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Auteur : Éric Verhaeghe

Fondateur de Tripalio, auteur.

Etats-Unis: toujours des signaux faibles inquiétants

AOF le 16/03/2011 à 13:42

USA : baisse inattendue des permis de construire en février

(AOF) – Aux Etats-Unis, 517 000 permis de construire ont été enregistrés au mois de février après 560 000 en janvier. Les économistes prévoyaient au contraire une hausse des permis à 570 000. Par ailleurs, les mises en chantier ont reculé à 479 000 après 618 000 en janvier et un consensus de 570 000.

L’harmonisation fiscale en route dans l’Union Européenne

AFP le 16/03/2011 à 13:39

Fiscalité des sociétés : Bruxelles relance un projet contesté d’harmonisation

La Commission européenne a relancé mercredi une proposition controversée de base commune pour l’impôt sur les sociétés dans l’UE, alors que l’Irlande est sous pression de ses partenaires pour lâcher du lest sur la fiscalité des entreprises.

Le projet prévoit de créer une « Assiette commune consolidée pour l’impôt des sociétés » (ACCIS), c’est-à-dire un régime unique pour le calcul du revenu imposable des entreprises exerçant leur activité dans l’Union européenne.

Ce serait une simplification du système, car actuellement les sociétés doivent se soumettre aux 27 différents règles propres à chaque pays, et traiter avec 27 administrations fiscales différentes.

« Avec l’ACCIS, il sera plus facile, plus économique et plus pratique pour les entreprises de mener leurs activités dans l’Union », a souligné le commissaire européen à la Fiscalité, Algirdas Semeta.

Le dispositif doit donner aux sociétés un ensemble unique de règles, mais aussi la possibilité de ne remplir qu’une seule déclaration fiscale pour l’ensemble de leurs activités dans l’UE, auprès d’une seule administration.

Sur la base de ce « guichet unique », le revenu imposable de l’entreprise serait ensuite réparti entre les pays où elle exerce une activité.

Les pays continueraient ensuite à appliquer leurs taux d’impositions nationaux sur leur part de l’assiette.

La Commission propose toutefois que le nouveau mécanisme soit facultatif. Les entreprises qui estimeraient pouvoir en tirer parti pourraient opter pour ce régime, tandis que les autres pourraient continuer à relever des régimes nationaux.

La proposition de Bruxelles reste cependant controversée.

Elle est soutenue par la France et l’Allemagne, mais suscite l’opposition de l’Irlande, qui y voit le premier pas vers une harmonisation des taux dont elle ne veut pas.

L’inflation progresse

L’inflation dans la zone euro à 2,4% en février sur un an

mercredi 16 mars 2011 11h17

BRUXELLES (Reuters) – L’inflation dans la zone euro s’est élevée à 2,4% en février sur un an, a annoncé mercredi Eurostat.

Elle était de 2,3% sur un an en janvier, de 2,2% en décembre et de 1,9% en novembre.

La hausse des prix s’est élevé à 0,4% en février par rapport à janvier.

Le Portugal en mauvaise voie…

Moody’s abaisse la note du Portugal avec perspective négative

mercredi 16 mars 2011 00h03

SYDNEY (Reuters) – Moody’s a abaissé mardi la note de la dette souveraine du Portugal de deux crans pour la porter à A3 et déclaré qu’il pourrait l’abaisser une fois de plus en raison de l’impact de la hausse des coûts de financement et des difficultés de Lisbonne à atteindre ses objectifs budgétaires.

Le cours de l’euro a légèrement varié après cette annonce, les marchés l’ayant anticipée de longue date d’autant que la crise nucléaire au Japon a occulté l’annonce de Moody’s.

Moody’s a expliqué maintenir une note négative sur les perspectives portugaises puisqu’elle juge qu’un abaissement est nettement plus probable qu’un relèvement au cours des deux ans à venir.

L’agence dit son inquiétude de voir Lisbonne et l’économie portugaise dans son ensemble contraintes de se financer à des coûts élevés.

Moody’s souligne encore que l’économie mondiale reste pavée d’incertitudes et qu’un relèvement des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne présenterait un risque pour le Portugal.

Wayne Cole, Nicolas Delame pour le service français

Dépenses publiques: l’Union Européenne accouche d’une souris!

Les Vingt-Sept s’accordent sur la réforme du Pacte de stabilité

mardi 15 mars 2011 14h02

par Julien Toyer

BRUXELLES (Reuters) – Les Etats membres de l’UE se sont entendus mardi sur la réforme du Pacte de stabilité et de croissance, qui contrôlera de manière plus étroite l’évolution de la dette et dont les sanctions seront plus automatiques mais aussi soumises à un contrôle politique plus fort.

L’accord trouvé à 27 devra désormais être négocié avec le Parlement européen, qui co-décide sur ce dossier et dont la position ne sera arrêtée que courant avril. Un accord final est attendu pour le mois de juin.

Parmi les principales caractéristiques du texte agréé par les Etats membres, qui sera inclus à la réponse « globale » à la crise préparée en vue du sommet européen des 24 et 25 mars, figurent notamment :

– UNE SURVEILLANCE DES DÉPENSES

Afin d’encourager à la réalisation des Objectifs de moyens terme (OMT), une valeur de référence en matière de dépenses sera introduite et la hausse des dépenses annuelles ne pourra pas excéder la hausse du PIB à moyen terme. Ceci doit notamment servir à ce que des revenus extraordinaires soient alloués à la réduction de la dette et non à des dépenses supplémentaires.

Une déviation significative par rapport à la valeur de référence pourrait conduire à des sanctions.

– UNE ATTENTION ACCRUE PORTÉE À LA DETTE

Le critère d’une dette publique n’excédant pas 60% du PIB, déjà présent dans le Pacte de stabilité et de croissance, sera surveillé de manière beaucoup plus étroite.

Les Etats membres devront prendre des mesures de correction si cette dette est excédentaire et ce même si leur déficit est en dessous de la limite de 3% du PIB fixée par le Pacte.

Par ailleurs, cette dette devra être réduite à un rythme annuel de 5% sur trois années glissantes.

La décision sur des sanctions en la matière se basera sur d’autres « facteurs pertinents », comme les éventuelles conséquences pour la dette publique de dettes privées trop importantes, les coûts du vieillissement d’un pays ou encore le coût de mise en oeuvre d’une réforme des retraites.

– DES SANCTIONS FINANCIÈRES PLUS LOURDES

Un nouveau régime de sanctions financières sera introduit pour les Etats membres de la zone euro. Ces sanctions interviendront plus tôt dans la procédure de déficit excessif et s’appliqueront de manière graduelle.

Un dépôt financier non rémunéré de 0,2% du PIB pourra être imposé à un Etat membre, suivi d’une amende si des mesures de correction ne sont pas mises en place.

– DES SANCTIONS PLUS AUTOMATIQUES

Le déclenchement des sanctions sera plus automatique que dans le Pacte actuel. Une règle de la majorité inversée sera introduite impliquant qu’un Etat souhaitant éviter une procédure de déficit excessif proposée par la Commission européenne devra réunir une majorité qualifiée à cet effet.

– UNE COORDINATION RENFORCÉE

Les Etats membres s’engagent également à renforcer leur coordination budgétaire, notamment via une planification budgétaire multi-annuelle.

Les pratiques en matière de comptabilité publique de statistiques et de prévisions devront être en conformité avec les standards européens.

– UNE SURVEILLANCE MACRO-ÉCONOMIQUE RENFORCÉE

En parallèle du nouveau cadre budgétaire, les Etats membres souhaitent mettre en oeuvre un nouveau mécanisme de prévention et de correction des déséquilibres macro-économiques, via l’instauration d’une « procédure de déséquilibre excessif ».

Un Etat membre pourrait se voir imposer des sanctions si des déséquilibres sont constatés et qu’il ne tient pas compte de manière répétée de recommandations qui lui sont faites.

Une amende annuelle de 0,1% du PIB, adoptée avec la règle de la majorité inversée pourrait être décidée.

Un tableau de bord des déséquilibres macro-économiques sera également installé avec un mécanisme de détection précoce.

– AMENDES TRANSFÉRÉES AU FESF ET MES

Les Etats membres se sont enfin mis d’accord pour que les amendes collectées dans le cadre des procédures de déficit ou de déséquilibre excessif soient abondées au Fonds européen de stabilité financière (FESF) ou à son successeur à partir de 2013, le Mécanisme européen de stabilité financière (MES)

Cette étrange atmosphère de fin du monde

Avec la dégradation constante de la situation nucléaire au Japon, il règne un troublant fumet de dévastation sur notre planète, comme une étrange atmosphère de fin du monde, qui nous interroge forcément sur les certitudes acquises depuis soixante ans.

La fin du primat technologique?

Depuis plus d’un siècle, et à coup sûr depuis soixante ans, le monde industrialisé sacrifie à un seul dieu: la technologie.

Qu’il était beau ce veau d’or! Il agissait comme une nouvelle vérité révélée. Foin des valeurs, de la liberté, des choix moraux. Nous n’en avions plus que pour la science, dite exacte, ou pure, et pour ses réalisations technologiques, comme si elle nous parlait d’un nouveau paradis. Et d’ailleurs la technologie était bien la promesse du paradis sur terre: elle devait rendre l’homme toujours plus vieux, toujours plus sain, comme si nous approchions de l’immortalité. Elle organisait la société, les choix collectifs, elle devait gouverner les âmes.

Dans ce concert technologique, nous sommes sommés depuis trop longtemps de nous déposséder de notre liberté au profit des experts. Ceux qui n’ont pas un diplôme et une blouse blanche n’ont plus le droit de participer aux décisions, et doivent simplement s’en remettre à ceux qui savent et qui ont compétence pour diriger ou décider. En ce sens, la religion de la technologie agit comme une tyrannie et étouffe la démocratie: elle légitime la confiscation du pouvoir par une élite qui s’appuie sur une caste de savants, dont les récentes affaires comme celle du Médiator ont bien montré qu’ils étaient au service du mensonge et d’intérêts particuliers. Ces experts sont les nouveaux prêtres qui asservissent les peuples.

En bout de course, le primat technologique a systématiquement servi quelques intérêts qui ont imposé leurs choix aux populations, même au risque de nous exposer aux pires dangers. La crise japonaise montre sans équivoque comment le lobby nucléaire a, avec force propagande et approximations, convaincu les opinions publiques d’adhérer à des solutions collectives qui nous mettent aujourd’hui dans le plus grand des périls.

L’extrême fragilité des sociétés industrialisées

La panique qui règne au Japon, et qui s’étend au monde, nous rappelle très tristement notre extrême fragilité dans l’histoire.

Il n’y a pas si longtemps, certains intellectuels parlaient de la fin de l’histoire! comme si l’homme avait vaincu le temps et avait enfin accédé à l’éternité. Comme si l’industrialisation nous avait placé au-dessus de l’ensemble des forces naturelles.

Ce que nous voyons en direct au Japon nous pousse évidemment à la plus grande des compassions. Dans l’hypothèse abominable, que personne ne peut imaginer, d’une catastrophe nucléaire complète, l’archipel nippon se transformerait en une immense prison pour 130 millions de personnes. La conurbation de Tokyo, à 200 kilomètres de la centrale en feu, compte 35 millions d’habitants.

Ceux qui se souviennent de la fierté des Japonais face à leur reconstruction d’après-guerre ne manqueront pas de contempler cet étrange spectacle d’un pays devenu un temps la deuxième économie mondiale, aujourd’hui en proie à une dévastation fulgurante. Nous observons là la stupeur des civilisations confrontée à l’angoisse de leur propre disparition. Celle qui saisit l’occident régulièrement et qui nous conduit à des réactions irrationnelles. Car la panique japonaise nous prouve que toute construction humaine reste contingente, même si, l’espace de quelques décennies, elle peut croire s’être abstraite de cette contingence.

Revenir à une conception raisonnable de la nature

Face au risque létal que représente aujourd’hui le recours à des techniques aussi dangereuses que le nucléaire, l’opinion mondiale ne peut faire l’économie d’un retour à une conception raisonnable de la nature.

Non, l’homme n’est pas capable de dominer les forces naturelles par ses innovations techniques.

Non, l’homme ne peut échapper à sa condition de créature naturelle.

Non, la technologie ne peut se substituer à la nature.

En réalité, le défi qui s’ouvre, et que nous espérons tous pouvoir achever maintenant, est celui d’un retour à une civilisation en harmonie avec les forces qui l’entourent. L’idéologie matérialiste de la consommation nous trompe, car elle nous donne l’illusion que l’homme peut en dépendre que de ses propres fabrications. Ce postulat est faux, nous le découvrons de façon tragique. L’homme est un animal qui peut s’élever vers une forme d’immortalité par la pensée. Mais il ne peut vaincre la nature par son intelligence. Il doit apprendre à composer avec elle.

Bientôt le relèvement des taux de la BCE

AFP le 14/03/2011 à 19:03

La zone euro va « surveiller de très près » l’inflation (Juncker) :

Les ministres des Finances de la zone euro se sont mis d’accord lundi pour « surveiller de très près » l’accélération de l’inflation, due notamment à l’envolée des prix énergétiques, a annoncé leur chef de file Jean-Claude Juncker.

« Nous nous sommes mis d’accord pour surveiller l’évolution de l’inflation de très près au cours de nos prochaines réunions », a déclaré M. Juncker, dans une conférence de presse à l’issue d’une rencontre du Forum de l’Eurogroupe qu’il préside.

Ces derniers temps, « nous avons assisté à une hausse considérable, reflétant en première ligne le renchérissement des matières premières », a-t-il expliqué.

« Nous sommes tout à fait conscients qu’il est très important d’éviter des effets de second tour », c’est-à-dire une augmentation générale des prix et des salaires, « qui pourraient produire des tensions inflationnistes généralisées à moyen terme », a-t-il ajouté.

L’inflation a encore accéléré en février dans la zone euro, à 2,4% sur un an après 2,3% en janvier, soit au-dessus de l’objectif fixé par la Banque centrale européenne (BCE), gardienne de la stabilité des prix dans la zone euro, qui vise sur le moyen terme une inflation légèrement inférieure à 2%.

La Chine, première puissance manufacturière du monde

AFP le 14/03/2011 à 15:55

La Chine détrône les USA comme première puissance manufacturière :

La Chine a détrôné les Etats-Unis en 2010 pour devenir la première puissance manufacturière du monde, selon une étude publiée lundi par le cabinet d’études économiques IHS Global Insight.

La production manufacturière de la Chine a représenté 19,8% de celle de la planète en 2010, tandis que la part des Etats-Unis s’est établie à 19,4%, selon les estimations d’IHS.

D’après l’étude, la valeur ajoutée de la production manufacturière chinoise a atteint 1.995 milliards de dollars (courants) en 2010, contre 1.952 milliards de dollars pour les Etats-Unis.

« La production manufacturière américaine a connu une forte reprise en 2010, avec une croissance de 12,6% en valeur ajoutée », écrit IHS, mais la croissance « plus forte en Chine », et l' »appréciation du yuan par rapport au dollar » ont permis à la République populaire de passer devant les Etats-Unis.

L’étude note que la productivité reste nettement supérieure aux Etats-Unis: « avec 11,5 millions de salariés, le secteur manufacturier américain produit à peu près la même valeur que le secteur manufacturier chinois avec 100 millions de salariés ».

L’industrie ralentie au Japon

Toyota, Honda et Nissan ferment leurs usines au Japon

lundi 14 mars 2011 14h00

TOKYO (Reuters) – Les constructeurs automobiles Toyota et Honda ont annoncé la suspension de leur production au Japon pendant au mois quelques jours à la suite du séisme et du tsunami qui ont durement frappé le nord-est du pays vendredi.

Les titres des groupes ont dévissé à la Bourse de Tokyo, chutant de respectivement 7,93% et 6,5%, faisant encore moins bien que l’indice Nikkei 225 qui a plongé de 6,18%. Les autres constructeurs ont également fortement reculé, à l’image de Nissan, qui a perdu 9,52%.

Le secteur automobile européen accuse l’une des plus fortes baisses vers la mi-journée en Europe (-1,18%), notamment sous le coup du recul de plus de 4% de Renault, qui détient 44% de Nissan.

Toyota, premier constructeur automobile japonais, a annoncé lundi son intention de suspendre l’ensemble de sa production au Japon au moins jusqu’au 16 mars.

Le groupe a précisé que cette suspension entraînerait une diminution de la production de 40.000 véhicules. Toyota fabrique 38% de ses voitures au Japon.

Nissan Motor a ensuite annoncé qu’il projetait d’arrêter la production dans ses usines japonaises de Tochigi et d’Iwaki au moins jusqu’au vendredi 18 mars.

La première se trouve à une centaine de kilomètres au nord de Tokyo et la seconde est située dans le nord du pays.

Le groupe japonais a précisé que l’activité serait suspendue jusqu’au mercredi 16 mars dans ses usines d’Oppama, de Kyushu et de Yokohama, ainsi que sur le site de Nissan Shatai.

De son côté, Honda a dit qu’il arrêterait l’ensemble de sa production japonaise au moins jusqu’au 20 mars.

Lundi seul le site de fabrication de motos Honda située sur l’île de Kyushu, dans le sud du pays, était encore ouverte. Mais celui-ci sera également fermée à partir du mardi.

Au mois de janvier, la production de Honda au Japon était de 69.170 véhicules.

Les conjectures commencent sur l’impact du séisme au Japon

Le séisme menace une reprise économique déjà poussive au Japon

lundi 14 mars 2011 11h43

NEW YORK/LONDRES (Reuters) – Le triple impact du séisme, du tsunami et de l’accident nucléaire sur une économie japonaise déjà fragile devrait être plus important qu’initialement estimé et menace une reprise déjà poussive, estiment des économistes.

Certains évoquent même la possibilité que la troisième économie mondiale retombe dans la récession.

L’impact de la catastrophe devrait dépasser celui du séisme de Kobé en 1995. La production industrielle avait alors reculé mais la production totale s’était maintenue.

Le pays doit faire face à des pannes d’électricité qui vont affecter la production. Usines automobiles et raffineries de pétrole de la région nord-est, où s’est produit le tsunami, ont dû fermer leurs portes.

Nissan, le partenaire de Renault, a ainsi interrompu la production de ses quatre usines d’assemblage et a fait savoir que la reprise de la production dépendrait de l’approvisionnement en pièces détachées.

« Nous estimons désormais qu’il faudra plus de temps à l’économie japonaise pour sortir de son actuelle morosité », résument les analystes de Nomura dans une note.

Nomura prévoit que l’économie japonaise, qui s’est contractée de 1,3% au quatrième trimestre 2010 en rythme annualisé, ne redémarrera pas avant le troisième ou le quatrième trimestre de cette année. D’autres analystes prévoient toutefois un retour à la croissance dès le trimestre d’avril à juin.

Les interruptions d’approvisionnement énergétique sont également déterminantes pour évaluer la perte de productivité du pays. Les centrales nucléaires sont à l’arrêt, alors que les autorités s’efforcent de contrôler les graves incidents qui surviennent dans plusieurs réacteurs du pays.

« Si la production d’énergie est profondément affectée, l’impact pourrait être durable », commente Michala Marcussen, de la Société générale.

L’économie japonaise, tirée par les exportations, était déjà fragilisée avant la catastrophe par la crise budgétaire européenne, l’envolée des cours du pétrole et une reprise hésitante aux Etats-Unis.

L’archipel devra donc désormais également compter avec une potentielle baisse de la consommation intérieure, car les Japonais subiront les retombées « d’une contraction de leurs revenus », explique Brendan Brown, de Mitsubishi UFJ, qui précise que la croissance mondiale s’en trouvera également affectée.

« Les premiers effets sur l’économie mondiale se feront sentir auprès des grands partenaires commerciaux du Japon en Asie, notamment la Chine et la Corée », ajoute-t-il.

LA NOTE DU JAPON SURVEILLÉE

Les agences de notation accordent toutefois un certain répit aux autorités. Moody’s a dit ne pas percevoir les signes d’une crise budgétaire au Japon. La veille, l’agence avait jugé « temporaire » l’impact de la catastrophe sur les finances nippones et n’y voyait pas un facteur d’abaissement de la note souveraine du pays.

En janvier, celle-ci avait été abaissée par l’agence Standard & Poor’s en raison d’un manque de mesures destinées à assainir les finances publiques.

Certains économistes relèvent que les dépenses publiques massives qui seront nécessaires à la reconstruction des régions sinistrées pourraient contribuer à accélérer la reprise de l’économie japonaise.

« Reste à savoir si cela va finalement sortir le Japon de la spirale déflationniste et remettre l’économie sur les rails, ou si cela va lui porter un coup supplémentaire ? » s’interroge Sharyn O’Halloran, professeur d’économie politique à l’université de Columbia.

Après le séisme de Kobé, les efforts de reconstruction avaient dynamisé l’activité économique. Toutefois, les cours du pétrole évoluaient alors autour des 17 à 21 dollars le baril, contre un baril à plus de 100 dollars actuellement, et le taux de change du yen était plus favorable aux exportations.

Les autorités japonaises ont déjà mis en garde contre une hausse du yen, qui est déjà brusquement monté lundi sur les marchés asiatiques.

Bank of America Merrill Lynch estime que la catastrophe coûtera au moins entre 0,2 et 0,3 point de pourcentage à la croissance japonaise. La banque estime que les zones sinistrées contribuaient pour 7,8% au maximum au PIB nippon, contre 12,4% pour les régions touchées par le séisme de Kobé.

Reflétant l’inquiétude des investisseurs, la Bourse de Tokyo a fini en baisse de 6,18% lundi, enregistrant son plus fort recul en séance depuis octobre 2008.

La Banque du Japon (BoJ) a injecté en tout 12.000 milliards de yens sur le marché pour tenter de rassurer les investisseurs et pourrait également décider d’assouplir davantage sa politique monétaire lors de la réunion qu’elle tient lundi et mardi.

Selon Nomura, la BoJ pourrait décider d’augmenter son programme de rachats d’actifs, actuellement de cinq milliards de yens, jusqu’à huit ou dix milliards de yens.

Catherine Monin pour le service français, édité par Dominique Rodriguez