’ils se sentent victimes de racisme. On notera ici le titre sibyllin du Monde:

tensions ethniques

Et on notera aussi celui de l’Humanité, encore meilleur:

tensions ethniques

Le lecteur non averti qui lit ces titres se dit qu’à Paris ou à Aubervilliers, le racisme des Français, déjà très prononcé vis-à-vis de la communauté musulmane, touche aussi la communauté chinoise. Et forcément on prend peur…

La presse subventionnée a fait le black-out

En lisant la presse subventionnée, on comprend vite qu’elle s’est donné le mot pour servir une soupe indigeste. Début août, un commerçant chinois a été assassiné à Aubervilliers par trois jeunes gens, pour de la roupie de sansonnet. Ce meurtre est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Voici comme le Point a rendu compte de l’arrestation des trois suspects de cette opération sordide:

Selon nos informations, S., 17 ans, Y., 15 ans, et M., 19 ans, militaire dans l’armée de terre jusqu’en juillet, ont tous avoué en garde à vue. Ils ont été placés en détention provisoire pour « vol en réunion avec violence ayant entraîné la mort ». En revanche, les magistrats ont choisi, pour le moment, de ne pas retenir la circonstance aggravante de racisme prévue à l’article 132-76 du Code pénal.

Et là, on commence à se dire que, derrière l’histoire anodine d’un meurtre crapuleux se cache une autre histoire qu’on ne nous raconte pas clairement. Les suspects ont en effet expliqué qu’ils s’étaient attaqués à ce commerçant parce que les Chinois ont la réputation d’être riches. Mais… c’est bien la première fois que nous entendons collectivement parler d’un racisme des français vis-à-vis des Chinois qui irait jusqu’au meurtre.

Mais où étaient les associations anti-racistes?

Un autre élément pose question quand même: les Chinois ont défilé seuls, c’est-à-dire sans les traditionnelles associations anti-racistes qui ne manquent une occasion d’expliquer que les Français sont par nature racistes, méchants, intolérants, et qu’ils doivent s’excuser d’exister en tant que peuple indépendant. Sur le site de SOS-Racisme, pas un mot. Sur le site de la Ligue des Droits de l’Homme, pas un mot.

Tiens! voilà un racisme dénoncé par une minorité visible qui n’est pas relayé par leurs avocats habituels. Mais peut-être qu’il faut comprendre le deux poids deux mesures de l’anti-racisme en France: dire « sale Arabe », c’est vraiment pas bien, mais dire « sale Chinois », c’est moins grave, presqu’aussi pas grave que « sale Ch’ti » ou « sale Norvégien ».

Heureusement, la presse étrangère est là

C’est en fouillant le sujet dans la presse étrangère qu’on trouve enfin la clé qui manquait pour comprendre cette histoire qui ne tourne pas rond.

Par exemple, dans l’excellent journal suisse Le Temps, on lit:

Après l’arrestation, le 29 aout dernier, de trois jeunes de 15 à 19 ans, présumés responsables du meurtre d’un commerçant chinois d’Aubervilliers le 7 aout dernier, la police Française et les médias ont jusque-là évité de dévoiler leur patronyme, ou de montrer leurs photos. Une pratique justifiée au regard du droit, mais peu commune dans les affaires de criminalité de banlieue, où les clichés circulent d’ordinaire très vite sur les réseaux sociaux. Une précaution prise, surtout, pour endiguer le flot de récriminations anti-arabes et anti-africaines qui, depuis la mort de ce commerçant, Zhang Chaolin, déferlent dans la communauté asiatique parisienne qui manifeste ce dimanche Place de la République.

Ah! voilà l’explication! les Chinois se considèrent victimes d’agressions de la part des Musulmans… Et le journal de poursuivre:

Les frictions de plus en plus violentes entre communautés immigrées en France sont aussi engendrées, selon les élus locaux, par la recrudescence de l’islam radical et par l’exacerbation des tensions dans le cadre de l’Etat d’urgence. Beaucoup de commerçants musulmans de banlieue parisienne se plaignent d’être ciblés en priorité par la police qui ferme parallèlement les yeux sur leur concurrents asiatiques.

On en apprend de belles! Ainsi, la manifestation des Chinois de Paris ne visait pas le racisme des Français, mais celui de communautés portées par un Islam radical qui se venge de sa bonne entente avec la police locale…

On lira aussi dans le Telegraph cette phrase-choc:

Community workers say many muggings are committed by members of other minorities living in the area, generally of Arab or African origin.

(Les travailleurs chinois soutiennent que beaucoup d’agressions sont commises par les membres d’autres minorités vivant dans le coin, généralement d’origine arabe ou africaine)

Censure sur les tensions ethniques à Paris

Autrement dit, il existe aujourd’hui un consensus pour dissimuler au grand public une terrible réalité: la montée de l’Islam radical n’exacerbe pas seulement les relations entre Chrétiens européens et arabes (réalité occultée par les bobos qui vivent dans les beaux quartiers et se répandent dans la presse subventionnée). Elle exacerbe aussi les relations entre minorités étrangères. Mais ça, c’est pas du tout politiquement correct… surtout pour les associations anti-racistes qui n’ont absolument pas envie d’aborder le sujet.

Mais, au moins, maintenant, on comprend mieux la manifestation de dimanche…

AFD: le coût de Merkel pour l’Europe

Angela Merkel est devenue chancelière allemande en 2005. Onze ans après, le visage de l’Europe et de l’Allemagne elle-même ont profondément changé. La demi-victoire du parti nationaliste Alternative für Deutschland (AFD) dans le Mecklembourg hier en constitue une nouvelle preuve.

La montée de l’Afd en Allemagne

Depuis plusieurs années, l’Afd propose un retour au mark et un arrêt de l’immigration. Voici l’historique des résultats obtenus par ce parti:

Merkel

De façon très révélatrice, les régions où l’Afd obtient ses meilleurs résultats sont situées en Allemagne de l’Est, le noyau dur de la Prusse à la plus forte intensité identitaire.  En 2016 toutefois, l’Afd a effectué une percée dans le Bade-Wurtemberg (face à la frontière française), balayée l’an dernier par la crise des réfugiés.

Merkel paie sa folie sur la question des réfugiés

Si 2016 a constitué un tournant dans la montée de l’Afd, c’est évidemment à cause de la stratégie unilatérale d’Angela Merkel sur le sujet des réfugiés. Rappelons que cette crise n’a rien à voir avec une quelconque philanthropie germanique. Simplement, face à la tension du marché de l’emploi en Allemagne, Merkel a substitué une immigration plus qualifiée et plus diplômée aux traditionnelles arrivées des Balkans, qu’elle a relocalisés.

Le caractère imprévisible de cette politique a balayé, en quelques mois, toutes les certitudes acquises en Europe depuis plusieurs décennies.

L’Afd après le Brexit

La montée de l’Afd souligne que même l’Allemagne a été déstabilisée par la crise des réfugiés. Mais l’ensemble de l’Europe est ébranlée par cette crise. Le Brexit l’a montré. Une majorité de Britanniques a choisi de quitter l’Union d’abord pour échapper au désordre migratoire du continent.

Le Brexit aurait-il eu lieu si la crise des réfugiés ne s’était pas produite? On peut en douter, dans la mesure où cette arrivée massive a donné le signal d’envoi d’une campagne en faveur d’une rupture avec l’Union.

L’émergence d’un nationalisme des Etats

Alors que l’après-guerre a donné lieu à un véritable nationalisme européen, qu’on pourrait appeler un unionisme, les pratiques unilatérales d’Angela Merkel en Europe, dont la crise des réfugiés est un exemple, ont réveillé les nationalismes étatiques. En Hongrie, en Pologne, en Ukraine, mais aussi en France, au Danemark, aux Pays-Bas, le nationalisme reprend le dessus et conteste l’ordre européen. Il n’y a plus guère que les aveugles eurolatres pour ne pas voir que le germanocentrisme outrancier d’Angela Merkel conduit l’Europe à sa perte, et que, sans une France forte et même dominante, le projet européen est structurellement barbare et dangereux pour les grands équilibres du continent.

Prochain rendez-vous en France en 2017?

Toute la question en suspens est évidemment de savoir si le prochain rendez-vous que le nationalisme étatique européen doit se donner se place aux élections présidentielles en France. Il est encore trop tôt pour pressentir le score du Front National. Néanmoins, les thèmes du FN, une chose est sûre, seront aussi les thèmes de la campagne électorale.