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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

La SNCF, vraie première dame de France

Article publié sur Atlantico sous un autre titre

Il faut avoir pris les chemins de fer en Afrique, ou même en Grèce, pour mesurer toute la tenue de cette première dame de France qui fête ses 75 ans: la SNCF, qui porte en elle toutes les contradictions et toutes les vicissitudes du pays.

Vicissitudes par son histoire juridique d’abord. La SNCF naît d’une convention entre l’Etat, qui devient actionnaire majoritaire, et 7 compagnies privées. C’est un décret-loi du 31 août 1937 qui en scelle la création: ce mélange d’action exécutive et législative nous rappelle que déjà, avant guerre, l’incapacité du régime parlementaire à décider et à régler les problèmes avait conduit le pouvoir exécutif à occuper le terrain au-delà du raisonnable. Lire la suite

Plans sociaux et risque social

Article publié sur Atlantico sous un autre titre

 

L’annonce par PSA, avant l’été, d’une série de fermetures de sites industriels avait posé le décor douloureux dans lequel l’économie française va vivre l’automne: plans sociaux à gogo, y compris dans de grands groupes que l’on imaginait à l’abri de ces «fortunes de mer», comme disaient les capitalistes au temps du commerce maritime.

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Les 3 chocs dont la France a besoin

Article publié sous un autre titre sur Atlantico

 

Depuis une trentaine d’années, la France est atteinte du syndrome d’Emma Bovary: elle vit dans la douce illusion d’un bonheur (au demeurant relatif) à l’abri du temps, et elle repousse sans cesse le moment où elle devra affronter les réalités qui l’entourent.

 

Parmi celles-ci, on compte son endettement de moins en moins soutenable, qui ne sert pas à investir, mais à financer ses illusions; la domination des intérêts particuliers, à commencer par ceux de l’aristocratie parisienne qui étouffe la démocratie et des corps intermédiaires le plus souvent auto-proclamés représentatifs; l’implosion de son système éducatif totalement déconnecté du savoir contemporain; l’étouffement rampant des forces vives du pays au profit des rentes de situation. Lire la suite

La déroute internationale de l’université française

Article publié sur Atlantico le 26 août 2012

La presse belge se fait largement l’écho d’une invasion dont le pays est victime: celle des étudiants français, dans les filières paramédicales, qui contournent les concours d’entrée dans les universités françaises en s’inscrivant en Belgique, où ces concours n’existent pas. À Bruxelles, 800 Français se sont inscrits en orthophonie (appelée logopédie au plat pays) pour quelques Belges seulement. À Liège, 200 Français ont campé devant les portes de l’institut qui dispense cette formation la nuit précédant l’ouverture des inscriptions. Lire la suite

Mieux vaut un Vert peu solidaire que trop solitaire

Article publié sous un autre titre sur Atlantico, le 25 août 2012

Les citoyens lassés par le conformisme politique en vigueur tant sous le règne de l’UMP que de celui du PS se féliciteront du vent d’air frais que Cécile Duflot fait souffler sur la scène estivale.

Après avoir revêtu la cagoule des Pussy Riots, en soutien à ces chanteuses russes envoyées dans des camps pour leur faire passer l’envie d’insulter Dieu et Poutine dans une église, la voici littéralement déchaînée lorsqu’elle parle de Jean-Luc Mélenchon (qualifié de «mon lapin»), et plus encore lorsqu’elle parle de la solidarité gouvernementale où elle se mime en femme portant «une muselière qui lui permet de l’ouvrir un petit peu». Lire la suite

La France a fait faillite (fin)

Après une fébrilité sur les marchés qui dura quelques heures, au cours desquelles le CAC 40 alla jusqu’à progresser de plus de 4%, l’inquiétude revint: l’Etat avait-il les moyens réels de recapitaliser les banques tout en tenant ses engagements communautaires? Pourrait-il imposer au pays sans troubles sociaux la cure de rigueur qu’il annonçait? Tous l’ignoraient et la conscience de ce brouillard épais sur la réalité imminente poussait les cours à la baisse.

« Que nous reste-t-il à faire? » demandait l’Elysée? « Plus grand chose malheureusement. » Lire la suite

La France a fait faillite (10)

Entre Bercy, Matignon et l’Elysée, plus personne ne savait qui commandait. Pour le ministre des Finances, il fallait prouver aux marchés que la France réagissait, entamait des réformes d’urgence capable de ramener le calme et l’espérance. A l’Elysée, il y avait le camp de ceux qui étaient pour les réformes d’urgence, et le camp de ceux qui étaient contre. A Matignon, les parlementaires qui avaient vent des projets de Bercy: fermetures brutales d’hôpitaux, réduction du nombre de classes, fermetures de petits collèges dans les campagnes, fermetures de recettes du Trésor et même de commissariats, faisaient un siège ininterrompu pour expliquer combien cette politique était insoutenable.  Lire la suite

La France a fait faillite (9)

Le lendemain du jour où la France n’avait pas pu placer 3 milliards d’euros de dettes sur les marchés, le soleil se leva sur la Normandie, dans une brume opaque d’automne, comme si de rien n’était. Pour la première fois depuis plus de deux cents ans, l’Etat n’avait plus assez d’argent pour assumer ses engagements, mais la campagne était belle et l’éternité celtique, puis gauloise, puis gallo-romaine, puis mérovingienne, puis capétienne, puis républicaine, avec quelques avatars interstitiels, recouvrait les pâturages et les granges où dormaient les vaches à lait, dans l’attente d’une visite inhabituelle: le Président se rendait à la maternité de Vire pour réaffirmer tout son attachement à la santé dans les campagnes. Lire la suite

La France a fait faillite (8)

Dès 6h30, après une intense nuit de rédactions, d’écritures laborieuses, de cris, d’emportements, de discussions florentines entre deux portes et quelques téléphones, le plan gouvernemental était prêt à sortir, et à être communiqué. D’un côté, le gouvernement sauvait les banques, en souscrivant à des émissions d’actions sans droit de vote à hauteur de 15 milliards d’euros, avancés par la Caisse des Dépôts. De l’autre, l’Agence France-Trésor levait 9 milliards sur les marchés, mais la Caisse des Dépôts, la Caisse Nationale de Prévoyance, et la BNP avaient reçu l’ordre de souscrire à 4,5 milliards, au taux le plus bas. En échange, la BNP bénéficiait de l’engagement du gouvernement le plus ferme qui fût d’entrer rapidement au capital du Crédit Agricole, et d’en prendre le contrôle dans les 3 ans.

Bien entendu, cette clause était cachée, et ne ferait jamais l’objet de la moindre publicité.  Lire la suite

La France a fait faillite (7)

Dans le pays, une sorte de panique a commencé à s’installer. Des rumeurs de nationalisation des banques couraient. Les marchés se dégradaient d’heure en heure. A quinze heures, la bourse de Paris annonçait la suspension des cotations. L’Agence France-Trésor devait placer 9 milliards sur le marché le lendemain, et toute la chaîne de commandement avait sonné le branle-bas de combat.

A l’Elysée, les appels pleuvaient du monde entier: Christine Lagarde exprimait sa très vive inquiétude, Barack Obama exhortait à réagir, Angela Merkel parlait d’une sortie de l’euro, Van Rompuy annonçait la disparition de la construction communautaire. Que faire? Lire la suite