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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Première estimation des dégâts au Japon

Jusqu’à 300 milliards de dollars de dégâts au Japon

mercredi 23 mars 2011 08h34

par Leika Kihara et Kaori Kaneko

TOKYO (Reuters) – Le Japon a évalué mercredi les dégâts consécutifs au séisme et au tsunami du 11 mars à entre 16.000 et 25.000 milliards de yens (197 à 309 milliards de dollars ou 140 à 218 milliards d’euros), ce qui en fait la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire.

Ce bilan dépasse celui du séisme de Kobé, en 1995, considéré jusque-là comme le plus onéreux avec des dégâts estimés à 100 milliards de dollars.

L’estimation comprend les dégâts aux routes, aux habitations, aux usines et aux infrastructures mais n’inclut pas les pertes économiques dues aux coupures d’électricité et à l’accident nucléaire de Fukushima, où la situation demeure fragile.

« L’impact des coupures d’électricités prévues devrait être important », a déclaré à la presse Fumihira Nishizaki, directeur de l’analyse macroéconomique au sein des services du gouvernement.

Dans sa partie haute, cette évaluation équivaut à environ 6% du produit intérieur brut (PIB) japonais.

« Ce séisme va plonger l’économie et la production japonaise dans un état grave », a jugé le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) Masaaki Shirakawa devant une commission du parlement.

Ryuzo Miyao, membre du conseil de la banque centrale, a réitéré la détermination de l’institut d’émission à mener une politique appropriée pour soutenir si nécessaire la troisième économie mondiale.

LES COUPURES D’ÉLECTRICITÉ RISQUENT DE PESER

Le gouvernement devrait s’appuyer sur son chiffrage des dégâts pour mettre au point un budget extraordinaire afin de financer la reconstruction.

Même si certains économistes s’attendent à ce que l’effort de reconstruction soutienne la reprise de l’économie nippone au second semestre, ils mettent en garde contre les coupures de courant qui pourraient entraver ce scénario.

Le séisme de magnitude 9,0 qui a secoué l’archipel le 11 mars et le tsunami qui a suivi ont fait à ce jour près de 22.000 morts et disparus et 350.000 sans-abri.

Tokyo Electric Power Co (Tepco), qui alimente la capitale et la région alentour, une zone qui représente 40% de l’activité économique du pays, a perdu quelque 20% de sa capacité opérationnelle de production d’électricité thermique et nucléaire.

Il est peu probable que la compagnie d’électricité parvienne à rétablir la situation avant le pic de consommation estival.

Citant des estimations privées, la Banque mondiale a déclaré lundi que le coût de la catastrophe atteindrait de 122 à 235 milliards de dollars, soit 2,5 à 4 points du PIB, ce qui en fait déjà la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’histoire de l’humanité.

Jean-Stéphane Brosse et Jean Décotte pour le service français, édité par Danielle Rouquié

Et c’est reparti comme en 2008…

Newsmanagers le 23/03/2011 à 10:15

Les trois quarts des conseillers financiers américains prévoient une croissance à deux chiffres en 2011 :

(NEWSManagers.com) –

Les conseillers financiers américains sont optimistes. Selon le dernier sondage trimestre réalisé par Russell Investments ( » Financial Professional Outlook » ), 31% de l’échantillon de 800 conseillers financiers interrogés prévoient une croissance de leur activité comprise entre 10% et 14% et 44% indiquent qu’ils comptent enregistrer une progression de 15% ou plus.

Révélations sur les membres du Siècle

Beaucoup se posent des questions sur l’identité des membres du Siècle, cette association qui recrute ses membres dans des milieux d’influence.

Pour lever une partie du voile, un site américain publie la liste des invités au dîner mensuel de cette organisation. En l’espèce, il s’agit des invités au dîner de janvier 2010:

http://cryptome.org/0003/le-siecle.zip

Les lecteurs attentifs de ce listing un peu ingrats y constateront rapidement deux « anomalies »:

– une forte représentation des anciens élèves de l’ENA

– une présence, à une écrasante majorité, des anciens des grandes écoles

J’en profite pour apporter ma réponse à une question souvent posée: le Siècle fonctionne-t-il comme une sorte de Protocole des Sages de Sion moderne, est-il le lieu d’un complot des puissants pour dominer la société?

Personnellement, je ne le crois pas. Cette représentation d’une volonté consciente de domination n’a pas véritablement de sens dans une organisation aussi complexe que notre société. Surtout qu’elle vise à promouvoir la concurrence entre les acteurs de la société. D’ailleurs, ceux qui fréquentent un peu ces milieux savent que les détestations entre les membres du Siècle peuvent parfois atteindre des degrés tels qu’elles stérilisent les raisons qu’ils ont de fraterniser.

En revanche, que le Siècle soit un lieu de passage, de contacts, entre des gens qui ont intérêt à se rencontrer et qui n’auraient pas de façon commode de le faire en dehors de ce lieu, c’est incontestable. Le Siècle est un lieu de sociabilité où les idées s’étalonnent, se comparent, se fondent en un creuset pour dégager un prêt-à-penser de l’élite. Et accessoirement il permet à des contacts commerciaux de se nouer pour monter quelques affaires.

Je crois d’ailleurs savoir que le plan de table est un travail à temps plein pour une personne triée sur le volet.

Comment la Commission et le Conseil luttent efficacement au sein de l’UE contre l’inflation des revenus du travail, par Valérie Bugault (le 11 mars 2011)

Sans revenir sur la lutte active contre l’inflation des salaires menée par la BCE qui, ce faisant, confond allègrement et généralement inflation et stagflation tout en faisant le jeu économique de la seule Allemagne, il importe de montrer comment la commission et le Conseil luttent d’une manière générale et efficace contre l’inflation de tous les revenus issus du travail dans les anciens pays européens occidentaux, dits industrialisés.

A cette fin, il faut revenir sur la « directive service », initialement présentée par le commissaire Fritz Bolkestein (membre de la commission Prodi) et retirée devant l’hostilité quasi générale des opinions publiques au principe dit « de l’Etat d’origine », pour être représentée par Charlie McCreevy, son successeur irlandais de la commission Barroso I1, dans une version évitant soigneusement de mentionner le principe de l’Etat d’origine. Cette directive a été définitivement adoptée par le Parlement européen le 15 novembre 2006 et a été publiée au JOUE le 12 décembre 2006 (http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2006:376:0036:0068:FR:PDF).

Si la version édulcorée de la « directive service » ne fait plus mention du principe très contesté et contestable dit « de l’Etat d’origine », cette reculade des dirigeants européens a toutefois été battue en brèche par l’intervention inopinée d’un Règlement européen, donc directement applicable dans les Etats membres2 : le Règlement (CE) No 593/2008 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 17 juin 2008 sur la loi applicable aux obligations contractuelles (Rome I), publié au JOUE du 4 juillet 2008. Il est à noter que ce règlement a été pris par la commission et le Conseil de l’Union européenne (désigné par le terme « Conseil » dans le traité sur le fonctionnement de l’Union européenne et dans le traité sur l’Union européenne), officieusement appelé Conseil des ministres (http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:177:0006:0016:FR:PDF). Il est applicable depuis le 17 décembre 2009.

Ce règlement européen réintroduit de façon détournée le principe dit de l’Etat d’origine en prévoyant que les parties contractantes (en matière civile et commerciale) pourront choisir le droit applicable au contrat. Il en résulte un libre choix du système juridique pour les professionnels qui pourront dès lors faire « leur marché » du droit en optant pour le système le moins contraignant. Il va sans dire qu’une telle disposition privilégie les multinationales et les grosses PME à implantations multiples, et ne concerne pas ou si peu les PME/PMI n’ayant ni le temps, ni l’argent, ni même l’envie de ne serait-ce que penser à aller s’implanter dans un ou des autre(s) pays.

Le règlement de 2008 applique, en pire si l’on peut dire, le principe « de l’Etat d’origine » puisque son article 2, prévoit son caractère universel dans les termes suivants : « La loi désignée par le présent règlement s’applique même si cette loi n’est pas celle d’un État membre. » Théoriquement, selon cette disposition, le droit d’un pays comme la Chine pourrait donc s’appliquer à un contrat de travail exécuté sur le territoire français pour le marché français. Il faut noter que la possibilité théorique d’une telle extension extra-union européenne, même non (encore) effectivement mise en application, est loin d’être anodine : elle dénote une conception mondiale du fonctionnement européen. Dès lors qu’une telle possibilité est théoriquement prévue, parler de dumping social légal est un euphémisme, il s’agit de la mort programmée par les plus hautes instances dirigeantes de l’Union européenne de toute protection sociale et de tout fonctionnement juridique et économique autonome des Etats, au bénéfice exclusif des actionnaires et dirigeants de multinationales.

Il faut encore ajouter qu’en vertu d’un protocole du traité de Lisbonne, qui en fait partie intégrante, le texte de la « directive service » est mû par la recherche d’une « concurrence libre et non faussée ».

Revenons un instant sur ce principe dit de concurrence libre et non faussée. A la demande de la France, le principe de la concurrence libre et non faussée a été retiré du traité de Lisbonne pour apparaître dans un protocole à ce traité ; ce fait est en réalité un non événement, il est juridiquement insignifiant car il n’a aucune incidence sur la force juridique du principe en cause, ledit protocole faisant partie intégrante du Traité lui même (http://eur-lex.europa.eu/fr/treaties/dat/12007L/htm/C2007306FR.01015601.htm).

Sur la forme, il est important de remarquer que l’intégration du « protocole concurrence » au traité ne saurait avoir été inconnue des instances françaises ayant insisté pour sa disparition du corps du Traité. Où il est encore question de vessies et de lanternes pour le citoyen français…

Sur le fond, la notion de concurrence libre et non faussée est, encore une fois, l’arbre qui cache la forêt : il ne saurait être question de concurrence libre et non faussée dans un contexte où les Etats ont une histoire, une langue, des traditions, des systèmes juridiques, politiques, sociaux et fiscaux différents. La concurrence, sur des terreaux aussi différents ne saurait en aucune façon être non faussée. Parler de concurrence non faussée revient à rien de mois que balayer, d’un coup de plume, tous les éléments historiques et humains, dès l’abord considérés par les maîtres du jeu institutionnel comme quantités négligeables, des pays appartenant à l’Union européenne.

Il résulte de tout ce qui précède (et de beaucoup d’autres choses concernant notamment la libre circulation des capitaux) que les Etats, tels de vulgaires entités privées, sont mis en situation de concurrence, non seulement à propos de leurs systèmes fiscaux dont on parle beaucoup, eux-mêmes allègrement détournés au moyen de mécanismes légaux d’évasion fiscale sophistiqués et parfaitement rodés, mais encore et surtout au regard de l’intégralité de leurs systèmes juridiques.

Dans un tel contexte, il devient naturel que des agences privées s’autorisent à noter des Etats, mettant ces derniers à la merci des marchés financiers, eux-mêmes fort peu démocratiques bien que concernant le plus de monde possible.

La seule oubliée de cette construction européenne est l’équité qui, sorte de dommage collatéral, tombe ainsi définitivement dans les oubliettes de l’histoire.

Au fait, les citoyens contribuables ont-ils adhéré, ou au moins acquiescé, à ce projet qui, pour ne parler que de la France, remet en cause les 60 dernières années de leur construction politique ? Pour ne rien dire de la conception même de la démocratie fondée sur la séparation et l’équilibre des pouvoirs chers à Montesquieu qui prévalait, jusqu’à il y a encore peu de temps, en Europe occidentale.

Notes :

1) La commission Barroso I a succédé, en novembre 2004 à la commission Prodi ; la commission Barroso II ayant quasi succédée à elle-même suite à son investiture par le parlement européen le 9 février 2010 ;

2) A ce stade du raisonnement il convient de rappeler qu’en matière de droit dérivé la différence entre directive et règlement est la suivante : une directive n’est pas directement applicable aux Etats membres et nécessite une transposition dans l’ordre juridique interne de ces Etats membres, une date limite de transposition étant toutefois fixée, tandis que le règlement est directement et initialement applicable, tel quel, dans chaque Etat membre.

Nouvel acte dans la crise de la dette en Europe

AFP le 22/03/2011 à 18:33

Crise portugaise et rumeurs sur l’Irlande pèsent sur les périphériques :

Les taux longs des pays les plus fragiles de la zone euro se sont fortement tendus mardi, sur fond de crise politique au Portugal et en raison de rumeurs autour de la banque Anglo Irish en Irlande.

Vers 18H00 (17H00 GMT), les taux portugais à 10 ans grimpaient à 7,379% contre 7,254% lundi soir et ceux de l’Irlande à 9,660% contre 9,448% la veille. Ils ont atteint en séance un nouveau plus haut historique depuis l’entrée du pays dans la zone euro.

Le Portugal est touché depuis plusieurs jours par une crise politique, qui pourrait déboucher sur la démission de son Premier ministre, José Socrates.

Les parlementaires doivent voter mercredi pour ou contre le nouveau programme d’austérité du Premier ministre et devraient, sauf surprise, s’y opposer, ce qui pourrait provoquer son départ.

Concernant l’Irlande, le taux des emprunts d’Etat irlandais à deux ans s’est envolé soudainement mardi, allant jusqu’à frôler la barre des 10%, en raison d’une rumeur démentie selon laquelle la banque Anglo Irish (AIB) n’aurait pas honoré un paiement d’intérêts sur sa dette.

La tension a été particulièrement forte sur ces taux qui se sont élevés jusqu’à 9,881% en cours de séance, un nouveau sommet depuis la création de la zone euro, contre 8,972% à la clôture de lundi.

« La rumeur concernait un défaut de paiement sur un coût d’environ 240.000 euros », a indiqué Patrick Jacq, stratégiste obligataire chez BNP Paribas.

« Cela paraissait improbable au vu du montant peu élevé », a-t-il poursuivi. « Si cela avait été avéré, cela aurait été inquiétant pour la suite ».

Une porte-parole de la banque, interrogée par l’AFP, a réfuté catégoriquement ces spéculations, assurant que l’établissement procèderait mercredi comme prévu à un paiement d’intérêts.

Ces inquiétudes ont pesé par ricochets sur les taux grecs à 10 ans qui étaient à 12,388% contre 12,133% la veille au soir.

De leur côté, le Bund à 10 ans se tendait légèrement à 3,256% contre 3,232% lundi en clôture et l’OAT française à 10 ans à 3,597% contre 3,569%.

Hors zone euro, le Gilt britannique était à 3,598% contre 3,524% vendredi soir.

Outre-Atlantique, le rendement du bon du Trésor à 10 ans montait à 3,341% contre 3,323% lundi soir, et celui du bon à 30 ans à 4,453% contre 4,445%. Les taux des échéances courtes s’inscrivaient à 0,09% comme la veille au soir.

Sur le marché interbancaire, l’Euribor à trois mois, principal taux en zone euro, est monté à 1,185% contre 1,179%, ainsi que le Libor à trois mois libellé en dollars est resté stable à 0,309%.

Grande-Bretagne: perseverare diabolicum

AFP le 22/03/2011 à 11:47

Grande-Bretagne : vers un nouveau budget de rigueur malgré la grogne

Le gouvernement britannique présente mercredi un budget 2011/2012 qui tiendra le cap de la rigueur, persuadé qu’il s’agit de la seule voie possible malgré les inquiétants signes de faiblesse de l’économie et la grogne de l’opinion face à l’ampleur des sacrifices.

Le ministre des Finances George Osborne a promis qu’il annoncerait au Parlement « un budget pour la croissance » au moment où celle-ci vacille.

Mais il a aussi prévenu qu’il n’y aurait « pas de demi-tour » sur la stratégie visant à réduire à marche forcée le déficit public (proche de 10% en 2010), ce qui limite considérablement sa marge de manoeuvre.

Dans ce contexte, le déclenchement du conflit en Libye, avec le Royaume-Uni en première ligne des pays occidentaux, constitue sans doute un nouveau motif d’inquiétude pour M. Osborne, car un enlisement pèserait rapidement sur des finances publiques déjà exangues.

Les nouvelles annonces budgétaires devraient se concentrer sur la lutte contre l’évasion fiscale ou le chômage des jeunes qui vient d’atteindre un pic historique à plus de 20%. Une relance des zones franches pour les entreprises, héritées de l’ère Thatcher, est également prévue. Autant de mesures d’ampleur financière limitée.

De fait, la politique économique de la coalition conservatrice/libérale démocrate a été largement déterminée pour les quatre ans à venir par le plan de rigueur sans précédent décidé dès son arrivée au pouvoir en mai dernier.

Ce plan prévoit 81 milliards de livres de coupes budgétaires (plus de 90 milliards d’euros) et 30 milliards d’impôts supplémentaires à l’horizon 2015. Un tiers des économies a été programmé pour ce budget 2011/2012.

Mais M. Osborne et le Premier ministre David Cameron doivent prendre en compte le mécontentement de l’opinion qui s’accroît avec l’entrée en vigueur du plan de rigueur et ses premières conséquences concrètes, comme la fin d’aides aux handicapés ou la fermeture de centaines de bibliothèques municipales.

Et plus de 300.0O0 emplois devraient être perdus dans les prochaines années dans la fonction publique.

Le gouvernement pourrait donc faire un geste en direction des classes moyennes, en différant par exemple une hausse prévue des taxes sur l’essence. A l’inverse, un impôt -largement symbolique- sur les voyages en jets privés pourrait être institué.

L’opposition travailliste et les syndicats, qui dénoncent depuis plusieurs mois « un massacre de la société britannique », n’ont pas réussi jusqu’à présent à faire descendre les Britanniques dans la rue. Mais ils comptent sur une « manifestation nationale », organisée le 26 mars à Londres dans la foulée du nouveau budget, pour inverser la tendance.

Selon les derniers sondages, près de deux Britanniques sur trois estiment que les coupes budgétaires sont « injustes » et autant d’entre eux placent la situation économique en tête de leurs préoccupations.

Le pays est encore sous le choc de l’annonce d’une contraction de 0,6% de l’économie au dernier trimestre 2010. Le prochain « budget pour la croissance » devrait en conséquence commencer par prendre acte d’une sensible révision à la baisse des projections officielles pour 2011 et 2012, fixées à l’automne à 2,1% et 2,6%.

M. Osborne répète pour sa part que son plan de rigueur a sauvé le pays d’une faillite quasi-certaine, et rappelle que le déficit hérité des travaillistes reste le plus élevé des grands pays occidentaux. Il a reçu la semaine dernière un soutien appuyé de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), qui a salué une politique « difficile mais indispensable ».

Le Japon terrassé

AFP le 22/03/2011 à 11:26

Japon : 11 jours après le séisme, la machine industrielle toujours détraquée

Les répercussions du séisme du 11 mars et de l’arrêt de centrales nucléaires continuent, plus de dix jours après, à empêcher les entreprises japonaises de relancer pleinement leur activité, dans un large éventail de secteurs, de l’automobile à l’édition de mangas.

Usines arrêtées, coupures de courant, rationnement d’essence, livraisons impossibles, les rouages de l’activité industrielle japonaise sont grippés, le fonctionnement des circuits logistiques, habituellement fluides, totalement désorganisé.

De nombreux sites de production de pièces pour automobiles et de composants électroniques (secteurs majeurs qui comptent des milliers d’entreprises de toutes tailles et emploient des millions de salariés) sont stoppés ou tournent au ralenti.

« Nous avons relancé le travail en plusieurs endroits et préparons la reprise dans divers autres », a expliqué mardi Sony.

« Cependant, même pour des installations qui n’ont pas subi de dommages directs, la production reste impossible compte tenu des problèmes d’approvisionnement en matériaux et composants et des aléas de l’alimentation électrique, », a poursuivi le groupe.

En conséquence, « nous sommes obligés de suspendre l’activité de cinq usines ».

Le numéro un mondial de l’automobile, Toyota, ne recommencera pas à assembler des voitures au Japon avant le 27 mars, au plus tôt, pour les mêmes raisons.

Trois causes principales découlant du séisme handicapent le redémarrage industriel, avec des effets de grande amplitude.

Primo, les dégâts causés aux moyens de production, y compris la disparition de salariés. Deuxio, la mise hors service de 14 réacteurs nucléaires, dont ceux de Fukushima, qui force à des coupures planifiées d’électricité pour réguler la demande. Tertio, les dysfonctionnements des réseaux de transport et la rupture des chaînes logistiques.

Les préfectures de Myagi et Fukushima (nord-est), les plus dévastées, comptent au moins sept importantes usines d’équipementiers pour l’automobile qui sont actuellement à l’arrêt.

Parmi les sociétés victimes directes de cette catastrophe, certaines, telles des fabriques de freins, se trouvent même dans la zone d’évacuation décidée par les autorités autour de la centrale accidentée Fukushima Daiichi (N°1) d’où s’échappent des substances radioactives.

Les services de coursiers porte-à-porte nationaux, qui livrent tout en un temps record et des délais garantis, sont contraints de sabrer leur service dans les zones ravagées et n’acceptent toujours que les plis les plus simples à transporter.

Les répercussions de l’inactivité de firmes nippones va bien au-delà des frontières, compte-tenu de la répartition du travail en Asie. Le Japon est de plus en plus un fournisseur de composants de très haute technologie, assemblés en produits finis dans des usines de Chine, de Malaisie, de Taiwan, ou de pays occidentaux à main-d’oeuvre bon marché.

Dans les circonstances catastrophiques actuelles, aucun secteur ne paraît épargné. Lundi, l’hôtel Shangri-La de Tokyo, situé au centre de la capitale nippone, a annoncé qu’il suspendait jusqu’à une date indéterminée l’accueil de nouveaux clients, « à cause des perturbations logistiques et des difficultés de fourniture d’électricité ».

A l’instar de l’hebdomadaire de mangas pour adolescents Shonen Jump, qui tire à 3 millions d’exemplaires, les maisons d’éditions retardent les sorties de périodiques et livres, subissant en bout de chaîne la pénurie de papier consécutive à l’arrêt d’importantes usines.

Au détraquement général de la machine industrielle et des flux logistiques risquent en outre de s’ajouter dans les prochaines semaines les effets de la radioactivité sur la chaîne agroalimentaire déjà bouleversée.

La Banque mondiale a estimé que les catastrophes qui ont frappé l’archipel devraient coûter entre 122 et 235 milliards de dollars, soit entre 2,5 et 4% du PIB de la troisième puissance économique mondiale.

Soros prédit le pire à propos du pacte de compétitivité

Le pacte de compétitivité européen est menace, dit George Soros

mardi 22 mars 2011 11h07

LONDRES (Reuters) – Un accord des dirigeants européens sur un pacte de compétitivité destiné à mettre un point final à la crise de la dette dans la région renforcerait l’existence d’une Europe à deux vitesses et pourrait menacer la cohésion politique de l’Union européenne, a déclaré mardi l’investisseur américain George Soros.

A l’approche du sommet européen de jeudi, au cours duquel ces mesures doivent être officiellement adoptées, George Soros écrit dans le Financial Times que cette initiative « gravera dans le marbre une Europe à deux vitesses ».

« Cela engendrera un ressentiment qui compromettra la cohésion politique de l’Union européenne », poursuit-il.

« (L’UE) subira une divergence chronique avec les pays en excédent continuant d’avancer pendant que les pays déficitaires seront tirés vers le bas par le poids de leur dette accumulée », observe-t-il.

Suite à une initiative franco-allemande, les dirigeants de la zone euro se sont entendus la semaine dernière sur une série de mesures invitant les pays européens à fixer les limites de leur endettement dans leur constitution, à revoir les systèmes d’indexation des salaires sur l’inflation et à rendre le marché du travail plus flexible.

« Les exigences en termes de compétitivité seront imposées sur un terrain inégal, plaçant les pays endettés dans une position intenable », a estimé George Soros.

« Même l’Espagne, qui présentait un ratio de dette inférieur à celui de l’Allemagne au début de la crise, pourrait être entraînée vers le bas ».

Selon George Soros, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) devra se porter au secours du système bancaire mais aussi des Etats membres, afin de parvenir à une restructuration de la dette en évitant une crise bancaire.

Il prône également la création d’obligations européennes communes afin de supprimer la prime liée au coût d’emprunt des pays respectant ces règles.

Encore une affaire d’initié dans une banque suisse

Un ancien banquier d’UBS condamné pour délit d’initié

mardi 22 mars 2011 10h02

NEW YORK (Reuters) – Un ancien banquier d’affaires d’UBS a été condamné lundi à 22 mois de prison pour délit d’initié relatif à six fusions dans le secteur de la santé.

Igor Poteroba, qui avait plaidé coupable en décembre, transmettait à son ami Alexei Koval des informations qui n’étaient pas destinées au public, a déclaré dans un communiqué le procureur fédéral du district sud de New York.

Alexei Koval prenait ensuite des décisions d’investissement à partir de cette information, générant des centaines de milliers de dollars de profits illégaux qu’il partageait avec Igor Poteroba, a ajouté le procureur.

Igor Poteroba est impliqué dans six dossiers comprenant Guilford Pharmaceuticals, Molecular Devices, PharmaNet Development Group, Via Cell, Millennium Pharmaceuticals et Indevus Pharmaceuticals.

Selon la plainte, les faits se sont déroulés entre 2005 et février 2009.

Igor Poteroba informait Alexei Koval par téléphone avant les annonces publiques en cas d’acquisition. Alexei Koval et un complice, dont l’identité n’a pas été dévoilée, achetaient par la suite des titres sur la base de ces informations.

Le juge Paul Crotty a également condamné Igor Poteroba à trois ans de liberté conditionnelle et au remboursement de 465.095,21 dollars ainsi qu’à une amende de 25.000 dollars.

Alexei Koval a également plaidé coupable en janvier, dans l’attente de son procès qui est prévu le 24 mai.

La flambée du yen menace l’économie japonaise

Le Japon met en garde contre toute nouvelle hausse du yen

mardi 22 mars 2011 09h08

par Kaori Kaneko et Tetsushi Kajimoto

TOKYO (Reuters) – Le Japon a lancé mardi une mise en garde aux marchés contre toute tentative de faire remonter le yen, quatre jours après une intervention coordonnée du G7 pour stabiliser le cours de la devise nippone.

La devise a flambé la semaine dernière en raison de spéculations sur un rapatriement par les entreprises japonaises d’une partie de leurs actifs à l’étranger afin de faire face aux besoins de la reconstruction du pays, dévasté par un séisme et un tsunami et confronté à une grave crise nucléaire.

Les mouvements de la monnaie japonaise sont surveillés de près et Tokyo se concertera si nécessaire avec ses partenaires du G7, a prévenu le ministre des Finances, Yoshihiko Noda.

L’action coordonnée des pays du G7, dans la nuit de jeudi à vendredi, a été décidée après que le yen a touché dans la journée un record historique à 76,25 yens pour un dollar. Tout renchérissement excessif du yen menace de plomber l’économie d’un pays très dépendant de ses exportations.

La devise japonaise s’échangeait à un peu moins de 81 yens pour un dollar mardi vers 07h45 GMT. Les analystes estiment que la zone des 80-80,5 pourrait servir de support pour le dollar face au yen, et que le passage sous cette zone pourrait entraîner de nouvelles actions des banques centrales.

IMPACT « SÉRIEUX » DES COUPURES DE COURANT

Interrogé sur la réaction du marché à l’intervention concertée du G7, Yoshihiko Noda a précisé qu’il ne s’exprimerait pas de manière spécifique.

Selon des traders et des informations de presse, la Banque du Japon a acheté plus de 25 milliards de dollars. Emboîtant le pas à la Banque du Japon, la Banque de France, la Bundesbank allemande, la Banque d’Angleterre et la Banque centrale européenne sont également intervenues.

La Banque du Japon agit parallèlement en injectant des liquidités dans l’économie frappée par la double catastrophe du 11 mars.

Le ministre de l’Economie, Kaoru Yosano, a déclaré qu’il était prématuré d’évaluer les sommes qu’il faudrait allouer à la reconstruction dans de futurs collectifs budgétaires.

Le gouvernement n’a pas officiellement estimé le coût du désastre mais Kaoru Yosano a dit la semaine dernière que l’impact total pourrait dépasser les 250 milliards de dollars (175 milliards d’euros), ce qui en ferait la catastrophe la plus coûteuse de l’histoire.

Mardi, le ministre a souligné que les coupures d’électricité provoquées par le séisme et le tsunami auraient probablement des conséquences « sérieuses » sur l’économie japonaise.

« Le problème de la fourniture d’électricité est l’une des sources d’incertitude. Le gouvernement doit encore faire des calculs précis mais les coupures de courant auront probablement un impact sérieux », a-t-il déclaré devant une commission du parlement.

Selon Moody’s, le gouvernement japonais dispose des moyens financiers pour maîtriser les conséquences de la catastrophe.

L’agence de notation a néanmoins estimé lundi que les risques pesant sur l’économie japonaise se sont accrus et a dit s’attendre à une reprise de la croissance dans l’archipel au second semestre après une brève récession au deuxième trimestre.